Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
Robot : Les absences d'Aloïs
 Publié le 01/05/13  -  12 commentaires  -  866 caractères  -  273 lectures    Autres textes du même auteur

Aloïs Alzheimer a étudié la maladie qui porte son nom. Ce texte tente de percevoir par la vision du fils d'une malade ce que ressent une femme atteinte par les absences mentales provoquées par cette affection.


Les absences d'Aloïs



Sa mémoire gît au tiroir
Où s’étalent quelques images
Qu’elle regarde sans les voir,
Sans reconnaître les visages.

Son âme vaque en son terroir ;
On dirait une anamorphose
Dont il manquerait le miroir
Pour redonner un sens aux choses.

Parfois, c’est comme dans un songe
Qui finirait en cauchemar
Car du passé, que le temps ronge,
Se délitent les bouts épars.

Quand son esprit soudain se froisse
Alors qu’elle veut s’appliquer,
Monte d’un coup, comme une angoisse,
Une colère inexpliquée.

Elle vogue dans l’inconnu.
Nous sommes devenus des ombres.
Aucun de nous n’est parvenu
À la sortir du côté sombre.

Fugace naît un souvenir
Qui la garde un temps sous son charme,
L’abandonne dans un soupir,
Le visage inondé de larmes.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
17/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Je me souviens d'une femme qui criait en déambulant dans un couloir :
" J'ai peur ! J'ai peur ! "

Elle avait tout oublié: son jardin, ses fleurs , ses gamins...mais le sentiment peur non.

Votre poème est simplement touchant.
Merci.

   Mona79   
19/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau poème qui relate combien cette terrible maladie peut altérer le quotidien et toute l'affection que l'on porte à ce proche n'y peut rien. Il lui faudra partir dans ce brouillard entrecoupé d'éclairs de lucidité de plus en plus rares :
"Elle vogue dans l’inconnu.
Nous sommes devenus des ombres"
L'émotion que suscite ce poème est bien présente, c'est un ressenti vrai qui me touche beaucoup. Merci.

   socque   
22/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bien que regrettant la rime "ombres"/"sombre" qui me paraît facile, j'ai trouvé que ce poème marquait un bon mouvement, qu'il était expressif sans pathos, ce qui est fort vu le sujet. Le premier vers est représentatif de l'ensemble, je trouve, clair, immédiatement imagé, simple mais pas simpliste.
J'aime beaucoup le dernier quatrain, et trouve l'image de l'anamorphose particulièrement bien trouvée. Le "côté sombre" a trop été exploité dans Star Wars pour que l'expression ne soit pas malheureuse à mon avis. Les rimes m'ont paru dans l'ensemble peu inventives, sauf "s'appliquer"/"inexpliquée" qui n'était pas évidente !

   Ioledane   
1/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Quelques quatrains d'octosyllabes, qui expriment efficacement le désarroi du narrateur et celui du personnage central lui-même.

L'émotion passe, je déplore juste quelques facilités : le songe qui finirait en cauchemar, le passé que le temps ronge, et la rime "ombres / sombre".

Mais pour le reste, belle réussite, la chute est poignante.

   brabant   
1/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Robot,


Tout d'abord bravo pour le titre (les titres sont particulièrement bons en ce moment sur Oniris) : les "absences d'Aloïs" peuvent se lire à 2, 3, 4 sens.
Le prénom n'ayant interpellé j'ai vu qu'en France il pouvait se féminiser sous la forme "Aloïse", ça pourrait être amusant de l'écrire ainsi, d'autant plus qu'il peut avoir la même forme au masculin. "Aloïse" serait ainsi et le mal et la patiente...

La première strophe est très belle mais c'est la deuxième que je préfère :) La quatrième flanque un coup au coeur et on termine en empathie attristée avec vous puis avec cette dame en ce qui concerne les deux strophes finales.

Beaucoup de sensibilité accablée impuissante dans votre poésie où manque peut-être l'effort du classicisme, d'où le (-). De toute façon merci à vous pour ce poème pudique et touchant :)

   Anonyme   
1/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Robot,

Atmosphère baudelairienne. On dirait que le Maître vous a confié quelques vers :

"Sa mémoire gît au tiroir"
"Son âme vaque en son terroir"
"Car du passé, que le temps ronge"
"Quand son esprit soudain se froisse"
"Nous sommes devenus des ombres"

En même temps, on mesure combien il est difficile de maintenir ce registre élevé de la poésie tout au long d'un texte.
Je me demande aussi comment Baudelaire aurait rendu votre texte 100% "classique", comment il aurait résolu le problème des quelques rimes féminines singulier/pluriel. On sent tellement cette volonté chez vous de vous être appliqué du mieux possible... Ça doit être rageant d'être si proche du but et de ne pouvoir que l'effleurer.
Loin de minimiser votre travail et votre inspiration, cette exigence montre combien nous avons eu par le passé des poètes exceptionnels, transcendants.
Car malheureusement, d'autres vers de votre texte sont des expressions un peu trop triviales pour maintenir le même niveau de symbolisme :

"Qu’elle regarde sans les voir"
"Qui finirait en cauchemar"
"Alors qu’elle veut s’appliquer"
"Elle vogue dans l’inconnu"
"Aucun de nous n’est parvenu"
"À la sortir du côté sombre"

Ici on est à la surface des choses, dans une sorte de réunion de famille où les enfants évoqueraient la dernière visite à leur mère ou leur grand mère. Le poème perd de sa force à utiliser ce registre narratif.
Par contre j'ai beaucoup aimé le symbolisme de l'anamorphose.

Sentiment mitigé, donc, envers un texte dont la partition stylistique me semble assez inégale.

Cordialement
Ludi

   Pimpette   
1/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très réussi!
les autres ont tout dit!

le talent c'est d'arriver à traiter avec simplicité et sans tristesse apparente un sujet grave...on dirait presque une chanson à voix haute..C'est très élégant ce traitement du sujet!

Plus grave parfois:

"Quand son esprit soudain se froisse
Alors qu’elle veut s’appliquer,
Monte d’un coup, comme une angoisse,
Une colère inexpliquée."

Subtil ça je trouve...bien observé!

   leni   
1/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un regard troublant sur une malade atteinte d'une affection redoutable Le regard est interprétatif et nuancé J'ai été touché par les propos Mais j'ai l'ombre d'un doute Quand je lis le dernier quatrain Comment savoir qu'un souvenir garde la malade sous son
charme Comment savoir qu"elle l'abandonne dans un soupir Bien sûr elle pleure...Pourquoi?Les raisons que vous citez sont vraisemblables....Bel écrit Bien vôtre Leni

   Pouet   
9/5/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Je ne suis pas vraiment convaincu, j'ai trouvé l'ensemble assez convenu pour ma part.

Cela commence par "Sa mémoire gît" que je trouve trop cliché pour commencer un poème. "regarder sans les voir" est une expression toute faite, peu savoureuse à mon goût.

La deuxième strophe pourrait sembler plus originale sauf que le dernier vers "pour redonner du sens aux choses" retombent encore dans l'expression toute faite.

Bon je ne vais pas décortiquer tous le texte mais il est truffé de cliché d'expressions comme les deux premiers vers de la troisième strophe. Pratiquement tout le poème à mon sens.

Je n'ai vraiment pas adhéré donc à cette succession de clichés.

   Miguel   
2/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un bravo à ce poème qui décrit parfaitement, et avec sensibilité et émotion, ce qu' on sait communément des effets de cette maladie. L' ensemble me paraît toutefois un peu prosaïque, il y manque quelque chose de cette fluidité, de cette musicalité qui sont pour beaucoup dans la poésie.

   funambule   
3/5/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Difficile d'être "dedans" quand le sujet est aussi fort, la logique d'écriture est (en l’occurrence) sans doute hors de propos. Du coup, le texte est "honnête" sans plus, il remplit seulement une partie de son office... le descriptif. Mon regard (sans que mes mots en aient la prétention) fait mieux.

   Anonyme   
27/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sobre, juste, bouleversant. Les deux derniers quatrains particulièrement, qui résument si bien la détresse de part et d’autre de cette inexorable séparation.


Oniris Copyright © 2007-2018