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Poésie contemporaine
Yannblev : La complainte du couteau
 Publié le 10/10/20  -  11 commentaires  -  983 caractères  -  141 lectures    Autres textes du même auteur

Objets inanimés... a priori vous auriez donc une âme ?


La complainte du couteau



Je ne peux pas faire d’épate
Si je pense à ma destinée,
À ces immersions incarnates
Où je dois toujours m’abîmer,
Que ce soit la gauche ou la droite
Je vais où la main veut frapper,
Au ventre, au foie ou à la rate,
Dans des tripes à déballer,
Parfois taillant sous des cravates
Un rire à gorge déployée,
Souvent entre des omoplates
Par derrière à la nuit tombée.

Ma repentance est immédiate
Quand je pense à ma destinée
Moi qui ne rêve que de tartes
Aux pommes dorées à croquer,
Aux apis en robe écarlate,
Aux reinettes à éplucher,
Et si parfois sans prendre date
Je suis en cuisine affecté,
J’essaie de faire un peu d’épate
Mais dès qu’à cœur je veux couper
Toujours je tombe entre les pattes
D’une poule mal amourée
Qui roule rond des yeux d’agate
Étonnée de m’avoir trouvé
Et c’est cinq kilos de patates
Qu’elle me fait déshabiller.


 
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   Ascar   
24/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette histoire de couteau m’a bien fait sourire . La redondance des rimes en « at » rajoute du rythme à un ensemble qui n’en manquait pourtant pas.
On se laisse porter par les états de lame de ce couteau jusqu’au final jubilatoire des patates.

Un texte humoristique bien réussi

   Donaldo75   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
La rime est très présente et pas réellement esthétique ; il n'y a pas d'effet mirliton mais plus une impression de « j’ai le foie qu’est pas droit et la rate qui s’dilate » décliné dans un exercice d’atelier d’écriture. C’est une impression, je tiens à le souligner, et elle est tenace, elle s’ancre dans ma lecture au fur et à mesure que j’avance dans les vers. L’exergue ne m’a pas aidé et j’ai beau le relire ça ne vient pas, je ne vois pas la substantifique moelle de ce texte, même pas l’once d’un pitch qui pourrait changer mon orientation sensorielle. Le manque d’esthétique, cette forme aux faux-airs de chanson populaire sans le rythme et la gouaille, sans l’humour et la dérision, dessert ce poème aux intentions que je suppose autres.

   sympa   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Yannblev,,

C'est une idée originale de faire parler cet "objet inanimé" qu'est le couteau et d'y livrer ses états d'âme.
J'ai une préférence pour les 6 derniers vers.
Une petite histoire distrayante qui se laisse lire avec un petit sourire en coin .

Dans l'ensemble, j'ai bien aimé.

   Hananke   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

Un texte plein d'humour sur les diverses occupations du couteau.
J'aime bien le rire à gorge déployée et les tartes aux pommes
qui font saliver.
Les patates sont moins amusantes nous remémorant quelques corvées
d'une époque encore présente ou lointaine.

   papipoete   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Yannblev
je ne fais que tailler dans le vif pour rendre mort, alors que je suis destiné à découper une tarte ou un pain en quignons...Je suis le couteau, ce bon à tout faire que le voyou réduit à surin...
NB un texte jubilatoire sur cet ustensile en fer, qui passe son temps à servir le maître de l'enfer !
Il a de quoi se lamenter de n'être point de coton, doux comme une plume, mais occire une victime serait alors gageure pour l'assassin...
mais il ne fait qu'obéir à la main qui le tient, et sera quoi qu'il arrive, la première victime " à l'insu de son plein gré " !
je ne relève pas de vers en particulier ( il faudrait tout le texte...recopier ! ) si, si, les deux derniers !
juste " épate " répété une deuxième fois, mais un tout petit bémol !
tous les vers ont la même pointure, du huit !

   PlumeD   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Enfin, ai-je envie de dire, une poésie réjouissante pleine d'humour et de fantaisie. Une poésie bien loin du style compassé, emphatique, un rien pédant, qui a trop souvent cours, à mon goût sur ce site.
Un grand merci pour ce vent de fraîcheur. La versification me semble fort habile, et j'ai adoré les patates finales.
PlumeD

   Cristale   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

L'un de mes passages préférés :

"Moi qui ne rêve que de tartes
Aux pommes dorées à croquer,
Aux apis en robe écarlate,
Aux reinettes à éplucher,
Et si parfois sans prendre date
Je suis en cuisine affecté,
J’essaie de faire un peu d’épate
Mais dès qu’à cœur je veux couper
Toujours je tombe entre les pattes
D’une poule mal amourée
..."

Un texte sous forme de prosopopée bien sympathique qui trouve son originalité par le discours, peu habituel, d'un couteau de cuisine.
Souriant et guilleret sur ses octosyllabes et son jeu à deux sons, j'ai apprécié ma lecture.

Cristale

   Vincente   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aime beaucoup l'idée de faire parler "l'outil".

Alors que j'ai trouvé assez inspiré, et même plutôt marrant, l'exerce littéraire dans ses convocations plus ou moins ébouriffées, j'ai été dérangé par ce que je considère comme une erreur originelle narrative.

Ce que j'ai regretté dans le geste de cette prosopopée c'est que le "couteau" soit l'entité coupante, plutôt qu'un individu couteau dont l'on raconterait l'histoire et les sujétions de ses états d'âme. L'individuation aurait donné une vrai tension narrative et une réalité moins généraliste qui du coup est un peu convenue par toutes les variantes de ce que peut être amenée à produire et ressentir la "gente des couteaux". Car l'exergue se pose la question "d'une âme" par couteau et non pas d'une âme pour toutes leurs entités, une sorte de couteau générique bien délayé d'un point de vue sémantique.

   Lebarde   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Yannblev

Enfin un poème qui déride et invite à la bonne humeur, dans la morosité ambiante du moment qui a l'air de déteindre sur le site. Moi j'apprécie bien.

Le sujet est original, simple sans esbroufe; le ton est vif, léger; le propos est sans grande profondeur philosophique certes, mais plaisant avec ce qu'il faut d'épaisseur et de cohérence humoristique.

Je ne sais pas pourquoi mais dès la première lecture, le rythme, les rimes claquantes en "at", l'atmosphère générale, m'ont fait penser immédiatement à , "Tout va très bien Madame la Marquise", ou encore "Félicie aussi" que chantait Fernandel ou plus surement encore "J'ai la rate qui se dilate" que le comique troupier Ouvrard débitait sur les scènes des cabarets parisiens.
Autant de textes inoubliables ( vous n'allez pas me croire quand même !!! et puis mes gouts ont évolué depuis le temps!! ) qui faisaient la joie des "teufards" d'une époque dont bien peu gens sont encore en capacité de se souvenir.

Le style est enlevé, la versification en octosyllabes parfaite si on oublie deux diérèses, l'écriture agréable avec des images 'tranchantes", une conclusion bien trouvée:
"Et c’est cinq kilos de patates
Qu’elle me fait déshabiller."

Tout est là pour me satisfaire sans que j'ai à me prendre la tête.

Pour une fois çà soulage et à en croire l'engouement des lecteurs et des commentateurs, plutôt discrets ces derniers temps, je ne suis pas le seul à trouver mon plaisir.

Bravo
Lebarde

   Queribus   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Le moins qu'on puisse dire, c'est que votre texte ne manque pas d'originalité et d'humour, le tout dans une prosodie néo-classique quasi parfaite; tout le monde ne saurait en faire autant et puis ça nous change un peu de certains textes à la limite de l'emphatique et du pédant qui se prennent très au sérieux; un peu d'humour, en ces temps qui en manquent beaucoup, ne peut pas faire de mal. Je trouve, par ailleurs, que c'est une très bonne idée que d'avoir fait parler un couteau pour évoquer la vie des hommes.

En conclusion, bravo pour ces vers joliment troussés et au prochain texte, très bientôt j'espère.

Bien à vous.

   plumette   
12/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Yannblev,

j'ai bien aimé la tonalité de cette fable qui consiste à faire parler
un couteau au destin pris entre crimes et cuisines!
bravo à l'acrobate de la rime en ate, qui aurait pu ajouter encore quelques aromates...et ne pas répéter épate.
je suggère à la place du vers 9 de la deuxième strophe "j'essaie d'effacer les stigmates"

un "exercice" rigolo, et pour moi réussi.


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