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Poésie libre
Robot : Un tissage imparfait me vaudra-t-il l’enfer ?
 Publié le 13/11/13  -  9 commentaires  -  964 caractères  -  242 lectures    Autres textes du même auteur

La présentation est dans le titre.


Un tissage imparfait me vaudra-t-il l’enfer ?



Les labeurs accomplis,
reste au rouet l’inachevé.
La filasse rompue,
trop sèche à l’épissure
ou trop effilochée,
qu’on ne peut renouer humectée de salive.

Fils des rêves abandonnés qui ne seront jamais tissés,
ils ne serviront pas de trame.
Brins des promesses non tenues,
aux croisements de chaîne ils céderont.

Au jacquard j’ai manqué de toute assiduité,
préféré le lin blanc
au suint des laines écrues.
En croisant mes passades
sans suivre la navette
j’ai laissé trop de nœuds parsemer mon ouvrage.

Le chanvre dédaigné des durables amours,
refusé dans mes lisses,
à mon ultime lit fera défaut au drap
qui m’enveloppera.

Je vous laisse mes cardes,
pour aérer le crin
placé dans l’oreiller qui soutiendra ma tête ;
avant qu’aux passions infernales je brûle,
en rattachant les liens
aux métiers des démons.


 
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   socque   
22/10/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Voilà ce qui s'appelle "filer la métaphore" ! Le poème est cohérent là-dessus de bout en bout, ce qui est un point positif pour moi...
... sauf que je la trouve parfois obscure, cette métaphore. Si la filasse rompue, qu'on ne peut renouer avec sa salive, me parle, si les brins des promesses non tenues qui céderont aux croisements me semblent habiles (mais déjà un peu trop élaborés à mon goût), pourquoi les durables amours seraient-elles du chanvre, seraient-elles particulièrement rugueuses ? Parce qu'elles exigent des concessions, sans doute, des accommodements, ne sont pas faciles, rugueuses et non lisses. Soit, je comprends ; j'ai dû lire trois fois pour bien saisir.

Bon, mais même en relisant je ne vois pas trop quels liens sont rattachés aux métiers des démons puisque dans le reste du poème on parle au contraire de liens non tissés, non aboutis par négligence.

Bref, à mes yeux ce poème est habile dans ses images, trop pour moi qui ai besoin de saisir plus rapidement pour être touchée. Je ne doute pas que d'autres lecteurs apprécient d'emblée cette richesse métaphorique, pour moi cela ne fonctionne pas bien. Je salue toutefois le travail.

Sinon, j'ai trouvé le rythme bon, pas monotone et assuré. Et j'aime beaucoup l'alexandrin du titre !

   Marite   
13/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Originale façon de parler des inachevés, des rêves abandonnés, des amours durables et même des derniers instants d'un voyage sur terre. Pas envie de disséquer ce poème, les images me plaisent, me parlent et sont en concordance, je crois, avec ce qui fait une vie pleine, riche malgré tout et bien remplie.
Ah ! le titre ne m'a pas du tout engagée à lire ces vers et pourtant ... ils valaient le détour.

   PIZZICATO   
13/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Les Parques n'ont pas accompli correctement leur travail ?
Négligence ou trop de fils différents...
Le tissage assimilé au parcours de la vie; idée originale.
" j’ai laissé trop de nœuds parsemer mon ouvrage." Qui peut se vanter de n'avoir point commis d'erreur dans sa vie ?.

   Arielle   
13/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Pour rester dans l'esprit du poème je dirais volontiers que j'ai sous les yeux un patchwork sur le thème du tissage dont la richesse des images me donne un peu le vertige et l'impression d'un exercice de style cousu de fil blanc ...

Quelques expressions me semblent brodées avec finesse comme ces brins de promesses non tenues et les rêves abandonnés qui ne seront jamais tissés mais pourquoi insister "ils ne serviront pas de trame " ? On suivait sans peine la métaphore sans cette précision qui alourdit l'étoffe.

J'ai bien aimé aussi que vous préfériez" le lin blanc au suint des laines écrues" mais j'ai moins savouré la répétition "en croisant" venant juste quatre vers après les "croisements de chaîne"

Je trouve enfin que le très beau vers
"j’ai laissé trop de nœuds parsemer mon ouvrage."
aurait mérité de conclure l'ouvrage plutôt que ces liens hypothétiques aux métiers des démons mais c'est vous le maître de haute lisse, n'est-ce-pas.

   Anonyme   
13/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Robot... Jolie métaphore entre l'ouvrage sur le métier et la vie qui s'écoule.

En croisant mes passades
sans suivre la navette
j’ai laissé trop de nœuds parsemer mon ouvrage...

Nous en sommes je crois tous au même point mais vous le dites ici avec beaucoup de poésie... Trois vers à retenir.

Je trouve que le titre, un peu long, aurait pu servir d'incipit et pour ma part j'aurais supprimé les trois derniers vers pour terminer sur...
Je vous laisse mes cardes,
pour aérer le crin
placé dans l’oreiller qui soutiendra ma tête...

Ces remarques tout à fait personnelles ne remettent pas en cause la qualité de ce texte que j'ai véritablement apprécié... Merci !

   Lhirondelle   
14/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

J'ai apprécié les métaphores mais…
Je comprendrais mieux la première strophe si son dernier vers était formulé ainsi - que l'on ne peut renouer qu'humectée de salive -
C'est ainsi que j'en appréhende le sens... mais je me trompe peut-être, vous me le direz...
N'aurait-il pas été préférable d'écrire les deux derniers vers de la strophe suivante de cette façon ?
Les brins des promesses non tenues,
aux croisements de chaîne, céderont. Et sans omettre la virgule après chaîne.


A part ces deux détails, j'ai aimé l'image filée de ces deux strophes.

La troisième strophe ~ malgré votre manque d'assiduité, c'est vous qui le dites : ) ~ se lit bien, c'est fluide.

J'aurais préféré que "Ce tissage imparfait" se termine sur cette strophe légèrement tronquée :
Je vous laisse mes cardes,
pour aérer le crin
placé dans l’oreiller qui soutiendra ma tête.

Ainsi votre poésie gardait toute sa place au questionnement du titre. Et offrait aux lecteurs le libre arbitre d’y voir s’ouvrir, pour vous, les portes du paradis ou bien celles de l'enfer...

Belle idée que cette vie avec ses amours, ses rêves inachevés, ses promesses non tenues, etc. et de leur tissage imparfait dont nous prévenait le titre… donc peut-être que mes remarques sur certains de vos vers sont-elles simplement vaines :)...

   Anonyme   
14/11/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
salut salut
c'est pas trop mal écrit, c'est fluide il y a bon rythme et de belles images. On voit que tu as une certaine sensibilité du monde qui t"entoure
mais tout de même j'ai trouvé ça un peu plat

   HELLIAN   
16/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
j'ai beaucoup aimé ce poème Parcassien. Certes la métaphore est un peu envahissante, mais telle est la gageure, elle même revendiquée comme motif du poème. Identifier l'existence à un ouvrage tissé, les grecques l'avaient déjà pensé et la légende des siècles elle-même issue d’un entrelacs complexe n'a en rien flétri l'image. Bref, le poème me parle et j'y ai trouvé ma subsistance méditative à la faveur de beaux vers bien balancés tels

Fils des rêves abandonnés qui ne seront jamais tissés

nubien encore

j’ai laissé trop de nœuds parsemer mon ouvrage.

Et d'autres qui donne au texte une vraie densité

   Renaud   
17/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La manière plutôt que la matière, disait le classicisme, et c’est ce que nous avons ici. L'idée est très claire et bien développée, étonnamment bien développée, avec un renouvellement remarquable des péripéties. On est invité à deviner à quoi correspond chaque (méta-)élément autobiographique de cette succession qui vaut essentiellement par ses clins d'œil. Deux ou trois mots rares me sont restés incompréhensibles et ont gêné ma lecture, malgré une recherche sur un dictionnaire en ligne, mais vous étiez obligé de passer par cette difficulté pour accumuler sans répéter. J’aurais volontiers disposé d’un micro-glossaire.

Votre poème présente le défaut de sa qualité et le travail de développement, qu’il faut saluer, devient systématique, monocorde : le funambuliste tombe d’être allé jusqu’au bout et au-delà. La chute, en lien avec le titre, aurait apporté la couleur complémentaire nécessaire au rehaussement d’un tel monothématisme si elle ne constituait pas le passage le plus mal écrit, alors que le finale d’un texte, c’est le moment ou jamais de dégainer ses meilleures formulations. Notamment, le « métier des démons » ne fonctionne pas ; seules les moires, les parques et les nornes chez Wagner, s’occupent de ces fils vitaux.

Inférioriser votre travail sur le fil de la vie à une question moralisatrice sur l’imperfection et le séjour en enfer me semble d’autant plus superfétatoire que vous n’expliquez pas le lien causal que vous établissez entre les deux ; c'est à croire que vous l'avez ajouté après coup, par facilité, comme étant passé à un autre texte ou une autre activité, comme pour justifier ce qui n’avait pas besoin de l’être. Il était plus intéressant d’ailleurs de considérer que les démons et les anges comme le bien et le mal sont parmi nous et conduisent parfois nos propres mains, dans le monde réel. Si j’avais un conseil à vous donner pour une réécriture ou une version supplémentaire, ce serait de supprimer la fin et de remplacer le titre par quelque chose qui continue la métaphore ; vous indiquez d'ailleurs dans la présentation que le titre est une plus une présentation qu'un titre ad hoc.

Peut-être ignorez-vous que, d'après la théologie, Dieu pardonne toutes les imperfections. En morale, ce sont les intentions qui sont ou peuvent être sanctionnées ou récompensées, jamais les incapacités ou les jugements de soi-même, ici trop continument négatifs. La parabole dite des talents est éloquente à ce sujet : faire ce qu'on peut, au sens fort du terme. Mais bien sûr, les robots vont d'office en enfer quand on les débranche, vous n'avez aucune chance... :-)

Malgré les deux piètres formules qui l'encadrent, le cœur du texte est assez recherché pour qu’on en félicite l’auteur et recommande la lecture.


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