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Poésie néo-classique
TITEFEE : Le bain maure
 Publié le 22/11/07  -  2 commentaires  -  1990 caractères  -  27 lectures    Autres textes du même auteur

Il fut un temps où c'étaient les eunuques qui massaient... Sans doute encore du temps de Pierre Loti...


Le bain maure



Les effluves embaumés du bain maure se brumisent
Et l’on voit des femmes entièrement dénudées, assises
Sur les carrelles vertes et blanches qui s’interpellent
À peine dissimulées par les vapeurs fleurées du bain

Elles se parlent en gestes ronds et parfois appellent
Leur enfant hardi courant sur le carrelage mouillé.
Elles ont de longs cheveux humides qui dissimulent
À demi leurs seins lourds, où parfois tète un tout petit.

Elles reposent, cachant à peine derrière un voile de tulle,
Leurs corps dorés, allongés sur des nattes de paille de riz.
Et j’arrive, moi si blanche et intimidée, dans le hammam,
Serrant, autour de ma taille, la serviette de bain incarnat.

Personne ne fait attention à ma pâle nudité et ces dames
Continuent de babiller, à qui mieux mieux, dans le sauna.
Une masseuse, à la peau ébène, me désigne alors une table
Où je m’abandonne, confiante à ses deux mains expertes.

Ces paumes, qui ont massé toute les femmes de la ville,
Peuvent reconnaître les épouses délaissées à leur corps.
À la manière dont elles la massent du visage aux chevilles
La femme se laisse toucher et puis lentement s’endort
Elles savent parer pour la noce, les vierges à la peau satinée
Et lavent longuement leurs cheveux à l’argile et au henné ;
Colorent pieds et mains suivant le rite, et préparent le thé
Qu’elles servent dans des verres que le breuvage a tannés

Mères et filles, tour à tour, admirent mais aussi redoutent
Ces négresses du bain, magiciennes serviles et puissantes,
Car elles connaissent leurs plus infimes ou lourds secrets.
Leur réputation, en une seule phrase, infiniment blessante,
Diffusée à la ronde, peut être, alors, irréparablement ternie

Pour écouter ce texte, c'est ici


 
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   bernalot   
23/11/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Tu as un art consommé de mettre en mots des tableaux vivants.
C'est quasi-cinématographique.

   Anonyme   
15/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Oui oui très visuel comme d'habitude, en lisant
ce texte, s'évapore la langueur de nos pores dilatées...

Nous sommes à Damas, Istanboul ou Tunis,
sur notre peau, la bruine irréelle d'une mélodie de musc...


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