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Re : Micro-nouvelles
Expert Onirien
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04/06/2017 12:15
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Quille

Il s’assit et reprit difficilement son souffle : une éternité qu’il n’avait pas chaussé ses raquettes. Il ralluma sa foutue cigarette. De loin il distinguait la bergerie, il avait cru en bas, au début de la côte y arriver facilement. Bordel, il n’y était pas encore ! Si tout se déroulait comme prévu, ce soir il serait riche. L’autre con devait être mort là-haut et congelé, il ne put s’empêcher de sourire à son stupide jeu de mot. Il se remit péniblement en marche. Vingt ans à rêver de ce moment, il n’avait pas prévu la neige : avec la conditionnelle, on peut jamais savoir. Le con, là-haut, avait cru tous ses bobards, l’amitié à la vie à la mort, même le cinquante/cinquante il l’avait gobé, crachats et poignées de mains : ça peut pas mentir, hein ! Foutue neige. La première balle l’atteignît à l’épaule, il s’affala. Il entendit les crissements de la neige sèche, l’arme qu’on rechargeait. La seconde balle lui explosa le cerveau : il n’était pas si con, l’autre, finalement !


(1000 sec)

Contribution du : 16/06 12:53:31
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« Et dans la Ville Natale où tous sont tiens, je me sentis perdu. »
Raymond QUENEAU Saint Glinglin
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Re : Micro-nouvelles
Expert Onirien
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Maternité

J’ai tué une tortue avec une paille, j’ai poussé des enfants dans la mer, j’ai dégommé le dernier lion africain, j’ai abattu des millions d’arbres, j’ai chamboulé le climat, j’ai asservi des peuples, j’ai torturé des hommes, j’ai exterminé les abeilles, j’ai bétonné, bitumé, écrasé… Et toi tu me souris.

(314 sec)

Contribution du : 17/06 09:26:27
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Re : Micro-nouvelles
Chevalier d'Oniris
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Pénurie

Des sphères volantes bondées de citoyens farandoles vers les reliefs de la périphérie, c’est la journée de congé mensuel (délivrée par ordonnance), de la zone 493. Ça va se divertir dans les règles.
Ça expose fièrement les derniers achats, comme ces robots mouches volants - ils coiffent ces dames vêtues de tailleurs verts pomme ou jaunes citron...les chignons sont parfaits, les franges bien effilées, les dégradés équilibrés, les couleurs mates ou brillantes. Des hommes font combattre leurs chiens mécaniques, d’autres tourbillonnent comme des pantins désarticulés sur le lac d’apesanteur, ou bien paradent devant de fraîches enchignonnées.
Puis l’on glace le lac pour que les soucoupes y glissent, ballet de titane, de cuisses à l’air, d’amants d’un après-midi de faux chien.

Artz est éternel, il prend son repas au sommet d'un cône lumineux, de la mousse de granit arrosée d'acide lactique.

Il aspire à une vie simple, il aimerait que les humains soient comme ce brave chien qu'il a connu il y a si longtemps, insensible devant un milliard et euphorique à vouloir choper une putain d'abeille, il aimerait voir un œuf de cigale sous la bave du ciste, planter des tomates, travailler, être en vacances, voir un clocher trouer les nuages - mourir en pente douce...
Vie éternelle, trop de temps, trop de tout, pas d'essentiel - pénurie...

Contribution du : 19/06 19:21:43
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Re : Micro-nouvelles
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Photographie

Elle avait imaginé un lieu comme un photo agrandie. Un lieu où le retrouver. C'était comme un appel profond.
Elle l'avait croisé et sa destinée en avait été bouleversée.
C'est ainsi que la vie lui racontait l'appétence au bonheur.
N'était-ce pas cela le vrai sens de la vie, la pulpe sucrée des jours ?
Aimer et être aimer !.
C'était comme toucher la peau d'un rêve, frôler son être et toutes ces choses qui tournaient autour de lui. Ces choses qu'elle devait deviner pour l'apprivoiser comme un vertige troublant.

Sur la falaise du vide, il était là, si près d'elle et, aux commissures de ses lèvres désireuses, Nine lui abandonna un peu d'elle.

Désormais, tout s'écrirait dans la course inflexible du temps, tout reposerait sur l'équilibre incertain.

Contribution du : 20/06 07:02:57
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Re : Micro-nouvelles
Maître Onirien
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Un songe

Le vent a secoué la nuit, alors que Pierre dormait sur l'or des pensées. J'imaginais ses rêves, sans me dire que c'était stupide. On ne pouvait naviguer de la sorte dans la nuit, encore moins dans le sommeil.

Sur le bureau, où j'œuvrais encore, une photo de nous, agrippés à la rambarde de l'escalier de la mer, cette longue descente par laquelle nous aimions aller nous baigner. Il y avait l'allure de nos jeunes années, le soir vibrant d'un crépuscule, et dans l'idée d'être seuls au monde, un sourire sincère.

Il dormait depuis deux heures ; deux heures de scène réglée, comme si le lendemain pourrait être autre chose que notre habitude. Et tous ces cafés pris en solitude, tous ces silences ténus où j'imaginais un creux, une vie sans bruit, ou au contraire, une ampleur confuse dans le mouvement du temps…

Pierre s'est mis à ronfler. Cela lui arrivait parfois. Je l'entendais de là, de mon petit endroit secret, où dans la chambre je le savais.

Dans l'entrelacs des songes, je lui écris l'échappée belle, le coeur des ombres, et sur sa poitrine caressée en vain, le plus beau des silences...

Contribution du : 20/06 16:06:10
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Re : Micro-nouvelles
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Boxing day

Putain chuis prêt, archi prêt, j'vais le défoncer!
Le coach l'a dit: "T'as une bonne droite, t'es un tueur, t'es un tueur je te dis!" Et franchement c'est vrai. Franchement. J'vais le défoncer. J'en ai passé des heures à la salle! L'odeur de sueur et de poussière qui te colle à la gueule. Les muscles durs, quasi de l'acier. Des fois t'as même l'impression qu'ils vont se fracturer, comme ça, d'un coup. Crac. Puis le sac de frappe inerte, et mes poings comme des marteaux qui cognent encore et encore. J'ai tout bossé à fond: "On ne peut vaincre sans travail." qu'il dit Mr Ramirez, mon impresario. Putain chuis prêt. Putain j'vais le défoncer!
On y est, c'est le grand soir. La foule que j'entends même plus. Lumière éclatante.
J'ai même pas la trouille. Même pas.
Je suis une machine, un guerrier. Un tueur.
Le coach dans un coin me parle. Des consignes, ma garde à ne pas trop baisser, protéger mes côtes assez fragiles. Et moi je monte sur le ring. L'arbitre me salue. Je ne suis plus qu'un corps. Il est là, l'autre, celui que je vais massacrer, fracasser, écrabouiller. Pareil à moi.
Je m'avance. "Vas y petit, vas y!"
Gong. Allez!
Droite gauche droite. Un camion vient de heurter mon visage!
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(998 caractères sans espaces)

Contribution du : 21/06 11:10:39
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Re : Micro-nouvelles
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La guerre sent l’amer

Son troupeau revient vers la bergerie, quelques chèvres ont ses tableaux fixés sur le dos, des promeneurs voient souvent passer les toiles du berger, vers le nord, il aime colorer le chemin.
La luminosité de cette fin d'après-midi parait sortir d'un western lyrique, elle teinte l'espace d'un orangé flamboyant .
Après la traite, en s'éloignant de la bergerie, il ressent une étrange atmosphère, une force se dégageant des végétaux.
Il prend à boire et à manger et se dirige vers la roche creuse, dans les hauteurs.
Son feu est vite allumé avec du bois sec.
Il se pose un verre de vin à la main, au loin, la lune se reflète dans une mer d'huile dessinant un violon, son prochain tableau pense-t-il...

Et là, BHL apparaît
C’est terrible...

Contribution du : 21/06 11:36:28
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Re : Micro-nouvelles
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Rituel du coucher

Quand vient l’heure du coucher, papa se transforme en cheval Philibert. C’est un cheval paresseux, avachi dans le canapé devant la télé. Il faut lui grimper sur les épaules et lui donner des coups de pied dans la poitrine pour qu’il daigne se lever et nous transporter dans la chambre à coucher. Mais il flâne en chemin, fait le tour du salon et broute des plantes vertes pour se donner des forces. Au passage des portes, ne pas oublier de lui caresser l’encolure pour qu’il se baisse un peu et qu’on ne risque pas de se cogner. Dans l’escalier il gambade pour nous faire effleurer le plafond. Puis, arrivé dans la chambre, il nous verse sur le lit de mon petit frère. Je saute sur le mien. Philibert se retransforme en papa. Mais pour pouvoir bien dormir, il faut la piqûre. On crie : « La piqûre, la piqûre ! » Et papa se transforme en docteur. Il se penche sur moi et frotte fort, fort à l’endroit de piquer, parce que, pour qu’une piqûre marche bien, il faut que ce soit tout propre. La seringue en forme d’index dressé tournoie pour ne pas rater sa cible et puis s’abat d’un coup, très fort. Puis c’est le tour de mon petit frère qui tremblote de rire et de peur mêlés.


Ce que je préfère dans ce rituel, lorsque je ressors de la chambre à coucher, c’est d’entendre par la porte entrebâillée, les enfants qui croustillent encore de rire : « Ce soir, la piqûre, elle a été très forte ! »

Contribution du : 22/06 11:22:13
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Re : Micro-nouvelles
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La dictée
Humour lourd, mais histoire vraie.


Mail de 8h12 :

Ce matin, en tournant la page de l’éphéméride, je me suis rappelé que le 20 juin est une date anniversaire pour nous deux.
Souviens-toi du concours d'entrée en Sixième où nous avons brillamment échoué : on a dû redoubler à cause de la dictée « Elisabeth et l'araignée » !
Ça fait donc un demi-siècle qu’on se connait grâce à elles.
On boira un coup, chacun de son côté, pour commémorer cet événement scolaire qui a sûrement orienté toute notre vie.
Bonne journée.

Jean-Paul


Réponse, mail de 8h25 :

Voui, cévrais, « Elisabête et Laréniée », je meuh souviain.
Dis fotes sétai téliminathouard.
Les tamps avé tété traix dures à l’épauque, sa rigaulé pât !
Mes on sais ratrappé depuit, eurrheuseman…
Ô voui je vé bouare à not santais, quék chause ki kaugne biain.
Éh on émerde le deministre de laiducation qi yavé à l’épauque, seu conar !
Éh on émerde les fiye et fis de bourjes compa tété a legsamain !
Équecelante journais.

L’ilaytré d’Aytré

Contribution du : 23/06 07:59:04
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Re : Micro-nouvelles
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Bon app'

Maman dit que c'est toujours bien quand je finis mon repas. Oui maman elle l'a dit. Alors, pour lui faire plaisir j'ai tout terminé aujourd'hui. J'ai même raclé autour des os, même si c'est pas ce que je préfère. C'est que j'aime lui faire plaisir moi. Puis j'ai un appétit d'ogre paraît-il. Elle est super chouette il faut bien l'avouer. D'abord, elle est belle avec ses grands cheveux noirs, ses yeux verts. Puis elle a un rire immense surtout quand je lui donne une plume d'oiseau ou un caillou. Elle dit que je suis adorable, me frotte les cheveux un peu comme ça. J'apprécie moyen, mais bon je fais comme si. Je veux pas la voir triste comme la fois où papa a du partir à la guerre et qu'il n'est jamais revenu. Je suis heureux qu'elle soit heureuse, simplement. Alors j'ai tout bien mangé comme elle m'a toujours demandé de le faire. Il faut dire qu'avec les combats il y a une pénurie de viande depuis quelques mois. C'était donc jour de fête ce soir, l'odeur du méchoui embaumait. Je me suis régalé. Elle était délicieuse, maman.

Contribution du : 26/06 18:19:55
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