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Poésie libre
sauvage : Esprit tournant
 Publié le 21/09/20  -  8 commentaires  -  1206 caractères  -  178 lectures    Autres textes du même auteur


Esprit tournant



Un café viennois posé devant moi
c'est chaud j'ai froid

Premier temps
la crème fouettée
et distraitement des idées se mélangent
– Vienne – et j'en viens à Klimt au baiser volupté
mon esprit s'échappe en très légère volute de fumée

Deuxième temps
je regarde la tasse et son contenu
je tourne et je ressasse
c'est le mouvement qui domine
chaos de Guerre et Paix
je me noie dans mes réflexions de comptoir

Troisième temps
le sol de la terrasse se dérobe
au contact de mes lèvres engloutissant la masse brunâtre
faisant surgir en moi la Cathédrale de Debussy
j'y resterais si je le pouvais
dans mes illusions loin d'autres tourments

Mais bon an mal an
je suis entraîné vers une musique de l'air
– sonnant vers l'Aisne ? –
des chants de sirènes très mal armées
des accents stridents
des bruits futuristes

Et puis plus noir encore
le regard hagard comme une explosion
du revers d'un Vallotton
de grands fleuves des tronçons des tranchoirs
expressionnisme de l'Histoire

Espérance en l'Art
dans la valse des temps


 
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   Corto   
13/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette rêverie devant un café viennois est jubilatoire.
Encore faut-il s'immerger en compagnie de l'auteur dans les multiples mondes de l'histoire de l'art, ce qui n'est pas si simple.
Chaque strophe propose son phare pour aller plus avant dans cette rêverie qui devient un vaste brouillard enveloppant (chaud ? froid ?) laissant percer quelques repères.

Le final confirme l'envoûtement par l'art comme une réjouissance exquise.

C'est très beau, même si l'accès est un peu ardu.
Bravo à l'auteur.

   bipol   
21/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

J'ai adoré le temps la simplicité

la précision l'art j'adore l'art

tout devrait revenir à l'art dans un monde ou je vivrais heureux

j'ai tourné mon café avec vous

et nous avons passé un bon moment poétique

merci et bon après-midi

   Gemini   
21/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Ma mère adorait les valses et nous en dansions sur ces fameux "trois temps" que Brel chantait. "Bon an mal an" nous suivions le célèbre concert de Vienne où Strauss régnait.

J'ai quand même eu l'impression de lire du Umberto Eco, à la fois très décontracté et très érudit. J'ai dû passer sur quelques références que je n'ai hélas pas, (sommes nous aptes à juger le rapport entre Guerre et Paix et vos réflexions de comptoir ?) tout en reconnaissant la maitrise de l'écrit (et donc de la pensée).

L'absence de ponctuation (sauf pour des tirets, pourquoi ?) me gêne toujours, je n'ai jamais compris en quoi cela servait le texte (remarque personnelle).

J'ai une autre remarque sur l'avant dernière strophe où "du revers d'un Vallotton / de grands fleuves des tronçons des tranchoirs" comprend 5 articles à la suite. Expressionisme grammatical ?

Quoi qu'il en soit, j'ai bien apprécié et j'apprécie bien.

   Bellini   
21/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Dommage que vous ayez cette tendance à abuser des jeux de mots. Cela nuit à votre talent, je trouve. Ecrits comme vous l’avez fait, j’en trouve un très bon et l’autre franchement puéril, à la limite du calembour.
Autant j’apprécie l’idée Vers l’Aisne, qui est compatible avec un jeu de pistes sémantiquement correct qui nous mène à Verlaine, autant les sirènes mal armées/Mallarmé, nous ramène à un jeu de maternelle. C’est marrant comme on n’a pas tous la même idée de la transcription d’une idée.

Moi, plutôt que :
« - sonnant vers l’Aisne ? -
des chants de sirènes très mal armées »

où sirènes très mal armées n’est qu’un calembour qui n’a pas grand sens,

j’aurais écrit d’instinct :
« - sonnant vers l’Aisne ? -
des chants de sirènes très Mallarmé »

qui lui, fait sens, dans le sens de « chants mallarméens », suivi des accents stridents, des bruits futuristes, dont on peut gratifier Mallarmé.

Vous laissez ainsi le lecteur recomposer s’il en a envie les jeux de mots à l’envers, de manière plus subtile, me semble-t-il, sans discréditer votre propre intention d’auteur. Et puis je trouve qu’on reste mieux dans le surréalisme de votre texte. Enfin moi j’aurais beaucoup apprécié ces deux vers écrits comme ça. Mais je ne suis que lecteur, celui qui ne doit pas se mêler du style de l’auteur ni changer ses mots, mais juste donner son avis.

Pour apprécier pleinement votre texte, j’ai besoin de lui retirer cette strophe.
Bellini

   papipoete   
21/9/2020
bonsoir sauvage
une réflexion sur l'oeuvre de Klimt ; des impressions abstraites sur un café qui fume ; des sensations pareilles, à un sable mouvant mais qui serait ami ; un zoom portant tout là-bas derrière l'horizon... de l'horizon ; ainsi parle à l'auteur, sa vison de l'art.
NB des tirades aux teintes de fée verte, des fulgurances que seul un artiste peut plaquer comme un accord, sur la partition feuille blanche...
Ignare en la matière, je ne puis abonder dans le sens du poète " devant ce café chaud, il fait froid "
Mais les amateurs du genre sauront flatter votre plume, si l'encre qui coule ici leur plaît ?

   Vincente   
22/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime bien l'écriture, un certain rythme, assumé apparemment par ces "temps" spécifiés, mais aussi dans la découpe des vers bien appropriée, porteuse de sens et d'une scansion ainsi facilitée.

J'ai bien aimé l'esprit qui vagabonde, faisant des sauts impromptus d'une œuvre artistique à l'autre, de vision large puisque des toiles, une cathédrale, un livre, des poètes cachés, et des morceaux de musique et de vers accentués viennent s'y inviter. M'est venue la vision d'un personnage sautant d'une pierre à l'autre apparaissant dans le torrent de ses pensées, à peine maintenu par un fil, celui de sa sensibilité très artistique.
Une bien jolie inspiration émane de ces vers.

   Ascar   
23/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
S'il fallait une preuve pour démontrer que le e café est certainement le carburant le plus "vert" pour voyager, je crois qu'on la tient ici.

J'ai trouvé ce texte d'une fulgurante fraicheur. Je n'en connaissais pas toutes les références et notamment celle de Vallotton que je découvre donc grâce à vous.

J'ai suivi les méandres de votre pensée jusqu'au delta. Tout m'a plu : le choix des mots, les images, la construction. J'ai été balloté de droite à gauche, de haut en bas, du noir vers le blanc, du bleu vers le rouge, happé par la valse finale.

merci pour ce moment

   sauvage   
25/9/2020


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