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Chansons et Slams
wancyrs : Brisé-e-s
 Publié le 30/08/19  -  12 commentaires  -  3239 caractères  -  138 lectures    Autres textes du même auteur

Slam !


Brisé-e-s



https://soundcloud.com/cyril-wanelt/brise-e-s


On naît brisé, et notre parcours est biaisé.
Les dés sont pipés avant même d’être jetés
Sur l’échiquier de la vie,
Sans notre avis ;
Et même si l’envie nous vient
De changer le cours de notre existence,
On est pris de court par la transe qui avance,
Dans la cadence des soldats de plomb aux pieds d’argile.
Et nous avons beau essayer d’être agiles,
Comme des funambules sur leur fil fragile,
Le courant nous emporte dans ses forces contraires,
Méli-mélo dramatique commun à tous les erratiques.

On est brisé, dès lors qu’on est propulsé dans l’arène,
N’ayant pas les rênes
De ce bolide qui nous entraîne inexorablement
Dans une course folle contre la montre,
Une course folle contre des monstres
Sous forme de blessures d’enfance,
Errance dans un cerveau reptilien
Qui ne sait pas faire le lien
Entre danger imminent et danger potentiel,
Et qui arme nos désirs d’instruments de tortures
Pour donner à nos plaisirs un goût de cendre,
Incapables de descendre dans nos gosiers
Habitués à s’égosiller de cris de colères ;
Puis on erre çà et là,
Sans hélas trouver une porte de sortie
À cette spirale malsaine,
Quand notre âme a mal et saigne.

On naît brisé d’impuissance,
Mais il faut user de patience
Face à un adversaire de taille
Qui nous taille en pièces
Lorsqu’on est impulsif :
Facile à dire, plus qu’à faire
Quand on a affaire à plus fort que nous,
Qui d’un tour de main
Décide de quoi demain sera fait,
Sans sourciller,
Ni se soucier du qu’en-dira-t-on ;
Mais quand dira-t-on
Que le temps est propice à nos rêves ?
Que de la souffrance on peut espérer une trêve ?

Jamais !

On naît brisé, mais il faut s’acharner car,
Lorsqu’on n’est pas bien né,
La valeur attend toujours
Le nombre des années à trimer
Pour s’exprimer.
Et il ne sert à rien de chialer sur son sort,
Sur ses lacunes et consorts car,
C’est ainsi qu’on sort des situations difficiles
Face à un antagoniste indocile
Qui jette au milieu des humains la confusion
Pour que jamais la fusion
Des forces ne se fasse,
Mais qu’au contraire,
Dans des guerres fratricides,
Ils se trucident
– lorsqu’ils ne se suicident pas –
D’ennui,
Avec le stress qui les étreint,
Et les éteint,
À petit feu,
Un petit peu,
Chaque jour qui passe.

On naît brisé, mais c’est à nous de nous réparer,
Reconstituer ce casse-tête complexe
Sans d’autres réflexes
Que ceux que nous propose notre conscience perplexe ;
Et comme un meuble en kit de chez Ikéa,
On peut terminer l’assemblage avec une pièce en trop,
Ou bien une pièce en moins,
Mais qu’importe !
Ce qui compte c’est de garder la foi
Que c’est en un seul morceau
Qu’on arrivera à nos fins.


Avril 2019


 
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   Eclaircie   
3/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Un slam que j'aurais aimer entendre déclamer par son auteur, car la diction fait partie intégrante du slam.

Alors j'ai déclamé ce texte. Il est percutant,
Parfois le rythme s'essouffle un peu comme :
"De ce bolide qui nous entraîne inexorablement "

"Que ceux que nous propose notre conscience perplexe ; " là les sonorités "que ...que " sont moins harmonieuses.

J'ai apprécié les enchaînements de sons et de sens proches, le tableau est sombre et "bien peint".

Merci du partage,
Éclaircie

   Queribus   
8/8/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Tout d'abord, le texte me parait bien trop long mais il comporte aussi des images poétiques très fortes qui donnent de l’impact à votre écrit avec, quand même, des images déjà vues. Le contenu m’apparait assez pessimiste mais il est vrai que l'époque s'y prête.

Bien entendu, et je vais me répéter pour la centième fois, la voix du chanteur, la musique, les arrangements, etc. pourront donner à l'ensemble un ton inattendu et surprenant. Trouvez donc vite l'équipe qui complètera votre texte.

Bien à vous.

   leni   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voilà Bravo mon FRANGIN C'est ton âme qui parleet qui nous amène
au fond de toi même pour nous dire qui tu es C'est bien ton texte
slamé Ta voix est à la réflxion paisible elle a plus de poids que si
tu te laissais emporter j'ai lu le texte sans la voix il a moins d'impact

On naît brisé, et notre parcours est biaisé.
Les dés sont pipés avant même d’être jetés

Et nous avons beau essayer d’être agiles,
Comme des funambules sur leur fil fragile,
Le courant nous emporte dans ses forces contraires,

Errance dans un cerveau reptilien Quand on a affaire à plus fort que nous,
Qui d’un tour de main
Décide de quoi demain sera fait,
Sans sourciller,

Dans des guerres fratricides,
Ils se trucident



et là je te tire mon chapeau frangin Cette idée est superbe



C'était somptueux de vérité MERCI JE TE FAIS L'ACCOLADE LENI

   Robot   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un slam qui a du punch et de la conviction.
.
L'idée de fatalité de la souffrance et de la désillusion se répète de strophe en strophe comme si le narrateur faisait tout un constat de ce que la vie qui nous a été offerte peut avoir de désespérant.

Car c'est un inventaire de toutes les difficultés qui guettent hommes et femmes. Sur ce que le destin, (ou sur ce que les démiurges), ont mis sur le chemin des hommes et des femmes.
Un inventaire des souffrances présentées à chaque fin de strophes comme inexorables:

"Le courant nous emporte dans ses forces contraires,
Méli-mélo dramatique commun à tous les erratiques."

"Puis on erre çà et là,
Sans hélas trouver une porte de sortie
À cette spirale malsaine,
Quand notre âme a mal et saigne."

Vient la question en 3ème strophe:
"Mais quand dira-t-on
Que le temps est propice à nos rêves ?
Que de la souffrance on peut espérer une trêve ? "

Et la réponse définitive tombe sans recours: "Jamais !"

Reste l'ouverture finale: Malgré ce jamais qui exclut définitivement de pouvoir sur cette terre exaucer les rêves et espérer une trêve le narrateur offre cette solution: garder la foi pour arriver à nos fins.

Nos fins ? la fin de vie ?
La foi qu'après la fin de vie les hommes et les femmes trouveront non pas la pièce manquante mais la pièce en trop ? c'est à dire selon ma lecture: la béatitude. La croyance, d'autres dirait la certitude qu'un monde meilleur est réservé à l'humanité dans l'au-delà ?

En résumé:
Hommes et femmes vivez avec vos souffrances, quoique vous fassiez elles sont inexorables, et mettez votre espoir dans la mort car comme l'a dit le Nazaréen "Mon royaume n'est pas de ce monde."

J'ai beaucoup apprécié la manière dont cette certitude est affirmée même si ce n'est pas ma conviction personnelle.

   papipoete   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour wancyrs
" on naît brisé " et " on est brisé " n'ont pour moi pas la même signification, et j'aurais bien aimé que l'une et l'autre phrase ait leur contexte bien distinct !
" On naît brisé " quand on le malheur de venir au monde, avec une maladie, un handicap physique ou mental.
" On naît brisé " quand on a le malheur de venir au monde, dans un pays miséreux, où le roi, l'empereur, le président se goinfrent quand la plèbe crève !

" On est brisé " quand tout nous souriait, et que la vie bascule sous toutes les coutures ( santé, désunion, perte d'emploi, mort d'un aimé )
" On est brisé " quand à l'image du taureau, qui attend dans le noir entendant des clameurs enfler, la lumière jaillit soudain comme un nuage de poussière dans les yeux !
Cher poète du bout de l'océan, si je partage le développement de ton slam, la fin en particulier rejoint mon raisonnement, quand tu dis que " c'est à nous de nous réparer ";
J'ai un ami très proche " né brisé " par une sale infirmité, qui s'est au fil des " réparations " relevé petit à petit, mais aujourd'hui, la vie dure pour lui cherche à le briser ; il travaille mais ne subsiste en fait que de " charité " ; survivra-t-il à ce destin ?
Concernant la chanson par elle-même, je ne te trouve pas assez " en colère ", j'aurais haussé le ton ! mais je crois que ta gentillesse est un handicap pour " gueuler "?
bravo en tout cas pour l'écriture, avec ces assonances qui riment sans faiblir !

   Vincente   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Le texte est vraiment très habité, il déclare plus que de la sincérité, il y a là une conviction exacerbée. Elle est en soi un argument littéraire, il se justifie d'abord par sa force déclamatoire puissante. Les images, les "jeux" sur le cadencement et les associations de sons en assonances diverses apportent une richesse qui pousse à l'adoption du propos, et puis la diction posée, déterminée, précise du slameur grandit encore avec éloquence toute la bâtisse formelle. Tout ceci produit un ensemble "accrocheur" (au bon sens du terme) ; on a ainsi envie de "croire" à tout ce qui se dit ici.

Cependant, le message qui nous est adressé est-il convaincant en lui-même ?

J'ai été assez convaincu par les énonciations prises individuellement, avec de belles formulations comme par exemple : "On est pris de court par la transe qui avance, / Dans la cadence des soldats de plomb aux pieds d’argile."
ou
"Une course folle contre des monstres
Sous forme de blessures d’enfance,
Errance dans un cerveau reptilien
Qui ne sait pas faire le lien
Entre danger imminent et danger potentiel,
Et qui arme nos désirs d’instruments de tortures
".

Le problème à mon sens, mais il est central, essentiel, s'affiche dans l'anaphore "On naît brisé", aux cœurs didactique et émotionnel du propos. Je pense que, d'un point de vue métaphorique autant que de ceux physiologique, psychologique et philosophique, il est erroné. Je ne doute qu'il ne s'agit pas de la part de l'auteur d'une volonté spécieuse ; pour reprendre une expression du début du poème, pour moi, dans cette déclamation "les dés sont pipés". Car on ne naît pas brisé, on n'est-naît pas "fini" et l'on ne passera pas notre vie à se réparer mais à se former, grandir, et apprendre, pour se construire notre vie, c'est non seulement différent, mais surtout originellement opposé. Tout le raisonnement pêche à mon sens sur cet "égarement" conceptuel (littéraire et existentiel).

Quant à la qualité de la rythmique et "rimique", je lui ai trouvé beaucoup de pertinence (j'emploie ce terme à dessein car il s'agit de toucher plus par le ressenti que par la joliesse des mots et de leurs associations), mais parfois, comme dans ce vers "De ce bolide qui nous entraîne inexorablement" elles sont un peu chargées. Ici ce dernier mot est bien long pour achever le vers, il est "inexorable", il est vrai. Mais ceci est très secondaire bien sûr. Ce qui m'a fait le ressentir de façon un peu dommageable, c'est après avoir entendu le superbe slam de Cyril Wanelt qui suit "Slam poésie, poésie slam", très réussi sur ce plan, entre autres.

   hersen   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Tu ne m'as pas habituée à tant de douceur, Wancyrs !

L'écoute est une pure merveille, (sans compter qu'on en a deux pour le prix d'un slam, avec "Slam ou poésie, poésie ou slam" qui suit !)

En lisant sur le texte, je me suis attardée à certains endroits, pensant qu'il y a des redondances, des lourdeurs. Et alors en arrivant à la fin, où tout est ramené à tes convictions religieuses, j'ai pensé que cela fermait trop le texte, le message, le discours. Ou alors n'était entendable que par ceux qui partagent ton point de vue, ce qui est un moins pour moi.

Et puis à l'écoute, il y a une telle douceur pour asséner ce message horrifiant ! Pour moi, ton talent est là, dans l'équation écriture-son. Il y a comme une patience éternelle, je ne dis pas résignation mais je n'en suis pas loin, et philosophiquement, c'est là où je coince un peu, non, beaucoup, en fait. Une patience éternelle, donc, pour rassembler ces morceaux.

Donc, sans entrer dans nos divergences, je suis séduite par la cohérence qui émane de ce slam.

Et je viens de comprendre ton pseudo ! :)

   Pouet   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

le slam est un art, un genre à part entière que pour ma part j'apprécie à bien des égards, poésie de la rue, de la mise à nu, précis de l'ému, aimant à sentiments, près des mots et des maux, loin des trémolos, juste des femmes et des flammes, la somme de ces hommes, de ces cœurs, de ces comme, de ces cris qui résonnent et avec ou sans airs, ces artères qui sonnent, cette lumière qu'on fredonne, ces vers qu'on abandonne sur des pages d'acétone et cette colère qui tonne et cet amour qu'on donne, c'est ce slam qui se trame dans le métro les rames dans les cerveaux les drames dans les prisons de son, les libertés sous surveillance, dans les errances de nos erreurs et les syllabes de nos souffrances, dans les synapses pixelisées de nos encriers délaissés, dans le rire et les pleurs le partir le demeure, si le slam est un art, faut en jeter les dés, attraper son départ sur la ligne cécité...

Bon j'arrête là ma petite impro sans grande envergure je
le crains...

Sans enter dans un débat "déterminisme bourdieusien" ou pas, je retiens de ce texte l'implication et la sincérité qui s'en dégage.
Et ça, j'aime.

   emilia   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo pour « vos slams » Cyril Wanelt, délivrés sans agressivité, avec une préférence pour le second : « Slam poésie ou poésie Slam » qui témoigne d’une vraie profession de foi et d’amour, d’un engagement dans l’écriture en quête de « l’âme des mots , du tranchant du chant, du rythme et de l’interprétation textuelle (comme « habités »), de la justesse de la rime, de la beauté de l’inspiration, cette belle inconnue dont la mélodie vibre à fleur de peau… », en vous remerciant pour la sincérité du partage qui requiert la levée du masque de WANCYRS…

   MissNode   
30/8/2019
 a aimé ce texte 
Pas
...euh... eh bien quant à moi, j'ai pas aimé, Wan... je reconnais qu'il s'agit d'un vrai slam super travaillé dans les sons comme il se doit, et salue ce travail de poésie.
Mais il comporte malheureusement les défauts que je reproche au slam et qui me le rendent difficilement supportable dans la durée :
1) il se lamente, il décrit tout le noir du monde, c'est à se défenestrer, tout est un enfer sur cette terre.
2) il sermonne, surtout dans la chute ou la "foi" est évoquée mais aussi au fil du texte.
Tant pis, cette fois on ne s'est pas rencontrés, ami... pô grave, ce sera pour une prochaine fois je n'en doute pas !

   wancyrs   
1/9/2019
Un Topic est ouvert sur le texte. Merci !

   Robertus   
7/10/2019
 a aimé ce texte 
Bien
" Face à un antagoniste indocile
Qui jette au milieu des humains la confusion
Pour que jamais la fusion
Des forces ne se fasse "

Ce passage me fait penser au " diabolus ", " celui qui divise "

En lisant votre slam j'ai cette image d'un jouet en plusieurs morceaux dont certains sont cassés qui plus est, et qui doit apprendre à s'assembler et se réparer lui-même sans notice alors qu'autour de lui quelque chose cherche à l'empêcher de le faire.

C'est assez oppressant tout le long et je sens comme une frustration à la fin, comme s'il y avait eut une autre fin à la base et que vous l'aviez remplacée par quelque chose de plus neutre et concis.


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