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Poésie contemporaine
Scribe : Sans titre (ou "Droit debout")
 Publié le 23/01/11  -  8 commentaires  -  2041 caractères  -  104 lectures    Autres textes du même auteur

Une chanson disait : "La mort n'est qu'une étape, il faut s'y faire, rester aussi fort et aussi fier qu'un taureau qui charge pour la dernière fois..." ; un poème est né.


Sans titre (ou "Droit debout")



Il avait le poil noir et le corps en avant
et des années de vie dans ses pieds de colosse
ainsi que les vieux arbres qui ne plient aux vents
il ne rendrait les armes qu'en cassant l'écorce

Le seigneur des savanes et le maître des loups
n'auraient pas réuni en leurs immenses troupes
un aussi grand courage et posaient le genou
au sol devant le sage en inclinant la croupe

Il n'était belliqueux qu'en ultime recours
et ne se réjouissait qu'on chantât ses louanges
il méprisait la gloire et n'avait point de cour
ne portant haut le front que pour servir les anges

Il était de la race des grands pacifiques
qui n'ont besoin de tuer pour s'emplir la bedaine
mais lorsque le jour vint il se tint magnifique
et ne refusa pas d'avancer dans l'arène


Il trouva face à lui un drôle d'adversaire
qui usait de parades et de gestes inconnus
et des démons habiles qui se croyaient fiers
harcelaient le taureau en rondes continues

Il chargeait sans relâche et sous le goût du sang
qui de l'échine sombre et déjà lacérée
s'écoulait lentement le long du cou puissant
et s'en venait corrompre ses lèvres serrées

On avait décoré de couleurs indécentes
les armes qui servaient au macabre exercice
dans l'haleine sale des tribunes riantes
on offrirait l'honneur aux diables en sacrifice

Et lorsque le vaillant reçut le coup perfide
qui le fit vaciller et poser à son tour
le genou sur le sol il ne rendit l'égide
que par soumission à la nuit et au jour


Le bourreau triomphant par le peuple encensé
aura pour son armée fait une immense place
érigeant des statues, sanctifiant la pensée
il recommencerait se croyant dans la grâce

À ceux qui font un culte pour l'intelligence
et la place en vertu au-dessus du courage
se contemplant dans le miroir de la démence
je dis que la nature est un génie sans âge


 
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   Anonyme   
5/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Presque une fable. Un poème qui raconte une histoire et la raconte assez bien. J'ai apprécié. Certains vers comme le troisième de la première strophe manquent de fluidité et pourraient casser le rythme. Pas grave parce que la poésie est bien jolie.

Voici la strophe qui me fait pencher vers ce poème :

"Il n'était belliqueux qu'en ultime recours
et ne se réjouissait qu'on chanta ses louanges
il méprisait la gloire et n'avait point de cour
ne portant haut le front que pour servir les anges"

Elle est très belle.

   Arielle   
11/1/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Les quatre premières strophes évoquent avec élégance le portrait de ce taureau en une métaphore très humaine. Je veux dire qu'il pourrait être celui d'un humain, d'un sage et cette double lecture en fait tout l'intérêt.
Les trois strophes suivantes évoquant la corrida me paraissent brouillonnes et n'apportent pas grand chose de neuf. On connait, hélas, le déroulement de telles exhibitions. Il y aurait bien plus de grandeur et de sobriété (à mon avis) à conclure sur la huitième strophe.
Je n'ai pas bien compris la conclusion que vous tirez de cette histoire qui mériterait d'être revue avec un peu plus de simplicité.

Pour ce qui est de la forme, méfiez-vous de la surabondance des "et" dont plusieurs dans votre texte pourraient être aisément
supprimés

   Lunastrelle   
12/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce n'est pas ma tasse de thé ce genre de thème, mais ici j'ai apprécié la manière dont cela a été abordé, à moitié comme une fable... Par contre, il y a quelques petits longueurs, certains vers me semblent un peu légers voire même inutiles au propos, mais sinon... Je me suis laissée prendre avec plaisir dans cette petite ronde...

   Anonyme   
23/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une grande tristesse m'envahit à la lecture de cette fable.
J'ai adoré la description de cet animal, soit les 4 premiers quatrains. Ils sont très élégants.
Mais si la suite, le combat, est très bien mené aussi, j'ai parfois perdu un peu le rythme. Il m'a fallu une relecture pour mieux le retrouver, mais ce n'est pas un reproche. Ça témoigne plutôt pour moi d'une réelle qualité d'écriture.
Du dernier quatrain, j'ai senti sourdre la colère.
Bravo.

joceline

   Anonyme   
23/1/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Scribe ! Dans ce texte sur la corrida, une "tradition" que personnellement je déplore, il y a du bon et du moins bon.
Tout d'abord, et bien que ça soit de la poésie contemporaine, je pense que quelques erreurs de métrique auraient pu être évitées, par exemple :
-et/ ne/ se/ ré/jou/i/ssait/ qu'on/ chan/tât/ ses/ lou/anges (13 syllabes qui perturbent la lecture, alors qu'en supprimant le "et" ça coulait bien mieux)
Ensuite je pense que l'auteur aurait pu "élaguer" un peu ce poème qui comporte malgré tout quelques longueurs n'amenant rien de plus à la compréhension. C'est vrai pour le début, la présentation du toro, pour le combat également et je pense que la chute, le dernier quatrain, est pour le moins un peu trop flou et, à la limite, inutile. Un exemple qui m'a un tantinet surpris :
Il était de la race des grands pacifiques
qui n'ont besoin de tuer pour s'emplir la bedaine
Tout ça pour nous rappeler que le toro de combat reste un herbivore, était-ce nécessaire ?
C'est, bien sûr, toujours plus facile de critiquer que de bâtir mais je suis convaincu qu'on peut faire bien mieux en raccourcissant et en modifiant certains passages sans pour autant dénaturer le fond du texte...
En conclusion, il y a de bonnes idées mais quelques lourdeurs et longueurs..Amicalement. Alex

   Marite   
23/1/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Ce n'est pas le mot "fable" qui me vient à l'esprit après lecture de cette poésie contemporaine. Je n'arrive pas à la considérer comme telle bien que la dernière strophe nous donne la morale de l'histoire. Cette morale non plus, je n'arrive pas à relier à l'histoire contée. Mais sans doute quelque chose de la pensée de l'auteur doit m'échapper.
Cela dit j'ai aimé le thème et cette humanisation de l'animal qui suscite la sympathie au cours du combat dans l'arène.
Trois vers m'ont gênée à la lecture à cause d'une cassure de rythme causée, à ma perception, par la forme négative incomplète qui parfois passe très bien en poésie mais ici je trouve que non:

"Ainsi que les vieux arbres qui ne plient aux vents ..."
"Et ne se réjouissait qu'on chantât ses louanges ..."
"Qui n'a besoin de tuer pour s'emplir la bedaine ..."
A la place du mot "bedaine" j'aurais préféré "panse"
Je pense que ce poème devrait être retravaillé pour emporter le lecteur dans cet univers.

   Anonyme   
24/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ne plient, ne se réjouissait, n’ont besoin de tuer,
Je le signale parce qu’on me l’a signalé il y a peu, ne pas employer le « pas » avec le « ne » dans la forme négative est considéré comme un archaïsme. Et donc comme une faute de grammaire.
Seuls quelques verbes dérogent. Oser pouvoir cesser savoir.
L’absence de ponctuation n’est, étonnamment, pas gênante du tout.
C’est un bon choix.
Je suis un peu gêné par le mot « intelligence » du dernier quatrain. Je conçois que la fable ait besoin d’une dualité, mais le choix du mot me semble peu judicieux. Pour moi, le seul fait de l’employer sous-entend aussitôt « soi-disant », alors qu’un équivalent comme « esprit » reste aussi explicatif et moins sujet à controverse. D’autant que la rime avec démence est limite, puisqu’on ne fait pas rimer les inverses.

Enfin , dans l’ensemble, en tant que défenseur de la poésie narrative, j’apprécie le lyrisme qui la baigne. C’est plus un chant qu’une fable à la gloire du taureau, chant doublé d’un constat navrant sur l’emploi de la raison.

   David   
9/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Scribe,

Un peu déçu par le manque de régularité de l'ensemble et des impressions de longueurs à plusieurs endroits. Sur le fond, c'est bien moins prenant que la chanson de Cabrel, mettant aussi en scène un taureau dans l'arène, désolé, mais la comparaison s'imposait à moi.

Des vers mal équilibrées :

"ainsi que les vieux arbres qui ne plient aux vents"
"Il était de la race des grands pacifiques"
"et des démons habiles qui se croyaient fiers"
"et s'en venait corrompre ses lèvres serrées"
"dans l'haleine sale des tribunes riantes"
"que par soumission à la nuit et au jour"
"À ceux qui font un culte pour l'intelligence"

Pour les 4 premiers et le dernier, ça peut-être une septième syllabe non accentuée, je crois que c'est une "césure italienne", ça serait audacieux. Pour les deux autres, ça pourrait être aussi une question de lecture des vers, mais globalement, ça reste difficile à appréhender.

Les propos ne sont pas très naturels, un peu forcés comme dans la seconde strophe, où le "seigneur" et le "maitre" devant le sage semblent se présentaient... de dos, pour une génuflexion. Je ne crois pas que les corridas se mènent avec des taureaux âgés, mais ça pourrait être une licence acceptable. Les nombreux contrastes ne s'enchainent pas très bien.

Ce que j'ai aimé, c'est la relecture de la fable du chêne et du roseau que j'ai cru déceler, une réécriture même, où ce n'est plus le roseau qui est mis en avant, si c'est bien le toréador ici, mais la bravoure du chêne, si c'est bien une image de ce taureau, bravo pour cela.


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