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Chansons et Slams
wancyrs : Paradis du Nord
 Publié le 20/04/16  -  11 commentaires  -  2242 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur

Il s'appelait Alan Kurdi…


Paradis du Nord



Le corps d’un enfant flotte,
Sur la flotte
Deux trois soldats patrouillent
Sous un mirador.
Le corps d’un enfant flotte,
Sur la flotte
Les yeux grands ouverts
Vers un ciel fermé.

Ses lèvres se sont crispées
Sur un cri ou un appel
Sourd
Sous l’eau glaciale.
Ses narines se sont pincées
Dans la roideur,
D’avoir voulu humer
Des poussières d’aisance.


Le corps d’un enfant flotte,
Sur la flotte
Deux trois garçons jouent au soldat
Derrière les miradors.
Fatigués de courir
Ils abandonnent leurs jouets
Que le sable fin enfouit
Dans l’oubli.

Qu’importe !
Demain leur apportera
D’autres soldats.

Le corps d’un enfant flotte,
Sur la flotte
Bouteille à la mer
Vers un paradis du Nord
Sans boussole ni compas,
Rien que l’espoir
Enveloppé dans un cœur
Naïf !
On n’a le droit d’être un enfant
Que dans les jardins du Nord
Ce n’est pas une étendue d’eau
Qui l’empêchera d’être heureux

Le corps d’un enfant flotte,
Sur la flotte
Deux trois vagues se passent
La peluche
Sous les yeux ahuris de son père
Qui de saint,
Ne sait plus auquel
Se vouer ;
En sourdine il récite une prière
Que les flots en riant fracassent
De leur corps aqueux

Et dans les miradors,
Les soldats marchent au pas
En se partageant à l’occasion
Une cigarette de contrebande


Le corps d’un enfant flotte,
Sur la flotte
Deux trois milliards d’internautes
Partagent les images
Et s’élève une grande indignation,
Immense brasier de pailles
Sans souffle ni bourrasque
Pour le tenir enflammé.
Et la mémoire vite s’efface
Lorsqu’elle ne se sent pas concernée
Puis demain lui apportera
D’autres faits divers
Pour tromper l’ennui,
Son lot quotidien


Mais le sable fin n’oublie pas
L’empreinte d’un corps d’enfant
Moule permanent qui rappelle
La cruauté des frontières
Que l’homme sans cesse érige

Contre l’homme…



Mars 2016


 
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   StayinOliv   
2/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Texte à la fois triste et vindicatif, un message d'espoir et de désespoir en en même temps sur ce terrible fait qui s'est passé et contre lequel on ne peut rien faire à part s'indigner en vain, puis oublier car pas assez concernés. Mettre des mots sur une telle chose n'est pas facile mais vous réussissez à atteindre mon cœur et réveiller la douleur qui m'a accaparé lorsque j'ai appris cela. Bravo pour votre texte et bravo pour que l'on n'oublie pas.

   papipoete   
7/4/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
chanson et slam
Ce récit pathétique me rappelle l'affaire du petit Grégory, noyé dans la Vologne . En effet, déjà de cruelles langues colportèrent, qu'on avait là, une mise en scène montée de toute pièce ; il en advint de même pour cet enfant noyé en mer ...
Aylan pourtant, émut la terre entière, via télévision et internet, provoquant une indignation générale, " immense brasier de pailles, sans souffle ni bourrasques pour le tenir enflammé " . << migrants, passez votre chemin, allez voir plus loin >> !
Vos lignes sont bouleversantes, et montrent ce que l'exil inflige à l'humain, comme souffrances de chair et d'esprit .
Votre conclusion résonne comme le marteau sur l'enclume .
" deux trois vagues se passent la peluche " ; image terrible, mais belle ...
NB j'aurais préféré un synonyme différent de flotte, quand vous parlez de " sur la flotte " .

   MissNeko   
20/4/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Merci pour ce bel hommage touchant.
Votre texte touchant est très bien construit.

   Pouet   
20/4/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Slt wancrys,

Je trouve l'ensemble touchant et vrai.

Particulièrement bien vu et dit ceci:

"Qu’importe !
Demain leur apportera
D’autres soldats."

Oui, la guerre, demain, ne se terminera pas.

Après, juste, mais me doute que ce n'est pas le propos, le "nord" n'est pas forcément un paradis, et des enfants malheureux, violentés, et qui meurent d'injustice et de bêtise, il y en a aussi dans le "nord". Je dis ça par rapport à ce passage là:

"On n’a le droit d’être un enfant
Que dans les jardins du Nord"

Parfois on a pas le droit non plus d'être un enfant dans "les jardins du nord", pour ne citer que les actes pédophiles, ou l'abandon dans nos "ghettos démocratiques" que sont nos cités...

Mais un beau texte, une belle fin.

Tout s'oublie, les Hommes oublient aussi d'être des Hommes...

   Robot   
20/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Wancyrs,
Pouet m'a devancé sur ces paradis du nord et je partage son avis.
Cela dit je trouve votre texte très bien construit.
Le début du poème m'a engagé à poursuivre.
"Un enfant flotte sur la flotte." L'image est frappante de concision et de réalisme cruel.
Oui l'ambition, la militarisation, le despotisme, l'indifférence créent le malheur des enfants du monde où qu'ils se trouvent. La chimère peut être serait de vouloir qu'ils soient heureux là ou ils naissent... Un véritable combat à mener.

Merci pour ce beau texte auquel l'oralité apporte beaucoup. Bien que vous le présentiez comme un slam ou une chanson il n'a pas besoin de musique, le rythme du "parler" lui est suffisant.

   leni   
20/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ami Wan
tes textes sont toujours empreints d'humanisme maintenant de manière plus sobre sans hausser le ton Ce que tu écris est plus efficace

Qu’importe !
Demain leur apportera
D’autres soldats.

et ton propos est d'une grande justesse

et j'aime le réalisme de ce texte bravo Frangin Leni

   Pimpette   
20/4/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Wan'

Très fort troublée par tes mots! Comme souvent...
les autres com le disent aussi!

je note seulement à quel point la poésie nait très fort de l'agencement de quelques mots presque anodins et nous les avons TOUS notés:

- Qu'importe
demain leur apportera
Q'autres soldats

   funambule   
20/4/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La construction est un peu vague (et sans mauvais jeu de mot) et le flotte/flotte me dérange un peu. Après, j'entends l'urgence et la profondeur; je pense même que le texte, malgré une structure approximative (mais pas "errante") peut tout à fait être mis en musique... et dans le cas présent c'est cette option qui aurait pu finir de me convaincre. Bref, pour rester parfaitement objectif je ne ressens pas ce texte totalement pour une chanson. Merci cependant!

   troupi   
21/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Wan.

Je ne ressens pas ce texte comme une chanson mais bien comme un slam. Le leitmotiv : " Le corps d’un enfant flotte,
Sur la flotte ". imprime un rythme lancinant qui va bien au genre du slam à mon avis.
Je comprends parfaitement : "On n’a le droit d’être un enfant
Que dans les jardins du Nord ". Il faut aller les voir en Afrique où ce n'est pas quelques enfants sur mille à qui on a volé leur enfance mais tous dans certains endroits ou à certaines périodes. Alors oui ta phrase est bien le reflet de la réalité même si au nord il y a aussi des enfances volées.
"Que les flots en riant fracassent
De leur corps aqueux" : pas apprécié cette phrase dans le contexte, ton poème à mon avis pouvait bien s'en passer. Corps aqueux n'est pas très harmonieux.
"Mais le sable fin n’oublie pas
L’empreinte d’un corps d’enfant
Moule permanent" : Je ne saisis pas bien ce que tu veux exprimer par cette phrase car justement le sable efface très vite toutes les empreintes qu'il reçoit, d'ailleurs tu le dis très bien ici :
"Ils abandonnent leurs jouets
Que le sable fin enfouit
Dans l’oubli."
Malgré quelques détails j'ai beaucoup apprécié ton poème dans l'ensemble. A bientôt.

   Kodiak   
21/4/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai beau lire et relire et je n'accroche pas au style de ce texte car je ne parviens pas à le faire correspondre à l'image que j'ai de ce drame.

C'est très subjectif bien sûr mais pour moi le drame d'Alan Kurdy appelle soit le silence soit des mots très sobres, or ici je trouve l'écriture souvent fort maniérée.

Cela n'empêche pas que je trouve qu'il y a aussi quelques très bons passages, mais dans une même strophe se suivent souvent le meilleur et le pire.

Un exemple pour que vous compreniez mieux ce que je veux dire :

Deux trois vagues se passent
La peluche
Sous les yeux ahuris de son père
(--> excellent passage, simple, sobre mais puissamment évocateur)
Qui de saint,
Ne sait plus auquel
Se vouer
(--> inutilement maniéré, vient tout gâcher...)

   placebo   
22/4/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un peu d'accord avec Kodiak, je pense que la tension du debut de texte se relache un peu dans les 2 dernieres grandes parties, "deux trois vagues" et "deux trois milliards d'internautes".

Autrement, le debut me touche sur un sujet vraiment pas facile, a la fois hommage, denonciation et reaction emotionnelle. Les images, le permanence des soldats, font vraiment monter la tension.

Merci Wancyrs,
Bonne continuation,
placebo


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