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Poésie néo-classique
TITEFEE : Le bombardement
 Publié le 28/10/07  -  2 commentaires  -  2537 caractères  -  52 lectures    Autres textes du même auteur

Que votre génération ne connaisse pas ce qu'a connu la nôtre.


Le bombardement



Le jour était sale, gris, neigeux, et tout était silence.
Nous attendions que la cloche de l’école enfin tinte !
Pensive, j’observais par la fenêtre, de la neige la danse,
Et mon regard curieux se baladait aussi sur la plinthe,
Où je suivais le déplacement de deux mouches affairées.

Je rêvais, loin du tracé laborieux des premiers nombres
Et des lignes des lettres encore maladroitement formées.
J’avais six ans, des boucles brunes et un regard sombre,
Mais c’était le temps où l’insouciance n’était pas armée.

La guerre, même sur les enfants, avait une forte emprise
Et marquait profondément déjà nos esprits et nos cœurs ;
La peur de la mort rôdait à chaque sirène et bruit de moteur
Que seule l’institutrice calmait avec une certaine maîtrise

Du dehors nous arrivait le chant solitaire d’un moineau
Lançant ses trilles vibrants dans l’arbre dénudé, là-haut
Nous avions tous le regard porté vers les cieux désertés
Tout en sachant que bientôt cesserait cette fragile paix.

Cependant ce ne fut pas la cloche mais la sirène qui hurla !
Notre maîtresse alors, en hâte, nous fit saisir nos manteaux,
Écharpes et bonnets et sur la galerie les autres élèves, héla,
Pendant que sur nos têtes tournaient d’étranges corbeaux

Adieu rangs bien ordonnés, les marches nous dévalâmes,
Dans le bruit claquant des galoches aux semelles de bois
Dans la cour un abri était creusé et nous nous installâmes,
Dans le noir, sur des sacs emplis de sable, l’œil aux abois.

La stridence de la sirène se tut et brusquement le silence
Fut déchiré par le vrombissement, d’abord infiniment sourd,
De l’arrivée des avions suivi par la réponse de tirs intenses
De la DCA installée sur les collines et les bois alentours.

Serrés les uns contre les autres, pleurant ou silencieux,
Nous écoutions apeurés les bombes tombant des cieux.
Alors une forte odeur de terre, de poussière et de poudre
Nous fit tousser fortement et fut longue à se dissoudre.

La terre vibrait comme lors d’un tremblement de terre...
Ne sachant pas ce qui pouvait se passer là-haut au jour
Nous pensions à ceux que nous aimions, pères et mères
Spéculant que vite ils seraient là pour nous porter secours.


Pour écouter c’est ici


 
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   jensairien   
28/10/2007
je verrais bien ce poème sous la forme d'une nouvelle. Le jour
était sale, gris,j'observais par la fenêtre, j'avais six ans,
la peur rôdait, etc ...

   FABIO   
17/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien
On sent dans ces quelques vers très agiles la peur, l'angoisse
d'une époque bien fragile, j'ai aimé le ton grave de ce poème dissimulé sous les mots


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