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Poésie libre
Yavanna : À l'orée des froidures
 Publié le 31/10/18  -  17 commentaires  -  3383 caractères  -  145 lectures    Autres textes du même auteur


À l'orée des froidures



nous voilà revenus à l'orée des froidures... juste avant les dormances
avant la longue nuit
quand le cœur se prépare
qu'il tourne le regard vers l'intime évidence
de sa source si pure qui s'écoule sans bruit

aux branches des seigneurs, feuillus incandescents, la sève s'alourdit
et gagne son repos
fruits, bois et fenaisons, tout sommeille à l'abri
de paisibles lieux clos

les écureuils amassent de furtives douceurs
provende inespérée d'acrobates graciles

les hirondelles ont fui les frimas déclarés
taisant leur gai babil

dans les champs immobiles
le gel attend son heure
les corneilles triomphent aux sillons désœuvrés
d'un limon délaissé que la chaleur oublie

comme à l'accoutumée
des moineaux se chamaillent en arpèges mineurs

et l'automne jaillit !
il explose nos sens en gerbes de fureur
et de mélancolie.
au parfum capiteux de sa glèbe féconde
s'amorce le doux chant de la saison profonde

et je t'accueille, octobre
noyée dans ta clarté de passeur de lumière
de tes journées timides j'aime le doux voyage
la trompeuse lenteur tout empesée d'hier
et la fausse quiétude de tes chemins trop sages

parfois, comme un dément épuisé de passions
tu t'enrages de vents
qui se lancent à l'assaut des bois et des maisons
furieuse tarentelle qui bat son rythme fou
et nous charrie des feuilles tout en déclinaisons
de bronzes et de dorés
et de sauvages roux

on dirait le délire d'un artiste insensé
au pinceau d'incendie
dont les couleurs explosent au miroir de la pluie
cascade torrentielle d'ocres inachevés
extase immatérielle d'une oraison sacrée

imposants de sagesse, les frênes presque nus s'assoupissent en silence
pendant que les mélèzes s'illuminent de miel
et que les fiers sapins gardent le front vaillant

dans ton jardin de feu
tes oranges s'avancent au pas à pas du temps
comme des fauves gracieux
et tes rouilles répondent à mon cœur engourdi

libres et joyeux
mes yeux inassouvis volent tes doux instants
pendant que la nature, d'une infinie constance
redessine la vie

il fait lumière vive en ces temps d'acceptance

fragile et satiné
le matin virginal offre sa douce épure
le temps d'une espérance

ô, ciel immense, aux mauves cicatrices
on entend les choucas saluer tes vertiges de leur voix embuées
puis doucement, comme un tendre murmure
tu t'habilles de tes brumes
de ces gris onctueux qui brouillent mon regard

tes ombres impalpables, d'un joli pas de danse
lentement, comme on mue, grignotent l'amertume
de mes fantômes hagards
car c'est dans le secret de ta douce alchimie
que s'invente l'obscur de notre renaissance

sous la mélancolie d'octobre en transhumance
aux saveurs douces-amères
je me tiens là, au seuil de mon temple hivernal
au creux de cet automne qui éclate de rire
et de joyeux mystères

sous les rayons farouches d'un soleil en partance
et son halo frugal
la terre émue revêt son habit de patience...

... et dessous son écorce
vient le temps du silence


 
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   Willis   
12/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voila un texte poétique au possible. Un enchantement.
La Poésie est un Art, une discipline avec ses règles... Je l'aurais juré avant ce texte. Une révolution, qui me contrarie mais que j'admets.
C'est de la Poésie, de la meilleure exprimée.
Ce texte ne se lit pas, il se boit, comme l'eau de la source par un assoiffé.
Je ne parviens pas à sortir une strophe, un vers, qui domineraient les autres, tant l'ensemble frôle la perfection.
Curieux de connaître le nom de l'auteur, pour me plonger dans ses textes précédents.

   Brume   
15/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Que la toile est magnifique...mais j'ai déjà oublié vos vers, vos belles trouvailles, vos images qui sont des touches de peintures.
La faute à la longueur qui dilue mes impressions. Trop dense, trop touffu, heureusement que les couleurs, ainsi que la fougue de votre plume me sont restés à la fin de ma lecture.

Je relis et il y a cette strophe d'une grande beauté qui me chavire:

- " on dirait le délire d'un artiste insensé
au pinceau d'incendie
dont les couleurs explosent au miroir de la pluie
cascade torrentielle d'ocres inachevés
extase immatérielle d'une oraison sacrée "

Vous avez tant à dire sur la saison d'automne, j'ai relu pour m'imprégner de vos vers riches et sublimes, mais à la fin vos mots s'envolent.

   Castelmore   
17/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" La terre émue revêt son habit de patience..."

Et le "lecteur" ému trépigne d'impatience...!

Il a hâte de finir son commentaire pour relire cette ode joyeuse et magnifique à octobre.

Un peu de mélancolie certes , mais vous nous imposez votre plaisir de retrouver ses couleurs ses senteurs ses atmosphères.. uniques ...
comme votre poème.

J'ai envie de citer un extrait , mais je ne sais que choisir...je prends tout ...

Un grand bravo (EL)
...

   Absolue   
31/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Superbe description d'octobre qui demande à être relue pour en capter toutes les nuances... Beaucoup de musicalité dans ce texte et des images à foison... Bravo pour ce long poème mélancolique et joyeux à la fois!

   LylianR   
31/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte poétique où les images très belles rivalisent entre elles.
C'est un paysage idéalisé, transition entre été et hiver, mise en scène d'une élégante façon.

La ponctuation me semble aléatoire. J'aurais mis un point après bruit, sinon, comment comprendre la phrase ? Pour moi, il manque une majuscule à "aux branches". J'aurais mis une virgule après "constance" etc... etc... Si peu de ponctuation qu'il aurait été préférable de la supprimer. Mais je pense que celle-ci, dans ce magnifique poème, aurait pu apporter un supplément d'âme.
C'est peut-être là où le texte se perd un peu.

Une expression qui détonne, il me semble :
"il explose nos sens"

Bravo pour votre magnifique poème !

   Marite   
31/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout simplement magique ! Tant et tant d'images se succèdent et correspondent à une perception et un ressenti si profonds qu'une lecture ne suffit pas ... le besoin de recommencer le "voyage" se fait insistant et je suis revenue avec un immense plaisir
" à l'orée des froidures... juste avant les dormances
avant la longue nuit "
Et j'y reviendrai, c'est certain.
Merci pour cette lecture toute en harmonie et beauté.

   PIZZICATO   
31/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une poésie en 3D !

Des images superbes pour nous conduire " à l'orée des froidures " et faire nous attarder sur cette saison aussi belle que mélancolique.

Que dire de plus de cette page qu'elle est splendide.

   papipoete   
31/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Yavanna
je m'apprêtais à prendre ma plume pour, en quelques vers évoquer l'automne, avec ses couleurs, ses bruits divers et je vous lus ... jusqu'au bout !
Mon outil m'en tombe des mains, tant je succombe à votre verve, votre verbe, votre talent !
Toutes les teintes y passent, toutes les senteurs flattent mon nez, tous les bruits de la terre des chants d'oiseaux à la furie du vent , sifflent ou soufflent à mes oreilles ; et ce sentiment de plénitude " au seuil du temple hivernal " m'envahit si tendrement !
A la longueur de votre texte, j'étais parti pour ne pas aller à son terme, et vous conseiller de " faire moins long ", mais c'eût été sacrilège tant la longueur rime avec langueur ...
Je voudrais détacher une étoile à ce ciel de mots, mais je n'y parviens pas ! Tout est splendide !
Ce n'est pas tout ça, j'étais installé pour écrire un mot sur l'automne ...

   Anonyme   
31/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup ce frémissement qui ne fait pas de l'automne la saison de l’avilissement, de la déchéance, de l'agonie, mais qui dit le feu couvant sous la cendre : tout continue de vivre, en automne (et l'activité des corvidés que vous évoquez avec justesse le rappelle), mais selon un rythme différent.
Voilà ce qui me semble le fil conducteur du poème.

On sent, derrière ces mots, l'observatrice confirmée des fait naturels, des plus menus aux plus spectaculaires. Et je m'y retrouve absolument.

   josy   
31/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
c est passionnel ce texte sur octobre
tout est fin et délicat
comme une petite touche de peinture qui viendrait frémir sur le tableau

c est beau!
et c est beaucoup

   BlaseSaintLuc   
1/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
« Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime »
(Lamartine, Sixième méditation, « le Vallon », 1820).

aller moi j'ose dire "romantisme"

« Que peu de temps suffit à changer toutes choses !
Nature au front serein, comme vous oubliez !
Et comme vous brisez dans vos métamorphoses
Les fils mystérieux où nos cœurs sont liés ! »
Victor Hugo

bienvenue au Panthéon

   Eki   
1/11/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je me disais, en visualisant ce texte, que je n'irais pas jusqu'au bout de la lecture...
Puis emportée dans "le feu" de l'action, j'ai découvert votre Octobre fauve.
Lecture ? ah, non, bien plus que cela, un voyage en poésie.
La palette est chatoyante avec son festival de couleurs subtiles et nous offre de très belles images.
Comme cette nature est majestueuse sous les traits de votre plume délicate, amoureuse, inventive.

Vos mots parés de longs sanglots...C'est beau !

Eki ne boude pas son plaisir

   emju   
1/11/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
j'ai adoré ce texte que je trouve fluide, plein de sensations, plein de promesses aussi.
j'aurais aimé écrire cette merveilleuse ode à l'automne.
Bravo !

   jfmoods   
1/11/2018
Souvent, l'automne est vécu comme un effondrement, une déchéance, la fin d'un règne parce que l'on y voit l'agonie d'un âge d'or entamé par le printemps et poursuivi par l'été.

La poétesse, elle, décide de considérer cette période à rebours, comme anticipatrice du prochain cycle des saisons. Car il en va de l'automne comme il en va du ciel ("c'est dans le secret de ta douce alchimie / que s'invente l'obscur de notre renaissance").

L'automne, c'est la source féconde à laquelle nos sens s'abreuvent. C'est ce grenier que l'on remplit à ras bord de provisions pour attendre sereinement l'éclosion lointaine des beaux jours.

Merci pour ce partage !

   Neophyte   
2/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J ai beaucoup aimè la fluidité de votre poème. Il y a tellement d'image que j en suis tout retourné. C' est rendre un certain hommage à une saison qui n est pas souvent considérée comme belle. Vous avez su en saisir l essence je trouve et en peindre une toile minutieuse et intime.
Après je suis neophyte en poésie il y a des choses qui me parlent et d autres absolument pas. Peut être est ce du à mon jeune âge et à mon manque d'expérience.
Le seul point critique c est la longueur de votre texte, les images sont marquantes et précises et parfois j ai l impression d une accumulation comme les vieux appareil à diapositive ou ça s enchaîne vite sans que je puisse vraiment bien regarder l image que vous avez décrite. Après c est juste une petit bémol car il suffit d y aller doucement et sûrement pour que les images se juxtaposent simplement.
Encore une fois bravo pour cette traversée et ce voyage avec vous.

   emilia   
3/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une belle inspiration d’une saison automnale habitée à qui vous dédiez cette ode symphonique exaltée et envoûtante qui chante les transports de l’esprit et des sens dans ce temple de la nature où se mêlent les couleurs et les sons en jaillissements et explosions d’arpèges entre fureur et mélancolie, quand le joli pas de danse emprunte celui d’une « furieuse tarentelle des vents enragés… qui bat son rythme fou… » avant d’accueillir « l’extase immatérielle d’une oraison sacrée… » tandis qu’opère « une alchimie secrète source de renaissance »… » « quand vient le temps du silence… » ; merci à vous pour ce beau moment partagé…

   Gabrielle   
19/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une très belle prestation...

Les émotions se mélangent aux couleurs de ce texte qui met en exergue une certaine perception de l'arrivée du mois d'octobre et de la saison automnale.

De merveilleuses couleurs riches et fécondes.

Merci à vous pour ce brillant partage .

Bien à vous.


G. Michel


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