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Poésie néo-classique
TITEFEE : Procréation
 Publié le 24/01/08  -  2 commentaires  -  4050 caractères  -  5 lectures    Autres textes du même auteur

Premier inspir... le premier souffle et c'est la vie qui ouvre ses ailes car dans l'espace qui existe entre le premier inspir et le dernier expir, tout reste à inventer.


Procréation



Dans ce long couloir étroit, inconnu,
Aux molles et poisseuses parois humides,
Nous nageons, affolés et éperdus,
Compressés les uns contre les autres,
Et confluons tous vers la planète vide,
Cet astéroïde gélatineux et translucide,
Qui, dans l’interminable canal, tout au bout,
Flotte et tournoie tel un astronaute.
La sphère disperse une lueur diaphane
Et ses bords sont délicatement frangés.
Elle ressemble à une méduse aux membranes
Fines et ondoyantes comme voile de mariée.
Nous propulsant vers ce ventre bientôt gravide
Soudain, sans même comprendre c’est la curée.
Et ce premier et ultime barbare génocide
Finit dans une course mortelle et fratricide
Où seul l’un d’entre nous sera « l’appelé »
Nous sommes encore des lucioles déroutées
Et nos vifs flagelles nous propulsent vers ce but :
Pénétrer résolument dans ce magique nid velouté
Et passer de la vie à la mort en une ultime culbute.

****

Me voici jouant de mon corps comme d’un rempart
Je donne des coups de queue et mon cri est silence
Je vais vivre mon histoire et l’implacable départ
Pour cette vie telle je l’ai voulue dans sa violence
Chanceuse, je suis seule maintenant à pénétrer
Dans cette caverne noire, accueillante et élastique
Je prends possession de cet astral endroit cloîtré
Et découvre, mon environnement aquatique
Mais bientôt, je ne suis plus maîtresse de mon sort,
Car des forces incroyables me fixent aux cloisons ;
Je suis enclose comme l’est dans son œuf l’oison
Et des filaments m’enserrent comme des renforts.
Des odeurs marines m’entourent dans cet océan
Où tout ce que je peux désirer m’est offert céans.
Soudain de mon flagelle inutile c’est l’ablation
Je ne puis plus rien tenter car suis sans réaction.
Pendant que des plicatures dessinent mon corps.
Obéissant à je ne sais quel ordre mystérieusement
Se divise ma seule cellule donnant naissance encore
À d’autres cellules programmées semblablement
Et toutes ces cellules se dupliquent inexorablement
Jusqu’à soixante quatre scellant le stade morula :
Division ultime pour l’unité de vie qui deviendra
Dans son intégrité un enfant noir jaune ou blanc

****

Il ne me reste plus qu’un embryon de queue
Dans le visage se dessinent deux yeux sombres
Ma peau est gélatine et dans ce milieu aqueux
Je me sens bien, ignorant ce que sont soleil et ombre
Puis se forment les vertèbres de ma colonne vertébrale
Et au fil des jours apparaissent membres et accessoires
Telles branchies me permettant de vivre en milieu claustral
Et aussi des rêves dont je ne garde hélas plus la mémoire.
Lors d’une seconde divine je sens battre dans la poitrine
Ce cœur venant d’entamer sa chevauchée vers mon sort
Car naissant au jour choisi au sablier de l’heure utérine
Mon existence ne connaîtra jamais l’heure de ma mort
Et je suis là dans ce paradis esquissant des sourires
Mes doigts formés trouvent l’abri de ma bouche
Éprouvant le plaisir que j’aurai de sucer mon pouce

****

Je suis extatiques rêves avant de savoir discourir.
Dans mes mémoires, règne encore la prescience
De ce que je vécus dans mes vies antérieures
Et qui a imprimé mes devenirs et la conscience
De ce qui fut me guidera vers mes faillibles ailleurs
J’entends les pulsations du cœur de maman
Et j’écoute ces voix à travers le tamis des eaux
Rien ne m’est refusé ici, j’ai tout mon temps
Mes yeux sont verts, noirs mes cheveux, blanche ma peau.
Je prends peu à peu toute la place. Où sera mon espace
Quand mon corps aura le désir de bouger à l’envi ?
Je donne coups de pieds et coups de poings sans que ne se lasse
Ma mère qui tendrement met ses mains sur son ventre...
Là où je suis !


 
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   Anonyme   
24/1/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Si joliment raconté. Une fécondation Reality Show -:)

   Anonyme   
24/1/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Des vers parfois très très très longs, mais le poème étant d'un bon niveau, ça passe.


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