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Poésie contemporaine
Virou64 : Les « cafards »
 Publié le 15/10/21  -  7 commentaires  -  8756 caractères  -  79 lectures    Autres textes du même auteur

Cent jours d'horreur et de folie meurtrière au pays des Mille Collines…


Les « cafards »



Immergés dans la boue au milieu du marais*,
Tenaillés par la peur, un nœud dans les entrailles,
Ils attendent quinze heures et le coup de sifflet
Qui enjoint aux tueurs d'arrêter le « travail ».

L'angoisse les étreint au fond du marigot.
Ils ont pu se soustraire à la vue des bourreaux,
Émergeant de la vase, ils vont pouvoir sortir,
Ce n'était pas leur heure encore de mourir.

De partout, à présent, surgissent des fantômes,
Des femmes, des enfants, encore quelques hommes,
Le regard hébété, l'horreur au fond des yeux,
Ils ont depuis longtemps cessé de prier Dieu.

Ils ne comprennent rien au malheur qui les frappe
Et n'ont plus guère espoir qu'aucun d'eux n'en réchappe.
Les tueurs reviendront dès le petit matin,
Donneront libre cours à leurs plus bas instincts.

Depuis la mi-avril, cruels tortionnaires,
Les Hutus* font la chasse à leurs frères Tutsis*.
Des scènes, tous les jours, de folie ordinaire ;
Le sang des suppliciés coule à flanc de colline.

Au début des tueries, avec parents et sœurs,
Ils s'étaient réfugiés dans l'antre* du Seigneur.
On vint les trucider à grands coups de machettes ;
Des cadavres sanglants servirent de cachette.

Pas un ami hutu, pas un de leurs voisins
Pour leur porter secours, pour leur tendre la main.
L'instituteur a vu l'élève le traquer,
Le footballeur a fui devant des équipiers.

Il leur faudra ce soir, pour ne pas s'effondrer,
Essayer de trouver quelque chose à manger,
Braver l'obscurité puis, sans faire de bruit,
Ramper vers les maisons, en ombres dans la nuit.

Ils passeront tout près de deux ou trois pillardes
Occupées, bien tranquilles, à partager les hardes
Plus tôt récupérées chez le premier voisin
Qui n'en a plus besoin ; il est mort ce matin.

Ils entendront, tout près, les abois bestiaux
Des hommes enivrés par la bière et le sang.
Ils entendront aussi, blêmes et impuissants,
Les râles de la vierge aux mains de ses bourreaux.

Quelqu'un allumera « Radio Mille Collines* » :
« Massacrez les Tutsis, amis, voisins, voisines,
À grands coups de machette, enfants et vieillards.
Il faut débarrasser nos terres des « cafards* ». »

Ces vils tortionnaires, ils les connaissent bien.
Croisés dans les marchés, côtoyés dans les champs ;
Ils fréquentaient l'église, exemplaires chrétiens.
Ils ont tout partagé, les rires et les chants.

Ils savent leurs prénoms : l'un s'appelle Philbert,
Les autres Jean d'Amour, Élie ou Adalbert.
Ils allaient tous ensemble à l'école au village ;
Ils se sont entraidés dans les débroussaillages.

Ils vivaient tous en paix sur les mêmes hauteurs,
Les uns cultivateurs, les autres éleveurs.
Rancœur et jalousie torturaient quelques cœurs,
Mais ils partageaient tous une vie de labeur.

De petits différents parfois les opposaient,
Les dégâts dus aux bêtes étaient vite réglés.
Les chefs ont distillé le poison dans les têtes
Ont attisé la haine : « Affutez vos machettes ! »

Les Hutus modérés périrent les premiers,
Des traîtres à la race aux yeux des fanatiques.
Il fallait « découper » ou être « découpé »,
Se muer en tueur sadique et méthodique.

Désormais, les Hutus, dès l'aube, vont « chasser »,
Délaissant le fardeau du labeur familier.
Passés les premiers jours et quelques répugnances,
Ils agréent les tueries qui apportent l'aisance.

Finie la peur du manque et de la sécheresse,
Les pillards prennent goût aux nouvelles richesses :
Des sacs de haricots stockés à profusion,
Quelques tôles volées couvriront la maison.

De la viande au menu, matin, midi et soir,
Des Primus* au café plus qu'ils n'en peuvent boire.
Ils vont s'approprier les terres convoitées
Sachant pouvoir agir en toute impunité.

Les Tutsies élancées qui leur semblaient trop belles,
Jugées trop arrogantes avec leur port altier,
Serviront quelques nuits d'esclaves sexuelles.
Leurs corps seront jetés, plus tard dans un fossé.

Un autre jour se lève. Au tout petit matin,
Derrière l'horizon que le soleil embrase,
Les aboiements des chiens, les chants des miliciens ;
Les « cafards » à nouveau s'enfoncent dans la vase.

En août, le F.P.R* occupe le terrain ;
Les derniers rescapés sont enfin secourus.
Aux cent jours de tueries, bien peu ont survécu.
Leurs bourreaux fuient alors vers le Congo* voisin.

Après deux ans d'exil* dans des camps de misère,
Deux millions de Hutus reviennent sur leurs terres.
Parmi eux des tueurs qui sont emprisonnés ;
Les juges débordés instruisent les dossiers.

La tâche est inouïe. Pour accélérer ça,
Il faut réactiver, partout, les gaçaça*.
Les peines prononcées mènent à la prison,
Il y aura, de fait, peu d'exécutions.

On a ouvert la geôle, en sortent les tueurs…
Comment s'habituer à croiser le matin,
Ceux qui ont violé, « découpé » votre sœur,
Massacré vos parents, pillé tout votre bien ?

Ils ont fait des aveux, ont demandé pardon,
Veulent redevenir de bons cultivateurs.
Mais les persécutés, qui ont vécu l'horreur,
Ne voient toujours en eux qu'êtres nauséabonds.

La vie reprend son cours, dans la rue, au marché ;
Dans l'église ferveur, foi et dévotion ;
L'on vibre autour du stade aux belles actions,
La Primus coule à flot, le soir au cabaret.

Aujourd'hui, le Rwanda émerge du néant,
Pays traumatisé, encore chancelant.
Rescapés et bourreaux doivent cohabiter,
Taire le souvenir de ces atrocités.

L'État l'a décrété : Réconciliation !
Mais la peur si tenace est toujours là, palpable.
Chez les victimes sourd une appréhension
Que la Bête renaisse encor plus redoutable.

______________________________________________________________________________________________________________________________
* Notes


Hutus/Tutsis :
Ces deux ethnies composent majoritairement la population du Rwanda.
1931 : Introduction de la carte d'identité mentionnant l'ethnie, en vigueur jusqu'en 1994.

Cafards :
Avant et pendant le génocide, les extrémistes hutus appelaient les Tutsis, les « cafards » ; une manière pour eux de les déshumaniser, de se persuader qu'ils étaient une espèce nuisible devant être éradiquée.

L'antre du Seigneur :
14 avril 1994 : Massacre à la machette, pendant deux jours d'environ 5 000 réfugiés tutsis dans l'église de Nyamata.
15 avril 1994 : Massacre d'environ 5 000 réfugiés dans l'église de N'Tarama, à une trentaine de kilomètres de Nyamata.

Marais :
16 avril 1994 : Début des chasses organisées dans les marais de papyrus où se sont enfuis les rescapés.

Radio Mille Collines :
Dans les studios des radios populaires, Radio Rwanda et Radio Mille collines, les Tutsis sont appelés « cafards ». Les animateurs appellent ouvertement à la destruction des Tutsis à travers des sketchs et des chansons.

Primus :
Bière belge consommée au Rwanda.

F.P.R :
Front Populaire Rwandais, d'obédience tutsie.

Exode des Hutus vers le Congo :
15 juillet : 500 000 réfugiés hutus passent la frontière congolaise. Trois fois plus les rejoignent dans les camps de l'est du Congo, les semaines suivantes.

Retour d'exil :
Invasion de l'est du Congo par les troupes du F.P.R, qui déclenche des tueries massives de dizaines de milliers de réfugiés hutus et le retour de 2 millions d'entre eux au Rwanda.

Génocide :
800 000 Tutsis ont été tués en douze semaines.
3 octobre : Le Conseil de sécurité avalise un rapport qualifiant de génocide les massacres commis au Rwanda.

Gaçaça :
Jadis, les gaçaça étaient des tribunaux, familiaux ou tribaux qui rendaient la justice sous l'arbre à palabres. Face à l'impuissance de l'appareil judiciaire institutionnel en place, l'état rwandais décide de les réactiver, afin d'accélérer les procès de personnes soupçonnées de participation au génocide. Le principe gaçaça consiste à faire comparaître les accusés devant des assemblées de gens de leur voisinage, qui témoignent ou les jugent sous l'égide de cadres plus ou moins professionnels.


 
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   poldutor   
4/10/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

Terrible, terrible description de ce que furent ces massacres.
La bestialité à l'état pure devant une communauté internationale indifférente qui réagit bien après que les massacres eurent lieu.
Ces massacres hélas ne furent pas les derniers du XXème siècle, dans les années 1990, Bosniaques, Croates, Slovènes, Serbes, se sont entre-tués allégrement...
Il est difficile de sortir un vers ou un quatrain de cette poésie aux clameurs déchirantes, ce qui faisaient agir les tueurs répondaient à différentes motivations :

"Il fallait "découper" ou être "découpé",
Se muer en tueur sadique et méthodique."

"Finie la peur du manque et de la sécheresse,
Les pillards prennent goût aux nouvelles richesses:
Des sacs de haricots stockés à profusion,
Quelques tôles volées couvriront la maison.

De la viande au menu, matin, midi et soir,
Des Primus*au café plus qu'ils n'en peuvent boire.
Ils vont s'approprier les terres convoitées
Sachant pouvoir agir en toute impunité.

Les Tutsies élancées qui leur semblaient trop belles,
Jugées trop arrogantes avec leur port altier..."


Le plus terrible c'est que tueurs et victimes étaient souvent des voisins amicaux :
"Ils savent leurs prénoms: L'un s'appelle Philbert,
Les autres Jean d'Amour, Elie ou Adalbert.
Ils allaient tous ensemble à l'école au village;
Ils se sont entraidés dans les débroussaillages.

Ils vivaient tous en paix sur les mêmes hauteurs,
Les uns cultivateurs, les autres éleveurs.
Rancœur et jalousie torturaient quelques cœurs,
Mais ils partageaient tous une vie de labeur."

"Pas un ami hutu, pas un de leurs voisins
Pour leur porter secours, pour leur tendre la main.
L'instituteur a vu l'élève le traquer,
Le footballeur a fui devant des équipiers."

Les assassins se sont exilés pendant deux ans, puis retour au pays où les peines prononcées ne sont pas proportionnelles aux crimes commis.
"Ils ont fait des aveux, ont demandé pardon,
Veulent redevenir de bons cultivateurs."

"La vie reprend son cours, dans la rue, au marché;"

"L'Etat l'a décrété: Réconciliation!.
Mais la peur si tenace est toujours là, palpable.
Chez les victimes sourd une appréhension
Que la Bête renaisse encor plus redoutable."

Hélas!

On ne sort pas indemne de la lecture de votre poésie, merci de rappeler les exactions que l'humain peut faire, afin que les victimes ne tombent pas dans l'oubli.
Cordialement

poldutor en E.L

   papipoete   
15/10/2021
bonjour Virou64
Comment vous le dire sans vouloir vous faire de la peine ? Votre texte versifié m'apparaît trop long, bien que je sache que vous eûtes tant à dire sur ces massacres !
Ces ennemis à la machette, qui la veille de l'entrée en guerre, furent collègues, amis de toute classe sociale, même pasteurs et vinrent violer ces mêmes filles, ces mères à qui plus tôt ils prêtaient une oreille attentive, parlaient de la pluie et du bon temps !
Après ces horribles actes, ils iraient comme si de rien n'était, chercher le lait, arroser cet arbre, piler le mil... et re-deviendraient des gens bien ordinaires.
NB face au travail que vous avez accompli, recherches d'archives, de témoignages, et mise en forme de tous ces vers, je suis gêné de ne pas vous suivre sur ce chemin de larmes, entaché de tant de sang !
J'aurais plutôt conçu ce devoir de mémoire, sous forme de récit en prose, ou nouvelle ?
Je ne noterai pas défavorablement afin de ne pas vous nuire, tout comme l'inverse d'aimer " bien ou beaucoup " qui ne fut pas honnête de ma part.
Je vous félicite cependant pour ce labeur impressionnant !

   wancyrs   
15/10/2021
Salut Virou64

Votre texte raconte bien les horreurs qui se sont déroulés pendant cette période-là ; j'étais dans mon pays natal, le Cameroun, à l'époque, et nous avons accueillis quelques exilés, Tutsis ou Hutus, qu'importait ! Deux strophes m'ont fait sortir de votre récit ; je dirais qu'elles m'ont même rebutées :

Ils vivaient tous en paix sur les mêmes hauteurs,
Les uns cultivateurs, les autres éleveurs.
Rancœur et jalousie torturaient quelques cœurs,
Mais ils partageaient tous une vie de labeur.

De petits différents parfois les opposaient,
Les dégâts dus aux bêtes étaient vite réglés.
Les chefs ont distillé le poison dans les têtes
Ont attisé la haine : « Affutez vos machettes ! »

Nous savons que la manipulation de ces deux peuples a commencé par le colon français, et aucune mention ici. Après plusieurs refus par des gouvernements français précédents, le gouvernement de Macron a fait ouvrir une enquête qui s'est soldé par un rapport, le rapport de la commission Duclert, qui démontre bien l'implication de la France, bien que pondérée par les commissionnaires.

Je suis donc déçu par le traitement de votre poème, un traitement qui ne tient pas compte de tous les angles de vues, montrant encore (peut-être sans le vouloir) un peuple africain taxé de barbare, en oubliant ceux qui tirent les ficelles dans l'ombre. Je n'innocente pas ces gens, car oui, la poudrière existait déjà - comme elle existe d'ailleurs aussi au Cameroun et tous ces pays aux multiples ethnies - mais ces gens vivent depuis des temps immémoriaux avec ces petites querelles. Dans certains pays comme au Sénégal et en Côte-d'Ivoire on appelle ces petites taquineries "le cousinage à plaisanterie". La poudrière ne saute que lorsqu'un gentil monsieur intéressé par des ressources naturelles vient et apporte la mèche, puis le feu.

Dommage pour ce texte bien foutu quand même !

Je ne note pas.

Wan

Quelques liens :

https://www.liberation.fr/international/rwanda-des-responsabilites-lourdes-et-accablantes-de-la-france-dans-le-genocide-des-tutsis-20210326_M434ITJXA5HBHHK5MKAOAURINQ/

https://www.dw.com/fr/lourde-responsabilit%C3%A9-de-la-france-dans-le-g%C3%A9nocide-rwandais/a-57257551

   Pouet   
15/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Je suppose que l'auteur aura lu "Une saison de machettes", l'excellent ouvrage de Jean Hatzfeld. On y retrouve, à travers le témoignage de hutus, certains aspects évoqués dans le poème. J'ai moi même tenté d'appréhender ce sujet dans "Les cicatrices de Kibuye" publié sur Oniris. Un thème éminemment terrible et dramatiquement complexe, tant par son inextricable causalité que par l'ambivalence psychologiques des "bourreaux".

Le présent texte raconte sous forme prosaïque ce massacre. Tout n'est pas dit je pense - mais le peut-on ? le rôle joué par le gouvernement français de l'époque ou, encore une fois, cette espèce de cauchemar éveillé, de folie collective, ce mélange de boucherie systématique organisée sur fond de sentiment brumeux, de ne pas vraiment être là, pas présent mais faisant. Pourtant.
C'est un peu le souvenir que j'ai de ces témoignages de hutus tout du moins.

Peut-être que le poème pourrait supporter quelques allègements, il est assez roboratif de la sorte, mais pourquoi pas.

Je salue pour ma part le choix du sujet. La poésie est (aussi) là pour ça.

   Annick   
16/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai rarement été aussi émue à la lecture d'un poème. Le sujet en est la raison ainsi que son traitement. J'ai l'impression de me trouver parmi les opprimés, en prise directe avec cet événement tragique.
Ce poème est bien construit. On peut suivre les différentes étapes, le récit progresse avec précision.

Vous avez choisi de n'évoquer que le côté humain.
La responsabilité politique des protagonistes, de l'Etat français est gommée. L'attentat déclencheur également.

Un poème contemporain un peu long. Mais il est difficile sur un tel sujet de concentrer les idées sans nuire à l'entièreté de l'événement. Pour ce sujet, j'aurais préféré un récit poétique ou un poème en prose.

Des erreurs sur le nombre de syllabes, l'alternance féminin/masculin, les singuliers et pluriels, les césures...mais on est en contemporain.

Je salue le travail fourni et ce respect pour le lecteur : merci pour les annotations qui m'ont aidée à comprendre le texte.

Merci pour ce poème particulièrement émouvant.

   dream   
16/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Virou64

Oulala ! Mes yeux se sont croisés sur le comptage de vos 29 quatrains (j’ai compté 2 fois mais pas sûr que ce soit juste). Dur labeur et beau travail pour ce terrible drame de l’horreur quotidienne, même si comme le disent certains commentaires, la vraie vérité ce n’est pas tout à fait cela.

Figurez-vous que j’ai assisté au film franco-belge « Petit Pays » il y a un an environ, film qui traduisait la situation du Rwanda dans les années 90 et qui n’était qu’une pâlichonne représentation de la vraie réalité car relatée du point de vue d’un enfant. Un film enfin qui n’était ni émouvant, ni instructif, ni rien… alors que votre poème-fleuve, même s’il ne « dit pas tout », voire l’essentiel, nous fait passer une sacrée émotion.

Bravo… quand même !

   inconnu1   
18/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bravo pour ce poème mais je reste partagé. Je ne reviens pas sur le fond. Un des commentateurs relevait le livre et le film petit pays qui nuançait les choses, mais clairement il y a eu un génocide et il a été l'oeuvre des hutus.

Je suis plus ennuyé par la forme. Personnellement, mon impression finale est plus celle d'un reportage ou un récit historique rimé que d'un poème. Le travail est important et la technique est là, je vous en félicite, mais le poème est clairement trop long avec parfois des répétitions qui auraient pu être évitées (râle de la vierge tutsies esclaves sexuelles). La poésie a cela de commun avec la peinture, qu'elle permet de stimuler les émotions en condensant le propos et en impliquant le lecteur. Ici je ne me suis pas senti impliqué, mais seulement spectateur d'un information. Peut être que suggérer aurait été parfois préférable à simplement décrire. Les 8 dernières strophes (au moins) étaient -elles utiles? Vous auriez pu vous arrêter au massacre. Le ressenti émotionnel n'en aurait été que plus intense.

Bien à vous


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