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Poésie néo-classique
Robot : Méditation au crépuscule
 Publié le 22/01/19  -  28 commentaires  -  725 caractères  -  399 lectures    Autres textes du même auteur


Méditation au crépuscule



Sous l’abri des grands ifs, à côté du pressoir,
Alors qu’à l’horizon le rose s’effiloche,
J’entends venus de loin de vagues sons de cloche
Aux derniers jours d’été, quand arrive le soir.

Quand s’élèvent des prés des vapeurs d’encensoir
J’écoute les rumeurs, un écho qui ricoche
Dans un bruit de ruisseau cascadant d’une roche.
Voici l’heure où le banc me convie à m’asseoir.

Vacillantes lueurs, minuscules atomes
Que fait naître la nuit dans le champ du repos :
Par-dessus le murger j’aperçois des fantômes.

J’ai réservé ma place au fond du cimetière ;
Un tout petit lopin où verser la poussière
Qu’au limon j’offrirai comme un ultime impôt.


 
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   papipoete   
7/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
classique
alors qu'à l'horizon, mon regard se perd, je ferme les yeux et je songe...et j'entends couler ce ruisseau, qu'un son de cloches fait cascader là-bas, vers ce banc qui m'attend et me repose...et j'imagine mon ultime adresse, un lopin de terre où l'on me versera, poussière...
NB même si la fin de l'histoire achève la vie du héros, on lit avec plaisir cette ballade " douceur ", à laquelle nous sommes conviés... " comment trouvez-vous l'endroit ? " semble dire l'auteur ; je lui répond " je viendrai vous visiter le temps venu ! "
" quand s'élèvent des prés des vapeurs d'encensoir " ; ce vers évoque la plénitude que l'on ressentait à la messe, quand officiait Monsieur le Curé !
classique plus que parfait !
papipoète

   Provencao   
9/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un bonheur de lecture...
J'en ai aimé tout particulièrement l'écriture soignée, propre et si raffinée.

Un véritable havre de paix enchanté de poésie, où vous nous invitez à partager, à voir, à écouter ....à nous émerveiller " les vacillantes lueurs, minuscules atomes que fait naître la nuit dans le champ du repos"

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Hananke   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Qu'au limon j'offrirai comme derniers impôts.

Une petite inversion des vers également :

Par-dessus le murger j’aperçois des fantômes,
Vacillantes lueurs, minuscules atomes
Que fait naître la nuit dans le champ du repos.

Et ce texte magnifique serait classique avec ce seul changement
puisque la rime atome/fantôme, elle, est bonne.

Ce poème possède admirablement un peu de tous nos auteurs
passés : Hugo, Lamartine et même Rimbaud.

Oui, un très beau texte dont je suis impatient de connaître l'auteur.

Hananke en E.L.

EDIT : Après connaissance de l'auteur, je suis bluffé, je suis désolé
de vous dire que vous ne m'aviez jamais habitué
à un texte si poétique.Mais c'est tant mieux.

Bonjour Cristale et je m'excuse par avance Robot de profiter
de votre joli texte pour discuter rimes avec Cristale.

Non, la rime impôts/repos au pluriel est bonne en classique,
l'accent n'empêchant rien, voir page 328 du très bon dictionnaire
de rimes de chez Larousse paru en 1973 par Léon Warnant,
agrégé de l'enseignement supérieur, professeur à l'Université de Liège( je copie ce qui est marqué sur le bouquin).

   Marite   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Aucun problème pour partager cette " Méditation au crépuscule ". Dès le premier quatrain l'atmosphère est si justement évoquée qu'il suffit ensuite de se laisser porter par les vers suivants. L'ensemble est si fluide dans les sonorités que le rythme régulier des alexandrins nous conduit sans heurt à cet état privilégié de quiétude. J'ai beaucoup apprécié les "vapeurs d'encensoir ... un écho qui ricoche ... le champ du repos ... " si simples dans leur expression mais si évocatrices de l'atmosphère.

   Cristale   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Robot,

Ah ! cette règle bien sévère concernant l'équivalence est une entrave sur la marche du classique.
"impôt-repos" : autant ils ont en commun le son fermé du "ô" bien que le "o" de repos ne soit pas doté du circonflexe, autant leurs finales "t" et "s" ne respectent pas l'équivalence qui serait "t" ou"d".

Ces détails minimes n'empêchent la poésie de ce joli sonnet où le narrateur nous emmène visiter l'endroit qui sera sa dernière demeure. Il est prévoyant mais à l'heure de la crise c'est plus prudent :) Je plaisante mais les vers finaux, entre autres, sont superbes :

"Un tout petit lopin où verser la poussière
Qu’au limon j’offrirai comme un ultime impôt."

et puis je ne peux résister à citer ces vers également :

"J’entends venus de loin de vagues sons de cloche
Aux derniers jours d’été, quand arrive le soir."

Bravo et merci pour ce plaisir de lecture.
Cristale

Edit : je me permets de souligner, pour ceux que cela intéresse, que le sonnet irrégulier est accepté (depuis peu de temps, voir le forum à ce propos) dans la catégorie classique d'Oniris tant qu'il ne présente pas d'erreur de prosodie.

   hersen   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime surtout dans ce poème ce qui'il se dégage de sérénité, un instant que chacun a vécu; le lecteur n'a donc pas de mal à se remémorer les siens propres.

On voit le rose s'effilocher, on entend le son des cloches au loin, et la fluidité de lecture complète absolument la nature de cet instant.

Je suis un peu moins fan du dernier vers. L'image incongrue de l'impôt est sans doute là pour nous rappeler ce que nous avons principalement fait sur Terre ? Comme rien ne nous y amenait, je ne sais pas s'il s'agit d'ironie, de sarcasme, de constat.

Merci de cette lecture !

   pieralun   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un sonnet très Lamartinien.....
Je ne reviendrai pas sur la possibilité d’une publication en classique ou pas.
Un calme indéniable se dégage de ce tableau, le but est atteint.

Un bon premier quatrain pour lequel j’aurais essayé d’embellir les derniers mots: quand arrive le soir aurait peut être merité mieux.

Beau deuxième quatrain excepté, mais pouvait-on l’eviter?
- Le banc Me convie à M’asseoir...

J’adore le premier tercet.
J’adorerais aussi le second, mais n’etait t’il pas opportun d’eviter le mot « impôt » qui nous arrache d’un seul coup à la rêverie ..

D’un belle facture dans l’ensemble

   Annick   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Votre poème aurait pu, à mon sens, être inspiré de la peinture "l'Angelus de Millet". Pas de prière et pourtant, elle apparaît en filigrane dans un contexte champêtre :

"J’entends venus de loin de vagues sons de cloche
Aux derniers jours d’été, quand arrive le soir.

Quand s’élèvent des prés des vapeurs d’encensoir..."

Ce poème est une invitation à communier avec la nature, à faire une pause, avant le Grand Repos :

J’ai réservé ma place au fond du cimetière ;
Un tout petit lopin où verser la poussière
Qu’au limon j’offrirai comme un ultime impôt.

Un texte que j'ai beaucoup apprécié par son atmosphère, par ce qu'on y entend, par les mots choisis, empreints de douceur et de sérénité.

C'est beau comme une peinture de Millet.

   TheDreamer   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La catégorie classique a été empêchée à la fois du fait de la rime "repos/impôt" n'ayant aucune concordance finale et de la forme irrégulière du sonnet en ABBA ABBA CDC EED.

On pense évidemment avec ce sonnet au "Crépuscule" de Victor Hugo qui fit chuter il y a quelques années tant de bacheliers. Le thème est l'un des beaux thèmes de la poésie.

Dans les quatrains l'auteur s'ingénie à percevoir et décrire dans un instant de méditation attentive ce qui l'entoure : "Alors qu'à l'horizon le rose s'effiloche", "quand s'élèvent des prés des vapeurs d'encensoir" (perceptions visuelles), "j'écoute les rumeurs, un écho qui ricoche", "...de vagues sons de cloche", "dans un bruit de ruisseau..." (perceptions auditives).

Ces quatrains méditatifs demeurent dans le champ du visible puis dans un basculement à travers les tercets l'on passe au champ de l'invisible : "minuscule atomes", "j'aperçois des fantômes". L'auteur dans une extrapolation passe du temps dont il est le témoin au temps qui l'engloutira le moment venu ("j'ai réservé ma place au fond du cimetière", "... où verser la poussière", "qu'au limon j'offrirai comme un ultime impôt").

   Anje   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
On aimerait pourtant beaucoup qu'impôt rime avec repos et mieux encore avec zéro !... Mais non, alors on paie sa dime. Ici, c'est cher voire ISF vu la richesse du sonnet. Un excellent sonnet à mon sens.
Merci de ce beau partage.

   sympa   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Un très beau sonnet écrit avec soin, maîtrise, efficacité.
Ma lecture en fut très agréable.
Merci

   Eki   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Méditation "solaire" au crépuscule...La satisfaction des choses accomplies, il ne reste plus qu'à apprivoiser l'endroit dans la sérénité...Se laisser ncor porter par les bruits de la vie, les sons familiers qui rassurent..

L'équilibre entre l'auteur et le temps qui passe.

Une belle simplicité qui rend ce poème élégant, empreint de plénitude...

Eki ouvre ses chakras

   PIZZICATO   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Jolie poésie empreinte de sérénité que vient corroborer le dernier tercet.

" Voici l’heure où le banc me convie à m’asseoir."
Une succession de belles images qui traduisent bien l'endroit et l'atmosphère propices à la méditation.

Une lecture agréable.

   Vincente   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'unité pensive du poème est constante, efficace dans la peinture du lieu et sensible pour dire cette mélancolie qui gagne l'homme apaisé dans des endroits parlants. J'ai beaucoup apprécié cette langueur où le narrateur est résolu à donner de la perspective, à approfondir son regard, d'autant qu'ici par les dernières strophes il n'y a pas d'équivoque, la réflexion est bien existentielle, sans échappatoire comme le souligne les deux très beaux derniers vers
"Un tout petit lopin où verser la poussière
Qu’au limon j’offrirai comme un ultime impôt."

   Bidis   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Ah que voilà un merveilleux poème crépusculaire par exemple !!! Je viendrai le relire car il procure une belle émotion, faite de quiétude, de beauté et de mélancolie...

   leni   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonsoir robot

Sous l’abri des grands ifs, à côté du pressoir,
Alors qu’à l’horizon le rose s’effiloche,
J’entends venus de loin de vagues sons de cloche
Aux derniers jours d’été, quand arrive le soir.

Le décors est campé
Voici l’heure où le banc me convie à m’asseoir.
C'est sobre un peu austère et la conclusion respire la sérénité

J'ai réservé ma place.... pas un mot du passé
Je le déplore un peu
Bel écrit raffiné Un excellent moment MERCI AMI

   emilia   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une perspective plutôt sereine et fataliste « Sous l’abri des grands ifs, à l’heure où le clocher sonne, se déroule comme l’annonciation d’un rituel funèbre au soir d’une vie, avec ses « vapeurs d’encensoir », l’écho nostalgique d’un « ruisseau cascadant, avant de rejoindre la cohorte des « fantômes », ces frères humains « au fond du cimetière »… ; pas vraiment réjouissante, mais avec une telle poésie qu’elle peut accompagner chacun, d’autant plus que le narrateur ne se prive pas de la touche d’humour finale en rappelant que l’ultime repos est aussi soumis à l’impôt taxant corps et biens jusqu’au bout…, mais dont le débiteur s’acquitte ici avec largesse et grandeur d’âme comme une dernière offrande… (cela permet peut-être aussi d’évoquer rétrospectivement que pour payer des impôts il faut être vivant, comme le suggère B. Dimey dans la chanson du zoo : D’être un homme. Bon Dieu ! de payer des impôts… »)

   Queribus   
23/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai tout de suite penser, dès le premier coup d’œil, à Lamartine et j'ai été ébloui par la perfection de l'écriture; à ce sujet, je trouve quand même dommage que deux petites fautes (repos et impôt ne riment pas, et aussi disposition des tercets) ne permettent pas de classer ce sonnet en classique.

Sur le fonds, tout a été dit (richesse et beauté des images, recherche du langage sans préciosité,...).

On a beau dire, le sonnet reste le roi et pour longtemps encore, lui qui peut tout dire en quatorze vers.

Bien à vous.

   Donaldo75   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Robot,

Je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment pour lire des textes sur Oniris, alors quand j'en lis un qui me plait beaucoup, je prend la peine de le commenter.

Ici, la poésie est flagrante et la forme très réussie. Je ne rentrerai pas dans le commentaire composé, il y a plus qualifié que moi sur ce site, cela d'autant plus que parfois la poésie est essentiellement ressentie. Néanmoins, je ne peux que souligner la force des vers au champ lexical bien choisi, riche, autant pour la rime que dans les images. La tonalité est également forte, par sa douceur qui va bien avec le thème et les images.

Bref, c'est très fort.

Bravo !

Don

   Robot   
24/1/2019

   STEPHANIE90   
25/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Robot,

J'ai apprécié l'identité du poème on y retrouve parfaitement la description de la culture franc-comtoise :
"Sous l’abri des grands ifs, à côté du pressoir,
Alors qu’à l’horizon le rose s’effiloche,
J’entends venus de loin de vagues sons de cloche
Aux derniers jours d’été, quand arrive le soir."
Pour ceux qui aurait encore une hésitation sur le lieu, je dirais le Jura à la lecture de ce vers :
"J’écoute les rumeurs, un écho qui ricoche
Dans un bruit de ruisseau cascadant d’une roche."
Et puis vanter sa terre en parlant :
Un tout petit lopin où verser la poussière
Qu’au limon j’offrirai comme un ultime impôt.
Bravo, il fallait oser faire rimer ses fameux impôts à repos, qui de tous temps ont plombé les revenus des cultures et des artisans. Mais qu'elle est belle cette terre...

Stéphanie, franc-comtoise d'adoption

   Francis   
25/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme les autres lecteurs, commentateurs, j'ai beaucoup aimé ce poème. J'y ai trouvé la sérénité, la beauté du paysage peint délicatement par votre plume. Impressions visuelles, auditives se mélangent, se complètent et emmènent le lecteur sous les grands ifs, à la limite du jour et de la nuit, au bout du réel et de la vie.

   jfmoods   
26/1/2019
Le rejet du cadre spatio-temporel ("Aux derniers jours d’été, quand arrive le soir") en fin de phrase - c'est-à-dire en fin de premier quatrain - génère un étirement, donne l'impression d'une élasticité démesurée. Le jeu allitératif des vers 1 et 2 (s, z) appuie sur ce ressenti. Comme dans le secret d'une confidence (complément de lieu : "Sous l’abri des grands ifs"), le monde environnant s'ouvre à la plénitude des sens (goût et odorat : "pressoir", vue : "à l’horizon le rose s’effiloche", ouïe : "J’entends venus de loin de vagues sons de cloche").

Le champ perceptif s'approfondit dans la seconde strophe (vue et odorat : "s’élèvent des prés des vapeurs d’encensoir", ouïe : "J’écoute les rumeurs, un écho qui ricoche / Dans un bruit de ruisseau cascadant d’une roche"). Entre l'homme et le monde, une concorde s'établit. La personnification du vers 8 ("Voici l’heure où le banc me convie à m’asseoir") prépare alors la méditation annoncée par le titre du poème.

Avec l'image de la voûte céleste qui s'offre au regard (métaphores désignant les étoiles : "Vacillantes lueurs, minuscules atomes", personnification : "Que fait naître la nuit"), s'esquisse, au fil des tercets, la finitude de notre condition (métaphore désignant à la fois ciel réel et ciel métaphorique : "le champ du repos", complément de lieu : "au fond du cimetière", synecdoque : "la poussière / Qu’au limon j’offrirai comme un ultime impôt"). Les êtres aimés disparus se rappellent à notre souvenir ("j’aperçois des fantômes") et l'on va bientôt les rejoindre ("J’ai réservé ma place", "Un tout petit lopin") dans la quiétude du coeur.

Merci pour ce partage !

   Lulu   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Robot,

Je trouve ce poème vraiment magnifique !

J'ai notamment été touchée par la musicalité du texte, fort agréable et douce, allant de pair avec cette espèce de sérénité qui se dégage au fil des vers.

Les couleurs "le rose s'effiloche" apportent de beaux reflets à ces éléments concrets qui entourent le poète et nous plongent à ses côtés dans une belle contemplation, tout en écoutant "J'entends venu de loin de vagues sons de cloche" ; "J'écoute les rumeurs, un écho…"

Ce poème m'a vraiment mise au coeur d'un paysage paisible où la gravité n'est pas absente : "J'ai réservé ma place au fond du cimetière", dans un état d'esprit que j'ai trouvé beau, humble et touchant "Un tout petit lopin où verser la poussière / Qu'au limon j'offrirai comme un ultime impôt."

J'ai relu ce poème plusieurs fois pour le plaisir toujours renouvelé de ses mots, de sa musique (en lecture silencieuse, comme orale) et de ses images. Parmi les images, j'ai d'ailleurs beaucoup aimé me représenter les "grands ifs, à côté du pressoir" ; "le rose [qui] s'effiloche" ; les "vapeurs d'encensoir", mais aussi ces "Vacillantes lueurs, minuscules atomes"... jusqu'à ces "fantômes" qui annoncent peut-être discrètement, en relecture, en tout cas, le dernier tercet.

Ce sonnet est une merveille pour moi. Un régal.

Merci de l'avoir partagé.

   Miguel   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup la paix et la mélancolie vespérales de ce texte, qui ressemble à ceux que j'écrivais dans ma jeunesse (c'est un compliment, Robot : j'étais déjà très bon) quand j'étais imprégné de Lamartine et des autres grands romantiques. J'aime cette évocation de la nature, ce soupir, poussé de la terre vers le ciel, et ce vers qui chante plus joliment encore que les autres à mon oreille :
"Voici l'heure où le banc me convie à m'asseoir" ("Objets inanimés avez-vous donc un âme ...")

   Stephane   
27/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Robot,

C'est tristement beau, surtout pour le dernier tercet :

"J’ai réservé ma place au fond du cimetière ;
Un tout petit lopin où verser la poussière
Qu’au limon j’offrirai comme un ultime impôt."

Le temps qui passe et la vie qui prend fin, hélas...

Stéphane

   INGOA   
31/1/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Après avoir lu et relu cette poésie, je n'arrive pas, malgré bien des efforts, à m'immiscer dans cette méditation crépusculaire où résonnent de vagues sons de cloches quand arrive le soir. Pourquoi vagues ? Qu'est-ce qui peut bien masquer leur identification ou leur origine ?
Ensuite, je retrouve trop vite Quand (quand s'élèvent des prés des valeurs d'encensoir)… Deux fois "des" en trois mots. Ca ricoche trop vite dans mon oreille pour y trouver une harmonie poétique.
"Dans un bruit de ruisseau cascadant d'une roche…" : cette description est tellement évidente pour un ruisseau que La Palice l'aurait sûrement boudé. Enfin dans les 4 derniers vers les Je (j'aperçois… j'ai réservé… j'offrirai) complètent les J'entends, j'écoute avec beaucoup trop d'insistance pour que le narrateur ne soit pas finalement le seul sujet sur lequel méditer.

   embellie   
9/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime vraiment ce sonnet. Il me fait penser à Victor Hugo :
"C'est le moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail
Le reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure du travail."
Au début, on sent bien la douceur, le calme, la nostalgie due au moment, puis (du moins j'imagine, au fur et à mesure que vient la nuit) les pensées deviennent plus profondes, personnelles, jusqu'à évoquer les feux-follets du cimetière, et la place qui nous y est, à tous, réservée. Riche méditation, sans tristesse.


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