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Poésie libre
Vincente : Au feu des cieux [Sélection GL]
 Publié le 26/07/19  -  14 commentaires  -  2351 caractères  -  223 lectures    Autres textes du même auteur

De la lumière éphémère à la parole…


Au feu des cieux [Sélection GL]



Du ciel aux cieux
Ce lieu
Qui d'un bleu essoufflé
Creuse
Une ultime pensée
Et
Face à sa peur du noir élance
Ce cri
D'angoisse patente
Où le soleil désormais caché
Brûle

C'est maintenant évident
La paix crépusculaire
Ne retiendra la colère
Que trace la douleur
De ces rouges éphémères

Trop d'abandons
Trop de bouleversements
S'agglomèrent
Dans l'agonie du jour
Pour étouffer la boule de feu
Qui déjà ressurgit
En tirs insoumis

Excitée par ses raies mortifères
Elle râle et vocifère
Et crache
Une salive de feu où des vibrations
Variant du rouge sang soutenu
Au jaune bouillant éblouissant
Créent comme des mouvements
Des salves de laves gravant ces brûlures

Erratiques flammes lancées
Comme des tisons virevoltant
Chaleur extatique des couleurs
Montée en puissance
Brillance du propos
L'ouvrage éperdu se voudrait chef-d'œuvre
En quête d'éternelle survivance

Et pourtant l'auréole flamboyante
Trop vive peut-être…
Bien avant l'aurore résurgente
S'étouffe dans son foisonnement

Le trouble omniprésent opposant
La quiétude du soir
Et les déchirures de sang orangé lacérant le voile obscur
N'auront fait de l'ambitieuse révolte
Qu'un acte momentané

Nos yeux n'en croient pas ces cieux
Qui d'une extinction imminente
Ont offert à la force terrassée
Une dernière chance
Pour s'extrapoler à tout jamais
Et grâce à cette diversion
Atteindre la plénitude du silence

Dans l'ironique finitude nocturne
Premiers et derniers souffles ainsi confondus
Révélèrent l'urgence vivace de l'espace comme scène
Où le soleil-source
Alluma des contre-feux facétieux
Se dressant contre sa propre extinction

L'immuable drame diurne
M'avouait ainsi que l'impasse fatale offre
Par et malgré son inéluctabilité
Le champ ardent de la parole

Je m'y retrouve l'animateur
Soleil de l'univers qui m'appartient
Pour le temps de ma vie

Dans cette perspective
Parlante à mes yeux écoutants
Il me faudra dire et écrire
Cette lumière qui devance ma nuit


 
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   hersen   
4/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Waouh !

Un poème que j'ai pris un très grand plaisir à lire, encore et encore, il se savoure tant il y a de richesse dans les images, tant il y a de feu.
La présentation est judicieuse, car elle met le lecteur sur la piste et dès lors, il suit ce parcours de celui qui
"Je m'y retrouve l'animateur
Soleil de l'univers qui m'appartient
Pour le temps de ma vie"

nous explique le cheminement de sa parole, passant par les bouillonnements et le silence.

Une petite remarque, même si je suis admirative de ces vers libres :
"ces cieux" ne me sonne pas plaisamment à l'oreille. (très subjectif, je sais) et

dans l'antépénultième strophe, je trouve trop de complexité à dire "immuable drame" et inéluctabilité", surtout suivi de ce magnifique
"Le champ ardent de la parole"
Cela crée pour moi un déséquilibre.
En fait, ça fait deux remarques :)

   Gabrielle   
7/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un chemin... de la lumière à la parole.

Un sujet tout à fait intéressant et très bien vu par l'auteur'e).

Bravo.


Gabrielle

   Eclaircie   
9/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Un poème assez long et très riche d'images.
Une écriture finement travaillée avec ses allitérations bien présentes mais suffisamment discrètes. Un vocabulaire choisi, soutenu.

Quant au sens ? je le saisis à demi mots ou plutôt j'en donne un au poème qui est peut-être différent de celui de l'auteur.
Je n'aime pas trop ni ne sais vraiment décortiquer chaque rayon de ce soleil pour en tirer une explication rationnelle. Parfois la poésie n'est pas rationnelle et c'est très bien ainsi.

Soleil source de vie et de brûlure aussi, cette composition ouvre tant de voies au lecteur.

Bravo et merci du partage,
Éclaircie

   Pouet   
26/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

Eh ben vindiou! comme on dit dans les cénacles de Saint-Germain...

Très riche, très très dense. Je n'ose pas dire trop, mais ça foisonne, faut bien s'accrocher.

Et la parole fut.
Des couleurs vocales. Une palette phonique. La gouache en tessiture. L"aquarelle du non-dit au pinceau de l'instant.

Le fœtus du verbe, la naissance d'un ailleurs.

J'ai parfois eu du mal à suivre le propos, je me suis sûrement un peu perdu au milieu pour me retrouver sur la fin et sa somptueuse dernière strophe. J'ai un brin buté sur "animateur", sans forcément me retrouver au Club Med, j'ai un peu trébuché sur ce vocable, même si crois en percevoir la portée.

Mais que de beauté, que d'envolées.

Après le silence, il fallait bien cela.

J'aime le "bleu essoufflé", la "paix crépusculaire", les "salves de lave en gravant ces brûlures", les "tisons virevoltants", "l'ambitieuse révolte en acte momentané", "l'ironique finitude nocturne", le "soleil-source" et ses "contre-feux", le "champ ardent de la parole"... Et encore une fois ce magnifique final.

Oserais-je avouer que j'aurais peut-être apprécié plus de "simplicité" par endroit et qu'on se retrouve parfois (à mon goût) à la limite de l'emphase? Que peut-être - peut-être - trop de mots recouvrent la parole, que le son est plus clair quand il se fait écho aux parois du silence, que le nu habille mieux que les cris d'apparat, que la touffeur du verbe parfois rompt l'harmonie et que le dire trop se fait cacophonie. Je ne sais.

Je salue au final une bien belle écriture, érudite, rebondissante, exigeante mais réjouissante.

J'aime aussi ce titre qu'on hésite à inverser:

Aux cieux du feu

Un poème sur lequel je reviendrai pour mieux en découvrir les richesses.

   Davide   
26/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Vincente,

En poésie, le crépuscule en inspira plus d'un. Mais ici, à la "paix crépusculaire" succède la "colère" inhérente à cette agonie. Le soleil disparaissant derrière l'horizon semble cracher ses dernières couleurs dans le ciel. Tout ce qu'il reste de lui, de sa lumière, après sa course depuis l'aube explose en un feu d'artifice éblouissant... un peu comme ces coureurs qui, à quelques mètres de l'arrivée, puisent sur leur réserve pour décupler leur force.

A l'image d'une peinture expressioniste ("l'ouvrage éperdu se voulait chef-d'œuvre"), le soleil personnifié, dans la troublante quiétude du soir, devient l'hyperbole de lui-même, un monstre en puissance qui "râle et vocifère", "lacérant le voile obscur".
D'abord révolté par sa "finitude", il semble s'y résoudre après que tout son "sang" a coulé dans le ciel de cette fin du jour. Tout a-t-il donc une fin ?

Et puis, voici que l'observateur apparaît derrière la toile (ou devant), ébloui, comme un enfant, face à l'immensité de cet instant.
L'aube et le crépusucule circonscrivent un espace, celui de la vie, du "temps de vie". Interrogeant alors sa propre finitude, dans cet espace de temps limité, le narrateur, inspiré, semble prendre conscience de sa puissance, peut-être la seule, celle d'exprimer avec les mots sa propre mort - ou son approche -, de l'animer (au sens de la "substantifier", de lui donner une vie) à travers l'écriture poétique.
Si cette perpective est "parlante à [ses] yeux écoutants", c'est sans doute qu'il s'évertue à embrasser la totalité de ce "champ" synesthésique que représente la vie.

La dernière strophe est ma préférée (après la première), car elle illustre tacitement cette respiration entre l'infinitude et la finitude, cette tentative d'exprimer ce qui n'a pas de limites dans le cercle fermé de notre vie humaine :
"Dans cette perpective
Parlante à mes yeux écoutants
Il me faudra dire et écrire
Cette lumière qui devance ma nuit"

Comment "dire et écrire / Cette lumière qui devance [sa] nuit" autrement qu'à travers ce poème ?

Ce qui m'a - à peine - moins plu dans ce poème, c'est sa longueur ainsi que son expression parfois grandiloquente. Ce "ton" se justifie tout à fait, mais quelques rapprochements de mots sur la fin (strophes 8 à 10 exclusivement) m'ont semblé quelque peu "lourds".
Par ailleurs, je n'ai pas aimé ce titre, que je comprends mal et qui, à mon sens, n'est pas à la hauteur de cette superbe évocation.

Un regard très touchant sur la vie, à la fois réaliste et poétique, qui m'a ému, une fois de plus.

Bravo Vincente ! Et merci du partage !

Davide

   papipoete   
26/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Vincente
Il est ardu d'écrire court, il est imprudent de faire long ; chaque exercice peut soit laisser sur sa faim, soit risquer de lasser le lecteur ! Vous avez choisi d'oser écrire en long et en large, sur le soleil dont l'éclat d'une journée parait éphémère, alors qu'il brûle depuis la nuit des temps... pour nous terriens et et pour d'autres sûrement dans l'univers, il est le ROI !
Mais ce règne, vous le partagez quand chaque jour, à l'Est le " feu des cieux " s'allume, pour vous, nous et la multitude !
Les 3 dernières strophes ont ma préférence, dans ce brasier où la flamme du poète est loin de vaciller !
Le 14 juillet est derrière nous, mais il reste encore quelques mortiers à allumer pour notre grand plaisir, comme le votre !

   Annick   
26/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème me fait penser à l'expression : "Jeter ses derniers feux" avant de mourir, comme l'énergie du désespoir faite ici de douleur, d'angoisse, de bouleversements mais aussi de la volonté farouche de résister, de renaître malgré l'inéluctable. La colère se confond avec les rouges éphémères, la mort annoncée avec les raies mortifères, et ces couleurs, du rouge sang au jaune éblouissant avec les brûlures.
Le spectacle du soleil qui se couche finit en apothéose dans des jets de lave comme le dernier soubresaut d'un volcan en éruption. Un vrai feu d'artifice avant de mourir.

Les lumières incandescentes du soleil qui ne veut pas mourir et le champ ardent de la parole semblent liées par le sens comme une allégorie :
Comme le poète, acteur de sa vie, dont le destin est d'écrire "l'ouvrage éperdu (qui) se voudrait chef-d'œuvre en quête d'éternelle survivance".

J'ai apprécié la richesse des associations de mots comme "bleu essoufflé", "raies mortifères", "auréole flamboyante"... ainsi que les assonances et les allitérations qui participent au gigantesque flamboiement.

Ce texte est dense et riche (mais difficile d'accès) si bien qu'on pourrait en écrire des pages et des pages... Je me contente de quelques lignes car pas certaine d'avoir bien cerné le sujet.

Je suis admirative devant le foisonnement d'idées...

   senglar   
26/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Vincente Poète Questionnant,


Que vois-je ? que lis-je ? La terre, petite terre, présomptueuse qui se moque du Soleil, tout cela parce qu'elle le voit disparaître chaque soir, chaque nuit, pour revenir en catimini, parfois un peu piteux puis furieux chaque jour qu'il fait, bave ou crache en longs jets et orages de salive radioactive, Lui le Vulcain du Système, et prétend le faire disparaître, elle cette toute petite terre, pour plus ou moins douze heures, se surpassant aux équinoxes comme tirant deux lapins de dessous sa croûte arable, par un petit tour de passe-passe donc : je tourne sur moi-même ainsi que le ferait une élégante... et voyez comme je fais disparaître ou apparaître - coquette moi ? - l'Astre-Roi ! Applaudissez-moi, Moi la souris qui accouche d'une montagne :)))

Impertinente va !

Heureusement le poète vient remettre les pendules à l'heure (un peu d'humilité mais pas trop quand même hein, Faut bien justifier son statut de poète, son droit au rêve à lui-aussi, son droit de folie passagère :))) ) et s'il se retrouve lui-aussi dompteur de soleil, il sait que ce n'est que pour le "temps de (s)a vie" et que sa nuit à lui arrivera bien vite alors que Râ continuera de régner en ré, en fa, en sol.
Le poète sait qu' "animateur"-marionnettiste, la marionnette n'est généralement pas où l'on croit et que le soleil impitoyablement traque les ombres.

Ceci dit, pourquoi ne pas se vêtir de l'habit de lumière le temps que dure notre vie... Un peu d'hédonisme n'a jamais fait de mal à personne et préférer l'Auguste à Monsieur Loyal non plus.


Senglar substitut de poète questionné.

   STEPHANIE90   
27/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Vincente,

Tant de mots qui habitent vos pensées vers "le champs ardant de la parole", pour nous parler de la lumière et de l'ombre au feu des Cieux.
Une poésie déroutante, mais qui a du charme ; bravo !
"Dans l'ironique finitude nocturne
Premiers et derniers souffles ainsi confondus
Révélèrent l'urgence vivace de l'espace comme scène
Où le soleil-source
Alluma des contre-feux facétieux
Se dressant contre sa propre extinction"

Merci pour cette lecture, Stéphanie secouée par vos contre-feux facétieux !!!

   Cristale   
28/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Mieux qu'une photographie, mieux qu'un reportage cinématographique, mieux qu'une oeuvre peinte, ce poème expose, explose son prisme flamboyant de mots colorés sur la symphonie orchestrale des assonances et allitérations parfaitement accordées.

"Dans cette perspective
Parlante à mes yeux écoutants
Il me faudra dire et écrire
Cette lumière qui devance ma nuit"

Vous savez porter votre regard sur ce spectacle merveilleux, c'est une grande richesse à l'heure où la plupart des yeux sont fixés sur l'asphalte, le béton, les écrans comme si le temps était sans limites...

Merci Vincente.
Cristale

   leni   
28/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelques mots explicatifs m'ont mis sur la voie de la compréhension
une vision d'un coucher de soleil fugace est suivi d'une foule d'images
qui défilent en diaporama et donnent le vertige Le temps de fixer un instantané et il a disparu Tout évolue dans l'univers à un rythme
qui nous dépasse
ET pourtant
L'ouvrage éperdu se voudrait chef-d'œuvre
En quête d'éternelle survivance

ET voila pourquoi on parle

L'immuable drame diurne
M'avouait ainsi que l'impasse fatale offre
Par et malgré son inéluctabilité
Le champ ardent de la parole

Il me faudra dire et écrire
Cette lumière qui devance ma nuit

et c'est bien dit et c'est le ressenti que je perçois

Merci au poète Amitiés LENI

   Vincente   
29/7/2019

   natile   
1/8/2019
Modéré : Commentaire trop peu argumenté.

   natile   
1/8/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
impression d'être face à une toile au regard des notions colorées évoquées. chacun devant un tableau peut y voir ce qu'il veut. dans ce parallèle , face à cette toile/poésie abstraite je ne capte pas vraiment les intentions de l'auteur dans cette projection de couleur


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