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Poésie libre
Thakis : À un amant jamais connu
 Publié le 07/07/10  -  6 commentaires  -  3865 caractères  -  70 lectures    Autres textes du même auteur

Il s'agit d'un poème d'amour à un amant jamais connu où je tente de retracer les étapes du délire amoureux, du fantasme érotique à la douleur de ne pas être aimée en passant par la réinvention de l'autre à l'aune de son propre désir.


À un amant jamais connu



Après un grave accident de volonté


Ici, la jupe et puis l’orage.
La jupe collée sur les cuisses mouillées,
encombrées de tes regards que je désirais glissant
jusqu’au genou pour remonter furtivement,
s’emparer de la hanche,
caresser le ventre,
saisir un sein qui frémirait
sous tes pupilles aux accents guerriers.
Et toi derrière ta main, devenu ta main,
ayant égaré ma peau,
tu aurais dessiné sur mes lèvres un mot
que mes reins prononcent encore parfois.


Celui que j’aurais aimé, si. Celui que j’ai tant aimé, si


Je t’ai cherché si longtemps, si longtemps sans te trouver.
Un jour, dans mes draps, un autre que j’aurais voulu être toi dans les draps d’une autre.

Où es-tu ? Je t’ai trouvé, mais si absent que ta chair n’a plus la couleur que j’imaginais.

Où es-tu ? Je te vois, n’étant plus. Mes cœurs, tour à tour, blêmissent.
Quelque part palpite encore l’un d’eux. Son écho me revient comme un glas épuisé à force de sonner.

Et dehors rit ma peine.

Elle m’attend comme tous les jours au saut du lit et chuchote à mon oreille les ébats de sa folle nuit.
Elle tient par la main la joie. Elles ne se lâchent plus ces deux sœurs éternellement vierges.

Est-ce mieux de t’imaginer que de te connaître ?

Je garderais alors ce goût de momie dont je rêve chaque nuit quand en pensée je m'étreins le corps de tes mains.

Pourquoi n’as-tu pas de réponse ?

Ton absence a pris corps à côté de moi.
Et respire presque quand je lui demande.
Et parfois même prononce un mot que je lui dicte à peine.
De nous deux, je ne sais plus qui impose sa loi.

Quelles lèvres as-tu embrassées ? Quand les miennes désespèrent de ne pas t’effleurer.

Tu ne réponds pas.
Tu n’as pas répondu.

Le même chemin depuis toutes ces années parcouru.
Le même paysage sillonné.

Le même miroir qui me répète tu es vieille maintenant et tu n’as pas été aimée.

Tu es vieille et plus aucune main ne s’égare sous ton corsage qui recueille malgré lui ta poitrine flétrie.

Tu croyais être forte et avoir vaincu.
Tu es lasse dans tes draps usés.

Tu es lasse et tu ne reconnais même plus ce poing ami qui te serre le pouls et te murmure que tout est fini.
Pour l’instant et ici.
Tu devines ce qui t’attend ?

Non, tu ne sais pas, tu ne sais rien.
Tu as entendu des fausses voix.
Elles chuchotaient les mensonges que l’orgueil lui ordonnait.
Tu n’auras plus rien à dire. Enfin.

Je t’aurais aimé de tellement loin.
Sans te voir, sans te parler, sans te toucher.

Je t’aurais aimé pour l’éternité.

Et je me serais brisé la pensée à t’éprendre.

Je vois tes yeux et j’entends ta voix timbrée de son nouvel accent.
Toutes les nuits et la journée parfois aussi.
Quand dans la rue, les voitures s’éteignent.
Et qu’une feuille d’arbre me glisse tes joies et tes chagrins.

C’est mieux presque, que d’être avec toi.

Non, je disais cela par tristesse car aujourd’hui, comme tous les jours et toutes les nuits, de toi mon amour je me languis.

Tant d’années déjà que mon cœur n’a d’égards que pour toi.

Un toi parcouru, dessiné, inventé au gré de mes désirs.
Un toi qui ne peut plus être toi. À force.
Un toi bousculé, caressé.
Un toi obstiné à n’être jamais tout à fait.

Pourquoi ne pas t’oublier ?
Quel est ce lieu où tu t’es gravé et qui lutte contre l’oubli ?

Te l’ai-je dit ?
Te l’ai-je dit ?
Et l’as-tu entendu ?

Tu es aimé.


 
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   Lunastrelle   
17/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
C'est... Dense, du moins pas dans le vocabulaire, mais dans l'histoire, le cheminement de l'auteur. Je ne sais pas si tout rassembler en un seul bloc est judicieux, du fait que le lecteur peut se perdre. C'est aussi empirique en quelque sorte, l'histoire en elle-même n'est pas dure à suivre, mais c'est surtout au niveau du rythme et de la cadence que vous avez pris pas mal de risques.

Certains passages m'interpellent, comme le début qui frappe très fort et qui accroche. Je le trouve très bien comme ça, il n'y a rien à changer à mon sens. Puis j'y sens ensuite du chaos, dans le sens spatial et niveau ressenti. Un peu comme si l'auteur voulait retranscrire le balbutiement, l'ouragan. On ne peut que s'essouffler, et se laisser en même temps porter. Tout ceci de "Celui que j’aurais aimé, si. Celui que j’ai tant aimé, si" à "Et dehors rit ma peine."

"Elle m’attend comme tous les jours au saut du lit et chuchote à mon oreille les ébats de sa folle nuit." à "Tu n’as pas répondu.", j'ai une impression mitigé, de brouillon des sentiments et d'instantanés pris sur le fait, mais non triés. L'effet est séduisant, mais je le trouve un peu décousu ici.

Puis jusqu'à "Tu devines ce qui t’attend ?", passe-t-on à de l'introspection, est-ce que la narratrice se parle à elle, même, se tutoie? Oui, par le miroir. Cela est bien inséré, mais cela demande encore un peu de retravail, soit dans le sens à ce que ça ne choque pas le lecteur, soit en tranchant complètement, pour faire ressortir cet aspect. Entre les deux solutions, je ne sais pas quelle serait la meilleure, à tester.

Ensuite je me retrouve devant le paragraphe que j'aime le moins de tout l'écrit, je n'arrive pas à l'insérer dans l'atmosphère même. Mais là c'est une question de goût. En fait, je trouve qu'il aurait pu être résumé par ce seul vers là, que j'aime beaucoup:

"Et je me serai brisée la pensée à t’éprendre."

Ensuite, je me retrouve dans une nouvelle ambiance feutrée, une transition empreinte de résignation et... De regret? Tout cela pour conclure avec ce vers, qui est un miroir lui aussi, qui exprime en gros l'acceptation d'un futur sans pouvoir complètement le fermer, au contraire:

"Tant d’années déjà que mon cœur n’a d’égards que pour toi."

Enfin, on termine sur un rythme qui se saccade, s'accélère. A revoir aussi à mon sens, parce que je n'arrive pas à être assez bousculée pour avoir une impression de chute. Et là, je pense que c'est sur la forme que l'auteur pourrait jouer, en cassant les schémas peut-être, en revenant à la ligne comme il l'a fait à ce passage là, que j'avais trouvé bien fait:

"Celui que j’aurais aimé, si. Celui que j’ai tant aimé, si


Je t’ai cherché si longtemps, si longtemps sans te trouver. "

Et ce, tout en employant un peu plus de mots forts... Enfin, là ce ne sont que des suggestions...


La lecture m'a été agréable, et je trouverais ce texte très bon nonobstant tous ces petits trucs que j'ai pu relever, mais qui après tout ne portent que sur un ressenti personnel...

   shanne   
26/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Un texte bien écrit, j'espère que cet amant aura la chance de le lire. J'ai aimé: Pourquoi n'as tu pas de réponse ? Ton absence a pris corps en moi. De nous deux, je ne sais plus qui inspire la loi.
Une prise de conscience qui est douloureuse, ne pas vouloir entendre est terrible
Merci pour cette lecture

   jaimme   
28/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème qui m'a touché. La première partie est éminemment forte. De belles formulations. Très belles pour certaines. Mais la seconde moitié, sauf quelques belles phrases, me semble trop longue, s'étire et s'affadit.
J'aime ce jeu du désespoir qui fait dire que l'amour rêvé aurait été mieux que... Personne n'y croit, pas même la narratrice, mais...
De la grande poésie par ci par là. Un thème à revisiter sans cesse. Inépuisable. Un des seuls?
Merci.

   Damy   
30/6/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
La première strophe est d'une profonde sensualité. L'espérance du corps.

Les amours virtuelles...Internet laisse passer les amours à travers les écrans.
Puisse-t-il, votre aimé, avoir un clavier et lire, puis écrire...

"C’est mieux presque, que d’être avec toi."
C'est souvent mieux. Les fantasmes naissent au creux de l'inconscient. Les sens, la raison ne sont que la partie émergée de l'iceberg.

Le virtuel permet de jouir, tout autant, sinon plus, que le réel. En tout cas, cela dure plus longtemps.

Magnifique description d'un amour impossible, vécu.

   Anonyme   
24/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
"J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité". - C'est le vers de Desnos qui m'est revenu, après la première section du poème.

Quelque chose d'émouvant dans cette retranscription d'un bouleversement intérieur. Un coeur solitaire. Des images fortes, dont certaines ont (pour moi) le goût de l'inédit.
Et puis, sûr que d'aucuns se seront reconnus là-dedans.

   David   
11/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Thakis,

Ça m'a beaucoup plu, la fin est très réussie. Ça parlerait d'amour et de solitude avec de jolies nuances :

"tu aurais dessiné sur mes lèvres un mot
que mes reins prononcent encore parfois."

"un autre que j’aurais voulu être toi dans les draps d’une autre."

Presque un goût d'autopsie de cette amour parfois, avec le premier passage en italique notamment, et ce qui suit le début plus enjoué, après le second passage en italique justement, avec comme un diktat de la raison mais autre chose semble parcourir les vers aussi, la passion qui anima ce chemin-là ?


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