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Poésie libre
RuedeC : Boire la tasse
 Publié le 18/09/20  -  7 commentaires  -  834 caractères  -  119 lectures    Autres textes du même auteur

Penser à une fille qu'on voudrait oublier.


Boire la tasse



Je suis faite de cette terre sèche
Où naît le pin tendre.
J'ai marché longtemps après Les Goudes
Dans le vent
Et le blanc
Du chemin.

La mer est agitée ce matin
La roche entre en elle
Nette comme une coupure
Vive comme une crampe
C'est une douleur inexprimable sous un soleil de plomb.

Immersion.
À Podestat l'eau me tranche le souffle
Elle me pénètre jusqu'aux bronches
Comme une lame donne le trépas

Pourtant c'est Pâques au-dedans de moi,
C'est une joie grande comme un cierge

Je me sèche sur la berge
Allongée vers le sud.

Le vent s'engouffre sous ma chemise mais c'est tes mains que je sens
Dans les pins ton odeur,
Sur la pierre ta chaleur,

Je te promets que rien ne s'éteint.


 
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   socque   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime bien cette approche d'un sujet tant évoqué en poésie, celui de la perte de l'objet d'amour. Ici la douleur est aussi jouissance d'être vivante, et cela s'exprime avec une certaine force dans l'empreinte que laisse sur la narratrice la nature environnante, sensuelle et âpre comme le souvenir de l'Aimée.

Formellement, je crois qu'il pourrait être intéressant de placer moins de majuscules en début de vers : il n'y en a que deux commençant par une minuscule (j'ai d'ailleurs l'impression que vous ne l'avez pas fait exprès, que dans votre idée tous les vers devaient commencer par une majuscule), eh bien à mon avis le vers qui suit ces deux-là,
C'est une douleur inexprimable sous un soleil de plomb
, ressort mieux. Une idée à creuser pour mettre en relief certains vers ?

EDIT : Je me rends compte que dans mon commentaire rédigé en Espace Lecture je pars du principe que l'objet d'amour de la narratrice est une femme alors que rien grammaticalement ne l'indique. Je ne sais plus pourquoi j'ai eu cette impression...
Re-EDIT : Ah ben voilà ! C'était dans le chapeau.

   Ascendante   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je n'ai qu'un mot à dire : c'est magnifique.

La "douleur inexprimable" de l'amour perdu, quand on est "de cette terre sèche où naît le pin tendre", rahlàlà.. les images sont peu nombreuses mais très belles je trouve.

Un poème en forme de déambulation, dans un paysage tranchant, coupant, menaçant, qui reflète nos émois intérieurs (procédé connu, mais parfaitement utilisé ici, le paysage convoque tous les éléments, et pourtant il ne rappelle que la perte) comme une ultime carte postale envoyée à l'être aimé, tout en retenue et en justesse...

Un très beau travail d'écriture qui a réussi à me toucher, bravo.
Juste une chose : pourquoi "une joie grande comme un cierge" malgré tout? La joie de ne rien oublier, malgré la rupture?

Je laisse l'auteur l'expliquer s'il le souhaite..

   papipoete   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour RuedeC
J'ai le coeur aussi sec que la terre qui m'amène ici, là où nous nous aimions avec les pins comme gardiens, la mer comme musique de chambre...
La mer justement semble en colère, et le vent sous ma chemise s'égare, me rappelant tes mains qui cherchaient ma peau...
NB " non, je n'ai rien oublié ; non je ne t'oublie pas ; non mon feu pour toi jamais ne s'éteindra... "
Un serment d'amour renouvelé à celle que l'héroïne ne reverra jamais, mais le vent en est témoin ; il durera, durera...
Fort illustré, ce poème est comme ce galet plat lancé sur l'eau, et ricoche ricoche tant qu'il revient entre les mains du lanceur...
Je ne comprends pas le sens de " à Podestat... ? "
La dernière strophe est particulièrement tendre !

   Annick   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà une poésie libre comme je les aime.
J'étais avec vous sur le chemin, j'ai vu à travers votre regard la mer, la roche... J'ai senti l'eau, le vent, je les ai vus et sentis comme vous les voyez, les ressentez : un regard à la fois singulier et universel qui fait que je me suis identifiée au personnage, assimilée au paysage.
Rien n'est gratuit ou inutile dans votre poème. Je suis admirative de votre écriture à la fois simple et efficace.

La strophe que j'ai préférée :

"La mer est agitée ce matin
La roche entre en elle
Nette comme une coupure
Vive comme une crampe
C'est une douleur inexprimable sous un soleil de plomb."

Merci !

   apierre   
18/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De bien jolies variations sur un thème classique !
Avec ces quelques mots simples subtilement agencés, je me suis promené dans les calanques et j' ai éprouvé aussi ces sensations fines.Merci et bravo à l'auteur !

   Myo   
19/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle émotion dans ces quelques lignes.
La force de la nature, la mer, le soleil, le vent qui se mêlent à la force de l'amour.
C'est là que se niche le souvenir pour qu'il devienne aussi une source positive.
Une réflexion où l'amertume n'a pas de place et c'est cela qui en fait sa richesse.

Merci du partage.

   Yannblev   
28/9/2020
Bonjour RueDC,

Les tasses que l’on boit sont souvent amères. Et trop souvent tout ce que l’on rencontre nous en rappelle méchamment le goût.
Mais il est pourtant des sentiments et des sensations, des odeurs et des caresses, si fortement ancrés qu’ils permettent de ne rien céder à l’amertume.

Merci de leur partage.


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