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Poésie néo-classique
Synoon : Et après ?
 Publié le 06/05/18  -  9 commentaires  -  1316 caractères  -  179 lectures    Autres textes du même auteur

Maintenant que nos chemins ne se chevauchent plus, où se trouve celui qui pourra me mener à de nouveaux sommets ?


Et après ?



Sur les plaines du temps, des milliers de chemins,
Mais seulement deux pieds. Auquel tendre la main ?
Tous finissent en mer – certains font au plus court.
D'autres s'en vont au loin, foisonnant de détours.
Nulle carte en ces lieux, l'homme avance à l'instinct,
Choisit la direction, espère un beau destin.

Mon cœur pointe un sommet, il ne veut qu’âme sœur.
Je n’en vois le sentier. Existe-t-il ? J'ai peur.
Peur qu'il ne soit chimère, illusion de l'esprit,
Mirage me venant des chemins que j'ai pris.
De ces chemins si doux dont même un souvenir
Me remplit de chaleur, ravive mon désir.

Au Nord ? Au Sud ? À l’Est ? Où puis-je le trouver ?
Vers où me diriger ? Puis-je encore en rêver ?
Parfois la mer m'appelle, en moi son cri résonne.
Le passé est passé et presque j'abandonne…
Mais il faut avancer en lui tournant le dos,
Arrivée fatidique, il est encor trop tôt.

Alors sans conviction, j'avance sans fléchir.
Je ne sais où je vais, je ne sais pas choisir.
Je m'en remets à Dieu, au Hasard, à la Vie.
J'attends de ces chemins qu'un d'entre eux me sourie.
Les yeux sur l’horizon, je cherche des réponses.
Je marche sans boussole et jamais ne renonce.


 
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   Papillon26   
7/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel rythme ! De belles rimes riches et douces. Superbe réflexion philosophique, spirituelle où l'humain recherche le plus haut, le plus beau :

Mon cœur pointe un sommet, il ne veut qu’âme sœur.

Dans sa réflexion l'auteur nous montre quelques moments de faiblesse qui mettent en valeur son humanité :

Parfois la mer m'appelle, en moi son cri résonne.
Le passé est passé et presque j'abandonne…

Ces instants derrière lui, se dessine la suite qui ne sera point vaine :

Alors sans conviction, j'avance sans fléchir.
Je ne sais où je vais, je ne sais pas choisir.
Je m'en remets à Dieu, au Hasard, à la Vie.
J'attends de ces chemins qu'un d'entre eux me sourie.
Les yeux sur l’horizon, je cherche des réponses.
Je marche sans boussole et jamais ne renonce.

Magnifique !

   Synoon   
6/5/2018
Fil de discussion ouvert ici !

   Lulu   
6/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Synoon,

J'ai bien aimé parcourir ce poème que j'ai relu plusieurs fois pour mieux m'en imprégner. Ma première lecture avait été infructueuse. Pourtant, le texte est assez fluide.

J'ai trouvé ce texte intéressant de par son thème et sa forme. J'aime notamment cette musicalité propre aux alexandrins. Ils donnent un rythme léger et très beau au poème.

J'ai beaucoup aimé ce vers : "Le passé est passé et presque j'abandonne...". Sans doute est-ce lié à la présence du pronom "Je", mais c'est l'ensemble, vraisemblablement, qui me séduit. Je trouve que cette formule sonne plus vraie que certains autres vers.

J'ai moins aimé cette expression "en ces lieux" à l'avant-dernier vers de la première strophe. Cela me semble peu poétique à mon oreille toute subjective... Sans doute est-ce lié aux sonorités en [ain] avec "chemins", "main" et en [en] comme "temps", "tendre", "en mer", "s'en vont", "foisonnant"... C'est comme si ce "en ces lieux" avait été de trop.

Ensuite, si je comprends la répétition du mot "chemins", je trouve que le vers suivant n'apporte vraiment rien, ni en terme de fond, ni dans la forme : "J'attends de ces chemins, qu'un d'entre eux me sourie". J'ai le sentiment que ce vers qui rappelle le mot "chemins" déjà utilisé, est tout à fait inutile, tant cela est évident quant au sens, mais c'est là encore une remarque bien subjective.

Ma strophe préférée est incontestablement l'avant-dernière. Pour son ensemble, dont le vers que j'ai relevé précédemment.

Bonne continuation.

   Provencao   
6/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Je découvre aujourd'hui votre poésie, avec un bonheur appuyé.

Mes vers préférés: "je m'en remets à Dieu, au Hasard, à la Vie.
J'attends de ces chemins qu'un d'entre eux me sourie"

J'aime beaucoup cette trace sur le chemin de l'agir...s'en remettre a Dieu peut conduire à une certaine connaisance d'un don absolu qui serait lui-même confié.

J'aime cette rencontre avec l'ascétisme demeurant désirable en vos vers....je l'ai ressenti ainsi votre écrit.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   PIZZICATO   
6/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Nulle carte en ces lieux, l'homme avance à l'instinct " et subit le scénario du Destin, " au Hasard, à la Vie ".

Savoir vaincre un passé, " avancer en lui tournant le dos " ; espérer que cet " après " sera meilleur.
" Mon cœur pointe un sommet, il ne veut qu’âme sœur."

" J'attends de ces chemins qu'un d'entre eux me sourie " puisque l'on ne choisit pas...

Une façon de tourner la page, bien exprimée dans ce texte.

   jfmoods   
6/5/2018
Ce poème, composé de 4 sizains en alexandrins, est à rimes suivies, pauvres, suffisantes et riches, très majoritairement masculines.

J'aurais mis un point à la fin du vers 17, un point d'exclamation à la fin du vers 18, une virgule après "alors", au vers 19 (pour le rythme ascendant : 1/4/6).

I) La recherche d'un comblement

Le titre ("Et après ?") et l'entête mettent en exergue un point d'achoppement. La vie à deux a abouti à l'inexorable échec d'une relation (allégorie : "nos chemins ne se chevauchent plus"). Le locuteur manifeste le désir brûlant de découvrir, ailleurs, la promesse d'une régénéresence, d'un nouvel eldorado affectif (métonymie : "Mon cœur pointe un sommet", locution restrictive : "il ne veut qu’âme sœur").

II) Un cap introuvable

L'antithèse ("des milliers de chemins" / "deux pieds") signale l'extrême complexité de la quête. Les questions ouvertes et fermées, les énumérations à rythme ternaire ("chimère, illusion de l'esprit, / Mirage me venant des chemins que j'ai pris", "à Dieu, au Hasard, à la Vie"), l'intertextualité racinienne ("Je ne sais où je vais") et l'image de la mort (métaphore : "Tous finissent en mer", allégorie : "la mer m'appelle") traduisent l'impuissance.

III) Une obstination sans faille

Cependant, au-delà des obstacles qui se présentent à lui, le locuteur entend bien conserver son moral intact. Il demeure résolu dans sa démarche (modalisation : "il faut avancer en lui tournant le dos", persévérance obligée face à l'adversité : "il est encor trop tôt", construction en écho dessinant un paradoxe : "sans conviction [...] sans fléchir", métonymie : "Les yeux sur l’horizon", adverbe à l'aspect catégorique : "jamais ne renonce").

Merci pour ce partage !

   papipoete   
6/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Synoon
On partit de chez nous, sans savoir quelle direction prendre et nous traversâmes la mer, qui fut hélas pour beaucoup l'arrivée du voyage ! Un port sans ancrage, qui ne nous tend pas les bras, mais il faut avancer sans jamais reculer ! Le bout d'un chemin finira bien par nous sourire ...
NB " des milliers de chemins/mais seulement deux pieds " et un coeur qui ne rêve que d'âme soeur " nous font marcher avec le héros sur ces chemins tourmentés, oubliant ceux " si doux au souvenir emplis de chaleur " .

   Cat   
6/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La rime glisse , légère elle n’en fait jamais trop, juste assez.

Pourtant il y a de la fougue, beaucoup de fougue dans ce questionnement. J’ai envie de dire, la fougue de la jeunesse. Elle qui se trouve confrontée à un après, bien sûr, mais un après plus ou moins encore perdu dans les brumes du temps à venir. Et du coup, cela rend l’atmosphère plus ouverte, plus respirable. Car l’échéance se trouvant encore à quelques encablures du port-point de départ est moins lourde à porter.

Je ne sais mieux l’exprimer, mais ainsi est mon ressenti.

Il me semble que lorsqu’une telle pensée existentielle pointe son nez, elle est plus ou moins chargée d’affect, en fonction de l’âge de qui se la pose.

Et ici, dans ce poème, je ressens fort cette évidence. Il y a le tragique de l’existence et en même temps de la distance, même si le propos ne laisse aucun doute sur la peine rencontrée en chemin.

J’aime comment on parle de la mort, ici. Tu l’appelles la mer, Synoon, et cela me convient tout à fait.

Belle entrée en matière :

"Sur les plaines du temps, des milliers de chemins,
Mais seulement deux pieds. Auquel tendre la main ?
Tous finissent en mer – certains font au plus court.
D'autres s'en vont au loin, foisonnant de détours.
Nulle carte en ces lieux, l'homme avance à l'instinct,
Choisit la direction, espère un beau destin."


Merci pour le partage


Cat

   Queribus   
15/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Ce n'était pas gagné d'avance vu la rigueur et l’âpreté du thème: quel chemin choisir pour sa vie en sachant l'inéluctable au bout. Vous avez très habilement traité le sujet avec un rythme léger et sautillant et des alexandrins fort bien maitrisés. J'ai relu le texte plusieurs fois pour le plaisir des sonorités et la beauté des images. Vous arrivez à traiter un problème grave en seulement 24 vers. Chapeau. J'ai noté cependant quelques rimes à l'hémistiche:"Mon cœur pointe un sommet, je n'en vois le sentier." "Vers où me diriger, le passé est passé, Mais il faut avancer"; bien que cela ne soit pas vraiment une faute, il faut l'éviter en poésie.

Concernant la forme, on sent une très grande maitrise de la prosodie même si celle-ci est néo-classique malgré la petite remarque au-dessus. Une ponctuation fournie guide le lecteur dans sa lecture et la lui facilite.

En conclusion, du bel art et un bon moment passé à vous lire.

À très bientôt j'espère.


Oniris Copyright © 2007-2018