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Poésie libre
Robot : Nuits blanches
 Publié le 24/05/18  -  18 commentaires  -  694 caractères  -  357 lectures    Autres textes du même auteur


Nuits blanches



Quand la nuit s’effiloche
lentement, lentement,
si le temps se retient d’avancer
le rêve va s’enfouir
derrière l’oreiller.

Quand les minutes passent
en secondes infinies,
alors que le sommeil a fui le rendez-vous
la pensée lancinante
court en allers-retours.

Quand les yeux sont fermés,
et même s’ils s’entrouvrent,
la pénombre devient un océan poisseux.
Sa vague épaisse et sombre
pèse sur le drap gris.

Quand pointe une pâleur
lentement, lentement,
le corps et l’esprit refusent toujours
l’apaisement,
l’engourdissement.

Le réveil est aussi une longue insomnie.


 
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   Annick   
24/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Qui n'a pas connu ces nuits d'insomnie où le temps s'étire interminablement. Cette poésie, ancrée dans la réalité offre de belles images qui parlent à tout un chacun :
"la pensée lancinante court en allers et retours."
Ou encore :
"...La pénombre devient un océan poisseux.
Sa vague épaisse et sombre pèse sur le drap gris."

L'anaphore "Quand...met en exergue ce temps qui "se retient d'avancer" et l'adverbe "lentement" répété deux fois dans la première et l'avant dernière strophe fige davantage le tableau. Comme un enfermement.

D'ailleurs, le dernier vers, lequel aurait pu libérer cette attente, ferme définitivement le poème :
"Le réveil est aussi une longue insomnie."

Un texte bien construit, tout en finesse, aérien, et qui reste en prise directe avec le réel. Une conscience très juste de ce qu'est l'insomnie. Je me suis tout à fait retrouvée dans cette attente...

   Lulu   
24/5/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Robot,

J'ai eu beaucoup de mal avec la première strophe, du fait des deux conjonctions de subordination "Quand", suivi de "si" dans la même phrase. Syntaxiquement, je trouve que c'est étrange, bizarre, peu harmonieux. J'aurais bien enlevé le "si" pour que la phrase coule plus logiquement.
Ainsi, cela pourrait donner cela :
"Quand la nuit s'effiloche
lentement, lentement
le temps se retient d'avancer
le rêve s'enfouit
derrière l'oreiller"
Mais bien sûr, je n'ai aucune prétention... C'est juste un avis très personnel.

Ensuite, dans les autres strophes, je m'y retrouve plus.

Cela dit, pour la troisième strophe, j'aurais mieux vu "et que" au lieu de "alors que", pour alléger, gagner une syllabe.

J'ai aimé la reprise de "lentement, lentement" et suis heureuse de voir que pour cette reprise, il n'y a pas un second "si"...

Le dernier vers ne m'a pas semblé ni intéressant, ni pertinent, même si je comprends que vous ayez voulu clore ce poème par un mot spécifique...

Bien à vous.

   Bidis   
24/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je n'ai pas aimé "la pénombre devient un océan poisseux" parce que la nuit normalement est noire et, pour moi, véhicule plutôt une idée d'angoisse ou de solitude, ce que n'évoque pas du tout un "océan poisseux", mais bien sûr c'est là une impression qui m'est personnelle. Je regrette aussi que ne soit pas évoquée l'insupportabilité du temps qui s'écoule quand il ne s'y passe rien. Mais sinon, je trouve que l'insomnie est très bien décrite et j'ai beaucoup aimé "le corps et l’esprit refusent toujours l’apaisement, l’engourdissement", cet enragement du lendemain matin qui en est le point culminant.

   PIZZICATO   
24/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'atmosphère d'une nuit blanche est bien rendue.
Des images intéressantes pour traduire ces moments où " les minutes passent en secondes infinies ".
" le temps se retient d’avancer "
" le sommeil a fui le rendez-vous "
Même quand l'aurore apparaît, " le corps et l’esprit refusent toujours
l’apaisement,
l’engourdissement."

   sourdes   
24/5/2018
Bonjour Robot,

une familiarité certaine avec les nuits blanches et l'insomnie. Un ton général égal, pas de saute d'humeur, comme pour nous faire partager ce cérémonial qui conduit au réveil. Aucune trace d'inquiétude, de tourment, de mal-être. Il y a toutefois quelque chose qui ressemble à une fuite, "les rêves vont s'enfouir" de la première strophe, "le sommeil a fui" de la deuxième strophe, et puis des sensations lourdes, "océan poisseux" de la troisième strophe et "engourdissement" de la dernière strophe.

La structure des quatre strophes est rehaussé par la conjonction de temps "quand" qui introduit chaque circonstance, lié à des temps différents du récit, avec une insistance sur le temps qui s'égrène "lentement" à plusieurs reprises ou les "secondes infinies".

L'usage de syllabes longues est privilégié, s'effilOCHE, lEnteMent, aVANcer, seCONDES, LANciNANTE, s'EN/TROUVENT, péNOMbre, océAN, SOMbre, POINte, apaiseMENT, ENgourdisseMENT, LONgue...ainsi que les homophonies EN,AN,ON,OM,OIN,...qui renforcent l'idée du temps qui s'étire jusqu'à sa perte, jusqu'au paradoxe, "Le réveil est aussi une longue insomnie".

Une question, pourquoi ne pas avoir traversé les nuits blanches, pour rêver en un aller-retour quand la pensée est encore active (deuxième strophe)?

Merci pour ce partage.

   Anonyme   
25/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Voilà pour moi un titre "Nuits blanches", plus que parlant.

J'aime beaucoup ce martèlement du "Quand", les répétitions de "lentement" et puis ce "si le temps se retient d'avancer", j'ai reconnu cette impression extrêmement forte qui vous maintient éveillé malgré vous. Il n'y a pas échappatoire, lorsque le sommeil est au abonné absent, compter les moutons ne serrent strictement à rien.

Je remarque la même intensité dans cette strophe, où chaque mot a sa place :

" Quand les yeux sont fermés,
et même s’ils s’entrouvrent,
la pénombre devient un océan poisseux.
Sa vague épaisse et sombre
pèse sur le drap gris. "

Tout à fait judicieux et cela convient tout à fait "un océan poisseux", cette notion appuie le côté pesanteur, l'aspect agglutiné, qui vous maintient dans un état de torpeur indicible. L'insomnie vous colle à la peau et vous entraîne chaque jour plus loin dans ses profondeurs.

J'ai connu une nuit particulière "difficile", sans aucun sommeil et votre phrase de fin ponctue l'ensemble de ce poème remarquablement.

Je conclurai donc par celle-ci :

" Le réveil est aussi une longue insomnie. "

   leni   
24/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour RoboNous avons tousconnu cette situation entre demi sommeil et demi réveil superbement décrite ici

Quand la nuit s’effiloche
lentement, lentement,
si le temps se retient d’avancer
le rêve va s’enfouir
derrière l’oreiller.

oui c'est bien ainsi que l'on ressent le moment

et vient le plus pénible

Quand les yeux sont fermés,
et même s’ils s’entrouvrent,
la pénombre devient un océan poisseux.
Sa vague épaisse et sombre
pèse sur le drap gris.

le temps ne passe pas et les minutes lambinent

On compte ses moutons

et vient un nouveau jour



Bel écrit Merci Robot Amities Leni

   papipoete   
24/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Robot
Quand la nuit joue avec notre sommeil, et que le plafond semble briller de mille étoiles, on déteste cette compagne nocturne, et tout le temps nous est permis d'y songer ! et les minutes égrenent leurs millions de secondes, et les heures sont interminables !
Des strophes que l'auteur a dû écrire, une fois bien réveillé, car il ne semble pas fâché contre ce noir, qui ne veut le présenter à Morphée !
Le dernier vers par contre semble sortir d'un long baillement ... à se décrocher la mâchoire !
Pour ce soir, bonne nuit quand-même !

   Fowltus   
24/5/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonsoir Robot,

Quoi que séparé par une virgule j'aime l'adverbe redoublé.
Il imprime une marque singulière sautant aux yeux immédiatement.
Pour le reste, et désolé, je n'ai trouvé ni inattendus, ni curiosités.
C'est assez dommage car le thème s'y prêtait.

   jfmoods   
24/5/2018
Ce poème de forme libre est composé de quatre quintils et d'un monostique au rythme très majoritairement hexasyllabique.

Un jeu filé d'allégories ("le temps se retient d’avancer", "le rêve va s’enfouir / derrière l’oreiller", "le sommeil a fui le rendez-vous", "la pensée lancinante / court en allers-retours") fixe l'enjeu délétère du propos.

Le locuteur, à la recherche du repos nocturne, semblable à un naufragé à la dérive (métaphore : "la pénombre devient un océan poisseux", métonymie : "Sa vague épaisse et sombre / pèse sur le drap gris"), se trouve impuissant à lutter contre le sort (alternative introuvable : "Quand les yeux sont fermés, / et même s’ils s’entrouvrent").

Jusqu'à l'aube (inversion du sujet : "pointe une pâleur) et même au-delà (adverbe : "Le réveil est aussi une longue insomnie"), il voit les heures défiler désespérément (métaphore : "la nuit s'effiloche", anaphore : "Quand" × 4, "lentement, lentement" × 2, oxymore : "secondes infinies", dualisme contraire : "le corps et l’esprit refusent toujours / l’apaisement, / l’engourdissement").

Merci pour ce partage !

   Gabrielle   
25/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème me fait penser au roman "La nuit" d'Elie Wiesel, prix Nobel de la paix en 1986.

Merci pour ce rappel historique et ce partage.

Les écrivains, de par leur talent, sont les précurseurs de demain.

Merci pour votre plume.

Cordialement.



G. Michel

   sympa   
25/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poeme relatant des problemes d'insomnie écrit avec une grande efficacité et beaucoup de réalisme
J'ai une préférence pour cette strphe:

Quand les minutes passent
en secondes infinies,
alors que le sommeil a fui le rendez-vous
la pensée lancinante
court en allers-retours.

Merci pour le partage!

   Pouet   
25/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

"La nuit qui s'effiloche" est un très bon début.

Je trouve l'atmosphère bien rendue, notamment grâce au double doublement de "lentement".

L'ensemble me laisse sur une impression "d'exotisme" que je ne saurais expliquer rationnellement, pourquoi l'Afrique m'est-elle apparue au travers des lignes? Mystère et magie de l'évocation.

J'aime beaucoup le vers final qui rappelle par opposition le mot de Calderón, "la vie est un songe". Quand nous fermons les yeux, le monde disparaît.

Si je devais faire une minuscule remarque, j'aurais supprimer "l'engourdissement" dans la quatrième strophe.

Le poème pourrait peut-être apparaître comme trop descriptif ou trop explicatif et manquer d'onirisme justement mais il n'a curieusement pas cet effet sur moi, il s'en dégage plutôt une fausse simplicité qui colle bien au poisseux de la situation.

Nous sommes ici dans le lancinant où le laisser-aller se meut en allers-retours entre la clarté du sommeil et les brumes de la réalité.

   Recanatese   
25/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Robot,
voici un très bon poème en ce qui me concerne. C'est un sujet qui me parle et on sent qu'il y a du vécu derrière vos vers. Le côté lancinant est fort bien rendu par les vers précédemment cités (pour ma part je citerais tout le texte) et par ce "lentement, lentement"au début et à la fin, bien vu. Ce n'est pas sans me rappeler un extrait des "Chambres" d'Aragon dont le deuxième titre est "poème du temps qui ne passe pas" si ma mémoire est bonne.
Le dernier vers clôt merveilleusement ces "Nuits blanches"
Merci pour ce partage.
Recanatese

   David   
25/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Robot,

Brrr... c'est presque médical comme description d'une nuit blanche, pas du tout rimbaldien (mais je ne sais pas s'il a écrit là-dessus... ) je veux dire et ce n'est pas un défaut que les vers ne sont pas très littéraires au sens du 19ème, plus ou moins emphatiques, plus ou moins contrastés. C'est très sobre dans l'expression et ça donne une atmosphère particulière.

Il y a une idée d'agonie, en suspend tout le long et qui tombe avec le dernier vers.

Le poème me touche car je me suis parfois levé la nuit d'une insomnie, me faisant un café juste pour fuir une sensation que m'évoque ce poème, pour me réveiller du cauchemar éveillé que ça peut être :)

   Quidonc   
28/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Robot,

Que voila une nuit difficile. L'insomnie a de multiples visages et je ressens derrière celle-ci comme une grande amertume. Comme une solitude, une absence. Les nuits ressemblent aux jours et les jours aux nuits. Sans rêve.
Ce poème est un crève-coeur. Puisse le souvenir apporter le réconfort. Je ne sais pas pourquoi j'écris cela, c'est comme ça.

Merci pour ce partage

Quidonc

   Cristale   
28/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La nuit blanche, c'est blanc. Blanc comme un couloir d'hôpital, L'insomnie, c'est pesant. Lourd comme le temps qui passe quand rien ne se passe des heures et des heures durant.

"Quand la nuit s’effiloche
lentement, lentement,
si le temps se retient d’avancer
le rêve va s’enfouir
derrière l’oreiller."

Les images défilent, pas toujours les plus belles.

"la pensée lancinante
court en allers-retours."

Le poème nous dit tout cela, simplement et c'est ce qui fait sa force.
Des instants d'insomnie parfaitement maîtrisés...par l'écriture.

Bravo et merci Robot.
Cristale

   Robot   
7/6/2018


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