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Re : Micro-nouvelles
Expert Onirien
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Les sourcils naissants le long de son arcade entachaient la joliesse de son visage. Un impair que Simone jugeait intolérable.

- Diantre, quel diable vous a t-il élevée de la sorte ?
- Votre fille, grand-mère, répond Juliette, en replaçant ses lunettes sur son nez.
- Petite ingrate. La nature vous a gâtée et vous osez lui faire la nique.
- Roh grand-mère, votre langage ! pouffe la demoiselle effrontée.
- Idiote, rétorque l'aînée d'un haussement d'épaules.


Juliette grimpe sur la table et déclame :


- C'est à moi que vous faites la nique, monsieur ?
- Taisez-vous donc, impertinente, vous allez réveiller Tiger avec vos sarcasmes shakespeariens.

Juliette fait mine de s'effondrer, puis une main devant la bouche et l'autre entre les jambes, façon Marylin, déplore :

- Oh, Tiger, my little Tiger, I'm so so sorry, little cat’s…

Simone rage. Une légère fumée s'échappe de ses oreilles. Elle s'élance pour pourchasser sa descendance, qui d'un bond, s'est déjà éclipsée au fond de la pièce. Mais trébuche sur la peluche censée représenter le chat.

Juliette cesse de glousser. Simone s'est blessée.

- OK, on fait une pause, intervient le metteur en scène.

Pour commenter, c'est là 😁http://www.oniris.be/forum/micro-nouvelles-commentaires-t19775s240.html

Contribution du : 30/12/2018 09:29
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Re : Micro-nouvelles
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Disparition

Bientôt 24h que les Duminger sont sans nouvelle d'Anatole. Jules est mort d'inquiétude . Le petit garçon n’a beau avoir que 3 ans, il a bien saisi la gravité de la situation.

Guère épargné, le benjamin se retrouve même aux premières loges du drame, bercé dans les bras d'une mère épuisée, puis réveillé par les cris de rage d'un père impuissant.

Alors même si les parents essaient de le préserver, en remisant les questions pratiques hors de sa portée, Jules, comme tout petit garçon inquiet et curieux, a les oreilles qui traînent. Et s'il a retenu une chose au cours de ces dernières 24h, c'est la préciosité du temps.

Chaque minute compte. Sa grande sœur le lui a expliqué. Elle s'y connait en enquêtes et disparitions, Myriam, car elle a le droit de regarder la télé le mardi soir et ne rate pas un épisode de Faites entrer l'accusé. Elle lui raconte des horreurs sur ce que les méchants font aux corps des kidnappés. Lui fait semblant que ça ne le touche pas mais il n'arrive plus à déglutir. Juste envie de chialer de trouille.

Anatole lui manque et il ne sait pas comment il pourra vivre sans lui. Sa maman s'apprête à le border. Cette deuxième nuit seul s'annonce encore plus douloureuse que la première. Est-ce que je pourrai venir dormir dans votre lit si c'est trop dur s’il te plaît, Maman. Bien sûr, mon cœur. Les reniflements de Jules s'épaississent et débouchent sur de bruyants sanglots. Ça va aller mon cœur. C'est dur je le sais mais demain avec Papa, on t'emmènera au magasin de jouets. Tu crois, maman ? Tu penses que ça va suffire ? Bien sûr mon amour. Des Anatole, il y en aura plein, tu n'auras que l'embarras du choix. Pas de réponse. Évidemment il ne sera jamais exactement comme le premier, insiste la mère, mais ce sera une nouvelle aventure !

Les spasmes de Jules s'amenuisent jusqu'à ce que le garçonnet baisse définitivement la garde, recroquevillé sur les cuisses maternelles. Le pouce dans la bouche, à tâtons et à l'aide de ses quatre autre doigts, l'enfant s'approprie un pan du chemisier de maman, pâle substitut d'un compagnon perdu.

Pour commenter, c'est ici http://www.oniris.be/forum/micro-nouvelles-commentaires-t19775s240.html

Contribution du : 02/01 09:18:55
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Re : Micro-nouvelles
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Je n'avais jamais vu ça . Ils lui avaient tordu le cou mais elle ne pleurait pas. De marbre face à la violence, de marbre face aux barbares, de marbre face à la bêtise. Un port droit et altier, fissuré et bleui, portant désormais les stigmates d'une meurtrière folie.
Je la regarde, admiratif. Comment fait-elle ma si belle pour regarder droit devant elle, pour encore croire à l'arc-en-ciel ?
Elle ne se nourrit pas que d'eau et de regards, elle puise sa force en mille espoirs.
De rêves de liberté en songes d'égalité, Marianne ferme les yeux.
Pour ma part, nul besoin de statuer, de discourir ni blablater. Mon amour pour la liberté est éternel et sans regrets.
Et c'est ainsi, que bras levé, je vous salue ma bien-aimée.

596 caractères sans espace

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Contribution du : 03/01 12:49:03
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Re : Micro-nouvelles
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Brule la paille sur l’humus

Des rues désertes où règnent gravats et fumées noires
Traversées par le silence des absents, des morts
Forêts fumantes, carcasses calcinées, couleurs absentes
Effondrement en ce cratère immense
L’eau sombre surgissant du fond en attire le ciel
Au dessus ne survivent que des insectes fous
Une voix caverneuse fait trembler la planète

—Disparaissez, misérables
 

Contribution du : 03/01 18:40:27
_________________
L’expérience est une lanterne sourde qui n’éclaire que celui qui la porte...
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Re : Micro-nouvelles
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Cher vous,

Comme vous me manquez et comme je vous aime.

Depuis votre départ, je sombre dans le désespoir. Me languis de votre retour. Me questionne sur votre amour.

Dois-je m'inquiéter de ces absences répétées ? Dois-je accepter cette humiliante infidélité ?

Je serais bien égoïste de refuser de vous partager. Certains me disent trop docile, quand d'autres jugent mon comportement déraisonné.

Je suis prête à fermer les yeux, à vous pardonner, à vous rendre heureux et j'espère qu'un jour prochain, vous ferez taire tout ce crachin.

Ô mon soleil, ô mon roi ! Dorez-moi de vos éclats.

L'hiver est long quand vous ne me prenez pas dans vos bras.

En attendant de vos nouvelles, je vous prierais d'accepter mes pensées les plus tendres et mon amour... inconditionnel.

Solis

642 caractères sans espace

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Contribution du : 06/01 15:55:23
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Re : Micro-nouvelles
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Dans le bureau de Monsieur Dupuis, les clients défilent, ils viennent réclamer leurs droits d’auteur. L’éditeur règle toujours en retard. Fifi les observe derrière la vitre. Il voit tout depuis son petit bout de jardin, les pattes dans la gadoue. Il est trempé jusqu’aux os. Il grelotte. Mais monsieur Dupuis l’a fichu dehors, un coup de pied sous la queue.
— Dégage Fifi, tu pues le clebs mouillé.
Ben oui, normal, il pleut ! C’est un cercle vicieux. Il pleut, donc il est mouillé et il pue, donc on le fout dehors.
Alors que s’il était au chaud, sur le tapis du bureau…
Mais monsieur Dupuis préfère les cercles littéraires aux cercles vicieux de la pluie et des odeurs.
Alors Fifi, emprunte la chatière de Grisette, bien décidé à se faire entendre.
Sûr, aujourd’hui il va entrer dans le bureau et réclamer ses droits d’odeur.

[i]821 caractères espaces compris[/i]

Contribution du : 06/01 17:46:59
_________________
Louison

Un homme digne de ce nom ne fuit jamais. Fuir c'est bon pour les robinets. (Boris Vian - Les bâtisseurs d'empire)
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Re : Micro-nouvelles
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On arrive à la sixième séance. Je crois que cet homme est fou. Complètement barré. Je sais bien que ce n'est pas correct de penser ainsi, surtout dans ma position. Mais là, je me sens face à un cas hors-normes.
Son vacarme guttural, ses sécrétions nasales qu’il laisse couler presque à flots et que même ses épaisses lèvres fripées n'arrêtent pas. Bon sang, mais à quel moment va-t-il dégainer le mouchoir ? Discrètement, d'un coup de coude, je fais glisser le distributeur sur le bureau dans sa direction . Il pige que dalle.
Ce type est un défi pour les yeux. Et je me dois de soutenir son regard, je ne veux pas qu'il me sente déstabilisée. Sa toux frénétique me provoque la nausée . Après qu'il ait fait taire une énième quinte, je tente de lui parler. Le projet de reconversion. Où en est-il ?
L'individu ne semble pas m'écouter. Il sort son paquet de gitanes sans filtres.

- Ça vous gêne ? me lance t-il la tige au bec en fixant le Monet sur le mur du fond.

Je réponds d'un haussement d’épaules. Désespère d'entamer un véritable échange. Au bout de six entrevues, j’éprouve une profonde sensation de vide.

Comment ai-je pu me dégoter un psy pareil ?

946 caractères sans espaces

Contribution du : 08/01 08:59:13
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Re : Micro-nouvelles
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Zaza en a plein les doigts. Du jus de cuisson qui coule partout. La jeune fille aide volontiers ses parents mais quand sur la place du marché, se pointe Lucien, l’embarras l'anéantit. La belle voudrait disparaître par un trou de souris. Quand son prétendant fait les cent pas, détaille le stand de haut en bas, Zaza s'en sent tomber les bras.

Alors son père, le gros Gilbert, qui n'a pas oublié ses 16 ans d'hier, alpague le jeune homme, le teste, l'expérimente à coups de questions sauvages et de blagues potaches. Le jouvenceau en sort frêle, un sourire bancal et une envie de combat à la truelle.
Mais quand enfin il déverse sa monnaie dans les mains tremblantes de son espérée future amante, il s'applique à y glisser un petit billet sur lequel il a inscrit l'heure et l'endroit d'un rendez-vous secret.

Mais au moment de refermer l'écrin composé de ses douces mains, Zaza se fait percuter par l'arrivée en trombe de Rigoud, le chien de Bastien. Zaza défaillit. Laisse tomber son butin et saute dans les bras de son petit cousin.
Gilbert ramasse les quelques pièces échouées au sol puis balaie d'un revers de pied tant d'espoirs et de courage abandonnés sur un bout de papier.

974 caractères sans espaces

Contribution du : 09/01 10:27:19
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Re : Micro-nouvelles
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- Duo de ses bas -


Cheminant vers l’amour, je lus dans ses pas, ligne de l’abandon, que des flots-mousseline cachaient à l’horizon ; une bande de soie noire, à l’orée du désir, sur le haut de ses jambes, rehaussées d’aiguilles mauves, qui perçaient mes yeux bleus, un soupçon amoureux.
Elle avança heureuse, sur le pont des soupirs, joua sur le pavé de la musique-amour. J’écoutai en silence le refrain incessant, de ses tiges de fleur que caressait la bise.

Elle s’arrêta ici, se pencha vers le fleuve, alors je l’imitai, piégé par son regard. Puis elle fit demi-tour, guidée par la foudre ; éclair de passion qui me réchauffa l’âme.
Et le souffle d’Éole s’engouffra coquin, sous sa robe violine, me voilant un instant ses beaux yeux céladon…

Dans le haut de ses bas, mon futur se noya…




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Contribution du : 09/01 18:43:20
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Le menuisier des mots varlope ses pages.
Au sol, des virgules et points, copeaux de ses pensées...
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Re : Micro-nouvelles
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Be Fore

Maman est à la fenêtre, elle sourit. Ses yeux bleus semblent voir des merveilles. Je sais bien, moi, qu’il n’y a rien à voir si ce n’est la désolation, la poussière, le grand rien. Mais Maman oublie de plus en plus souvent. Elle se retrouve plongée dans ses souvenirs d’avant. Ça me plaît de la savoir là-bas autant que ça m’angoisse. Ses crises se rapprochent: bientôt elle m'oubliera totalement. Sur son visage qui se colore, j’observe le reflet des beautés passées dont elle nous à tant parlé. Ses traits s’apaisent.

-«Tu veux bien m’ouvrir la fenêtre ?»

-«Non, Maman. Tu sais bien qu’on ne peut pas, sans les épurateurs nous ne pouvons respirer.»

Son regard s’opacifie, un son terrible semble émaner d’elle, cette plainte s’intensifie jusqu’à devenir absolument insupportable. Maman se souvient et c’est la souffrance du souvenir qu’elle nous crie, la souffrance de celle qui sait. Je pose mes mains sur ses épaules, la fait asseoir. Je reste à ses côtés et attends qu'elle me raconte.


Commentaire(s)

Contribution du : 05/02 10:41:45

Edité par SQUEEN le 5/2/2019 14:27:06
Edité par SQUEEN le 5/2/2019 14:29:35
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« Et dans la Ville Natale où tous sont tiens, je me sentis perdu. »
Raymond QUENEAU Saint Glinglin
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