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Poésie libre
rosebud : Par-dessus bord [Sélection GL]
 Publié le 15/08/19  -  10 commentaires  -  669 caractères  -  241 lectures    Autres textes du même auteur

Trente-sept ans plus tard.


Par-dessus bord [Sélection GL]



Ce qu’il faut de temps à perdre
Dans les replis soyeux des années déroulées
Et nos pertes de conscience dans le Léthé laiteux
Pour retrouver enfin les femmes trop belles
Et les adorables quelconques

J’ai tout jeté par-dessus bord
Dans le sillage glacial
De ma comète médusée
Cette croisière de rêve partagée entre la nuit et l’aube
M’avait offert les cadeaux du hasard
Et m’a repris ce que la vie exige

Le port approche
On ne distingue encore qu’une ligne
Qui brise l’horizon parfait
L’inatteignable devient possible
Le soleil éclaboussera bientôt
Son beau visage cruel


 
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   Eclaircie   
17/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'aime ce poème et sa manière imagée d'évoquer le temps qui passe (fuit ?) et les amours anciennes.

Beaucoup de tendresse envers les femmes :
"Pour retrouver enfin les femmes trop belles
Et les adorables quelconques", qui s'emploie à n'en oublier aucune.

En première lecture j'ai trouvé "le Léthé laiteux" un peu trop précieux, puis les images venant je le trouve bien choisi.

Le thème de l'eau (amenant l'image du long fleuve, tranquille ou non) s'harmonise agréablement avec le propos.

Les trois derniers vers terminent ce poème sur une ouverture, un futur inconnu, qui donne l'image d'un voyage infini, avec ce narrateur, atome dans le tableau.

J'aime beaucoup :

"M’avait offert les cadeaux du hasard
Et m’a repris ce que la vie exige"

Merci du partage,
Éclaircie

   STEPHANIE90   
24/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

je suis un peu perplexe à cette lecture. Du libre, oui bien sur, aucun doute. Si j'ai bien saisie l'histoire, oui, je vois une histoire pas encore tout à fait digérée d'un amour passé pour une femme qui a brisé votre cœur de "son visage cruel". Mais le port approche, il y a donc de l'espoir puisque le soleil l'éclaboussera. Mais de quoi ??? D'une nouvelle passion amoureuse ?
J'ai bien aimé ces images :
"J’ai tout jeté par-dessus bord
Dans le sillage glacial
De ma comète médusée"
Seul vers que je ne comprend pas : "Et m’a repris ce que la vie exige" ???

Oh ! qu'elles sont vilaines ces méduses. J'ai bien aimé cette lecture, merci "d'une adorable quelconque". Sourire

   Ombhre   
27/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai été très partageé en lisant ce poème. Mais l'impression finale reste néanmoins bonne.
L'image des Léthés laiteux m'a sembleé une allitération facile et un peu lourde (mais les deux vers qui suivent sont superbes), et certaines tournures gagneraient à mon sens à être allégées. J'ai cela dit bien-aimé le final et cette inatteignable qui est cruel parce qu'il est ce qu'il est.
Merci pour le partage.
Cordialement.
Ombhre

   Vincente   
15/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Oh quel beau texte ! L'écriture est vive, elle dit pourtant un chant du cygne, la maîtrise n'est pas que formelle, elle tient son fond et le regarde courageusement, aucune échappatoire ou aucun faux-fuyant ne nous éviteront la fin superbe :
" L’inatteignable devient possible
Le soleil éclaboussera bientôt
Son beau visage cruel
"

Quand la maturation de la conscience de notre finitude arrive à l'acceptation de "l'inacceptable", cet "inatteignable" que je vois ici, quelques mots adroits peuvent dire l'indicible.

Je suis séduit par ce poème, je ne constate rien qui me dérangerait. J'ai aimé tout ce que sous-entendent les deux premiers vers, ainsi que l'ironie distanciant de " Pour retrouver enfin les femmes trop belles / Et les adorables quelconques" ; et puis l'image chargée de son flou et de son double sens de"ma comète médusée", et encore " Et m’a repris ce que la vie exige / Le port approche / On ne distingue encore qu’une ligne / Qui brise l’horizon parfait".
Enfin, quasiment tout pris séparément et donc l'ensemble pour sa force touchante, pleine d'un "réalisme très poétique".

   Corto   
15/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Non ne jetons rien "Par-dessus bord", ici il y a beaucoup de bon.
La profondeur du temps est déjà évoquée par les 37 ans de l'exergue qui fait écho aux premiers vers "Ce qu’il faut de temps à perdre
Dans les replis soyeux des années déroulées".

Il a donc fallu bien du temps pour retrouver le souvenir des "femmes trop belles" ou "quelconques", autrement dit celles qui nous ont échappé ou déçu.
Il a même fallu en passer par une sorte de rite initiatique avec "pertes de conscience dans le Léthé" (ici mystérieusement "laiteux").

Belle image ensuite avec "Cette croisière de rêve...M’avait offert les cadeaux du hasard Et m’a repris ce que la vie exige". Oui la vie exige du concret où les rêves sont parfois renvoyés vers un niveau de secondaire ou de futilité, eux qui sont pourtant le sel de la vie.

"Le port approche" (devine-t-on la mort ?) où "L’inatteignable" rejoindra le "possible".
Belle (et morbide) perspective d'avenir, où les regrets comme les rêves finiront d'être cruels, car dépassés en importance par le "beau visage cruel" du soleil final.


Beau texte profond, belles images audacieuses et parfois compliquées, autant dire une poésie enrichissante très bien présentée.

Merci à l'auteur.

   Davide   
15/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour rosebud,

Le narrateur nous emmène dans le sillage de sa peine et de sa résilience, de son naufrage sur les écueils de la vie à l'espoir qui point à nouveau au loin, à l'horizon.

Si le thème n'a rien de bien original, le déroulé, lui, est de toute beauté.
La superbe image des "replis soyeux des années déroulées" renvoie à ces mouchoirs en tissu qui récoltent nos larmes et que l'on froisse dans nos poches. Le temps se perd dans le Léthé, dans ce fleuve de l'oubli devenu opaque, dont la profondeur est invisible tellement il est "sali" par les encombrements du passé.
Et puis ces rêves morts, oubliés, resurgissent un jour, "des femmes trop belles", et d'autres plus "quelconques", mais "adorables" viennent caresser l'espoir d'une vie nouvelle, d'un amour re-devenu possible.

Puis, à l'image d'un ressac, cette deuxième strophe s'ouvre à la vastitude des joies et des douleurs humaines, à leur universalité :
"M’avait offert les cadeaux du hasard
Et m’a repris ce que la vie exige".

Entre inspiration et expiration, la vie donne et reprend : une rupture, un deuil ? Ce qu'éprouve le narrateur, à ce moment-là, nous l'éprouvons aussi.
Quelle belle image à double-sens, d'ailleurs, que cette "comète médusée".

Mais la troisième strophe est à mon sens la plus belle, c'est celle qui nous fait entrevoir un instant la délivrance, la fin du voyage : libre de ce passé douloureux, délesté de cette souffrance, le port devient visible...

Mais non ! Les quatre derniers vers nous emmènent encore plus loin sur le chemin de la vie : l'image de cette "ligne" qui "brise l'horizon" est d'une incroyable force : la voyage continue, le prochain port n'offre pas la consolation d'un bout de course mais celle d'une prochaine expérience, d'une prochaine aventure qu'il faut tenter, d'un prochain défi qu'il faut relever.

Ce regard réaliste sur la vie est d'une beauté poétique époustouflante, à l'image de ce "beau visage cruel", le yin et le yang de l'existence, les deux visages opposés d'une même réalité.
Alors oui, "l'inatteignable devient [alors] possible" - nouvelle "croisière de rêve" en vue ! - lorsque la vie prend le dessus sur tout le reste.

C'est magnifique !

Merci du partage,

Davide

   senglar   
15/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour rosebud,


Je me demande qui sont les femmes de cet homme ayant lutiné, butiné (lutin ? abeille ?) sa vie durant, "trop belles" ou "adorables quelconques" (quelles conques, c'est vasque. lol) dont il tente de se souvenir, fustigeant sa mémoire taiseuse.

C'est donc qu'elles n'ont pas trop compté. Il ne s'y est pas attaché.

Au fait elles ne doivent pas être si nombreuses puisque la mémoire paresseuse en a déroulé le repli soyeux et laiteux. Gare au gorille ! :)

'Belles de nuit' ? Non !
plutôt 'Belles d'une nuit'...
"Cette croisière partagée entre la nuit et l'aube"

"cadeaux du hasard" ; je les vois comme les miettes de pain que le Petit Poucet avait semées pour baliser son chemin...
Mais le chemin de la vie s'est poursuivi... les oiseaux ont dévoré les miettes-balises. Il est trop tard pour se retourner !


A mon avis le port qui approche est un port de haute mer, le port du bout du monde. Que peut-il bien espérer sur le seuil de la porte du bout de sa vie cet homme futile, fini, fébrile ? Quelle apothéose ?

"Il est mini Docteur Schweitzer"

Où voit-il donc un possible ?

"Tout est mini dans notre vie
Mini-moke et mini-jupe
Mini-moche et lilliput
...
Ministère et terminus
Minimum et minibus"

Qu'attend-il du terminus ? Pourquoi serait-il grandiose ?

Ne reste que le visage de Lilith !

Il est trop tard Docteur Schweitzer...

Mais... C'est qu'il est grandiose le visage de Lilith !

Bisou ?


Amicalement
senglar

   papipoete   
15/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour rosebud
j'ai côtoyé belles et moins belles, et me voici au bout de ma croisière, le sillage du bateau emporte les débris de mes souvenirs ; bientôt, j'atteindrai le quai de ce port où l'ancre ne se relève pas...
NB vous êtes fort rare dans ces colonnes, mais j'ai de vous le souvenir d'un commentaire cuisant ; n'étant point rancunier, je vous lis dans ces vers agréables, dont je vous livre plus haut mon interprétation. La dernière strophe est celle que je préfère, mais les 2 soeurs sont bien écrites malgré la fin du 3e vers qui heurte l'oreille... mais je suis sûr que sa sonorité est voulue ?

   jfmoods   
16/8/2019
À celui qui va achever sa traversée de l'existence ("Le port approche"), le tissu du temps ("les replis soyeux des années déroulées") restitue ("perdre", "pertes de conscience dans le Léthé laiteux", "retrouver enfin") les strates de l'histoire amoureuse ("les femmes trop belles / Et les adorables quelconques").

L'entête ("Trente-sept ans plus tard") fixe la cristallisation, la fulgurance d'une passion ("comète", "entre la nuit et l’aube"). Une femme fascinante et dangereuse ("glacial", "médusée", "Son beau visage cruel") a surgi de manière impromptue ("les cadeaux du hasard") et a laissé derrière elle une empreinte indélébile ("J’ai tout jeté par-dessus bord", "avait offert" / "a repris").

La mort qui s'annonce ("une ligne / Qui brise l’horizon parfait") prépare-t-elle, comme le souhaite si ardemment le poète les retrouvailles avec le fantôme de cette femme inoubliable ("L’inatteignable devient possible", "Le soleil éclaboussera bientôt / Son [...] visage") ?

Merci pour ce partage !

   troupi   
16/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelquefois on se perd un peu et je pense que les majuscules systématiques en début de vers en sont la cause.
Supprimer la ponctuation ; ok, je le pratique souvent mais il faut quand-même laisser au lecteur quelques indices pour rythmer sa lecture et les majuscules sont trompeuses.
" Léthé laiteux" Vraiment ?
" comète médusée " ??

Mis à part ces détails j'aime tout le reste, les
"replis soyeux des années déroulées"
"adorables quelconques"
"Le port approche
On ne distingue encore qu’une ligne
Qui brise l’horizon parfait" excellent ça !

Au final une histoire bien racontée sur un constat que nous finissons tous par faire un jour ou l'autre, à part peut-être quelques inconscients.


Oniris Copyright © 2007-2019