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Poésie contemporaine
Sarah_K : La muraille
 Publié le 24/12/18  -  8 commentaires  -  934 caractères  -  328 lectures    Autres textes du même auteur

Vous le savez, rochers, immuables murailles [...]
La source de mes pleurs était dans mes entrailles [...]

Louise Ackermann


La muraille



La muraille s'élève inexorablement,
Un seul roc à la fois, pour tuer l’horizon,
La voilà qui fleurit dure, sèche, pierreuse,
Comme une hydre affamée, implacable et tranchante
Elle dérobe au ciel le fœtus du soleil,
Quand l'aube du néant veut entrouvrir ses portes.

Le temps peut bien jeter le torrent de ses eaux
Pour farder les relents de la monotonie
D'une combustion sans flammes, sans fumée,
Vivre n'est plus alors qu'une vaine habitude,
Un lézard noir qui glisse, et glisse, et glisse encore,
Sur le rocher couvert d'impossibilités.

Alors, les dieux penchés sur le bord de l'Olympe
Regardent les humains tout imbus d'ignorance,
Agoniser d'orgueil, jusqu'au dernier... ou presque.
Bientôt quelques élus, brebis plus innocentes,
Vont devoir, pierre à pierre, abaisser la muraille ;
Quand ils auront fini, tout va recommencer.


 
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   Gemini   
5/12/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Étrange texte, dont la présentation en contemporain et le choix de l'auteur cité en exergue m'a fait examiner la prosodie qui, hors les rimes, chose apparemment voulue, est excellente (on trouve même une bonne diérèse à « combustion »). Du coup, je me suis demandé si on n’était pas dans le centon, cet assemblage de vers piqués ci et là et agrégés avec élégance (comme les pierres d’une muraille).
Mais l’unité du texte écarte cette possibilité.
Cette muraille en tour de Babel, métaphore de l’arrogance humaine, « tueuse d’horizon » (sans « s » ?), s’élève « inexorablement » ; objet contre-nature, elle démontre que la vanité l’emporte toujours sur la sagesse quelle que soit l’expérience acquise. L’Homme n’évolue pas plus vite que son ombre. Loin de là.
Désespérant, le thème du cycle final « tout va recommencer » donne même à l’ADN de la race un caractère particulier de sale enfant incorrigible.
À la relecture, je m’aperçois qu’il y a d’autres métaphores possibles, notamment politiques ou confortementales (PTS). C’est la preuve que le texte gagne à être dégusté.
À la chamaille, je trouve le vers 6 mal tourné et j’aurais mis un point virgule après « fumée » v9.

   papipoete   
24/12/2018
bonjour Sarah_K
Je lis un poème dont le sens m'échappe, pas forcément le votre, mais il est si richement écrit " elle dérobe au ciel le foetus du soleil " par exemple, que je ne peux qu'être admiratif devant ce tableau !
Je suis persuadé que vos vers subjugueront les lecteurs avertis, et que les louanges pleuvront !

   FrenchKiss   
24/12/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Sarah K,

Superbe envolée métaphysique sur le sens de la vie. Cette muraille que nous construisons en nous-mêmes jour après jour, dont les causes sont multiples, jusqu’à nous cacher le soleil. Je suis sincèrement sous le charme des mots et de la pensée.

Vos vers sont d’un niveau classique plus élevé encore que la muraille qu’ils construisent. Bien sûr, en tant qu’amoureux de cette forme, je pourrais critiquer les rimes absentes et d’autres largesses prosodiques qui pourraient induire une sorte de nonchalance devant l’effort. Mais d’autres auteurs post-classiques l’ont déjà fait avec succès. Comme eux vous prouvez magistralement que le classique peut dans certains cas sortir de sa ligne blanche tout en gardant le cap.

Deux simples remarques à propos de la versification :

- Je ne comprendrai jamais pourquoi un auteur qui se libère manifestement des contraintes classiques, se croit obligé de pratiquer des diérèse aussi ridicules que combus-ti-on.

- Une petite faute de prosodie au 3e vers :
« La voilà qui fleurit dure, sèche, pierreuse, »
qui déplace la césure sur la 7e syllabe, Il suffit de mettre une virgule après fleurit, pour rétablir la bonne harmonie.

Mais l’ensemble est d’une telle perfection que je ne vois pas de raison de ne pas pousser la note au moins jusqu’au balcon de la muraille.

FrenchKiss

   domi   
24/12/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'aime le sens de ce poème, autant que son écriture classique.
Terribles, ces murs que les hommes érigent entre eux, par peur de "l'autre" ; et puis, miracle de ces murs qui, parfois, tombent enfin...
l'Homme, capable du pire comme du meilleur ?

   Lulu   
25/12/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Sarah_K,

J'ai adoré parcourir ce poème dont les images sont venues éclairer ma lecture. Une vraie force poétique se dégage ainsi de vos mots… L'ensemble m'a semblé magnifique.

Le charme opère dès les premiers mots, notamment avec le second vers pour ce qui me concerne. J'ai aimé ce "roc" qui tue "l'horizon", puis cette muraille singulière qui dépasse vos mots et le seul lieu de votre poème, puisqu'elle prend forme dans chacune de nos lectures.

La première strophe est pour moi vraiment parfaite avec, aussi, cette "aube du néant [qui] veut entrouvrir ses portes".

J'ai aimé le ton, également. "Le temps peut bien jeter le torrent de ses eaux / … / Vivre n'est plus alors qu'une vaine habitude…" Le détachement que l'on lit ici est simplement superbe et poétique, comme une manière de voir toute philosophique "Un lézard noir qui glisse, et glisse, et glisse encore, / Sur le rocher couvert d'impossibilités." C'est un peu comme si votre poème et/ou votre écriture permettait néanmoins d'atteindre cette forme d'impossibilités…

J'ai aimé cette régularité dans le nombre de vers des trois strophes. Cela donne une certaine rigueur à une forme qui reste très libre. Une forme que personnellement, j'affectionne beaucoup, et que je trouve ici parfaite. Un bel équilibre est trouvé.

Le récit s'achève par l'image d'un recommencement, et le ton que vous donnez n'est si espoir ni désespoir, juste détaché, vrai et juste. C'est mon sentiment, en tout cas.

Remonter aux dieux de l'Olympe m'a beaucoup séduite. Revenir à nous, ces "humains tout imbus d'ignorance" du point de vue extérieur, tant démiurgique que poétique nous fait nous éprouver infimes…

J'ai beaucoup aimé l'image de devoir "pierre à pierre, abaisser la muraille"... Le "pierre à pierre" appelle à une construction, puis vous le dites si bien, il y a lieu d'"abaisser la muraille"... Une muraille toute symbolique qui donne à votre poème un côté absolument fin et profond.

Merci pour cet excellent partage, et bonne continuation.

   Vincente   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'étais passé à côté de votre poème par inadvertance, j'y viens donc titillé par vos remerciements aux autres commentateurs. Je ne reviendrai pas sur la forme qui, dans mon regard simplement sensitif, m'a plue. Non ce qui me retient, c'est l'adresse avec laquelle vous avez abordé ce sujet si inquiétant de la destruction de notre environnement. Je dis adresse parce que vous avez su conjuguer, la délicatesse et la force, la joliesse de l'expression et la douleur de votre vision. C'est vraiment très bien pensé.

   Cristale   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Que lis-je ? Des alexandrins et pas de rimes ? Comment cela est-il possible ?

Trois sizains, des finales masculines decrescendo, trois au premier, deux au second, une au dernier, des finales féminines crescendo, trois, puis quatre, puis cinq... et : "la muraille qui s'élève inexorablement" "Un seul roc à la fois, pour tuer l'horizon"... puis : " ...devoir pierre à pierre abaisser la muraille" "quand ils auront fini, tout va recommencer."

Tout est dit et ...magnifiquement dit au fil de ces vers aussi délicats qu'ils sont puissants.

Poème sans rime, mais oui c'est possible et enchante assurément l'adepte qui vous lit.

J'aurais peut-être "joué" un peu plus sur l'harmonie variable des sonorités en fin de vers, et évité quelques adverbes ici et là, mais c'est vous l'auteur(e), je me garderai bien de médire sur un texte de cette qualité.
D'autres ont tout dit et bien dit.

Avec mes félicitations Sarah_K
et une plume en cadeau de bienvenue :)

Cristale

   Brume   
30/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Sarah_K

Cette muraille est l'image de l'enchaînement invisible, la prison mentale. Enfin c'est comme cela que je l'interprète. Quelle force expressive! Vos mots sonnent comme une sentence.
Sur la forme j'ai aimé la puissance du ton, le choix des images, le déroulé du récit qui me happe.


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