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Poésie en prose
wancyrs : Paria 3 : Renaissance, pleure sur ton sort délabré
 Publié le 18/01/11  -  8 commentaires  -  4780 caractères  -  88 lectures    Autres textes du même auteur

La peur est un opium que nous avons longtemps fumé,
en silence.


Paria 3 : Renaissance, pleure sur ton sort délabré



Renaissance



Quand s'étire l'ombre de mon courroux exténué, que la hargne – charogne de ma crédulité trahie – boitille

Brûlez ! Brûlez âmes de mes mots bâtards,
orphelins de sens ;
combien de temps encore à ruminer de souvenirs habillés de crasse ?

Calcinez soldats de mes nuits guerrières !
Qu'aucune ombre n'abrite l'once d'une joute assoiffée ;

brûlez ! Et

sitôt que se dissipent les flammes,
recommencez !

Tuez toute attente !

recommencer...


Le taureau a présenté ses cornes, brûlantes comme les affres de la renaissance,
oseras-tu les prendre ?
Quand les craintes pétrifient l'indulgence ;
qui a bu boira ?

Tu te vantes d'avoir réduit le monde à un village, mais sais-tu seulement ce qu'est un village ?
Tes hommes déclament en grande pompe leur puissance ; ils communiquent, mais seulement s'entendent-ils ?

Harmonie d'échéance
Proximité de convenance
L'avoir supplante l'amour...


Le paysan cafre réveille l'aube de son pas nonchalant, traîne le boulet désir ;
si doux est le lit aux premières lueurs du jour, lancinant est le cri du ventre quand à mi-course, le soleil s'attarde.
La brise matinale ne martyrise plus sa peau pelée ; elle se love dans les anfractuosités que le temps a drainées sur son faciès.
Il a beau nourrir l'humanité, ses actions ne caracolent pas au sommet de la bourse des valeurs humaines.

Et moi !

Sorti tout droit du giron de l'apparente aisance, j'incendie le cordon que j'hésite à couper.
Et l'aurore ricane de mes incertitudes.
Mon baptême se fait dans la douleur.
Mes pieds psalmodient l'homélie de l'atrocité, écorchés par les kilomètres d'endurance.
Mes mains ensanglantées agrippent le soc tandis que des vaches – stoïques – persécutent leurs sabots.
Et si ma raison opprime l'apitoiement, la légion du découragement, en silence, fomente la révolte...


La graine est ensevelie.
Quel pouvoir as-tu sur les sols fantasques ?
Le gueux tend la main au passant qui l'ignore en sifflotant.
Et toi !
Qu'as-tu à interroger les cieux où se pavanent des nuages caducs ?

Le crépuscule tend l'oreille, la nuit enseigne l'oubli.
As-tu vu la fille des champs ?
Elle ne s'est pas fardée d'hypocrites apparences ;
et même si son assurance titube, que sa beauté hésite, ses mains calleuses sauront taire ton anxiété.
Alors qu'as-tu donc à harasser les cieux ?
À multiplier les génuflexions au nom de Dieu le tout puissant le miséricordieux ?


le miséricordieux...



Pleure sur ton sort délabré




Pourquoi

dois-je nuit et jour mander la camarde !

Naguère j'ai dessiné la joie dans mes délires enfouis là-bas en exil. J'ai rempli mes valises de perspectives, j'ai goûté à la douce paix de l'illusionné... je n'ai pas préparé la guerre !

Fourbir mes armes sans attendre.


Pourquoi

me demander qui je suis d'où je viens !

Je suis la breloque qui siège à ta porte, la culpabilité qui t'étreint, l'onde qui trouble ton lac de quiétude, l'enfant de Sodome qui attend tes pierres pécheresses, jadis ton semblable – fils de ta mère –, aujourd'hui un piédestal pour tes gloires...
Pourquoi !


Parce que tu te crois éclairé, tu ris de l'obscurité.

Dans nos vies oiseuses,
ta horde et toi êtes entrés sans frapper,
avez fait main basse sur nos aspirations,
les avez froissées et jetées dans une corbeille aux pentes abruptes où elles gémissent sur leur lâcheté.
Vous nous avez enfilé une veste de baudruche, humilié nos poupées de chiffe molle, mutilé l'unique bien qui nous restait...

Honneur !

Pour nous c'est un cri qui ne peut être poussé.

Les belettes s'enfuient de leurs tanières en feu ;
tes envies sans cesse grandissantes consument.
Tu étais le domestique du maître. Il t'a légué sa voracité. Aujourd'hui tu nous voues à l'oblation, afin que propitiation se fasse pour toi...
Les belettes sont en terres étrangères, captives de n'avoir pu sacrifier l'instinct de survie.


Pourquoi

dois-je nuit et jour implorer !

Quand le ciel ferme ses écluses, et les champs se révoltent.

La peur est un opium que nous avons longtemps fumé,
en silence.
La patience, à force d'attendre le Messie,
s'érode.
Combien de temps encore à nous murer dans le murmure !
À voir nos frères se muer en traîtres pour des lopins de dignité factices ?


 
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   Anonyme   
6/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà de l'engagé, du combattif. Deux productions qui alternent les rythmes avec intelligence. Deux productions qui revêtent un aspect politique. Au moins, c'est un auteur qui prend un risque. Je trouve courageux de proposer ce type de poésies, de les exposer. Un ensemble plaisant à lire qui donnera lieu à discussions. Et c'est bien. Un côté slam, je trouve.

"Je suis la breloque qui siège à ta porte, la culpabilité qui t'étreint, l'onde qui trouble ton lac de quiétude, l'enfant de Sodome qui attend tes pierres pécheresses, jadis ton semblable – fils de ta mère -, aujourd'hui un piédestal pour tes gloires...
Pourquoi !"

   framato   
9/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dense, profond, dur, et beau ce texte, vraiment. Percutant aussi.
Une lecture que rien ne vient heurter, sauf peut-être ce vers : "combien de temps encore à ruminer de souvenirs habillés de crasse ?" ne rumine-t-on pas quelque chose ? J'aurais mieux compris ruminer des souvenirs.
Le reste est assez fort, existentiel... croire et attendre, sans s'apitoyer sur soi.
J'ai beaucoup apprécié, merci à l'auteur de nous offrir à lire ce texte fort.

   kamel   
12/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

les mots sortent avec force et s'alignent en vers pour dénoncer son sort délabré.les mots s'éparpillent en surface en cachant un secret bien profond ,celui de s'ensevelir cette graine et de pouvoir la voir un jour germer mais qu'importe ,le silence,l'attente, le murmure,la patience restent lié à ce pleur sur ce sort .

J'ai aimé le ton de ce poème qui explique un thème profond ,très profond même au niveau de son énonciation.
Bonne continuation.

   shanne   
12/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Ce qui m'a attirée ? Pas vraiment le titre au départ mais la présentation: La peur est un opium que nous avons longtemps fumé, en silence
Peur ? nécessaire pour avancer mais qui ne doit pas être excessive. Opium, sédatif, analgésique et je dirais anxiolytique.
Bref, j'ai lu et je ne suis pas déçue.
Oui, je renais en arrêtant progressivement cet opium, je prends conscience.
J'aime bien: Tuez toute attente , recommencer...Une lueur arrive, Dieu, mon opium, tu me demandes quoi vraiment ? Pleure sur ton corps délabré... là, non, je ne veux plus. Pourquoi, dois je nuit et jour implorer ? La patience, à force d'attendre le messie, s'érode.
Le constat est là: je veux me passer de toi pour vivre.
Pour moi, c'est super, une lecture très agréable et un grand merci à vous

   Anonyme   
21/1/2011
 a aimé ce texte 
Bien
malgré de belles images, la force des vers, je ne suis pas touchée par ce poème, une fois de plus l'auteur en fait trop dans l'émotion, dans le courroux. le ton est colère mais il ne vient pas jusqu'à ma sensibilité. et pourtant j'aime chaque mots que je trouve accessibles, originaux, puissants, le ton ne s'essouffle du début à la fin.

alors peut-être est-ce à cause de la longueur dont l'humeur du narrateur qui au début m'a plu mais à la fin vite lassé? dans ce cas ce n'est pas la faute de l'auteur. car en dehors de l'émotion qui n'a pas fait écho en moi, je ne trouve rien à dire au niveau de la forme.

par contre cette strophe me touche car elle dit de manière très belle ce que je pense aussi:

"Le paysan cafre réveille l'aube de son pas nonchalant, traîne le boulet désir ;
si doux est le lit aux premières lueurs du jour, lancinant est le cri du ventre quand à mi-course, le soleil s'attarde.
La brise matinale ne martyrise plus sa peau pelée ; elle se love dans les anfractuosités que le temps a drainées sur son faciès.
Il a beau nourrir l'humanité, ses actions ne caracolent pas au sommet de la bourse des valeurs humaines."

   Marite   
23/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne pouvais pas lire ce texte sans relire "Paria : L'éveil":
" ... et je t'ai vu assassiner mes racines, égorger mes tabous, brûler mes rites.
...
Entre cime et gouffre, je cherche
mon visage,
mon image,
mon village
...
Les dieux bientôt me livreront ..."

et "Paria - Lambeaux d'errance"/
" ... Dans les décombres de mes rites, j'ai cherché les vestiges d'un passé qui m'était inconnu.
...
Aveuglé par ta science, j'avais oublié combien les choses les plus simples étaient agréables...

Ai-je enfin trouvé
mon image,
mon visage,
mon village ?

Les dieux sont-ils cléments ? "

Dans ce troisième volet de Paria je n'ai pas trouvé la réponse. L'écriture est toujours aussi puissante pour décrire la désillusion et la révolte baillonnée. Où sont partis les Dieux ? Renaissance dans la douleur ... tout à reconstruire. L' ensemble des trois volets forme un très beau morceau Wancrys.

   chachnikov   
3/2/2011
Commentaire modéré

   Astras   
3/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel beau mélange de l'épique et du vers-libre !

Ce texte m'a fait penser à la noblesse des récits de la Grèce Antique, concernant le fond.

J'adore cette forme qui flâne quelque part entre l'iambe et l'hexamètre, - bravo pour le courage de l'avoir fait, il fallait oser!

La fraicheur des métaphores a également épinglé mon attention.

Malgré le fait que ce soit un poème qui parle plutôt à l'esprit au détriment du cœur, j'ai beaucoup aimé!

   Flupke   
14/2/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Wancyrs,

Un texte fort, truffé de pépites:
J’ai bien aimé en particulier :

La hargne – charogne de ma crédulité trahie
La nuit enseigne l’oubli
Ses mains calleuses seront taire son anxiété (superbe !)

Par contre dans le contexte de ton poème je dirais l’avoir supplante l’être, mais il ne s’agit pas ici d’un correction.

Une saine révolte, violente mais qui semble contrôlée car elle ne tire pas dans tous les sens, ne semble pas aveugle.

J’ai beaucoup aimé.
Merci.
Amicalement,

Flupke

   Eric-Paul   
14/5/2011
Commentaire modéré


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