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Insoluble de Daph
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22/06/2007 14:53
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Tout d'abord, bonjour à tous qui s'aventurez sur ce topic semé d'embûches. Ouvert parce qu'il me semble nécessaire de répondre aux commentateurs qui, d'une façon qui me met en joie, ont tenté de suivre le fils d'Insoluble.
Je vais tâcher d'être diplomate, afin qu'on ne me reproche ces précisions, mais j'ose espérer que vous m'excuserez si ma franchise prend le dessus, à un moment ou à un autre.

Tout d'abord, ma réaction face à vos commentaires a été émue, parce qu'il y a longtemps que mon univers 'énigmatique' n'avait suscité tant de recherche (et de trouvailles!). D'ailleurs, ici même, je crois que ce texte est très certainement enrichi par les lectures dont il a été l'objet, qui sont donc, elles aussi, constructrices de ce texte. Pour cela, merci à vous tous, lecteurs et commentateurs.
Pour ceux que cela intéresse, n'hésitez pas à lire les commentaires de vos collègues oniriens, ils sont tous, autant qu'ils sont, vraiment enrichissants et éclairants.

Je vais donc tâcher de donner mes intentions (qui ne sont pas nécessairement concrétisées, entendons-nous bien) et répondre aux question des commentateurs ensuite.

Ceci fait, entrons dans le vif, vous voulez bien ?

Concernant Insoluble, le texte me semble relativement mal fini, voir pas fini, mais je n'en possède actuellement (entendez, un peu moins de deux ans, je crois) pas encore les clés, ce qui fait que cette version ne sera, je l'espère -ô divine inspiration- n'est pas définitive, même si elle présente ce dont je suis capable aujourd'hui, au moment précis de sa publication.

Je le vois comme une vulgarisation de cette univers. Une écriture plutôt littérale ou tout au moins au premier niveau de langage, mais un itinéraire émaillé d'énigmes ou de 'difficultés' (qui, elles, constituent l'univers Daph qui est, j'en conviens, pour le moins indigeste, surtout dans la recherche d'une signification littérale). Ainsi, ce « magicien » bel et bien masculin, coincé dans une incarnation féminine, de même ces « mortes en pagaille » ou ce temps cousu à l'aiguille.

J'ai voulu le texte comme progressif, bien qu'il me semble que je me sois perdue dans ces progressions.
La première, la plus évidente, est celle qui va du temps 1 au temps 4 (le temps 1 est en gras, il s'agit de « un temps »). Framato, jadis lecteur de ce texte, me faisait remarquer la rythmique du texte, chose que j'ai échoué à travailler avec la régularité qu'elle demandait. (Qui commence par deux mots, puis trois, puis quatre et trois puis quatre et trois, qui se poursuite avec ces trois, trois et quatre -aux compteuses- et ainsi de suite).
La seconde concerne la complexité de ces énigmes. Ainsi, la littéralité du texte va decrescendo jusqu'à la fin du temps 2 (peut-être même la moitié de celui-ci, en fait, à la fin du premier paragraphe de ce temps avec « facile, facile, la forme est elle, facile » et ce « c'est l'aube » qui annonce la chute). Et mon manque de précision pêche encore, compte tenu du fait que j'aurais tendance à placer le klimax à l'inconnues multiples (sic). Ensuite, volte à 90 °, le crescendo de la littéralité et ce soufflet au « zéro ».

Toujours dans la lignée de ce doublé, j'ai voulu ce texte comme ouverture dans le temps et vers le monde, à la culture (les trois pas qui ouvrent le monde, l'inconnues multiples toujours comme culminant, cette question au temps trois, l'historique du zéro -Asie- au temps 4 -pour exemple). Mais aussi comme fermeture, celle de la fin d'histoire(s) amoureuse(s) qui, pour l'héroïne, d'une façon ou d'une autre, va(vont) marquer la fin d'une époque placée sous le signe de la chaleur et du charnel.

J'aurais voulu parvenir à mettre ne place ce paradoxe du charnel et de la relation à l'épreuve du corps. Ce film sans son, en noir et blanc, terriblement austère et anesthésié par les corps (pas de communication avant la rupture), comme la maturité-replis du temps trois et cette progression rapide vers le zéro absolu, néant ou réouverture plate. Ceci parallèlement à cette union des corps, au charnel (les seins auxquels ont s'abreuvent, ses épaules d'où l'on se jette dans l'aventure de la découverte et du plaisir, etc.) des temps 1 et 2 (un air d'adolescence ou de jeunesse effrénée).

Voilà qui clôture cette partie 'commune'. Merci encore.

Lunar-K, me voilà ravie de ton (votre?) commentaire. Enfin, peut-être la nudité était-elle prédestinée pour ce texte, non ? *sourire*
- Concernant ce « facile, facile, la forme est elle, facile, c'est l'aube » aurais-je dû écrire. Je pense que le sens est littéral (et l'intonation confine à la dérision de l'auteur face à lui-même). La forme est facile, il s'agit de prose, je ne martyrise pas (trop) la syntaxe ; le texte, me semble-t-il, souffre d'un manque de recherche à cet égard, je crois, d'où cette dérision. Note qu'il est aussi possible d'y voir la question (la forme est-elle facile?), à laquelle je réponds par l'affirmative.
Mais il s'agissait peut-être aussi de réaffirmer les corps, ce second elle plaçant la 'compagne' comme pivot de l'existence de la narratrice (par qu'à mes yeux, c'en est une, malgré ce désir d'incarnation des valeurs masculines pas l'homme-magicien). Et ce « c'est l'aube » signe la fin des récriminations, le jour nouveau et ouvre le texte à l'avancée suivant.
- Ce temps deux prolonge la métaphore mathématique mais doit s'oublier. Concrètement, il n'y a pas de rupture nette entre la situation du temps 1 et celle du temps 2, si ce n'est l'état psychique du narrateur, vampirisé (presque) par la conteuse. Et pourtant, il me paraissait nécessaire de la souligner, d'où les crochets (qui marquent une certaine gradation, donc) renforcés par les sauts de lignes, comme l'expression d'une ellipse dans le temps.

Ludi, j'ai du mal à voir la part d'ironie dans votre commentaire, donc j'ose espérer que vous ne m'en voudrez pas de ne pas m'aventurer trop loin dans mes réponses... (Mais nous pouvons poursuivre cet échange par mp, comme il vous plaira).

frederiprunier, je note la (terrible, à mes yeux) perméabilité de mon texte. Un itinéraire que vous voyez bâclé en somme.

Alexandre, il s'agit avant tout de découpage. De « morts en pagaille » pourrait évoquer la petite mort, « je collais mon corps au sien pour explorer encore » l'acte charnel. La suite de votre citation concerne un avenir hypothétique, plutôt. Dans la seconde citation, il y a la chaleur de l'enfer et cet union des fluides dont parle brabant quelques commentaires plus tard. Mais votre commentaire est loin d'être acerbe à mes yeux. Il est franc et exprime vos incompréhensions (et celles-ci éventuellement dissipées, j'ai bien conscience que vous ne trouviez aucune poésie à ce texte), ce pourquoi je vous remercie. J'ai aussi besoin de vos réactions pour savoir qu'il me faut travailler encore et toujours.

matcauth, c'est exactement ça ! Je ne sais pas si le texte l'exprime correctement ou s'il est possible de faire mieux (certainement et sans aucun doute même, mais c'est encore une question pour moi), mais je veux un texte mouvant, non pas insoluble mais absolument signifiant.

MonsieurF, merci d'avoir bien voulu vous laisser 'dérouter' par ce texte et d'avoir pris le temps d'y laisser votre trace. Je ne puis répondre à vos affirmations, parce que le texte, s'il est issu de la création de l'auteur, n'en est pas moins la propriété de ces lecteurs, une fois celui-ci sous leurs yeux. Ainsi donc, il n'était pas possible que vous l'abimiez, vous ne pouviez que l'enrichir !
Et, comme je le disais à Alexandre, j'apprécie grandement ces commentaires critiques qui mettent le doigts sur la partie émergée de l'iceberg, sur ce que je peux entrevoir comme travail à entreprendre.

Jano, merci d'être passé ici, malgré la difficulté et le déplaisir que cela aurait pu (je crois) vous causer.
Concernant le genre du magicien, j'y répond plus haut. J'ajouterai qu'il est masculin parce qu'il incarne ce regard 'masculin' porté par une femme si une femme. Aussi, que les magiciennes, dans les contes, sont forcément des sorcières ou des fées. Ici, il ne me semble pas qu'il y ait de choses grandes et pures pour faire place aux fées. Et pourtant, la narratrice est tout sauf une sinitre sorcière, je me serais refusée à l'y incarner.

melancolique, merci d'avoir laissé une trace malgré vos difficultés. C'est une chose à laquelle je m'attends à chaque texte posté, parce que mon univers est loin d'être maitrisé.

funambule, sans doute un sens global est-il difficile à dégager, parce qu'il faut choisir un parti dans la métaphore. Mais je pense que vous pouvez tout de même en dégager des significations éparses, non ? Enfin, je ne considère pas la signification comme une nécessité première (herm), peut-être est-ce aussi votre cas, ou simplement pouvez-vous accepter de vous laisser porter. Bref, merci.

brabant, je lis votre commentaire avec plaisir. Je pensais être passée à côté de cette dimension charnelle qui m'importait tant. La dimension du conte est effectivement la seconde ligne de force de ce texte, je crois. En tous cas, je suis ravie d'avoir pu vous accompagner dans votre promenade gustative;). Au plaisir d'autres découvertes !

Bertrand, merci. Effectivement, les allitérations sont probablement l'élément qui me marque le plus en matière de poésie. La sonorité est importante, même si j'ai tendance à plus l'incarner dans la ponctuation que dans les mots (quoique ce texte-ci me fait mentir).
Ainsi donc, merci pour tout ceci.

Contribution du : 05/06/2012 17:58
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Il ne faut pas trop questionner l'espérance.
La vindicte est un sport excédé.
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Re : Insoluble de Daph
Visiteur 
Je vous remercie pour toutes ces explications ! (enfin toutes celles que vous avez donné aux autres et à moi). Il y a une chose dont vous ne devez douter: votre texte possède d'excellentes bases je trouve (ça n'engage que moi, mais j'ai plaisir à le dire); comme vous semblez vouloir le retravailler je pense réellement qu'il faut garder les dimensions corps et conte, mais approfondir cette fin que je trouve trop brève .

Mais vraiment ça fut un plaisir de vous lire.

Contribution du : 05/06/2012 18:08
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Re : Insoluble de Daph
Expert Onirien
Inscrit:
07/02/2011 18:53
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Post(s): 8677
Hors Ligne
Merci pour toutes ces explications, Daphlanote. L'occasion de se replonger dans ton vertigineux "Insoluble", et vérifier par la même occasion si le charme opère encore... Eh bien oui ! Surtout que je suis enfin parvenu à donner sens à cette fichue parenthèse qui me gênait tant... ^^

En fait, je crois que je la lisais instinctivement comme une question : "la forme est-elle facile ?". Et cela me semblait effectivement un peu absurde comme question... Comme si l'auteur s'arrêtait tout d'un coup pour demander à ses lecteurs ce qu'ils en pensent jusque là... Ça me paraissait assez étrange. Bien sûr, le texte n'en est pas à une étrangeté près. Mais quand même... Ce genre d'incursion de l'auteur dans son propre texte me gêne terriblement, du moins lorsque c'est fait d'une façon aussi grossière...

Ce n'est donc clairement pas l'interprétation que je préfère adopter. Mais plutôt celle qui me permet de rester à même le texte, malgré les parenthèses qui s'avèrent alors plutôt facultatives. Mais il faudrait alors, je crois, davantage mettre l'accent sur le "elle", et non sur le "est" : "la forme est elle". Pour bien montrer que, si la "forme" se confond avec "elle", "elle" ne se confond pas avec la "forme". En tout cas, "elle" ne la représente pas. Car, le "elle", c'est l'amante, et non la forme. Même si l'amante, par le truchement du "elle", se confond avec la forme. Et c'est là que les parenthèses deviennent finalement accessoires, puisqu'on pourrait tout aussi bien lire quelque chose comme : "prisonnière je suis de la forme qui est elle". On retrouve alors tout le paradoxe au centre de ce texte, du moins de la lecture que j'en ai : le un de la démultiplication, le un de la rencontre. Car, si la forme est elle, la forme est aussi l'aube, l'ouverture du temps au multiple, l'insoluble... Ce qui me conforte donc tout à fait dans mon interprétation...

En tout cas, encore bravo pour ce texte. J'étais un peu passé à côté du précédent, "La vérité nue", mais, maintenant que j'ai pu avoir un aperçu de ce qu'est "l'univers Daph", je pense que je devrais lui redonner sa chance, on ne sait jamais...



P.S. : "Ton", c'est très bien.

Contribution du : 05/06/2012 21:49
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Sans puissance d'expansion, sans une certaine domination sur les choses, la vie est indéfendable. Une seule chose est exaltante : le contact avec les puissances de l'esprit.
A. ARTAUD
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