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Poésie libre
Terri_Peirton : Incertaines Cathédrales
 Publié le 12/08/17  -  8 commentaires  -  7065 caractères  -  129 lectures    Autres textes du même auteur

Il s'agit de poèmes libres et d'aphorismes.
Exprimer, c'est faire sortir "hors de" ce qui fait "pression dedans"…
Rien n'est jamais sûr…
La poésie prend le relais là où la philosophie sèche…
Puissé-je trouver mes pairs en quelques lecteurs inscrits dans la même recherche.
Amicalement.


Incertaines Cathédrales



À vouloir embrasser l’univers, nous affranchir des profondeurs, et dépasser les lignes de fuite, c’est bien au temps que nous voulons échapper.

Un jour, nous comprendrons que seul là-bas le silence nous attend.


***


Mes décades
Exigent leurs réponses.
Autour du parloir
Des cariatides impassibles
Pèsent mes absences.
Quand viendra le temps
Celle qui saura
Me prendra par la main.


***


Je me rêve d’or
Entre lumières
Et cubes de ciel bleu.
Solitude minérale,
Taillée dans le silence,
J’arpente un Parthénon.
J’y suis comme lion en cage,
Attendant un mot,
Un seul,
En réponse à mes colères.


***

Compagnon des nocturnes
Un grand vent de Sud
Emporte le jour.
Des vies éphémères
Chahutent les métaux,
Et les toitures squelettiques
Tremblent à l’écoute de l’âme.

***

Vierges du bon sens
Les fonts baptismaux
Épanchent un sang neuf.
Prenant et buvant
La veille encore,
Tous chantaient victoire.
Mais le long d’une faille
Perlait l’œil d’un corbeau.


***

Quand les dimanches sombres
Convoient des nuages,
C’est affaire de ciel.
Bien souvent
J’ai cherché un moyen
D’y perdre mes regrets
Et de pendre aux vents hurlants
Mes exécrables humeurs.


***

Incertaines Cathédrales…

J’invoque les nuages, où les sages scellèrent un pacte.

Parfois, des pyramides de lumière aiguisent le sens au tranchant des orgues.

Et vous, les vieux livres posés sous les alcôves, vous soufflez le doux frottement des pages.

Vous compterez pour beaucoup.


***


Ce qu’est le noir,
Quand la nuit se joue,
Je l’ignore.
Et le dedans,
Lorsque ni lieu ni matière
N’y concèdent bon droit,
Je l’ignore encore.
Seul moi décide les murs.


***


C’est l’heure tardive des confidences.
Je ferme les yeux.
Plus vieux que les patiences,
Un volet d’ébène
Parque les solitudes.
Elles cèdent aux éclats
Dans des rires d’enfants
Quand cessent les guerres.


***

Tu pourrais jeter des mots
Au visage du silence,
Il choisirait la paix des leylandis,
Le souffle discret des humus,
Mais à toi il faudrait
L’amertume du lierre
Pour la patience.


***


Une forme glisse parmi les arbres.

Les soirs, près de l’âtre, le promeneur y songe, tandis que les nuits d’octobre remontent le long des labours.

Il aime sentir la présence de cette âme.

Elle seule possède la maîtrise de l’art, porteur du sens noyé.


***


Les écorces fragiles s’envolent
Et la rivière de diamant
Caresse le vieux chat.
La pointe du jour
Repousse l’ombre fraîche,
Mais les cadres vitrés
Renversent sur la ville
Des pans de cieux brisés.
N’eût été cette brèche
Nous aurions pu nous fondre
Dans l’ombre blanche des heures.


***


Tu gis parmi les rêves
Des papillons mort-nés…
Linceul sur corps souillé,
La nuit de ta prison
Tranche les soirs.
Donne-moi ton mal,
Je dresserai autour
Un mur de pardon,
Et dans l’eau d’un puits
Nous jetterons
La peau de ton démon.


***


Par une lune d’été, la candeur animale presse un museau froid sur une lame de métal.

Je n’ignore pas, que dans la pénombre, un cœur pur et consentant bat la mesure de nos aplombs.

Pourtant, il faudra trancher.


***


Dans les torses taillés de granit erre un diable capricieux.

Mais aux coups du ciseau, les cœurs de pierre tressautent en se cherchant une conduite.

Trouverons-nous le chemin ?


***


Racine de la cité,
J’offre une branche
À la sagesse paisible
Du poète endormi.
Un désir s’y cache
Vingt hivers suivent,
Des rires d’enfants fleurissent,
Mais l’effraie, perchée,
Y toise un grand vide.


***


Un choucas trépigne, il guette l’instant.

C’est là. D’un cri rauque il invoque l’âme.

Nous sommes légion lancés à la poursuite du dernier rayon, hurlant à fendre les premières ténèbres.

Nous volons.

Alors nous sommes nuit.


***


Mais les soirs bénis
Quand ferment les bureaux
Et se fige l’infernal rouage,
Les baleines remontent
Murmurer l’azur
Et la langueur du monde.


***


Vies abreuvées de soleil
Aux murs fendus de lézardes
Un géant voudrait vous réparer.
À ses pieds cristallisent
Les sels de nos remords.
Sa présence épargnera
Bien des tempêtes,
Bien des vagues.


***


Dans les galeries marchandes
Au cœur des midis tuméfiés
Elle répare ses mondes.
Un carrousel en ronde-bosse
Déroule des rires en guirlande,
Et le regard à la dérive
Elle voit sur les miroirs du désir
Danser seul un petit clown blanc.


***


Depuis un Mas,
Oublié des bois,
Rougeoie la forge d’un dieu.
Ses veines de pierre
Porteuses des mémoires
Fouillent la raison des humus…
Belle aube d’un songe
Que tombent les masques
Et plus rien n’arrête.


***


Aveugle à la beauté
Je m’étais égaré
Dans les silences injustes.
Je regrettais mes créances
Les devis clamés à l’ignorance.
Je t’aimais !


***


Mais après la mort
Je voudrais à tes côtés
Survoler les plages
Toucher les sables
Qu’ils soient éternels
Ou même charnels,
Dire une fois encore,
Au crépuscule lointain,
Combien seul importait
Le regard qui aimait.


***


Souviens-toi de ce soir bleu
Nous étions heureux
Quand brassant le ciel
Des pales touchèrent une veine.
Aux pieds des Christs d’Éole
Brûlaient les premiers codes
Et des ballerines aux dentelles d’argent
Dansaient près des asphaltes couchants.
Sous le battement des nacelles
Un champ de colza s’allumait
Mais au revers noir de l’orée
L’inexorable rôdait…


***

Je suis l’antichambre,
Que jalonnent les contraires.
Je côtoie l’émergence,
Je suis la dernière,
L’ultime seconde…
Je vois, mais n’ai plus d’yeux.
J’entends, mais privé d’oreilles.
D’ici l’univers n’est qu’une page froissée
Serrée dans le poing d’un néant.


 
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   Anonyme   
30/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Commenté en EL


De cette cascade de beauté rien ne m'enchante tant que la beauté elle-même.
Je lis ceci comme une chronique poétique née au fil des mois, des années peut-être et tout m'emporte.

Il y a bien un point ou deux de formulations qui auraient gagné à plus de légèreté mais c'est sans importance au regard de l'ensemble qui nous est proposé ici.

Est-ce de la poésie ? Oui n'est-ce pas et de belle eau alors ...

   papipoete   
12/8/2017
bonjour Terri_Peirton,
Ici bas, se dressent des cathédrales gothiques, romanes ; en Espagne la Sagrada Familia ; la chapelle de Ronchamp du Corbusier non loin de là et celles que voit l'auteur dans cette fresque poétique !
Je suis hors du champ où le guide nous entraîne, mais je vois des jaillissements que Dali aurait porté du pinceau sur une immense toile !
Cela m'impressionne et même si je reste cloué à ma chaise dans la nef, j'admire toutes ces couleurs !

   bipol   
12/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour,et bienvenue

c'est la première fois

depuis que je lis des poèmes sur ce site

que j'en lis un aussi beau

il coule comme l'eau d'une magnifique rivière

avec ses couleurs ses lumières sa musique son tempo

je vous remercie de m'avoir fait vivre ce moment de lecture

j"ai adoré

   Anonyme   
12/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Terri_Peirton,

Je viens aussi manifester mon enthousiasme,
j'avais lu ce poème anonymement en espace lecture et ma première remarque a été :
"un poème avec un titre pareil ne peut qu'être intéressant"
Impression confirmée à l lecture :
l'aspect visuel "plusse" qu'agréable fait oublier l'inconfort de la lecture d'un Bon Poème sur un site Internet .

Ensuite, que dire pour partager mon bonheur de lecture ?


Pour moi c'est un travail abouti et méritant d'être au catalogue.
Cathédrales au pluriel et défilent devant nos yeux dans une poétique très présente tant d'axes du temps donc de la vie.

Même si nous sommes plus ou moins perméable à nos lectures et découvertes selon le temps, l'humeur, la pression atmosphérique.
J'avoue que votre poème m'a vraiment transportée en pays Poésie.

Merci et très grand bravo.

   Marite   
12/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le titre m'a attirée bien que je n'ai pas perçu le lien avec les vers qui suivent. Déroutant, pour moi, par la forme sous laquelle il est présenté, ce long poème recèle tant de "choses" qu'en fait, c'est le genre de texte que j'aimerais avoir sous la main car il me semble que, chaque jour, j'y trouverais quelques mots qui pourraient satisfaire à la fois mon coeur et mon esprit. Merci pour cette découverte poétique.

   Damy   
13/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je ne connaissais pas le leylandis et ce mot m'a immédiatement évoqué les landes de Leyla, Leyla étant ma fille, métisse berbère et landaise dont le milieu est le sable des déserts et des dunes et pourtant dont la première vertu n’est pas la patience (ni l’amour des cathédrales) mais le lierre est un des ornements de Dionysos (Denis étant mon prénom !) et dans la mythologie celte, sa consommation permet d'ouvrir les portes de l'au-delà. Ce poème m'est dédié, en tout cas je me sens si près du cyprès que je m l'approprie ! "Le vent du Sud" en rajoute.
Les autres strophes ne me laissent pas insensible, c'est si bien écrit ! Mais, pour la plupart d'entre elles, assez hermétiques pour moi, il me faudra y revenir dessus pour bien m'imprégner des profondeurs de l'humus (cité 2 fois, il a son importance, dans la fécondité, peut-être ? Il est sous le leylandis, en tout cas). "Les exécrables humeurs", c’est au soleil que je les dispere.
Les sentiments développés, mêlés d'espoir et de désespoir, ne me semblent pas d'une originalité première, c'est l'écriture qui fait la différence: la bonne poésie, son âme: "Donne-moi ton mal,
Je dresserai autour
Un mur de pardon,
Et dans l’eau d’un puits
Nous jetterons
La peau de ton démon."


Je reviendrai lire à temps accordé.
Poétiquement vôtre,
Damy

   Robot   
13/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Vous ne trouverez certainement pas chez moi un pair qui partagerait votre recherche en écriture car je serais bien incapable de tel ouvrage.

Votre poème tient pour moi d'un renouvellement d'une légende des siècles dans une écriture classique de notre époque. Je dis légende des siècles, car cette poésie intemporelle nous porte naturellement, mais sans nous forcer, à la réflexion sur le sens à donner à l'existant: ce pourquoi permanent qui taraude l'homo sapiens depuis qu'il a acquis la possibilité de réfléchir sur lui même.

Vous aurez compris que j'ai eu beaucoup de satisfaction à lire plusieurs fois ce texte pour m'imprégner de ce qu'il contient de profond.

   Anonyme   
27/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir poète, c'est tellement beau ,, pur ravissement.
Touchée au cœur. Et puis .. "Le grand silence" .. Merci.


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