Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
TITEFEE : Terra incognita
 Publié le 31/07/08  -  7 commentaires  -  2555 caractères  -  23 lectures    Autres textes du même auteur

Et si tout devait recommencer ailleurs ?


Terra incognita



C'est une planète bleue, semblable à ce qu’était la nôtre,
Que je découvris et tout en elle soudainement me plut.
Les fleuves, aussi transparents les uns que les autres,
Traversaient des forêts primaires, aux arbres inconnus.

Les hommes, que j'avais laissés ne savaient que survivre,
Errant en hordes faméliques, en proie à d'atroces famines,
Ils suivaient les routes sanglantes des exodes assassines,
Pour finir sur de puants charniers où la viande vient pourrir

On s’entretuait pour de l'eau, et seule se sentait la mort,
Quand s'élevaient les âcres fumées à la puanteur funèbre.
L'humanité avait inexorablement plongé dans les ténèbres,
En n’ayant pas su conjurer de la science, le mauvais sort.

Des fusées semblables de la terre il en était parti des tas !
Mais, apparemment seul, je me retrouve sur ce continent
Si démuni, n'ayant pu sauver qu'une boussole, un compas
Et vivres lyophilisés n'excédant pas trois mois seulement.

Une fleur flavescente au calice recourbé tel un saxophone,
Soudain apparaît, et sa croissance fulgurante me surprend.
Elle se couronne d'étamines violines et me fait l'aumône
D'un nectar blond, sirupeux, qu’entre mes mains je prends.

Subitement mon abdomen distendu s'arrondit rapidement.
Naissent des seins de femme qui deviennent turgescents.
Alors des douleurs fulgurantes fouaillent mes reins en feu
Tandis qu'entre mes cuisses, je me fends largement en deux

Les douleurs intolérables, bien au-delà du soir qui tombe
Me donnent l'impression que mon corps va bientôt exploser !
Je pousse des cris d'effroi, inutile clameur lancée à la ronde
Car nul ne vient me secourir, Dieu, je vais me désagréger !

Gisant sur le lit de mousse rousse, je suis anéanti, écartelé,
Quand, inattendue, apparaît alors entre mes jambes ouvertes
La tête d'une femme, qui d'un voile graisseux est recouverte
Et dont le corps menu est hors de moi vivement propulsé

Se peut-il que sur cette planète inconnue le mâle accouche
De la femme qu'il va devoir sustenter et sa vie durant aimer ?
Je prends la créature, de moi issue et la dépose sur la couche
D'une herbe mousseuse et chaude aux lourdes odeurs épicées

À suivre…


Pour entendre ce texte, c’est ici


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Melenea   
31/7/2008
Très surprenant, et j'attend la suite avec grande impatience...
Le titre est SF, et l'histoire tout autant, même dans la métaphore...

AU demeurant, bien écrit, vocabulaire recherché et maitrisé, on lit sans lever les yeux en se demandant où bien en veux tu venir?

Tu me laisses sur mes questions et ma curiosité.... Et ça c'est bien :)

Mél

   Anonyme   
31/7/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Accouchement spontané? Ha ha ça aurait presque pu virer au gore... Pas le genre de titefée, je sais bien. Hé voui, viendra un moment où l'homme devra coloniser une autre planète quand il aura bien pourri la Terre ou que le soleil l'aura cramé...

J'ai bien aimé cette entrée en matière, la suite...

   Leo   
31/7/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Excellent texte, sur un très bon thème. Mais il est vraiment dommage que vous ne vous inspiriez pas de votre propre lecture pour ponctuer l'écrit : la dissonance entre les intonations et respirations lues et celles entendues – infiniment plus justes, plus naturelles, plus émouvantes par endroits – est tellement énorme que c'en est presque caricatural ! Vous démontrez à l'évidence que la poésie est faite pour être dite, déclamée, rapée, slamée, tout ce qu'on voudra. La lecture se doit de restituer autant que possible ce souffle, ces respirations vitales. Ce qu'ici, malheureusement, elle ne fait pas.

   xuanvincent   
31/7/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai apprécié ce texte.

Très bien écrit, son côté fantastique, sur cette planète mystérieuse, m'a plu.

Curieux, cet accouchement impromptu... d'un homme qui semble se transformer en femme et donne naissance à une petite femme.

J'attends la suite...

PS : Je viens d'écouter la version sonore, merci, Titeffee, pour cette très belle lecture en musique !

   Anonyme   
1/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je trouve que les deux premières strophes sont bien. Je me suis vite imaginé cette "terre" et ce qui la caractérise. Par contre des choses m'ont gêné comme "Subitement mon abdomen distendu s'arrondit rapidement" , j'ai trouvé ça mélangé le poème. Ce vers aussi "Dieu, je vais me désagréger !" je le trouve assez spécial avec le rapport au dieu. Pour la construction je n'ai rien à dire c'est bien écrit. Il est surréaliste ce poème et peut être trop pour moi.

   Anonyme   
2/8/2008
Un univers particulier, merveilleux, fantastique, onirique, qui m'aide à comprendre plus encore Terra incognita 2 :)

   David   
26/8/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour TITEFEE,

À la croisée de la poésie et de la science-fiction, j'aime toujours tes vers longs et là, cette métamorphose sur fond de découverte d'une planête inconnue est bien amené.


Oniris Copyright © 2007-2019