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Poésie contemporaine
Yannblev : Alzheimer
 Publié le 07/06/20  -  10 commentaires  -  902 caractères  -  190 lectures    Autres textes du même auteur

Rien qu'un mot, juste un nom, qui dit tout avant tout mais sans répondre vraiment aux questions qu'il contient.


Alzheimer



Où va-t-il ton bateau qui écume une mer
Inconnue froide et bleue sans horizon ni vent
Est-ce vers une Chine où la tête à l’envers
Tu sais voir le soleil se lever autrement

Où vas-tu dans ce train qu’on n’a pas vu pas pris
Avec son ventre plein d’étrangers en errance
Avec sa voix de fer qui éraille mes nuits
Part-il pour le Pérou pour l’enfer ou Byzance

Sans cesse où s’en va-t-il l’essaim des sauvagines
Qui traverse l’azur de tes yeux en hiver
Où vont ces étoiles filantes qui ruginent
Lentement mon espoir entre l’os et la chair

Et tous mes mots d’amour pour toi dans des chansons
Où sont-ils désormais perdus à l’unisson
Où va-t-on mon amour
Chacun de son côté jardin et côté cour

Où t’en vas-tu sans bruit
Où t’en vas-tu sans moi
Où irai-je demain sans savoir où tu vas


 
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   Myo   
20/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très bel écrit sur ce mal porteur de tant d'interrogations.

L'auteur a choisi de ne pas mettre de ponctuation ce qui n'a pas perturbé ma lecture sauf peut-être au niveau des vers 11 et 12 où je me suis un peu perdue.

La 4e et 5e strophe avec des phrases de plus en plus courtes marquent cet éloignement imposé par la maladie de façon tangible.

Quelques formules originales et efficaces : " avec sa voix de fer qui éraille mes nuits" " l'azur de tes yeux en hiver" " l'essaim des sauvagines"...

Vraiment, un texte qui me touche.

En EL Myo

   Eclaircie   
22/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Le titre donne le ton (pas forcément l'envie de lire, le sujet est actuel, pas mal abordé et assez terrifiant).

Cependant, le texte mérite largement de le découvrir, à mon sens.
L'anaphore "Où" passe très bien, tant par sa sonorité que par son sens. Elle n'est pas systématique et j'apprécie.

L'écriture est résolument délicate. le vocabulaire soutenu à riche (je ne connaissais pas le verbe "ruginer", très technique, mais à la belle sonorité.)

Toujours de la délicatesse pour évoquer cette situation de maladie ; qui va jusqu'à jouer délicatement sur les mots ("Est-ce vers une Chine où la tête à l’envers","Chacun de son côté jardin et côté cour" par ex.)

J'ai apprécié la progression de ce "Tu" jusqu'au "Nous", pour finir par ce "Je" sans "Toi" inéluctable.
Du beau travail.

Merci du partage,
Éclaircie

   Donaldo75   
22/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Dès le titre – devenu un symbole effrayant et commun – et l’exergue, le lecteur que je suis est placé dans une position défensive. Souvent, ce thème donne lieu à des poèmes soit trop explicites – ce qui les rapproche plus du manuel de montage des meubles en kit que de la poésie – soit réellement larmoyants où le sujet perd sa place et se voit phagocyté par le chagrin – réel forcément réel – du poète. Ici, ce n’est pas le cas. L’image du bateau est tout simplement superbe. Je crois que tout est dit dans ce premier quatrain. Du coup, je quitte ma position défensive, pose mon style et flotte agréablement sur ce ru de poésie fine, subtile et pourtant aisée à comprendre.

Bravo !

Donaldo

   eskisse   
7/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Yannblev,

Le titre est explicite mais la poésie se révèle délicate grâce aux images de trajet reprises en anaphore.

Des images qui disent la perte, la séparation, l'évanescence : l'image du bateau sans cap, du train " en errance" et celle des oiseaux et des étoiles filantes. Toutes sont belles et rendent bien ce départ anticipé, ce trajet un peu sinueux.

Vraiment cette tragédie est évoquée avec beaucoup de justesse et de retenue.
Merci pour le partage.

   papipoete   
7/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Yannblev
Je te parle, je te pose des questions auxquelles tu ne réponds pas ou bien tu me réponds par des questions. Tu es toujours près de moi, sous ce toit qui protégeait notre amour et je me souviens des mots que tu me susurrais... après l'amour.
Tu as pris ce train d'où l'on ne descend jamais, et moi je t'attends sur le quai du désespoir, songeant " où irai-je demain sans savoir où tu vas ? "
NB Alzheimer ce briseur d'esprit, peut rendre parfois son porteur, méchant, odieux à vouloir le haïr ; ici, l'auteur nous montre une épouse frappée du mal, mais que la douceur n'a pas quittée et sur son nuage de coton elle " plane " comme une colombe...
Le héros à travers sa mie, voyage au long cours, mais les images qu'il en voit sont si floues !
La délicatesse tout au long de ce poème, nous plonge dans l'abîme de la tristesse, mais l'on sourit au lieu de pleurer, face à ces phrases si bien écrites.
La première strophe dresse un touchant décor, quand le tercet final trouve si bien " les mots pour le dire... "
un infime bémol au 13e vers ( dans/des... ) qui froisse l'oreille

   Hiraeth   
7/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un poème objectivement très bon, où l'on sent (et c'est la plus grande des richesses qu'il soit) une grande sincérité, c'est-à-dire un souffle qui semble partir des entrailles, travaillé et retravaillé pour aboutir à une vision poétique épurée qui nous parle et nous touche. Le jeu des répétitions et l'absence de ponctuation donnent au texte un côté à la fois chantant et lancinant qui me plaît beaucoup. Le rythme, très fluide, est à la hauteur des belles images qu'il nous sert. Ma strophe préférée (si cela fait sens d'en isoler une, ce dont je ne suis pas sûr) est la seconde, j'adore les jeux de mots en poésie (voix de fer / voie de fer, érailler / dérailler). Un peu moins fan de la troisième strophe, les étoiles filantes qui "ruginent" constituent une image trop surréaliste à mes yeux qui ne me parle pas beaucoup. Ceci dit j'adore ses deux premiers vers.

Une belle réussite.

   PPeronne   
8/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très touché par la qualité de votre texte, qui me parle … quatre personnes dans ma famille ont connu cette fin de vie voilée, volée par cette "saloperie".
Une belle maîtrise du sujet évoqué avec des mots simples, des mots forts, des mots justes.
L'émotion et la poésie sont au rendez-vous. Je n'ai aucune critique à formuler, même pas sur le titre qui, au début, m'avait inspiré une réserve… levée par le talent de votre plume.

   emilia   
8/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème très émouvant qui relate avec poésie la détresse quotidienne vécue par la malade et son compagnon confronté à ce douloureux questionnement sans réponse : « Où va-t-il ton bateau ? / Où vas-tu dans ce train … en errance ? » Cette anaphore lancinante revient « sans cesse » et remue dans la mémoire de l’homme qui s’inquiète de ses « mots d’amour » chantés autrefois et « désormais perdus », en faisant le terrible constat que la maladie a séparé le chemin du couple rendant l’angoisse encore plus poignante dans le dernier tercet : « 0ù t’en vas-tu sans bruit/ sans moi » dans cette incertitude de « demain » qui apparaît sans avenir, en soulignant à la fois l’émotion réelle et le drame vécu par le narrateur bouleversé, tout comme son lecteur, et qui reste hanté par cette métaphore chirurgicale et astronomique traduisant de façon pertinente le désespoir ressenti… ; merci à vous pour ce partage sensible…

   ANIMAL   
9/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Au premier abord, le titre m'aurait plutôt fait fuir. J'ai lu et j'ai apprécié le traitement de ce sujet sensible.

Les métaphores sont belles, le voyage vers l'inconnu qui emporte l'être aimé loin de l'amour des siens est une image tout à fait parlante.

L'agencement des strophes, la simplicité des mots, la délicatesse de l'ensemble, m'ont conquise.

Un texte qui touche juste.

   Anonyme   
9/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Plusieurs lectures m'ont été nécessaires pour "juger" de l'intérêt de cette poésie au titre éminemment rebutant dont le mérite essentiel est de mettre le lecteur en situation.

C'est une belle adresse à celle ou à celui qui s'en va par les chemins que l'on voudrait ne jamais emprunter.

Le propos est maitrisé et ne dérive pas vers ce que l'on pourrait craindre en tel cas à savoir une exagération dramatique de la situation, ça on le sait déjà d'entrée de titre !

C'est finement dosé notamment lorsque celui qui écrit semble tout aussi perdu que l'autre avec ceci :
"Où va-t-on mon amour
Chacun de son côté jardin et côté cour "

La vie est vue comme un théâtre où les comédiens vont et viennent, qui d'un côté qui de l'autre, mais ici la pièce n'a pas d'auteur et l'on aimerait tant être le démiurge de qui tout procède pour réécrire les rôles, mais hélas...

J'aime beaucoup (le choix du sujet parce qu'il fallait oser et son traitement)

H.


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