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Poésie contemporaine
toc-art : Les paradis perdus [Sélection GL]
 Publié le 12/09/19  -  15 commentaires  -  1170 caractères  -  275 lectures    Autres textes du même auteur


Les paradis perdus [Sélection GL]



J’aurai les yeux cernés
Le regard fatigué
De ceux qui ont vécu
J’aurai l’âme dévastée
De vieux rêves espérés
Qui n’ont pas survécu
J’aurai les lèvres usées
D’avoir mal embrassé
Des passantes au corps nu
J’aurai le cœur blessé
De les avoir aimées
Sans les avoir connues

J’aurai la voix brisée
Le sourire épuisé
De ceux qui n’ont pas su
J’aurai le corps vidé
J’aurai la gorge enrouée
De larmes contenues
J’aurai le cœur serré
J’aurai les bras noués
D’avoir trop attendu
Toute une vie passée
À n’avoir pas osé
De peur d’être déçu

Mais ces instants volés
Nos deux corps enlacés
Sur le temps suspendu
Mais toute la pluie tombée
Notre course affolée
Et ton rire éperdu
Mais tes cheveux lâchés
Comme du linge à sécher
Au beau temps revenu
Et tes paupières gonflées
Quand il fallut rentrer
Dans nos vies convenues

Même si c’n’est pas assez
J’aurai l’éternité
Et peut-être un peu plus
Pour tout réinventer
Sans jamais me lasser
Des paradis perdus...


 
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   natile   
19/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une jolie déclaration aux femmes que l 'on n' a pas regardé, mal ou trop aimé, délaissé, quitté avec souffrance. Il y a un espoir de poursuivre cette quête de l amour et d y croire encore un peu comme ces paradis perdus. Il y a de belles images comme celle des cheveux lâchés et le linge à secher. Cependant le "c ' n'est pas assez "casse la douceur de l écriture des autres vers.

   Corto   
24/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Séquence nostalgie mêlée de paradis inaccessible pimenté d'une vive échappée inespérée.

Ce poème ne fait pas dans la facilité en explorant ainsi des états émotionnels successifs, contradictoires ou complémentaires.

On a un peu de mal à suivre cette bulle de ressenti, mais on y découvre une richesse intérieure qui finit par trouver un chemin vers l'immédiat à consommer sans modération. Il faut juste prendre le temps de s'imprégner des images proposées pour devenir enfin complice de "ton rire éperdu".
A propos d'images, j'aurais évité à tout prix celle-ci "Comme du linge à sécher" peu flatteuse pour celle qui la reçoit...

La dernière strophe arrive pour faire tout oublier de la tristesse en ne conservant que les "paradis perdus" dont on comprend qu'ils comblent aisément les fossés de lamentations du début.

Merci pour cette exploration sentimentale qui se laisse découvrir si la ténacité est au rendez-vous.

   Queribus   
24/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un texte correctement écrit sans grandes envolées mais des mots qui se tiennent et qui parlent de la vie de tous les jours et des regrets. Certains y verront peut-être du déjà vu; personnellement j'ai apprécié votre écrit et passé quelques minutes agréables à vous lire. peut-être y aurait-il aussi là une chanson qui se cache à condition de trouver sa musique.

Bien à vous.

   poldutor   
25/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Poésie sur les regrets d'un moment de bonheur fugace...
Le narrateur se remémore toutes ses désillusions passées suivant des amours brèves et laissant un goût amer...
Et puis l'éblouissement d'une rencontre, unique peut être, mais si intense et pleine de bonheur.
Cela ressemble assez à du vécu.
Merci pour ce moment de douceur et d'humanité.
Cordialement.
poldutor en E.L

   lucilius   
25/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Même s'il me manque de la ponctuation, j'aime ce genre de texte, à la fluence limpide, qui sait nous inventer (voire réinventer) des paradis perdus, sans superflu.

   Pouet   
12/9/2019
Bjr,

Et j'ai crié les mots bleus...

Le texte est assez lancinant, presque répétitif au sens large, de par ses rimes bien sûr, mais aussi à cause de ses adjectifs un peu (beaucoup) attendus (yeux cernés, voix brisée, cœur blessé etc etc...) qui ne permettent pas vraiment de sortir de la "routine" entretenue au fil des lignes, d'un certain sentiment de "déjà lu" (et pas qu'une fois).

Après avoir péniblement franchi le "temps suspendu", les "corps enlacés" et les "instants volés" je suis sorti de ma relative torpeur à:

"Mais tes cheveux lâchés
Comme du linge à sécher
Au beau temps revenu"

Me suis dit "ah oui là mon bon pouet y a un joli morceau de pouésie..."

Et puis me suis rendormi :) Non j'exagère un peu...

J'avoue être plutôt partisan de la prise de risque sémantique et ici dans l'ensemble le convenu l'a emporté, mais faut avouer que je ne suis pas le dernier con venu non plus!

   Davide   
12/9/2019
Bonjour toc-art,

Un poème construit en anaphores sur les moments de bonheur, trop vite disparus, sur la fugacité d'une étreinte et le vol d'un baiser dans un lit de fortune.

L'anaphore "J'aurai" intrigue par l'emploi du futur. Le narrateur utilise cette projection dans un avenir accablant comme un contre poison à l'incertitude de son présent, un peu à l'image d'un "Carpe Diem" : "J’aurai l’éternité / Et peut-être un peu plus / Pour tout réinventer".

Dans la troisième strophe, le "mais" (en anaphore lui aussi) n'est pas bien joli poétiquement, d'autant plus qu'il n'est pas résolu grammaticalement et reste comme en suspend.
Le passé ressurgit en "corps enlacés" et "rires éperdus" pour donner corps à cette élégie : sans passé, il n'y aurait pas eu le futur des deux premières strophes.

Le parti pris d'enclaver ces souvenirs entre le déplaisir d'un avenir sombre et les perspectives réjouissantes d'un avenir "rêvé", bien qu'intéressante, a quelque chose d'un peu convenu, d'un peu artificiel.
Pourtant, il est facile d'imaginer que l'évocation de ces "paradis perdus" donne au narrateur ce regain d'envie après l'énumération de tant de noirceurs. Les rêves ne sont-ils pas tous tissés en fils de mélancolie ?

Il y a de belles images, mais je trouve l'ensemble trop... engoncé, trop rectiligne, comme si cette histoire, je la connaissais déjà. Ce poème manque, pour moi, de fantaisie, de surprise(s) et de personnalité.
Un petit moins pour "Comme du linge à sécher" (prosaïque, peut-être ?), un petit plus pour ces deux vers superbes : "De les avoir aimées / Sans les avoir connues".

Un petit plus également pour l'agencement et le choix de rimes, bien sympathiques, en [é] et [u].

Je me suis demandé si l'auteur faisait référence au titre de l'essai de Baudelaire "Les Paradis artificiels" ? En fait, ce poème m'a fait penser à son superbe sonnet "A une passante", tiré des "Fleurs du mal" si ma mémoire est bonne.

Franchement, sur l'ensemble, je n'ai pas vraiment aimé ce poème, je le trouve mal construit, trop alambiqué, trop contourné. En cause : la complexité de la narration et quelques bizarreries grammaticales et stylistiques.
Un poème qui gagnerait, selon moi, à être élagué et... réinventé.

Désolé pour cette fois,

Merci du partage,

Davide

   Robot   
12/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Il faut apprendre à apprivoiser ce poème pour, notamment à l'oral, lui trouver une diction qui convienne afin de lui appliquer un rythme que l'absence de ponctuation et les majuscules systématiques en début de vers ont oublié de lui donner.

Une fois domestiqué, je trouve à ce texte une belle fluidité, une profondeur de sentiment qui ressort de l'expressivité toute naturelle qui n'a pas cherché à en mettre plein la vue.
On aurait pu craindre que le jeu sur deux rimes soit à la longue ennuyeux, mais sur ce texte, je trouve au contraire qu'il permet une sorte de rythmique musicale qui ressort à la diction, notamment par une lecture de 3 vers en 3 vers à laquelle je me suis appliqué.


Si je mets une flèche descendante, c'est en raison de ce que j'ai exprimé plus haut. On peut ne pas ponctuer bien sûr, mais alors il faut tout de même apporter un repère au lecteur en plaçant les majuscules seulement au début de phrases.

exemple,
J’aurai les yeux cernés
le regard fatigué
de ceux qui ont vécu
J’aurai l’âme dévastée
etc...

   papipoete   
12/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour toc-art
je ne me souviens pas vous avoir commenté, aussi je prend mon regard le plus attentif pour le faire, sous vos vers...
Comme une épaule sur laquelle s'appuyer, l'auteur se sert du futur pour s'assurer du passé qu'il a dans son coeur, et ne perdra jamais quoiqu'il arrive.
Même s'il regrette, du temps perdu à attendre, des baisers manqués de n'avoir point osé, d'avoir aimé ces passantes sans connaître leur âme, il a en lui le souvenir de celle qui passa à travers sa " vie convenue ", comme en filigrane dont il reste à jamais éperdu !
NB des regrets comme tout un chacun peut en avoir en matière d'amour... et ce " fruit défendu " qui laisse dans le coeur un goût si amer, de ne plus s'en régaler...
J'aime bien le " j'aurai ", répété comme martelé, pour dire combien " ces instants volés " sont tatoués en lui.
Dans l'avant-dernière strophe, j'aime particulièrement ces vers " mais tes cheveux lâchés/comme du linge à sécher "
Un poème lyrique !

   STEPHANIE90   
12/9/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir Toc-Art,

ce texte résonne en moi et fait presque mal.
Vous avez tout lâché en émotions, en regrets, et il reste heureusement ou malheureusement ? l' éternité pour réinventer ce que vous auriez pu partager.

Mais avec des "Si" >>> on referait le monde.
Il est donc possible d'avoir aimé une âme, aimé un corps, sans avoir prit le temps d'aimé l'esprit ??? Je suis sceptique.
Des non-dit, des portes fermées, mais l'on sait toujours à quoi l'on renonce. La non reconnaissance de l'amour quand il passe... est parfois plus commode.

Merci, pour cet aveu qui peut-être ravira un être qui aura aimé malgré tout. Car bien sur, elle l'aimait
>
" Et tes paupières gonflées
Quand il fallut rentrer
Dans nos vies convenues"
Les souvenirs sont souvent une croix lourde à porter. L'espoir toujours affleure à notre porte.

Stéphanie

   hersen   
12/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Les rimes en "é" et "u" donnent un côté un peu trop lancinant et insistant. A un moment donné de la lecture, on aimerait prendre une grande goulée d'air.
Le vocabulaire n'est pas assez inattendu, en quelque sorte tu nous prépares un chemin conventionnel que l'on est obligé de suivre. il manque pour moi un peu de folie, comme par exemple les cheveux lâchés comme du linge à sécher.

Le "c'n'est" fait un drôle d'effet dans cet ensemble où les mots sont assez convenus, et que l'expression côtoie par exemple des passé simple surprend. (je suis même allée vérifier la catégorie, pensant à slam/chanson)

je pense que ce poème gagnerait, dans sa même construction, à proposer des images plus innovantes;

Merci de la lecture.des images plus innovantes

   Anje   
13/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Je retiens de ce poème une idée très jolie, une belle mélancolie et un titre excellent. Mais justement, ce titre en éclat de lumière attire le papillon lecteur puis l'enferme dans son texte épuisette.
Deux rimes en é, une rime en u, deux rimes en é, une rime en u font un tricot un peu trop en é. L'oreille attend impatiemment le u que, finalement, elle n'entend plus, noyé qu'il est dans l'é. Je crois que, même en divisant le poème en tercets, on ne l'aurait pas vu ce petit u. Et é est un peu lassant car peut-être trop courant, comme une rime enfantine.
Deux petites rimes, surtout si le poème est un peu long et en vers courts, demandent l'excellence d'écriture pour éviter au lecteur ce sentiment de lassitude qui risque de surgir par leur trop grande répétition. Peut-être que des vers plus longs auraient pu donner un autre cadre aux images. Pas obligatoirement de l'alexandrin mais octo ou décasyllabe. C'est une idée... Car ici, le rythme de l'hexasyllabe me semble rapide et oblige à effacer certains e "com' du linge à sécher" ou accélérer sur enroué au lieu d'enrou-é.
Mais ce n'est que le modeste avis d'un amateur très critique qui par ailleurs a bien aimé "les bras noués d'avoir trop attendu" et vous en remercie.

   Vincente   
13/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé le regard que dévoile ce poème. Le titre n'annonçait rien de bien rassurant, la nostalgie semblant promettre son lot de désenchantements, et la saccade des vers cours rimés une rythmique qui aurait pu être lancinante. Eh bien ces deux craintes se sont pour moi assez vite écartées.

Les deux premières strophes ont la bonne idée de marier une vue rétrospective où les regrets à venir, comme des virtualités déjà vécues (concrétion paradoxale bien intéressante), viennent "argumenter" le trouble prégnant du narrateur. Ce futur conjugué dans les vers commençant par "J'aurai " est le versant virtuel de cette projection, l'autre est le passé suivant qui s'y accole et s'y enchaîne venant circonstancier l'inquiétude du propos.

La troisième strophe a ma préférence ; par ce qu'elle dit, par ses beaux trois premiers vers ("Mais ces instants volés / Nos deux corps enlacés / Sur le temps suspendu"), par ses "Mais" qui contrecarrent le côté un peu "larmoyant" des deux premières strophes, et surtout par l'étonnement qu'elle produit chez le lecteur, car l'alternance binaire des deux premières (futur virtuel/passé regretté) se rompt ; s'ouvre alors un champ de l'expression plus complexe qui avoue l'ambivalence des appréciations.

La dernière, nourrie de positivité, est la bien venue, elle élargit encore l'angle de vue, et puise de dernières ressources (conceptuelles) pour faire du triste ressort sémantique du titre, un appui projetant espérant faire oeuvre de... sagesse. Cependant il évite de justesse à mes yeux, le simplisme rassurant de la méthode Coué.
Dans ce final, j'ai bien aimé le premier vers légèrement "trivialisé" qui annonce un changement de registre justifiant justement cette prise de recul à l'optimisme un brin béat.

   Vincendix   
13/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour toc-art
C'est plaisant bien que cela ressemble à une litanie, justement, je vois très bien ces vers mis en musique, genre psalmodie.
C'est aussi un inventaire des actes manqués et ce n'est pas mon "truc"; il faut les oublier et ne penser qu'à ceux réussis.
Vincent

   Donaldo75   
14/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour toc-art,

Quand j'ai lu ce poème la première fois, je me suis dit: " il y a un vrai rythme, de l'évocation et des images poétiques."; n'est-ce pas ce que le lecteur attend de la poésie ? En tout cas, moi oui. Du coup, le relire est toujours un plaisir et une découverte, parce que la seconde lecture permet de découvrir d'autres facettes du poème.

Et que tu reviennes en poésie n'est pas mal non plus.
;)

Je taquine.

Donaldo


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