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Poésie libre
reumond : Le sang des violons
 Publié le 28/05/09  -  7 commentaires  -  3782 caractères  -  91 lectures    Autres textes du même auteur

« Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone. » (Paul Verlaine)


Le sang des violons







Dédicace

À mes ancêtres ménétriers et ménestrels et à tous ceux qui ont fait de leur vie un violon dingue.


Le langage des vagues serait-il comme le langage des fleurs ?

Contre mes rétines voyeuses
Le vent et la vague accordent leurs violons
Archets d’écumes tendus comme arc au ciel
Auprès des falaises de mon corps

La vie au long des jours trémolos
Comme un vibrato tourne ses heures
Emportées à violer un sang d’encre
À langueur d’hémoglobine

Pourquoi tant de métaphores et de calambours ?
Parce que les images comme l’or des clés
Ouvrent des portes aux vents
Et des fenêtres à la lumière
Pour laisser entrer le sens

Cordes instrumentalisées pour la vie
Avec des eaux et des basses
Des os croqués par l’âge et des bacs de passage
Vièles vieilles violes vie à la vitesse v

La Manche est comme le manche d’un violon
Corps de résonance caisses éclisses éclipses
Des mots plasma aux mots sérum
Entre le chevalet et la feuille de papier

À force de tendre l’oreille aux ressacs
L’ouïe ne reconnaît pas les mots d’amour
À la lettre même des affections blessées

Les poètes seraient-ils les luthiers de l’écriture
Dans l’ouverture sonore d’un au-delà de soie ?

Cordier à queue d’une écriture folle
Tire-cordes de l’âme tendue suspendue
Entre flux et reflux de poitrine
Entre l’infini et l’éternité
D’un sol ré la mi qui n’arrête pas
De joindre l’horizon couleur sang

Accordailles des sangs mêlés
Chantres et chanterelles des chœurs d’anges
Là où les sourdines se sentent étrangères
À la Présence

Colophane qui me colle aux rétines
Hausse de tension et d’archets
Pour feindre la respiration
Celle des halètements douillets

À la baguette cinglante des veines bleues
Des mèches de crins des grands chevaux de mer
Violon sel entre mes genoux irrités

Sillons au fil de l’eau qui se trace de l’écriture de l'âge des dieux
Les vents s’y lèvent tôt pour écrire ses pictogrammes
Dans l’âme des hommes à même les rides
Pour aviver les cœurs aux chevalets des nerfs

Clef d’harmonies galbées d’eaux
Aux moulures de mes chairs vives
C’est le long viol des âges qui ravine mes escarpements
Et le flux sur les rochers violacés et violonés
Par la main des marées

Les poètes ne seraient-ils que des violoneux de papier ?
Les poètes ne seraient-ils
Les derniers violons d’une armée en déroute ?

Contrebasse contrefort contre vents et marées
Des quatre cordes des quatre horizons
De mes quatre diaphragmes noués vifs

Jouer l’enjeu d’un je dénudé
Jouer en quinte de toux qui se frotte aux archets
Jeux sur le sable à plages déployées

Musique comme une profonde prière
Entre l’aube et l’aubade à l’épaule du matin
Et le crépuscule au menton des brumes épaisses

Les sons calligraphient les échos des crincrins
De souffles d’eaux et de sels marins
Comme des auréoles sur la surface huileuse des océans

« Dame la mano » aux vents pour marcher sur l’eau
Dans sa robe de crinoline en corbeille de fruits
De mer

Sonate pour violons et flous
Pour violons à clous
À corps et à cris
Alto altitude des abysses noirs
Corolle d’écumes blanches
Au calice des grands fonds

Au long des longues jetées obscures
Le je se jette à la mer
Là où va toute l’eau des océans



Roland REUMOND


 
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   Anonyme   
28/5/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
En général je trouve les poèmes de cet auteur trop long. Ici encore. En fait les poèmes longs, je n'ai absolument rien contre, le problème c'est lorsque cela sous entend redondances et répétitions. J'en ai trouvé beaucoup entre ces vers: un océan.
Sinon l'idée est sympathique, certais "calembours" aussi, d'autres me semblent en revanche plus faciles, éculés.
Il y a aussi souvent dans les poèmes de l'auteur un petit ton didactique, ainsi qu'un zest de suffisance (ce n'est que mon impression personnelle, subjective. Je parle bien évidemment des écrits et nom de l'écrivant). Je trouve par exemple, pour illustrer mon propos, que la dédicace ne sonne pas très juste, mais bon.
On sent toutefois que l'auteur aime les mots, qu'il cherche leur substance.
Un poème dont on entend les roulis stradivarius.
Pour ma part, je suis resté sur la plage.

   Marquisard   
18/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je n'ai pas entendu la musique. c'est pourtant la raison qui m'a fait me jeter sur ce poème au nom aguicheur de bon mâtin... tant pis, des tournures trop tournées poncifs et termes techniques trop peu détournés à mon goùt. c'est dommage, on sent que l'auteur a envie de faire ressentir, mais rien ne passe.
Au plaisir

Edit : décidément... il faut absolument que je pense à m'abstenir de commenter le matin. je suis passé complettement à côté d'un texte pourtant fort bien manié, très parlant et pas moins fin.
je met exceptionnel car je pense que ce texte mérite une petite plume, et si ça peut motiver le bon peuple onirien à oublier sa toute relative logueur et à venir y goutter quelques notes, c'est encore mieux :)
Au plaisir

   Pluriels1   
28/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un long et lent roulis de mots sur la musique des houles du coeur en chant !

Un travail noué de termes sur une trame sonore avec quelques "fausses notes" :
"Vièles vieilles violes vie à la vitesse v" (?)
&
" La Manche est comme le manche d’un violon" (?)
&
"Corps de résonance caisses éclisses éclipses" (?)
qui détonnent.

Un bel ensemble, malgré tout, que j'ai aimé dévider archet.

   hayley   
28/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un bel ensemble, comme le souligne Pluriels1, avec de nombreux vrais vers et quelques fausses notes qui ont le goût du sang. Mais c’est bien là le sujet de l’auteur dont l’objet est violenté de mots.

J’entends assez bien cette musique dodécaphonique, les couacs incessants des mots qui crissent mal, à tue-tête, dans un espace poétique iconoclaste, à travers des longueurs monotones et redondantissimes, de quelqu’un qui écrit comme on respire à pleines veines.

Monsieur Reumond, le sang des violons coulerait-il vraiment dans vos artères ? Vous qui, me semble-t-il, pratiquiez l’hématologie, dans les années 65, dans un laboratoire de la région parisienne, vous devez le savoir ? On pourrait « le panser », relèveriez-vous, dans le champ de vos métaphores.
En vous voyant jouer sur votre violon-plume « l’enjeu d’un je dénudé », déluré, à pleines quintes de tout, de vents, de sons et de vagues, qui se frottent l’un et l’autres aux archets de la vie et de la poésie, je reste admirative ! Pour un simple artisan poète, un modeste luthier, c’est un excellent travail, une belle orchestration !
Vos ancêtres ménestrels seraient fiers de vous, je n’en doute point !
En musique, vous nous offrez une parole qui libère la lecture du poids des mots. À votre exemple, « À force de tendre l’oreille aux ressacs », j’aime de plus en plus cette relativité des mots, à la Einstein, et cette belle ouverture sur l’espace-temps du langage: Un non Lieu d’ouverture pour orchestre, à la Beethoven, par lequel vous nous faites voyager, « au long des jours trémolos » sur une portée poétique (une belle portée de mots, mis bas en un beau poème).

   Anonyme   
31/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Un bémol et on n'en parle plus : un peu long. Pour le reste, je trouve l'écriture soutenue et le travail poétique élaboré, ce qui est une qualité. L'amour de la musique transparaît bien ici, comme une ode, un chant qui chante les instruments. Des alitérations et assonances discrets et sympas qui ne sont pas pour me déplaire.

   FIACRE   
3/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
C'est un fait que cet éloge à la corde sensible qui nous tient tous suspendus se perd dans la note soutenue trop longtemps.
Je suis resté sur " les archets d'écumes " et me serais bien contenté d'une " sonate pour violons et flous".
Le risque est là qui entraine un bémol : on ne peut étirer à l'infini tout le chant sémantique d'un thème sous peine de le vider de son et de sens.
Néanmoins je garde quelques notes justes.

   David   
5/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Reumond,

Le sang des violons serait du sang de poète... je n'ai pas grand chose d'autre à tirer de ma lecture que des calembours, des jeux de mots, des associations... c'est un peu ce que je vois passer. Je n'en demande pas plus, le mot à son poids : "violons", en de nombreux sens et découpages, le cadastre avance, en somme, mais les friches ne finissent pas, plus qu'à écrire après ça.


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