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Poésie en prose
wancyrs : Tu danses !
 Publié le 11/07/19  -  9 commentaires  -  1679 caractères  -  148 lectures    Autres textes du même auteur

Consumée par tes soupirs, entends-tu mon délire ?


Tu danses !



Tu danses avec les sirènes de l’océan d’épaves, noyée dans le liquide amniotique de l’existence dont le cordon relié à la terre ramène la pollution que ta tête anxieuse produit par tonnes.

Tu danses avec les gamètes du mal de vivre pour féconder les gonades stériles de la peur, dans l’utérus d’une tête où la sérotonine ankylosée se greffe en métastase de cellules cancérigènes, étrange choral chanté en chœur par tes pleurs incessants.

Les sirènes t'envoûtent de leurs chants liturgiques, de leurs voix angéliques ; elles t'entraînent dans le vortex d’une toile de latex, où les peines arachnophiles tissent lentement la fin, au domaine des ombres perdues, là où les clones férus ont la beauté des princes déchus.

Danse danse ma reine, dans le ventre du tourment, fœtus embryonnaire parasitant le vortex du néant ;
Danse danse ma belle, ris à la face des clones repus, fétu de paille dans l’œil d’un cyclone géant.

Ton corps léger épouse le destin des vierges sacrifiées, en transe sous la lame d’un gourou sanctifié ; ton corps léger embrasse l'espoir désenchanté, pour se livrer aux mains fébriles du gourou assoiffé.

Puis offerte, le sexe hypertrophié, enfante autant de kystes bâtards engendrés aux vouloirs d’en découdre avec le décousu d’un destin fatigué :

Le désir est un puits sans fond qui avale toutes les danses sans fins ; toujours avide de vides, il engloutit les océans, les gonades, les vortex, les toiles de latex, les clones férus, les gourous, les destins fatigués, les sirènes… les chants liturgiques d’amants amoureux.

Consumée par tes soupirs, entends-tu mon délire ?


 
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   Corto   
17/6/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
C'est sûr on entend le délire.

Dans les deux premiers paragraphes si l'on se débarrasse au plus vite des pseudo expressions anatomo-physiologiques on plonge dans un monde d'épaves, de pollution, de mal de vivre.

Au troisième paragraphe arrivent la liturgie et les peines qui nous rapprochent de l'enfer. Diable !

Le quatrième paragraphe semblerait le plus poétique "Danse ma reine..." mais très vite les "vierges sacrifiées" nous ramènent vers l'horreur.

Après de telles foucades délirantes on aurait pu espérer un final plus facile à respirer, mais non on doit rester prisonnier du délire.

La construction de ce poème est ambitieuse, n'hésitant pas à créer des images inquiétantes, mais évidemment le thème est plutôt difficile à recevoir.

A vous relire.

   Queribus   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

L'écriture me semble intéressante avec ses mini-versets e de belles (mais rarement réjouissantes) images poétiques "Tu danses avec les sirènes de l'océan d'épaves, "tu danses avec les gamètes du mal de vivre", "les sirènes t'envoutent de leurs chants liturgiques", etc.. La progression du récit se fait de façon logique et progressive.

En conclusion, j'ai plutôt aimé votre écrit.

   Robot   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La prose se suffit à elle même. Nous avons ici un texte qui nécessite plusieurs lectures pour s'imprégner des idées et des images contenues dans les longues phrases et en comprendre le dessein.
A propos de ces longues phrases, la plupart me paraissent bien construites avec un rythme interne, une saccade d'idées dansantes qui se superposent dans une confrontation intéressante.
Mais je trouve quelques citations d'une syntaxe hypertrophiée comme "… kystes bâtards engendrés aux vouloirs d’en découdre avec le décousu d’un destin fatigué :"
La dernière phrase nous confirme que la narration est un délire verbal.
Un texte qui m'a retenu par sa structure particulière et sa recherche de concepts d'écriture originaux.

   papipoete   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour wancyrs
tu n'entends rien toi, tu danses quoiqu'il arrive ; pourtant il y a de quoi se faire du mouron, avec tous ces gourous qui te promettent monts et merveille, pourvu q'à eux tu te donnes...
Le désir jamais assouvi ne ferme aucune porte, même celles de l'enfer, et toi, tu danses ...
NB Notre canadien n'y va pas avec le dos de la cuiller, il nous ferait presque peur... en pensant à la permission de minuit, que nous venons d'accorder à la petite !
Sans rire, je trouve ces lignes aussi tranchantes que le couteau qui se lève dans l'ombre...

   Davide   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour wancyrs !

Un texte sur le désir ? Pas vraiment.

Je décèle derrière ces mots quelque chose de profondément... religieux.

Il me semble que cette prose poétique oppose implicitement la paix de Dieu (nommée ici "destin") aux désirs insatiables de l'homme. Cette "danse" serait la danse du monde, la course effrénée des hommes dans la recherche de leur bonheur personnel.

La métaphore de la danse est judicieuse, en ce sens qu'elle évoque quelque chose de circulaire, qui tourne sur lui-même, qui happe, un "vortex", une "boucle", un "puits sans fond".

L'écriture foisonnante est riche d'images "choc", de références religieuses ("fétu de paille dans l’œil"...), de métaphores ("Les sirènes t'envoûtent de leurs chants liturgiques"...) ainsi que de jeux de mots ("avide de vides", "découdre avec le décousu"...).
La force des mots fait mal, l'ampleur de la douleur et de l'ignorance est considérable, non circonscrite, infinie, s'étendant des "gonades" et du "liquide amniotique" jusqu'à "la terre" et "l'océan" (toujours cette image de la boucle, du cycle...)

Magnifique réquisitoire contre l'homme moderne, ingénieusement imagé, effrayant de vérité, ce poème m'a beaucoup touché !

Merci wancyrs,

Davide

   Eclaircie   
12/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour wancyrs,

Vraiment décoiffante cette prose !
Un fil conducteur se dégage, tout ce qui concerne la naissance, la vie avant la vie.
C'est intéressant à mes yeux, car je visualise une scène de préliminaires puis l'acte sexuel en lui-même, alors sous-jacent, l'acte de se reproduire mais aussi la question de l'univers offert à notre descendance se dessinent en pointillé.

C'est un délire dans la forme, pas vraiment le fond, pour moi.

J'ai bien aimé
Éclaircie

   jfmoods   
13/7/2019
Le poète pose un regard sans aménité sur notre civilisation.

Interpellant une femme (titre : "Tu danses !", entête : "Consumée par tes soupirs, entends-tu mon délire ?", "ma reine", "ma belle"), il fait état de la passivité larvaire propre à l'époque ("l’utérus d’une tête où la sérotonine ankylosée se greffe en métastase de cellules cancérigènes", "le liquide amniotique de l’existence", "fœtus embryonnaire").

En proie à l'angoisse de sa condition ("la pollution que ta tête anxieuse produit par tonnes", "les gonades stériles de la peur", "mal de vivre", "étrange choral chanté en chœur par tes pleurs incessants", "les peines arachnophiles tissent lentement la fin", "dans le ventre du tourment"), l'individu contemporain fuit ses responsabilités en s'accrochant à des chimères ("Les sirènes t'envoûtent de leurs chants liturgiques, de leurs voix angéliques", "en transe sous la lame d’un gourou sanctifié", "se livrer aux mains fébriles du gourou assoiffé", "Le désir est un puits sans fond"), en s'étourdissant dans une quête stérile ("toujours avide de vides", "parasitant le vortex du néant", "Tu danses", "Danse danse" × 2, "les danses sans fins").

Incapable d'évoluer, il se reproduit à l'identique ("les clones férus ont la beauté des princes déchus", "clones repus, fétu de paille dans l’œil d’un cyclone géant", "destin fatigué").

Merci pour ce partage !

   rosebud   
13/7/2019
Modéré : Commentaire hors-charte (se référer au point 6 de la charte).

   Lariviere   
21/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Wan,

J'ai lu ta dernière publication avec intérêt ; je trouve que tu ne t'enfermes pas dans un certain confort ou style d'écriture, tes poésies sont variées sur la forme et je trouve ça bien aussi bien pour le lecteur, que pour ton savoir-faire d'auteur au demeurant.

Les points forts de ce texte pour moi, sont d'abord le thème et son axe d'approche, ses visions, et les images que tu as choisis pour les illustrer ; on se retrouve à la lecture plongé dans nos travers de civilisation comme dans un tableau de J. Bosch, dans un pandémonium 2.0 ou une sorte de purgatoire sur terre, en tous cas, un univers certes moderne, mais dantesque avant tout.

Le deuxième point fort, comme souvent, c'est le rythme. Les deux premiers vers donnent le ton et le tempo : Sur leurs rendus et leurs constructions, ils fonctionnent parfaitement pour introduire à la fois le thème et l'atmosphère sulfureuse, comme un espèce de ressac des horreurs et des erreurs humaines , entre litanie rageuse et aspect prophétique des visions.

Sur le deuxième vers, je pense qu'on pourrait améliorer le percutant en allégeant un peu la métaphore, assez complexe en l'état, en revanche, j'aime bien le rendu de la fin du vers. Par exemple de reprise, on pourrait envisager une simple réduction, mais il y a peut être mieux à faire :

"Tu danses avec les gamètes du mal de vivre pour féconder les gonades stériles de la peur,[...] , étrange choral chanté en chœur par tes pleurs incessants. "

J'aime beaucoup le troisième vers, surtout le passage : "où les peines arachnophiles tissent lentement la fin, au domaine des ombres perdues"

Le bémol principal (pour moi!) de ce texte provient du choix probablement intentionnel pour jouer sur les contrastes ou pour faire ressortir la fausse insouciance (ou autre...) d'utilisation de la rime facile et de la monorime le plus souvent sur le même passage ; il me semble que pour assurer une bonne harmonie entre l'axe profond du thème et le rendu sur la lecture et sur la musicalité, cet aspect là devrait être remanié, soit en revoyant le "dosage" parce que l'idée d'utilisé un procédé plus "naïf" dans le choix des rimes, moins endiablé, pour contre-balancer sur la forme la violence du propos d'ensemble et ses visions apocalyptiques, est plutôt une bonne idée de construction sur ce texte, soit en musclant un peu le rendu des images dans ces passages et trouver un meilleur équilibre dans le rendu global, mais j'avoue que ce n'est qu'une impression assez flou sur l'amélioration possible, ensuite, c'est à l'auteur de voir ;)...

L'idée des deux vers qui suivent, en forme de léger refrain est une bonne idée, mais je trouve que la rime (et l'image) facile là encore n'offre pas à la lecture la qualité optimum des intentions (si comprises dans les grandes lignes, bien sur)...

C'est aussi vrai pour la monorime en "é" qui domine les trois vers suivant ; l'avant-dernier vers commence très bien et là aussi l'idée est bonne, mais la formulation en s'étiolant à un rendu un peu trop listé, d'après moi.

Le vers de fin est très bon. Il rappelle, car il faudrait insister là dessus, la profondeur de ce texte qui n'est pas aussi simple et simpliste que ce que les rimes veulent nous faire entendre bien au contraire ; il y a une vraie réflexion, une vision et une certaine dénonciation aussi sensible que cohérente sur le fond que l'on retrouve bien dans la trame (imaginée) de la construction.

En conclusion j'ai bien aimé le thème et le propos de l'auteur sur ce texte inattendu, le tout amené par des images et un rythme d'ensemble convainquant, rythme qui prend parfois le pas sur la qualité des images et qui force peut être un peu le travail sur la rime et la musicalité, ce qui est peut être un peu dommage.

En espérant que ce commentaire puisse t'être utile, je te remercie du partage, Wan ... et te dis au plaisir de te lire.


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