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Poésie contemporaine
Robot : D'infortune en galère
 Publié le 21/11/21  -  7 commentaires  -  717 caractères  -  150 lectures    Autres textes du même auteur

Après la découverte d'un homme mort sous un porche. La misère est insupportable quelle que soit la saison.


D'infortune en galère



Par ses souffles glacés une bise inclémente
Donne des coups de griffe au visage lépreux
D’un indigent transi. Réfugié dans le creux
De l'impasse en recoin, cet homme se lamente.

Demain le trouvera tassé dessous sa mante,
Des rides sur son front dégarni de cheveux,
Le visage crispé d’un sourire nerveux,
Le poing contre le ciel, raidi dans la tourmente.

Les parias en butte à beaucoup de mépris,
De l’automne à l’été doivent payer le prix
D’un sort qui les conduit d’infortune en galère.

Au fil des jours, sans fin, ils portent une croix.
Les miséreux l'hiver ne meurent pas de froid :
De saison en saison ils crèvent de misère.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Miguel   
10/11/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bien sûr que si, l'hiver les miséreux meurent de froid. Ce poème compassionnel présente quelques faiblesses comme le cliché "indigent transi" ou le plat "cet homme se lamente" ; d'ailleurs ces infortunés ne se lamentent pas, en général ils meurent en silence. Le "sourire nerveux", également, me semble tout à fait hors de propos, comme "le poing contre le ciel" : ils meurent sans révolte. "...ils portent une croix" apparaît aussi bien faible, bien cliché. Ces failles brident à mon sens le lyrisme et la dimension élégiaque que l'auteur a voulu mettre dans son texte.
Il faudrait aussi corriger la faute de l'exergue.

   Anje   
11/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Classique.

Ce sonnet bien écrit est agréable à la lecture et le fond parfaitement souligné par les deux derniers vers. L'hiver, les miséreux ne meurent pas de froid : de saisons en saisons, ils crèvent de misère.
Le choix des mots appartient évidemment à l'auteur et si je les trouve dans l'ensemble simples et bien choisis, j'accroche un peu sur la mante et le visage lépreux.

En matière de prosodie classique, mon œil a été attiré par la rime croix/froid qui, bien que valide pour l'oreille, est fautive pour l'orthographe.
Le troisième vers, en raison de la diérèse de "ré-fu-gi-é" compte treize syllabes. Dommage car au neuvième vers, le mot parias est bien proposé en diérèse.

Anje en EL

   Lebarde   
15/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La misère sur le trottoir ou dans le recoin d'une impasse qu'on fait semblant d'ignorer et de pas voir.
Le froid fait mourir l'indigent en hiver certes, mais aussi en toutes saisons "D’un sort qui ("les parias") conduit d’infortune en galère."

Un thème d'une banale et triste réalité, traité ici avec pudeur et dignité, sans pathos, ce qui pourrait apparaitre comme une certaine indifférence.
Mais non, le propos reste touchant dans l'impuissance et la culpabilisation qu'il suscite chez le lecteur.

Beau texte, belle écriture toute simple mais efficace pour ce sonnet classique qui atteint son but.

Bravo et merci.

En EL

Lebarde

   Donaldo75   
15/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le thème est d’actualité. Son traitement en forme classique de sonnet rend l’exposition plus formelle, un peu comme ses tableaux figuratifs du début du vingtième siècle en peinture et gravure, tels qu’on les voyait sur nos livres d’école. La progression des quatrains aux tercets rend bien hommage au sujet, donne de la matière à réflexion sur notre aveuglement sourd à ne pas voir les malheurs de nos frères homo sapiens dans une société riche en théorie mais pauvre en humanité.

   Cyrill   
15/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un sujet qui appelle compassion et révolte, mais que j’ai trouvé traité avec peu d’émotion dans le premier quatrain et le premier tercet. Ça me fait penser à un rapport de l’assistance, assez factuel.
Par exemple :
« Réfugié dans le creux
De l'impasse en recoin, cet homme se lamente. »
« Les parias en butte à beaucoup de mépris »
Je trouve à ces vers un ton très modéré !
J’aurais aimé lire de la révolte envers un sort cruel, je ne l’ai ressentie qu’aux deux derniers vers, qui enfin s’époumonent, et dans l’exergue, que je viens de lire. Je ne doute pas de l’engagement moral contre cette injustice, mais le résultat écrit me semble contraint, peut-être par les règles du classique ?
Je n’aurais pas non plus souhaité des gémissements pleureurs, cela dit, ce qui m’embarrasse beaucoup pour évaluer ce poème.

   Hananke   
21/11/2021
Bonjour

Le genre de texte où l'on est obligé d'adhérer sur le fond sous peine de passer pour un monstre.
Ils ne nous reste donc que la forme à traiter.
Dommage pour le réfugié.
Le dessous également pour faire le nombre.
Les 2 quatrains sont quelconques mais j'aime bien les tercets,
surtout le premier.
Bref, un texte de plus qui montre un problème qui ne sera jamais réglé, qui existait avant nous et le demeurera après.

   papipoete   
21/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Robot
Hier encore, ce pauvre vagabond tendait la main, à laquelle seule la bise froide répondait, lui glaçant les doigts et le coeur.
Ce matin, il est toujours là, n'a pas bougé d'un centimètre, son corps est encore là mais, sa vie l'a quitté, l'affublant d'un sourire rageur...
Paria tu devins, paria tu mourus ; de froid, de faim, de solitude, de tout en fait...
NB le tableau n'a pas d'âge ; en effet, le trottoir aux miséreux n'a guère changé, si ce n'est ce compagnon de téléphone portable qui se lie à la dive bouteille, qui à d'autres miséreux relie ce galérien des temps modernes !
L'auteur nous montre cette glaciale vision, que certains trottoirs urbains amoncellent en toute saison ; certes de froid ils perdent hélas la vie, mais au fil des quatre saisons, ils meurent un petit peu chaque jour !
chaque strophe recèle un vers remarquable, et ceux du second tercet font si mal !
au premier quatrain " réfugié " est dit en synérèse
au 9e vers, " paria " est dit en diérèse
il y a donc une erreur de choix qui rend un vers ou l'autre fautif.
Tout cella n'ôte rien à la qualité du récit, où chaque ligne coule aisément tout au long de cet âpre récit.


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