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Poésie en prose
wancyrs : Boat-people [Sélection GL]
 Publié le 05/08/17  -  15 commentaires  -  2250 caractères  -  143 lectures    Autres textes du même auteur

"Un homme qui crie n'est pas un ours qui danse..."

Aimé Césaire (Cahier d'un retour au pays natal)


Boat-people [Sélection GL]



Au bout du petit tunnel...

Va-t’en ! Langue de bois pieds de plomb, ventriloque de mes joies simulées, pyromane qui dans mon cœur allume un feu et me tend de l'essence pour extincteur ; je hais ta charité servile qui d'une main me donne ce que de l'autre elle récupère en me laissant redevable.


Au bout du petit tunnel...

Va-t’en ! Tête d'autruche ventre d'ogre, artisan de mes ailes pétrifiées qui me couvre d’une camisole de force pour se mentir de me posséder : il n'y a pas plus prisonnier que celui qui tient prisonnier, domestique de ses ambitions étriquées.


Les Hommes vivent de feux ;

Certains font des autres un brasier pour réchauffer leurs vies remplies de froidures ;


(Il y a ces Femmes et ces Hommes-bois de chauffage,
Qui brûlent comme des cierges sur le Gange,
En attendant que les pyromanes charitables
De leurs cendres dressent une stèle
Pour s’y faire décerner la croix d’honneur.)

Les Hommes vivent de feux ;

Sur des océans sur des mers, immenses brasiers de décombres, fumiers de flore aquatique ;



(Viens encore de ta charité débile
Entretenir le brasier de mon corps servile ;
Les Hommes cafres iront à l'assaut des demain meurtriers
Un boat aux allures de négriers pour bouclier ;
L'homme cafre ira à la mer dépérir noyé
De peines capitales, d'espoirs animales.
)


Au bout du petit tunnel…

S’élève une clameur qui meurt engloutie par un ressac de vague à l’âme, hoquets de désespérances ballottées au gré des flots, au gré du flux des pics de colères batardes, refoulées par souci d’économie d’énergie, refoulées par souci d’éthique de survie ;


(Quand penser devient nocif pour la pensée, il faut avaler les flots à coup de silence encore,
Et encore ;
C’est en vainquant les vagues qu’on se convainc d’espérer encore,
Et encore ;
C’est en vainquant les larmes que le mensonge des sourires est crédible pour nos enfants âmes barquées,
Orphelins des demain paisibles.)



Au bout d’un tunnel marin…



Juillet 2017


 
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   Brume   
22/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Votre poème a le feu. Géniale cette expression : s'élève une clameur qui meurt engloutie par un ressac de vague à l'âme".
Il y a de la colère c'est limpide, d'un des migrants sur ce "boat aux allures de négriers".

Une plume vindicte, très expressive, des mots coup de poing.
Dès les premiers vers le lecteur est happé par l'éloquence rentre-dedans du narrateur.

Par contre je ne comprends pas l'utilité des parenthèses ? La différence des caractères des mots suffit. Bien que je ne comprends pas non plus plus ces changements de caractère car l'un ou l'autre il me semble qu'il y a cette continuité de pensée du narrateur.

Une écriture d'une belle qualité, vraiment une pépite.

   LeopoldPartisan   
24/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
un cri, l'allégorie d'un cri à la Munch. L'auteur se laisse aller à sa terrible émotion et c'est ce qui fait toute la beauté de ce texte, jusque dans l'accroche d'Aimé Césaire.

Pour moi le passage le plus fort et le plus signifiant est celui-ci

"( Viens encore de ta charité débile
Entretenir le brasier de mon corps servile ;
Les Hommes cafres iront à l'assaut des demain meurtriers
Un boat aux allures de négriers pour bouclier ;
L'homme cafre ira à la mer dépérir noyé
De peines capitales, d'espoirs animales.)

C'est bouleversant et tellement peu médiatisé en rapport aux milliers de vies perdues en mer. Il ya quelques mois je me suis fendu su FB d'un commentaire que je vous livre ici en espérant ne pas être modéré car je ne fais qu'étayer la démonstration de ce texte :

Crise migratoire : les conneries débitées partout par les grands décomplexés:

Il y a des jours où vraiment j'en ai marre d'entendre des conneries sans nom sur les réfugiés assasins qui sont tous des terroristes potentiels.
Donc j'ai voulu chiffré un peu tout cela. Savez-vous que depuis 2012 il y a eu en Europe 14 attentats islamistes faisant 195 morts et exactement 800 blessés pour 20 terroristes morts et une dizaine derrière les barreaux. On dénombre 780.000 réfugiés pour les années 2014-2015. Imaginez donc par une règle de 3 combiens s'ils sont tous de potentiels terroristes combien d'européens vont périr :
195 divisé par 30 soit 6,3 morts et 26,6 blessés par terroristes c'est par millions que nous allons mourir... Mais que font l'armée et la police...
Trêve de plaisanterie savez-vous que depuis l'année 2000 il y aurait eu 22.000 réfugiés qui soient morts en route et pour 2014 : 3500 se sont noyés en méditerranée ce qui veut dire que nos mort dans les attentats c'est en rapport avec les noyades en méditerranées seulement 5,5% de ces horribles décès et noyade. Et seulement 8/1000 en regard de tous ceux qui sont mort en route en 16 ans.
Alors avant de raconter n'importe quoi osez dire que vous n'en voulez pas parce que vous craignez qu'économiquement ils nous fassent de l'ombre. Alors qu'il y a eu 615 morts en 2014 sur nos routes je n'entends jamais le moindre crétins dire que le vrai terroriste c'est sa sacro-sainte bagnole....
Bonsoir.

   Anonyme   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Commenté en EL

Je mesure le travail effectué. L'auteur n'a pas ménagé sa peine et il y a de beaux morceaux de bravoure dans ce texte ; pourtant je pense que cet ouvrage reste à parfaire.
Ceci dit c'est tout de même très "lisible" et le souffle poétique est indéniablement bien présent.

J'aimerais relire un jour ce texte plus affiné mais en attendant...j'aime bien ce texte ( en fait c'est le sujet que j'aime avant tout )

Edit du 05 août 2017: après relecture, je révise mon appréciation à la hausse

   Marite   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Indéniablement du "Wancyrs" dans toute la force de sa plume qui exprime dans cette poésie en prose tant de "choses" si difficiles à dire et surtout à recevoir ... c'est ce que j'ai perçu dans les parties écrites en caractères gras.

   Louison   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte fort qui nous claque au visage.

(Il y a ces Femmes et ces Hommes-bois de chauffage,
Qui brûlent comme des cierges sur le Gange,
En attendant que les pyromanes charitables
De leurs cendres dressent une stèle
Pour s’y faire décerner la croix d’honneur.)

J'aime les caractères en gras qui sont comme un cri.

Merci pour ce texte.

   papipoete   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour wancyrs,
Les boat-people voguent sur les mers depuis que l'on sait construire des bateaux ; pour ceux-ci, il n'est même pas nécessaire qu'ils tiennent l'eau, et règlent ainsi le " problème " de ses occupants ( épine dans le pied ) des " ya qu'à ... " .
Imagine-t-on la scène de ces enfants et leurs mères, souvent de nuit que reprend la mer ? Les océans ont toujours avalé de la chair humaine, jamais repue, guettant la ligne de flottaison prête à être submergée . Les passeurs ( on en connut de généreux entre les 2 parties de France en 39/45 ) exploitent cette mine d'or, aujourd'hui encore !
Vous décrivez de manière lumineuse, surtout dans les 2 premiers pentasyllabes et plus loin " ensuite s'élève une clameur qui meurt engloutie par un ressac de vague à l'âme " ;
une remarque " aiguille dans une botte de foin ", " de peines capitales, d'espoirs/animales " ; faut-il un E à animal ?

   Cristale   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle puissance d'écriture ! Elle prend aux tripes et poignent le coeur comme si l'auteur avait jeté son encre en flamme dans ces océans de terreur et de violence.

Je suis admirative d'une telle force d'expression.
Cette strophe, entre-autres, est superbe de réalisme :

"(Il y a ces Femmes et ces Hommes-bois de chauffage,
Qui brûlent comme des cierges sur le Gange,
En attendant que les pyromanes charitables
De leurs cendres dressent une stèle
Pour s’y faire décerner la croix d’honneur.)"

et :

"(Quand penser devient nocif pour la pensée, il faut avaler les flots à coup de silence encore,
Et encore ;"

Je n'aime pas trop les parenthèses encadrant les strophes, celles-ci se suffiraient de l’italique d'autant plus que les vers "cognant" se présentent en caractères gras, mais l'auteur doit avoir ses raisons que ma raison ignore. Cependant le texte est si fort que cela reste un détail typographique peu important.

Bravo et merci pour ce partage.
Cristale

   leni   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut AMI VANCRYS
Ta colère humaniste est ta façon de dire qui met dans mille de mes sentiments Ton texte gueule vrai et il enchaine ton ressenti en crescendo Tu parles vrai Ami Quel contraste avec les balivernes
des soit dit en passant Je ne vais pas citer ton texte mais le relire jusqu'à plus soif
Superbe mon AMI !!!!!
LENI

   Alexandre   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut wan' ! Je n'entrerai pas dans les détails du texte ni ne m'étendrai sur la mise en page mais j'ai retenu quelques passages forts et réalistes qui illustrent parfaitement ton coup de gueule que je partage totalement...

C’est en vainquant les vagues qu’on se convainc d’espérer encore,
Et encore...

Quand on songe à ce qui se passe actuellement en Méditerranée, il faut beaucoup de courage engendré par un désespoir sans fond pour risquer sa peau sur ces embarcations de fortunes...
Réfugiés politiques, économiques, et peut-être demain climatiques dans certaines parties du monde, ces gens n'ont pas le choix et l'accueil que certains leur réservent me soulève le cœur...

Les victimes on les connaît ! Quant à désigner les coupables de cette situation la liste est longue, et au-delà de ma modique contribution mensuelle à MSF, je n'ai comme toi d'autre moyen d'agir que l'écriture bien que l'encre de nos textes soit balayée par la première vague.

Malgré tout, c'est toujours utile de rappeler ce qui se passe !

Merci wan' !

   Robot   
6/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quelle force. un texte d'indignation qui n'en demeure pas moins poétique par son expressivité, grâce au choix des formulations, des images et des métaphores qui apportent aux idées un impact hors de l'ordinaire.

Un vrai cri !

   OiseauLyre   
6/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une plume débordante, un déversement d'images, d'expressions fortes, enflammées est ce qui m'attire dans votre poème (tout comme dans l'œuvre de Césaire). Vous traitez bien d'un sujet à côté duquel on peut aisément passer. Merci.

   Alexan   
6/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Pardon j’arrive un peu tard. Mais il faut dire que j’ai mis plusieurs heures à écrire un petit avis qui soit – non pas à la hauteur – mais digne de commenter ce poème que je trouve époustouflant. Et je crois bien que j’ai échoué… mais tant pis, il reste tout de même mon « passionnément », qui pardonnera les éloges que je n’ai pas su exprimer.
En tout cas, je me suis trouvé emporté dans les flots de cette intense rhétorique, chantée avec fougue, avec ses mots qui raisonnent comme des colères magnifiques.
J’en ai le souffle coupé…
Pour le plaisir :
« Les hommes vivent de feu ; sur des océans des mers, immenses brasiers de décombres, fumiers de flore aquatique ; … »
Admirable.

   Pouet   
8/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

J'ai dû relire plusieurs fois ce texte assez dense dégageant une force indéniable.

J'aime la façon allégorique de traiter ce thème compliqué.

Je retiens tout particulièrement ce passage:

(Il y a ces Femmes et ces Hommes-bois de chauffage,
Qui brûlent comme des cierges sur le Gange,
En attendant que les pyromanes charitables
De leurs cendres dressent une stèle
Pour s’y faire décerner la croix d’honneur.)

Bravo, un très bon texte, sans concession, qui se mérite, et pas "par le petit bout de la lorgnette".

   emilia   
8/8/2017
Beaucoup de force dans vos mots qui grondent, hurlent votre colère, votre révolte, en dénonçant la langue de bois, la charité servile, le retour d’une nouvelle exploitation négrière, quand s’élève une clameur de désespérances face au « mensonge du sourire »… ; un dossier si brûlant par l’urgence nécessaire de s’atteler à trouver des solutions pour lutter contre ce fléau et prévenir les drames qu’il génère…, mais, malheureusement, contre lesquels je me sens bien impuissante…

   Queribus   
24/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un texte flamboyant sur un sujet pas des plus faciles; vous échappez aux risques de la démagogie et de l’humanisme bon marché pour trouver une vraie voie (x) originale avec, notamment, une présentation très originale; toutefois, comme d'autres avant moi, je n'ai pas trouvé d'utilité aux parenthèses (simplifions, simplifions!) mais ceci est un détail qui n'enlève rien à la qualité de votre écrit.
Je ne manquerai pas, à l'avenir, de venir vous relire.

Bien à vous.


Oniris Copyright © 2007-2017