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Poésie néo-classique
TITEFEE : Solitaire, comme une sentinelle de pierre
 Publié le 17/08/07  -  2 commentaires  -  1861 caractères  -  62 lectures    Autres textes du même auteur

Entre ombre et lumière et toutes les transcendances entre la vie rêvée ou des bribes d'une vie d'avant...


Solitaire, comme une sentinelle de pierre



Dressé solitaire, comme une sentinelle de pierre,
Dominant la vallée, bornée par Ardèche et Vercors,
Crussol livre son dernier combat contre le lierre.

Il garde en ses flancs les sanglants corps à corps
De l’immortelle empreinte des ardentes bagarres,
Entre lumières et ténèbres, des Cathares assaillis,
Dont les corps furent jetés du haut de ses remparts.

Au pied de ses tournelles, d’épais et épineux taillis
Abritent, dans leur ombre bleue, des grillons vibrants
Qui se marient aux crissements puissants des cigales.

La montée est ardue sur le sentier aux roches inégales.
La sueur perle à mon front et mon sac est encombrant.
Je communie avec le vent qui fait chanter les herbes ;
L’été les a blondies et elles ondulent telles vagues d’or.

Et je me « retrouve » juvénile et pauvre pastourelle
Portant des chaussons noirs aux liens lacés très haut
Vêtue de coutil de toile rêche au croquet de dentelle
Et d’une coiffe dont les fins rubans pendent dans le dos.

Je serre à mon bras l’anse d’osier d’un panier qui recèle
Une gourde de vin rafraîchi, issu de la vigne d’Arfeuille,
De deux tranches de pain gris, d’un fromage demi-sel
Et des figues ventrues, couchées dans leur lit de feuilles.

Sur la pierre plate, chauffée à blanc par le soleil ardent,
Je ne vis pas, lovée sous la roche près des plis de ma robe,
Une vipère qui me piqua, avant que d’elle, ne me dérobe
Et seule là haut, dans ce jour si beau, je suis morte… enfant.



Pour écouter :

http://www.archive-host2.com/membres/up/1086141494/commeunesentinelledepierre.mp3


 
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   Athanor   
18/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"...Je communie avec le vent qui fait chanter les herbes..."
Ah quelle superbe vision nous donne l'auteur !
J'ai eu plaisir à lire ce poème assez riche, faisant connaître ou rappelant quelques beaux mots anciens (pastourelle, coutil, croquet...).
Cependant, et oui et c'est assez rare chez l'auteur... cependant, quelques vers ou strophes me "chiffonnent" concernant leur ordre.
J'aurais, et ça n'engage que moi, commencé ce poème par la montée et la présentation de la pastourelle.
Puis j'aurais terminé par la sentinelle de pierre.
Sans doute n'aurais-je pas mentionné le passage de la vipère et ainsi l'aurais-je gardé pour un poème suivant.
Car je suis un peu déçu par la fin, trop triste.

   Anonyme   
21/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Etrange ce saut dans le temps..
Ce présent qui n'est plus, ce passé si actuel..
Tout ici vit, vibre encore dans les mots. Et cette fin si terrible qu'elle soit, ne pèse pas sur cette formidable vitalité.

J'aime beaucoup les deux emplois du passé et ce retour au présent narratif dans les derniers vers.


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