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Poésie libre
Vincente : La poussée
 Publié le 25/06/19  -  16 commentaires  -  1308 caractères  -  388 lectures    Autres textes du même auteur

Impensée, impensable, cette sensation...


La poussée



Enfin je la contiens !

Elle ne me fait plus peur
Cette sensation de vide

Maintenant...
Quand elle se présente
Nous ménageons nos distances

Elle a cessé de prendre mon crâne
Pour une tête d'épingle
Et mes pieds
Pour des pointillés

Maintenant quand elle me dessine
Dans sa perspective intestine
Je sens son vent...
Si pur qu'il n'accroche à rien
Ne siffle de rien

Maintenant quand je la vois
Prendre ses aises dans ma tête

Faire de mon lieu de recueillement
L'antre de nous
Sous mon chapeau
L'improbable chapelle

Je la trouve même belle
L'impression
D'une conscience cruelle
D'être une fin en soi

Moi l'infime particule
Je me vois à l'œil nu
Vaquer à ma modestie
Faire poindre de mes traces
Ma volatile volonté

Maintenant l'évidence
De ma fluidité
N'a plus de prise sur moi

Comme l'enfant
Qui constate
L'amère destinée
De son château de sable
Évaporée avec ses idées
Sous les coups de la vague

Je relève la tête
Et face à la marée
De l'immensité
Je souris à mon passé discret
Qui je l'avoue
M'aura bien fait rêver


 
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   ours   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Vincente,

J'ai beaucoup aimé lire et relire votre texte qui si je ne le comprends pas complètement m'evoque une mise en abyme de l'être par rapport au tout qui me laisse songeur, un peu inquiet certes mais surtout songeur.

J'aime particulièrement l'image du château de sable qui saura rappeler a tous ces moments d'incompréhension naïve.

Merci pour le partage.

   Castelmore   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Vincente,

« Enfin je la contiens !

Elle ne me fait plus peur
Cette sensation de vide »

Combien la raison a dû lutter... contre elle même... pour en arriver là , n’est-ce pas !

Et l’homme, particule infime au bord de cet immense relève la tête ... ne ressent plus de terreur et accepte de vivre, libre, ce rien qui lui est donné par hasard...

J’aime votre façon de dire ce chemin qui je suppose comme pour chacun est parti de la lutte intestine du corps et de l’âme... avant d’être «  saisi » par le vide ...

Toutes vos images sont belles de sens et de poésie discrète et l’envolée de votre dernière strophe est une forme d’apothéose !

Merci pour ce « sourire » !
Castelmore

   Anonyme   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Vincente,

Je parierais pour une mélancolie mêlée de nostalgie. On dirait même qu’elle retrouve une certaine sérénité, après peut-être une douleur récente, un vide, la perte d’un être cher. Elle semble même devenir une complice apprivoisée dans laquelle vous pouvez désormais vous recueillir comme dans une chapelle, ne plus craindre le temps qui passe et sourire à votre passé.

La poésie est si belle quand elle ne dit rien et tout à la fois, quand elle se cache derrière une porte entrouverte. Alors oui, on dévide une bobine et on y trouve une histoire racontée, celle que l’auteur voulait nous confier ou une autre, peu importe pourvu qu’elle nous saute au visage. Les mots sont bien plus beaux quand on peut y accrocher du sens, c’est un peu comme une mélancolie apprivoisée.

FrenchKiss

   Cat   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un poème tout en pudeur, dit avec des mots d'homme et d'une tendresse inouïe.

J'aime infiniment la douceur qui se dégage ici...

Il y a une force tranquille dans ce poème fait de douleur et de résilience, une mélancolie aussi qui fait remonter ce que j'ai toujours eu au cœur, d'aussi loin que je me souvienne : ce pincement particulier à l'enfance devant la vague rendant au sable son château.

Dès le premier coup de pelle donné l'enfant sait la fin inexorable, et cependant l'espoir fou que tout va rester en l'état caracole en poupe, jusqu'à ce que la première écume, entrant par le chemin patiemment peaufiné par nos mains gamines effrontées, apporte l'eau démolisseuse à l'édifice.

Ainsi le veut la vie dans son rythme infernal des cycles, avec un naturel qui nous désarme et imprime cette impression de vide où il en faudrait peu pour perdre complètement pied, et encore moins pour poursuivre seul le chemin.

C'est ainsi que j'ai lu ce poème...

Les trois derniers vers sont d'une incroyable gaîté, ou du moins d'un réel optimisme. Ils nous disent que la vie continue riche du passé. Un point final comme une passation, une acceptation aussi...

Bref, une foultitude de sentiments viennent à te lire
Alors merci infiniment pour le partage,

à te relire, Vincente


Cat

   senglar   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Vincente,


Comment ne pas penser à "L'insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera en effeuillant ton poème qui montre qu'une vie de rien est en fait une vie de tout, qu'un événement insignifiant dans l'absolu devient signifiant quand il est vécu et ressenti au niveau de l'individu, l'incarnation du rien devient poids quand il entre dans l'expérience.

Ainsi une vie quelconque, a priori médiocre : "... sensation de vide... infime particule... fluidité... château de sable..." devient vie pensée, aimée, savourée quand l'être conscient se retourne sur lui-même.

La conscience que cette vie ne pourrait pas être autre chose étant établie, l'insignifiance de cette vie devient importance et vitalité mêmes
"... face à la marée
De l'immensité"
et un "passé discret" devient Histoire dépassant l'histoire personnelle anecdotique parce qu'il
"... aura bien fallu rêver".
(Toute vie est sa propre Histoire)

Cette "tête d'épingle", ces "pieds pointillés"... mis en perspective vivent en une "chapelle" figurée sous un "chapeau", et qui n'est plus "improbable" (Oh l'affreux mot galvaudé ;) ) dès qu'elle devient
"conscience cruelle
D'être une fin en soi".

La "modestie même" devient importance.
Toute vie vécue devient importance car toute vie vécue est une expérience intime, indépendamment, différemment et pourquoi pas possiblement 'antagonistement' différente des autres vies vécues.

Non nous ne sommes pas rien.
Oui nous valons la peine.

Merci finalement, Vincente, pour cette leçon d'optimisme, de l'importance et de la justification de soi.

Permets-moi de citer Pascal (de mémoire) : "La différence entre l'univers et moi c'est que moi je sais que j'existe."

Bravo et Merci à toi !


Senglar :)))

   PIZZICATO   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Ma volatile volonté ". Volatile ? je pense qu'elle a su quand même se montrer bien présente pour parvenir à "contenir " cette " sensation de vide " jusqu'à même en sourire.

Cette résilience est bien exprimée par des images intéressantes.
" Elle a cessé de prendre mon crâne
Pour une tête d'épingle "

" Maintenant quand je la vois
Prendre ses aises dans ma tête "

" Je me vois à l'œil nu
Vaquer à ma modestie " ...

Et cette " poussée " semble définitivement vaincue " Je souris à mon passé discret
Qui je l'avoue
M'aura bien fait rêver ".

   Davide   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Vincente,

Le vide fait peur car il nous extrait de nos repères et de la familiarité de nos habitudes : rupture professionnelle, relationnelle, deuil, déménagement, méditation, saisissement devant la beauté d'un paysage ou d'un tableau...
Le vide nous happe dans son puits sans fond, dans l'ennui, la perte de confiance, le désespoir mais le vide nous ouvre également sur un espace de liberté et de conscience élargie, parfois.

On parle souvent de "vide" dans certains sports dangereux, état dans lequel une vigilance et une attention extrêmes du moment présent prennent le pas sur la pensée, trop limitée.
Le domaine des arts ne fait pas exception à la recherche de cet état "modifié" de conscience.
Il est à rapprocher de l'expérience de la vacuité recherchée dans le bouddhisme et de ce qu'on connaît de la physique quantique.

Dans ce poème, le narrateur s'évertue à décrire l'expérience de cet état d'éveil, de cette porosité au souffle du monde qui le traverse au lieu de l'encombrer :
"Je sens son vent...
Si pur qu'il n'accroche à rien
Ne siffle de rien"

Liberté nouvelle, résilience, la "vacuité du vide" devient "plénitude du vide".

Ce poème, qui tente de porter l'expérience personnelle du narrateur à la dimension physique et spirituelle est une merveille d'inventivité poétique.

Bravo Vincente !

Davide

EDIT : Après plusieurs (re)lectures, j'entr'aperçois les interrogations d'un homme face aux mystères qui le dépassent, mystères de la vie et de l'Univers. Qui suis-je ?
Le regard scientifique et rationnel s'ouvre - avec humilité - sur une dimension cosmique... mais ça, je l'ai déjà souligné.

J'attends avec impatience vos explications, Vincente.
Votre poème m'interpelle, me trouble et me fascine en même temps.

Au reste, je profite de ce deuxième passage pour rehausser le curseur (et corriger quelques fautes d'inattention).

   STEPHANIE90   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Vincente,

waouh !!! j'en suis sur le luc...

L'art du lâcher-prise, du rien ne m'égratignera...
J'aime beaucoup car c'est une chose que j'ai encore du mal à faire. Mais j'y travaille ardemment.
J'adore cette strophe : "Elle a cessé de prendre mon crâne Pour une tête d'épingle Et mes pieds Pour des pointillés" et " Maintenant quand elle me dessine... Ne siffle de rien"
"Maintenant l'évidence
De ma fluidité
N'a plus de prise sur moi"
De mon coté, c'est pas gagné, va falloir laver au grattoir la combinaison zèbre, ma préférée ; mais il restera toujours quelques pointillés... un peu suspect !!! LOL


Merci beaucoup Vincente, c'est joliment dit,
Stéphanie

   papipoete   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Vincente
Elle peut toujours s'amener... celle qui jusqu'à présent me dominait, me terrorisait en s'installant sous mon crâne, comme une tente dont les piquets me tourmentaient comme en " Place de Grêve " !
Elle ne me fait plus peur " mauvaise conscience " ; j'ai enfin retrouvé mon " moi " !
NB pour qui connut ces " poussées ", où l'on n'est plus, où cet autre commande en vous, je vois dans la dernière strophe, le sésame du bonheur retrouvé !
Celle qui précède, avec l'enfant face à la ruine marine, de son majestueux château de sable, se résigne et se prépare à tout recommencer dare-dare... est une jolie évocation !

   Corto   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Pourquoi donc ce poème, dès ses premiers vers, m'a-t-il donné le vertige ? Sans doute à cause du titre et de ce vers qui arrive si vite "Cette sensation de vide".
Eh là ! il faudrait voir à ne pas aller trop loin.

Mais l'auteur impitoyable continue magnifiquement avec "Elle a cessé de prendre mon crâne Pour une tête d'épingle" et il insiste "quand elle me dessine Dans sa perspective intestine Je sens son vent..."

Le lecteur se sent démuni, minuscule, presque disparu," Moi l'infime particule Je me vois à l'œil nu Vaquer à ma modestie". Il s'enfonce (se dissout ?) profondément dans "l'immensité".

Le vertige est toujours là, prégnant, jusqu'à la pirouette à peine rassurante du final "Je souris à mon passé discret Qui je l'avoue M'aura bien fait rêver".

Mais comment guérir d'une aventure si profonde, quand l'évocation du futur n'est même pas à l'ordre du jour ?

Merci pour cette belle expérience.

   leni   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Vicente
Ton poème comme souvent laisse le lecteur interpréter tes mots Et
ainsi donner un sens à ton propos Nous subissons des influences qui comme des couches de peinture vont modifier le tableau de notre MOi
Malgré un coup de Jarnac la vie continue
NOUS SOMMES EN DEVENIR Et c'est là que je perçois l'optimisme de ce texte Rien n'est jamais acquis ON peut ne plus craindre le temps passé et ouvrir les bras à l'avenir Voilà l'optimisme
Maintenant es mots pour le dire sont choisis en beauté
Enfin je la contiens !

Elle ne me fait plus peur
Cette sensation de vide

et ensuite tout s'enchaine
et on s'affranchit du passé

et on s'affranchit
Maintenant l'évidence
De ma fluidité
N'a plus de prise sur moi

e relève la tête
Et face à la marée
De l'immensité
Je souris à mon passé discret
Qui je l'avoue
M'aura bien fait rêver

et l'auteur vient de négocier avec son passé
J'espère que je ne me suis pas mis le doigt dans l'oeil
Merci pour ce moment qui fait réfléchir
Meilleures amitiés LENI

   Pierrick   
25/6/2019
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Je suis navré mais tous les commentaires élogieux concernant votre texte m'échappent totalement. Pour ma part, j'ai trouvé votre poème affreusement lourd (ex : "Dans sa perspective intestine", ou encore " Faire de mon lieu de recueillement) et, pardonnez-moi, certains passages presque ridicules ("Je la trouve même belle l'impression D'une conscience cruelle D'être une fin en soi". Je ne vais pas vous accabler davantage parce que ce ne serait pas charitable mais, franchement, il n'y a rien à sauver dans votre texte. Désolé.

   Palrider   
26/6/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Ce qui me gêne ici n’est pas de ne pas trouver de sens, j’ai déjà adoré des textes où je ne saisissais rien, c’est le manque d’harmonie qui fait défaut, pas de fond passe, à condition d’avoir autre chose...

   Vincente   
29/6/2019

   suzan   
29/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime le sujet d'emblée...ce qu'on appelle résilience. Faire du vide quelque chose, pour moi c'est ça la poésie, la création artistique...En même temps c'est tellement quotidien cette sensation, on le ressent bien dans ce poème, presque banal mais sublimé par des images simples, drôles et sensuelles tout à la fois. Tout ce recul...nécessaire !
Merci de ce partage

   Jocelyn   
30/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime cet état qu'on pourrait à sa guise qualifier d'indifférence face à moultes désillusions de la vie, de l'existence. Moi je l'appelle le lâcher prise. Peut-être qu'au fond, oui, lâcher prise, accepter la réalité telle qu'elle se présente à nous, c'est aussi faire preuve d'une certaine indifférence face à cette réalité. Mais il n'en est pas moins pour moi que faire preuve d'indifférence c'est témoigner de son état d'humain ou d'être vivant. Je ne parle pas de l'indifférence face aux problèmes qui affectent les autres, mais bien face à ses propres difficultés ou désillusions comme je le perçois à travers ce texte. Des vers bien sobres qui témoignent au mieux de l'attitude du personnage. Merci pour le partage Vicente


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