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Poésie libre
troupi : Une ville en noir et blanc
 Publié le 28/03/14  -  12 commentaires  -  1466 caractères  -  146 lectures    Autres textes du même auteur

À Édouard Élias, photographe, prisonnier…

À tous les autres…


Une ville en noir et blanc



Étrangement…


La vie s'écoule encore ici ; en chemins fracassés.
Elle glisse prudente entre peur et douleur, fait confiance au hasard.
Elle habite des ombres, souvent tachées de sang, qui se tiennent aux murs,
troués, tagués, d'où sortent des fumées : cicatrices de flammes…
Elle emprunte des corps ; ceux des prières rythmées par le chant des kalachs.
La vie ne finit pas, malgré les armes, malgré les cris.

Elle continue son œuvre.
Serpent d'entrailles qui se traînent.


Et la peur suinte des façades blessées derrière lesquelles se terrent
quelques restes humains, secoués de tremblements.
Elle envahit la ville, s'accroche aux pas pressés qui cherchent un abri.
Elle aime les regards quand ils sont un peu fous,
mais les quitte aussitôt qu'ils s'ombrent sous la mort.
Elle se fait compagne de la vie tout naturellement.

Alliance torturée de corps fontaines rouges,
et d'autres un peu trop blancs.


Édouard était parti pour nous montrer tout ça !
Au milieu des guerriers il prenait des photos.
Des photos noir et blanc.
Ça fait déjà longtemps qu'il manque à son regard
l'étincelle d'enfance qu'il a perdue là-bas…
Il reviendra un jour…

En attendant ; un oiseau blanc s'éveille ; passe sans s'arrêter…
Les petits garçons, silencieux, ne jouent pas à la guerre…




 
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   Robot   
4/3/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau texte.
Un regret cependant, que la partie hommage, à partir de "Edouard..." manque de l'élévation précédente du récit. Je ne sais trop pourquoi l'émotion se fait moins prégnante à ce moment là. Peut -être un défaut de construction. J'ai essayé de placer en tout début du poème - avant étrangement - les trois vers:

"Édouard était parti pour nous montrer tout ça !
Au milieu des guerriers il prenait des photos.
Des photos noir et blanc.

Etrangement..."

et je trouve que cela donne un meilleur équilibre en incluant d'emblée le photographe dans la poésie.

   Arielle   
28/3/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Un beau texte qui m'a replongée au coeur des images d'un très beau film que je viens de voir "Syngue sabour, pierre de patience" sur Kaboul en guerre.

Les chemins fracassés, les façades blessées entre lesquelles des pas pressés cherchent un abri ... la vie qui s'obstine dans cet enfer, tout cela est bien rendu, on y plonge avec l'auteur mais l'arrivée du photographe brise la réalité des choses et je crois comme Robot qu'il vaudrait mieux l'introduire d'emblée.

   PIZZICATO   
28/3/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Troupi
C'est bien de mettre à l'honneur ces gens qui risquent leur liberté, parfois leur vie pour filmer les affres des guerres et " nous montrer tout ça ! "
Des images puissantes qui rendent bien l'horreur de la situation.

   leni   
28/3/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Troupi
l
La connerie des hommes amène à des carnages comme celui-ci Les images choisies ont la précision d'un scalpel Il n'y a pas un mot en trop C'est cette concision qui me plait dans le"style" Troupi Des fumées:cicatrices des flammes Super Et la peur qu suinte des façades je reçois pleinement les"photos de Troupi reporter"Je partage la suggestion des deux critiques qui me précèdent Robot et Arielle Je mettrais le photographe au début Un texte bien emballé Bravissimo Ami
Leni

   emilia   
28/3/2014
Des images puissantes d’une vie qui s’écoule entre peur et douleur, confrontée aux horreurs de la guerre, toujours les mêmes, quel que soit le lieu où elle se situe, toujours la même désolation, les mêmes carnages qui nous laissent entendre les sifflements des balles et les cris des corps torturés qui les reçoivent, ceux qui ne sont plus que des ombres en quête d’ « ersatz » d’une survie attribuée au hasard… et dont le message nous glace… ; quel témoignage poignant que « ces prières rythmées par le chant des kalachs… » !
Malgré la proposition déjà signalée, la structure est habilement construite autour des deux thèmes évoqués qui semblent indissociables : la vie et la peur, chacun repris par la même anaphore « elle »… L’ensemble, cependant, m’interpelle étrangement par cet aspect paradoxal de vouloir dégager un aspect esthétique et poétique de ces atrocités en choisissant les meilleurs moments pour l’objectif du grand reporter, ceux qui pourront finaliser le meilleur film ou la meilleure photo en phase avec ce fameux slogan : « le poids des mots et le choc des photos »…, ce scoop du jour qui met mal à l’aise, ce « voyeurisme » parfois choquant et monnayable et cela en dépit des risques et dangers encourus, qui personnellement m’interroge…, car, ici, malheureusement, il ne s’agit pas d’une fiction agrémentée d’effets spéciaux, mais d’une insupportable et indicible réalité…( être au plus près du combat, filmer la mort en direct, certes, pour une noble cause et faire passer un message, mais peut-être un peu « pollué » par tous ces phénomènes actuels de télé-réalité… qui risquent de banaliser l’inacceptable…)

   Purana   
28/3/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bien que le noir ne soit la couleur que j'aime le plus en regardant le monde, j'ai été très impressionnée tant et si bien que je n'ai pas hésité à continuer de vous lire et relire.

Les images sont si réelles qu'elles me font peur, comme si j'étais là moi-même, en face d'Azraël qui me tire par les cheveux, arrache mes petites ailes et me jette vers le néant.

Cependant, les mots choisis et leur assemblage ne sont pas violents, ce qui permet la prédominance des sentiments de compassion plutôt que celle des craintes personnelles égoïstes.

Déjà pour cette raison, je trouve ce poème très réussi.

Mille bravos !

   Anonyme   
28/3/2014
Salut Troupi

Dans cette prose on ressent à fleur de peau le rythme des alexandrins
Il donne au texte une gravité supplémentaire, d'autant mieux venue qu'il s'agit d'un hommage et non d'une simple évocation

La chute est excellente
les petits garçons, silencieux, ne jouent pas à la guerre.
Contrairement à tous les petits garçons du monde,
du moins ceux qui ont la chance de vivre en paix.

Mais l'actualité nous apprend que d'autres garçons, nés pourtant sous des cieux pacifiques, mais fanatisés par des salopards (euphémisme) vont guerroyer dans ce même pays pour y imposer la charia.

Merci Troupi pour ce poème témoignage.

   Anonyme   
28/3/2014
Bonsoir troupi. A la lecture de ce texte on peut se faire une idée de ce qui se passe dans cette Syrie abandonnée de tous. Comment peut-on en arriver à ces extrémités où la peau d'un homme, d'une femme, d'un enfant n'a aucune valeur aux yeux des uns comme des autres. Les journalistes et autres grands reporters mettent leur vie en péril pour que l'on n'oublie pas cette abomination et certains, comme Elias et ses collègues actuellement retenus on ne sait où, paient très cher ce droit à l'information qui nous semble naturel bien calés devant nos téléviseurs d'Occidentaux.
Ce texte a le mérite de les sortir de l'oubli et je vous remercie de l'avoir écrit.

   framato   
29/3/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Troupi,

J'ai aimé (paradoxalement) votre poésie.

Paradoxalement, parce qu'il est aux antipodes de ce que j'aime lire : du bref, précis, percutant avec pas un mot de trop.

Paradoxalement aussi parce que je trouve votre texte très descriptif mais absolument pas photographique (sauf les deux derniers vers).


J'ai aimé les ombres qui s'ombrent... (en raccourci)

Elle habite des ombres, pour la vie, c'est très bien vu !
La peur qui aime les regards, mais qui les quitte quand ils s'ombrent dans la mort, ça aussi, c'est très chouette (façon de dire)

Reste qu'il y a vraiment trop de mots, une ponctuation que je ne trouve pas toujours des plus fluide (comme par exemple le ; de l'avant dernier vers) et un choix de catégorie que je trouve étrange : ici, je ne vois pas de vers libres mais de la prose. Une prose que j'ai vraiment aimée, mais je me demande pourquoi l'auteur ne l'assume pas dans son choix de catégorie. Un découpage en milieu de phrase ne suffit pas, selon moi à faire un vers libre. Si le texte se lit comme un texte "complet" c'est qu'il est écrit en prose, non ?

Reste de tout cela un sujet superbe, pas mal traité (bien qu'avec trop de mots) et plein d'humanité.

A bientôt , sur un autre texte.

   Anonyme   
2/4/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir, Troupi. "... des fumées: cicatrice de flammes"... Juste pour ce passage déjà, ce texte valait la peine d'être lu, admiré, applaudi.
Cette vie qui s'écoule encore est magnifiquement rendue. Je l'ai beaucoup aimée, montrant sa force et sa beauté, en plein soleil, (c'est moi qui le voit briller à travers les sombres horreurs) malgré ce jeu de guerre des pauvres et stupides vermines que nous sommes, comme si elle l'ignorait, comme si nous étions insignifiants, dérisoires mais paradoxalement incontournables. Difficile d'expliquer ce que je ressens à la lecture de ce texte. Mais les images sont poignantes et j'ai plongé à coeur perdu dans ce film. Merci pour l'émotion. (Pour ma part, je trouve le photographe à sa place. Il nous aide à reprendre notre souffle, en nous ramenant à une autre réalité, à des repéres d'une civilisation qui se veut plus humaine ( du moins, je l'espère) Bravo à vous.

   RB   
9/4/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Absolument d'accord avec Robot : un simple copier-coller et le texte prend la dimension qu'il mérite : les mots aussi visuels qu'une photographie.

   newman   
12/4/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
un très beau texte imprégné d'images plus noires que blanches,réalistes et sans exagération.
je suis en partie d'accord avec certaines critiques,il aurait été bien de placer le photographe en introduction.
mais bon l'essentiel c'est que ces mots frappent l'esprit.bravo.


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