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Poésie contemporaine
TITEFEE : L'inique sentence suite 3/4/5
 Publié le 05/07/13  -  4 commentaires  -  3269 caractères  -  47 lectures    Autres textes du même auteur

Long récit sur une époque troublée… d'autres épisodes suivront.


L'inique sentence suite 3/4/5



Suite 3

On avait accroché, en leur coupant les serres,
Chouettes et hiboux pour chasser les misères
S’abattant sur Tournon.
Et les morts, entassés dans un trou de chaux vive,
Recevaient tous les jours la poudre corrosive
D’un autre compagnon.

Les habitants craintifs avaient peur des ténèbres.
Quand à la nécropole, les convois funèbres
Avaient bientôt cessé,
On enterrait alors, lorsqu’il faisait plus sombre,
Dans les bois écartés chaque mort qui encombre,
En étant empressé.

Angèle et Antonin, paysans un peu frustes,
Connus dans la région comme des êtres rustres,
Donnaient aux consultants
Leurs bons soins au cheptel et aux femmes en couche,
Guérissaient le soleil, soignaient les maux de bouche,
Sans compter de leur temps.

Chacun leur apportait, qui un tonneau de bière,
Des couples de lapins dans une gibecière
Ou des colifichets,
Bijoux de pacotille ou fruits au sirop,
Des poulets bien dodus et du vin pour chabrot
Ou de l’huile en pichets.

Suite 4

Et puis vint cet hiver, gelant l’étang du diable,
Cassant les cyprès noirs comme aiguilles de sable,
Décimant les troupeaux.
Dans les sombres maisons, aux fenêtres huilées,
On brûla tout le bois, écourtant les veillées,
Le froid glaçant les os.

Des enfants nouveau-nés, bleuis de froidure,
Dans leurs berceaux de bois en une nuit moururent.
Leur corps raide au matin,
On trouva les lapins, les moutons à l’étable !
Dès lors la famine fut plus épouvantable,
Bien funeste destin !

Il arriva bientôt qu’on se prenne à chercher
Dans chaque parole ce que pouvaient cacher
Angèle et Antonin.
Puis s’entendit partout, soupçon abominable,
Que leurs dons supposés étaient la main du diable,
Et l’œuvre du Malin.

Et depuis, chaque fois, l’inquiétante camarde
Aux yeux des villageois devenait la pillarde
Des âmes des défunts.
Ils dénoncèrent alors d’être les vrais coupables
Des faits inavouables
Angèle et Antonin.

Suite 5

Cet hiver fut si long que même au mois d’avril
On ne put labourer la terre, qu’un grésil
Empêchait de germer.
Car les graines gelaient et adieu la récolte !
Plus de blé au grenier, fomenta la révolte,
Qui ne se put calmer.

Chacun avait caché tout ce qui se conserve :
Orge, blé, sarrasin, et mis même en réserve,
La viande des matous !
On les avait salés, et gardé leurs pelages
Qui sur les lits, cousus en petits assemblages,
Gardaient le chaud, dessous.

Puis on traqua les rats, écureuils et fauvettes,
Hérissons et serpents, enfin toutes les bêtes
Pour faire des brouets.
Et l’ortie elle aussi, les sauvages asperges,
Finirent au printemps par déserter les berges,
Dans ces vents aigrelets.

Angèle et Antonin, connaissant le refuge
Des biches et des cerfs et de leur subterfuge,
Plus loin étaient allés,
Dans les coins escarpés de la haute éminence,
Aux flancs creusés de trous, point trop en évidence
Et jamais signalés.


 
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   Ioledane   
25/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je relève à nouveau, un peu plus prononcés, les défauts du premier opus : des passages trop prosaïques et des maladresses de style, qui donnent parfois une impression de cheville ou d’artifice.

Exemples : « En étant empressé », « Sans compter de leur temps » (le « de » me paraît de trop), « Bien funeste destin », « Et l’œuvre du malin » (redondant par rapport à ce qui précède), « Ils dénoncèrent alors d'être les vrais coupables » (formulation à mon sens incorrecte), « Plus de blé au grenier, fomenta la révolte, / Qui ne se put calmer. », « Gardaient le chaud, dessous », « le refuge / Des biches et des cerfs et de leur subterfuge » (refuge du subterfuge ? et quel subterfuge ?), « point trop en évidence / Et jamais signalés ».

Je note également :
- une erreur à « frustes » (sans r)
- quelques alexandrins irréguliers (vers 8, 22, 31, 35, 38)
- un disgracieux « alors, lorsqu’il » (effet phonétique moyen et mot de même racine)
- un « qui » non suivi d’un autre dans son usage de pronom indéfini : il faudrait remplacer « ou » par « qui » au vers 21 afin d’avoir le pendant du premier « qui ».

Le vers 47 est court alors que selon le schéma des autres paragraphes il devrait être long, est-ce volontaire ?

Bon voilà, après cette avalanche de critiques, je tiens tout de même à noter que ce texte témoigne d’un vrai travail de recherche qui permet, malgré les maladresses, de plonger avec succès dans cette époque lointaine, à laquelle les évocations précises et foisonnantes donnent beaucoup de substance.

Et cela reste une vraie performance.

J’attends le prochain opus.
Merci à vous !

   Marite   
5/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Moi aussi j'attends la suite TITEFEE avec même une certaine impatience. Cette présentation régulière en vers et les rimes facilitent la lecture de ces épisodes sombres du passé.
J'imagine sans peine le travail d'écriture et de recherche que cela représente.

   brabant   
5/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Titefée,


Vous réussissez l'exploit d'un texte érudit (ex : "ces fenêtres huilées") et en même temps immédiatement accessible par, par exemple, des adolescents. C'est en même temps une très belle leçon d'Histoire.

On voit très bien ici le mécanisme de la Rumeur qui se met en place, et la façon dont vont être désignés les boucs-émissaires (qui permet par ailleurs de se dédouaner soi-même ; ça me fait penser à l'âne de La Fontaine "Quelque démon aidant/ Je tondis de ce pré la longueur de ma langue/Aussitôt on cria Haro sur le baudet", je cite de mémoire). La progression inexorable de la peste est bien montrée.

A lire la suite :)

p s : un bémol pour "frustes" et "rustres" peut-être redondants.

   Laroche   
10/8/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour. Dans leur écriture parfois foutraque, ces strophes ont des airs de "Légende des siècles". Cela nous change des poèmes tirés au cordeau et ennuyeux comme la pluie.


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