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Poésie libre
sourdes : In girum imus nocte...
 Publié le 19/11/16  -  10 commentaires  -  2183 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur

Il arrive que non seulement le temps vous échappe,
mais l’espace avec tout ce qui est dedans.
Philippe Jaccottet


In girum imus nocte...



Les lumières pourprées affaiblies du soir
S’épuisent dans les poussières des moissons
Se réchauffent sur les chaumes des blés
Fauchés en pleine maturité sous un soleil complice.
Les champs tondus n’ondoient plus sous le vent,
Les corbeaux au vol pesant et noir
Cèdent au silence leurs cris menaçants.
Tout se fige,
Le temps s’attarde dans l’instant.
Un nuage envoûte une crête de montagne
Gargouille paisible d’un contrefort céleste
Se penche sur l’intarissable puits bleu du ciel
Ralentit le temps qui s’est abandonné.
Le vent avenant et volontaire
S’avilit dans les gorges de gaves fuyants.
Tout s’arrête,
Un laissé-vide gagne l’espace anéanti
L’ennui s’invite dans un ciel qui s’indiffère.
L’œil-ballon suspendu et sa nacelle de l’infini
Déploient la scène d’un nouveau paysage halluciné.
Étoile montante de fin de journée
Il offre une chair lumineuse aux arbres nus.
Les trembles sourient à la brise au repos
À l’unisson de l’eau qui coule à leurs pieds.
Le temps s’émeut,
Reprend sa voix dans cette musique liquide
Maintient le flot du regard inspiré
Vers les buissons bourdonnant de ronces
Aux huiles essentielles pour insectes insatiables
Étourdis par les senteurs sucrées des mûres
Gavés des nectars musqués des églantiers.
Le murmure des sons et la ronde des odeurs
Créent le vide où s’abîment les affres de l’ennui.
Les yeux de l’esprit exultent,
Hors du corps baigné d’alcool floral
Se lèvent vers le sommet des montagnes
Où s’ouvre une porte de l’immensité.
Au loin la lune se pare d’étoiles
Cousues sur sa robe de pierres précieuses.
Les hautes branches des arbres des cimes
Prennent place sous les constellations
Bougeoirs ouvragés des cérémonies de la nuit
Aux flammes encore fragiles quand le soleil vacille
Préludes à la claire nuit du néant.
Un geai des chênes bleuit l’air sous ses ailes
Annonce une parade rythmée de cris perçants.
Une plume se plante sur un rouleau de foin.
Tout est prêt pour le grand poème de la nuit.


 
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   Robot   
21/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai beaucoup aimé ce poème naturaliste avec ses images inédites et une écriture fluide aisée à parcourir. Dommage par contre que la ponctuation soit aléatoire.

   Eccar   
19/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour,
un grand poème loin des hommes, une vision magnifique d'une nature pleine de vie. Harmonieux, des images sublimes, une couleur, un parfum, une fête des sens.
et "Une plume se plante sur un rouleau de foin.
Tout est prêt pour le grand poème de la nuit." ce final comme une signature du monde sur son oeuvre est tout simplement exceptionnel.

   PIZZICATO   
19/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
une grande sérénité se dégage de ce tableau de la nature, à la venue du soir, avec de belles images
" Les lumières pourprées affaiblies du soir
S’épuisent dans les poussières des moissons
Se réchauffent sur les chaumes des blés
Fauchés en pleine maturité sous un soleil complice. "

" Tout est prêt pour le grand poème de la nuit ". Superbe chute

   Anonyme   
19/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un poème magistral avec ces descriptions de visages grandioses.

Le final aussi est splendide :

"Tout est prêt pour le grand poème de la nuit."

Bravo,

Wall-E

   jfmoods   
19/11/2016
Bien installé dans son fauteuil, le spectateur attend le lever de rideau. Un certain nombre de procédés sont à la manoeuvre pour théâtraliser le moment...

- de nombreuses personnifications
- quelques allégories ("Le temps s'attarde", "Le temps qui s'est abandonné", "L'ennui s'invite", Le temps s'émeut, / Reprend sa voix... / Maintient le flot"", "s'abîment les affres de l'ennui")
- des hyperboles ("Tout se fige", "Tout s'arrête", "Tout est prêt")
- des métaphores ("Les yeux de l'esprit", "une porte de l'immensité","la claire nuit du néant")
- la présence des quatre éléments (le feu : "un soleil complice", "Étoile montante", "le soleil vacille", l'eau : "gaves fuyants", "À l’unisson de l’eau qui coule à leurs pieds", l'air : "Les champs tondus n’ondoient plus sous le vent", "vol pesant et noir", "sur l’intarissable puits bleu du ciel", "L’oeil-ballon suspendu et sa nacelle de l’infini", "la brise au repos", "sous ses ailes", "une plume", la terre : "les poussières des moissons", "les chaumes des blés", "une crête de montagne", "le sommet des montagnes", "un rouleau de foin")
- la prégnance des sens (vue : "lumières pourprées", "la scène d'un nouveau paysage halluciné", "chair lumineuse", "un geai des chênes bleuit" l'air", ouïe : "Cèdent au silence leurs cris menaçants", "cette musique liquide", "les buissons bourdonnant de ronces", "Le murmure des sons", "une parade rythmée de cris perçants", odorat : "nectar musqué des églantiers", "la ronde des odeurs", odorat et goût : "Les senteurs sucrées des mûres", toucher et odorat : "corps baigné d’alcool floral").

Merci pour ce partage !

   plumette   
19/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ne le prenez pas mal, Sourdes, mais ce titre en latin, que je ne suis pas capable de traduire, a failli me faire passer à côté de ce très beau poème.

il arrive que les mots soient pour le lecteur comme des peintures! Et dans votre texte, très riche hommage à la nature, j'ai contemplé par exemple ce petit nuage accroché à la crête de la montagne:

"Un nuage envoûte une crête de montagne
Gargouille paisible d’un contrefort céleste
Se penche sur l’intarissable puits bleu du ciel"

Une image parmi d'autres...

J'ai souri à l'allitération des "...huiles essentielles pour insectes insatiables"

J'ai beaucoup aimé le lever de lune et les arbres à contre jour,

je me suis demandée si une présentation plus aérée ne pourrait pas être une aide à la lecture?

Bonne continuation

Plumette

   Anonyme   
21/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir sourdes... "Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu", traduction de votre citation latine dans son intégralité, s'applique assez justement au texte qui suit.
Poème un peu long compte tenu de l'absence de ponctuation mais j'y ai trouvé quelques jolis vers, pour exemple :
Un nuage envoûte une crête de montagne
Gargouille paisible d’un contrefort céleste...

Un geai des chênes bleuit l’air sous ses ailes.

Je préfère une métrique respectée, quand bien même elle serait plurielle, et l'absence de ponctuation me perturbe en cours de lecture mais ce n'est qu'un avis tout à fait personnel.
Bonne continuation...

   MissNeko   
20/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Votre poème est magnifique ! Le vocabulaire utilisé est riche, les vers sont très intéressants.
mais quel pavé à lire ! Il aurait gagné en clarté si vous aviez fait des strophes et ajouté davantage de ponctuation.
Votre texte a tous les ingrédients d' un poeme réussi mais il pêche par la forme ( mais ce n est que mon humble avis)
A vous relire

   Anonyme   
20/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Que de belles images !
A chaque vers, on a envie de faire une pause pour se les représenter.

Justement parce que je pense que le lecteur a besoin d'une pause pour savourer tranquillement images et idées, j'aurais aimé que le poème soit plus aéré, qu'il présente des paragraphes.

Mais cela n'entrave pas la sensation d'avoir lu un très beau texte. Merci !

   Anonyme   
21/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Pas grand chose à dire sous cette hymne vespérale si ce n'est que j'en aime assez la vibration, les évocations et la sensibilité.

Le contemplatif que je suis se retrouve dans cette attention accordée aux spectacles (grandioses comme infimes) multiples de la Nature.

Mes seules réserves véritables concerneraient le premier vers, où une épithète est de trop : soit "pourprées", soit "affaiblies", et la précision de couleur du vol pesant des corbeaux : quand on évoque ces oiseaux si familiers, irrésistiblement l'esprit du lecteur perçoit leur couleur : l'adjectif me paraît donc superflu et alourdit à nouveau un vers.

A.


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