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Poésie libre
Robertus : Vi(e)rtuelle
 Publié le 18/05/20  -  14 commentaires  -  507 caractères  -  170 lectures    Autres textes du même auteur

J'espère que ce poème vous donnera envie d'ouvrir grand la fenêtre du réel.


Vi(e)rtuelle



Chaque matin, j'éteins le réel qui sonne
et je m'allume une vi(e)rtuelle.
Je m'étire à la fenêtre et j'observe la brume
en bas, dans la rue de l'irréel.
Le pouce sur la vitre, j'y fais défiler
des passants éphémères.
Je bois à longs traits le vide amer
entre mes doigts brûlants.
J'ouvre un paquet d'images criardes
que je verse dans le fond laiteux de l'écran.
Et je croque les mirages qui blessent en
tombant les parois de mon vide intérieur.


 
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   in-flight   
21/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Les deux derniers vers sont excellents et résument bien la civilisation dans laquelle nous sommes. Des mirages (dans le virtuel), du vide (dans le spirituel).

   Gabrielle   
23/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Une invitation à vivre dans le réel.

L'auteur(e) renvoie le lecteur, à travers ce texte, sur un problème de société.

Le réel a perdu sa définition et est devenu vie à travers l'image ("mirages" qui blessent le "vide intérieur" (chute))
L'isolement est devenu norme .

Un texte qui interroge sur la place des écrans et du virtuel dans nos vies et qui pose la question de l'avenir.

Merci à l'auteur(e) d'aborder ce sujet délicat.

   VictorO   
25/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Poème intéressant qui naît d'un jeu de mots vie/virtuelle. Des inversions, des ponts entre réel et irréel.
J'ai apprécié en particulier : "j'éteins le réel qui sonne", "dans la rue de l'irréel", "Le pouce sur la vitre, j'y fais défiler des passants éphémères" (mon préféré), "Je bois à longs traits le vide amer..."
Moderne et même très actuel si l'on suppose que cette "vi(e)rtuelle" est due à un long enfermement.

   Stephane   
26/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Une strophe unique qui a su me séduire de par sa nature innovante (le titre en dit long et c'est déjà un poème en soi). Celui-ci m'a d'ailleurs attiré comme un aimant tant j'aime l'exploration de mondes décalés (en règle générale), et ce monde virtuel (cette "vi(e)rtuelle") est une véritable plongée dans le néant.

Du "TOUT" virtuel au monde réel, il nous faudra choisir...

Merci pour ce bijou bien réel !

Au plaisir de vous (re)lire,

Stéphane

   Corto   
26/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Les images sont souvent originales, des formules pleines de surprise.

Mais au total ce poème donne une impression d'éclatement, c'est-à-dire qu'on en cherche la trame, la colonne vertébrale.

J'ai envie de dire ' Pour quoi ? '; ' Pour qui ? '

J'emporte mon image préférée: "Je bois à longs traits le vide amer
entre mes doigts brûlants."

A vous relire.

   Pouet   
18/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

beaucoup aimé ce passage:

"Le pouce sur la vitre, j'y fais défiler
des passants éphémères."

Très bien vu la vitre en mode écran tactile.

Un bon petit texte, efficace et intelligemment construit.

Sinon pour le titre, pourquoi pas: Vietruelle, histoire de colmater les brèches du réel avec son vide intérieur... :)

   papipoete   
18/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Robertus
Chaque matin, ( je pense à la dure réalité de travailler ), je prend la route en octets, sur le chemin de mon atelier " LCD "... et pareille à un dessin commencé la veille avec ma petite-fille, je pose ça et là des images sorties de ma pochette " NET " et mon esprit vagabonde à la fenêtre de " 20 pouces "...
NB c'est ainsi que je partage cette unique strophe, mêlant le réel à l'irréel ; je pense au travail, mais peut-être l'auteur évoque-t-il l'évasion d'un internaute à travers la toile ( durant le confinement par exemple ? )
Cela me rappelle aussi ( il y a si longtemps ) quand l'hiver rentrait dans les logements, et que sur les fenêtres ( des vraies ), nous voyagions au gré de notre doigt sur la buée...
J'aime bien ce passage ( j'ouvre un paquet d'images criardes/que je verse dans le fond laiteux de l'écran )
( nous les gagnions à l'école contre des bons-points )

   Myo   
18/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Robertus,

Déjà, le 1er vers m'a conquise et je me suis laissée guider par ce chemin de vie parallèle.
Mais toujours en gardant un certain recul, de peur de me laisser engloutir par le vide intérieur.

Une vision, hélas, bien réelle du virtuel.

Merci

   Eclaircie   
19/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Robertus,

Je ne suis pas trop convaincue par le titre, j'avoue ; cependant en première lecture, il s'avère bien pensé, pour moi, la "virtualité" actuelle passe par un écran et le poème a presque la forme carré de cette fenêtre sur le net.
L’exergue est une bonne invitation à découvrir le texte.

Puis se déroule le poème, là je suis conquise, les images sont telles que l'on ne sait pas vraiment où se trouve le narrateur : devant un écran, une fenêtre (une vraie) ?
La forme et le fond sont tels que l'on peut (en remplaçant juste un mot ou deux par phrase) voir défiler un bien réel lever.
Habile poème, pour moi, qui, pour répondre à l'exergue, m'incite à ouvrir plusieurs fenêtres, celle de mon PC et celle de mon logement, le "vide intérieur" évoqué ne m'effrayant pas s'il est empli de mes réalités.

Merci du partage,
Éclaircie

   Abiotique   
19/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Laconisme poétique percutant, qui convient au sujet. (Un nombre de mots limité comme dans un tweet).

M'ont marquée l'opposition entre les couleurs criardes et le terne de la solitude, entre la fenêtre allumée (l'écran) et finalement la brume, à la fois ce pouce qui touche la vitre mais qui assiste impuissant, sans pouvoir les arrêter ou les toucher, au défilé des passants éphémères.

Trop de couleurs mélangées ne font pas un blanc laiteux finalement?

   Provencao   
19/5/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai adoré ce "chaque matin" qui nous mène jusqu’à la fenêtre, fenêtre d’entrée et fenêtre de sortie.

À vous, à nous de vous faire, de nous faire, si vous, si nous le pouvons, épieur, sentinelle ou, entremetteur rendant ainsi à tous "les passants éphémères " leur rôle dans ce qui, en les magnetisant, constitue le virtuel qui les anime : à savoir, la sonnerie de l’invisible.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincente   
19/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai tout aimé dans ce poème au réalisme virtualisé par une expression où fusionnent les éléments des deux mondes, réel et virtuel… pour nous faire apparaître autant d'images particulières, pleines d'attrait. Sachant que le réel tout comme le virtuel sont deux notions relatives, l'une comme l'autre dépendante de l'ordre d'émission et de la capacité de réception, il est bien intéressant de voir ce que leur mariage insoupçonné peut éveiller de potentialités.
Le poème nous en offre quelques déclinaisons, ainsi cet inspiré "réel qui sonne", ou ce "Je m'étire à la fenêtre…", ou même et surtout ce "Le pouce sur la vitre, j'y fais défiler / des passants éphémères" (ma préférée).
Mais ces deux "phrases/phases" qui terminent l'évocation dans les quatre vers finaux sont aussi d'une singularité très appréciable.

Oui il n'y a rien à jeter dans ce texte (ah si, ce jeu de mots "vi(e)rtuelle" un peu ajusté à la truelle, autant l'idée est intéressante, autant il aurait été judicieux de lui trouver une meilleure incursion dans le poème, en l'état il a un côté jeu de mots sorti d'une agence de pub en mal de trouvailles ; bon c'est surtout un titre, mais je vous avouerais que c'est lui qui dans un premier temps m'a écarté du sympathique regard dont il plombait un peu l'entrée poétique). On n'en serait plutôt à en demander un peu plus, cette séquence matinale paraîtra au lecteur une peu courte…

   Robertus   
19/5/2020

   Donaldo75   
21/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Robertus,

Il y a pas mal d'artifices dans cette poésie aux accents surréalistes; je pense, après relecture, que c'est inhérent à cette forme libre, au choix que tu as fait. Je dois avouer qu'au début, je trouvais ce poème un peu prise de chou, un peu comme les critiques de cinéma des mecs de Libération ou les chroniques des journalistes des Inrocks. Pour te dire à quel point j'étais tombé, je suis allé m'écouter un album complet du groupe "The Hives" pour m'aérer les neurones. Et ça a fonctionné.

Du coup, les images passent bien, paraissent moins surchargées, presque à la Magritte me dis-je parfois en te félicitant de ne pas avoir choisi l'option Dali.

"Et je croque les mirages qui blessent en
tombant les parois de mon vide intérieur."

Ces deux vers symbolisent bien mon état d'esprit à la lecture; la première fois, ils ne sont pas passés, ils m'ont directement fait penser à un intello à deux balles et aux lunettes à monture d'écaille en train de lire sa poésie en face d'une assemblée d'instituteurs et de professeurs de français. A la deuxième lecture, ils résonnent différemment et j'en perçois la portée un peu philosophique et surtout émotionnelle.

Comme quoi, il faut savoir s'accrocher.


Oniris Copyright © 2007-2020