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1 Utilisateur(s) anonymes
Re : Remerciement et cacahuètes |
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Re : Remerciement et cacahuètes |
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Bonjour Larivière,
Je vous remercie d’avoir pris le temps de longuement « disserter » sur mes humbles propos, même si l’interprétation que vous en faites m’a quelque peu surpris. Lorsque vous développez, avec brio, vos conceptions, je découvre que vous vous servez de moi comme d’un bouc émissaire auquel vous prêtez des idées que je n’ai jamais formulées. Je me sens victime de l’amalgame : « tous dans le même panier » manié par ceux qui se simplifient les choses pour mieux caricaturer et se hisser au-dessus de la plèbe intellectuelle, qui ne peut être que de droite. Je rappelle que le point de départ de cet échange est votre satire - humoristique, certes, mais acérée - sur la beaufitude qui touche nombre de nos concitoyens : mièvrerie des modes de vie, assortie d’un attrait marqué pour un parti politique d’extrême droite aujourd’hui favori des sondages. Je me suis permis, et me suis amusé, à modestement « embrayer » sur votre satire en convoquant une autre chanson bien moins enfantine (Ces gens-là, de Brel), partageant votre constat et en soulignant ainsi l’acuité. Ce site invitant les commentateurs à consigner les réflexions suscitées par les textes, je me suis senti autorisé à poser la question du « pourquoi » de cette évolution sociétale à la baisse. Ce faisant, je n’ai pas l’impression de dériver du thème de votre chansonnette, puisque j’en fais la source de mes interrogations. J’ai esquissé trois « pistes » pour tenter de proposer quelques explications sur cette évolution sociétale. Lesquelles sont tout à fait discutables, je l’admets volontiers. Mais où vous me choquez, et surtout me surprenez, c’est quand vous écrivez : « vous défendez ce beauf » …« votre réquisitoire pro-bidochon »… « votre Gérard »… dans une sorte d’assimilation discursive infondée que je conteste fermement. Si vous toussez, vous n’allez tout de même pas accuser le médecin qui s’interroge d’être l’avocat des bronchites. « Je n’ai pas de compassion pour les Gérards », dites vous. On avait cru comprendre. Mais là où vous assénez des verdicts définitifs (QI de poule d’eau », « esprit critique de noix de Saint Jacques », « c… comme la Lune) qui réduisent et méprisent ceux dont vous parlez, j’ai préféré pour ma part adopter une approche plus rousseauiste, en m’interrogeant sur les causes profondes. Dans votre développement, je relève une antienne quelque peu obsessionnelle : vous convoquez CNews à tout bout de champ. Quiconque a regardé une fois ce média a tout de suite compris. Là où certains voient un instrument de propagande, je ne vois pour ma part qu’une entreprise commerciale détenue par un entrepreneur opportuniste qui a trouvé le bon filon pour se faire des audiences lucratives. Elle ne fédère et n’attire que des convaincus, et en faire un leitmotiv revient, pardonnez-moi, à enfoncer des portes ouvertes. CNews ne trompe personne avec « ses gros sabots » (contrairement à France Inter qui va l’amble). Vous me reprochez ma mise en cause des « idéologies libertaires, socialistes ou progressistes ». Cela remonte à ma jeunesse : j’ai toujours été irrité par les idéologues du « niaka », ces moralistes qui s’érigent en élite autoglorifiante tout en s’affranchissant de la faisabilité réelle des choses. C’est d’ailleurs le terme « idéologie » qui me défrise le plus ici, bien plus que les adjectifs. Pour résumer, les nouveaux curés me gonflent. C’est pourquoi j’ai bien aimé vos propos rassurants concernant le fonctionnement économique. Pour ma part, je suis favorable à une redistribution plus juste des ressources du pays, qui devrait plutôt porter sur les rémunérations que sur la prolifération des aides multiples dont le principal défaut est de ne pas permettre de savoir qui gagne quoi. La prime au quémandage est devenue disproportionnée. Sachant que l’évolution de la répartition doit se faire dans la justice et surtout dans le souci constant de ne pas compromettre l’outil économique productif. Car si l’on décourage le pâtissier, les parts de gâteau se réduisent. On a vu des socialistes responsables s’atteler à la tâche, et accorder leurs convictions avec un discernement positif. Trop sérieux, ces gens-là ! Exit Mendès, Rocard, Jospin, Montebourg. Tous promptement balayés par leur propre parti. Car le progrès social, Monsieur, ce n’est pas une affaire de mous. Il faut du vacarme, du drapeau rouge, du fracas, du « grand soir », de la barricade, du tumulte, de la révolution... Les mesures sociales ne sont recevables que baptisées au folklore : ne jamais oublier le carnaval. J’en viens à l’école. Vous écrivez : « L'école…ne cherche pas à forger des citoyens capables de se servir de leurs cerveaux, bien au contraire. L'école sert à apprendre à lire, à écrire, à compter, jamais à réfléchir par soi-même » J’avoue hésiter sur l’interprétation à donner à cette phrase. Exprime-t-elle un constat de ce que vous regrettez ou votre vision de la mission de l’institution ? Car lire, ce n’est pas seulement déchiffrer : c’est comprendre, classer, douter, parfois contester. Écrire, ce n’est pas seulement faire du graphisme : c’est communiquer, raisonner, articuler et transmettre une pensée. Les maths, ce n’est pas seulement aligner des opérations : c’est assimiler la logique, travailler l’abstraction, pratiquer la rigueur. Ces fondamentaux ne sont pas des gestes mécaniques : ce sont déjà des exercices de pensée, la première charpente de l’intelligence en formation. Et si je n’aurais pas dû écrire que le beauf « naissait » à l’école, je persiste à croire que les carences de celle-ci le prédisposent à cet état. « L’entrée dans le moule culturel et social … qui crée des individus dociles… ». En est à l’abri celui qui, justement…a vu son intelligence s’éveiller. Cela dit un apprentissage minimal de règles de vie commune me semble indispensable. Surtout si les parents sont défaillants ou absents. Si j’osais, j’ajouterais que le concept de nation, voire de patrie, mérite lui aussi d’être enseigné, non comme un précepte, mais comme une réalité historique fondatrice de citoyenneté et d’identité collective. Mais je n’ose pas : trop de risques. J’en viens au paragraphe concernant le temps de travail, et à mon impérieuse envie de m’insurger à sa lecture 1°) « Vision archaïque de la valeur travail, dont la droite n’a pas le monopole » Je n’ai jamais écrit que la « valeur travail » était de droite. Ni jamais prétendu que cette droite en aurait le monopole. 2°) « les prolétaires étaient fiers d’eux-mêmes… » Nulle part je n’évoque ni ne mets en cause la fierté ouvrière. Je parle du rapport contemporain au travail en général, pas de l’histoire du mouvement ouvrier 3°) Vous évoquez votre profession, dont je sais qu’elle est particulièrement exigeante, surtout en ce moment. Mais ai-je jamais prétendu que tous les travailleurs seraient devenus oisifs ? 4°) Je défendrais l’adage : « l’oisiveté est mère de tous les vices » ??? Où ça ? Je ne l’ai jamais cité. 5°) Le temps libre favorise la réflexion, la culture, l’introspection. Je ne l’ai jamais nié. Mais on ne peut vivre que de ça. 6°) « Trop de travail abrutit ». Il y a certainement encore des cas de surcharge à considérer. Je ne défends pas le surtravail. Mais ce n’est quand même plus Germinal, du moins en France. 7°) Sénèque (qui n’avait pas la télé) : Vous pouvez bien inscrire l’otium dans la constitution. Mais il vous faudra mendier chez les Chinois pour remplir l’assiette. J’ai cherché un peu chez les anciens et, après Cicéron, on trouverait chez Horace, Ovide, Caton, Tacite des conceptions du loisir et du travail totalement opposées à Sénèque. Mon propos initial était de critiquer la réduction du travail à 35 h. - Parce qu’elle amorce une dérive dangereuse et que déjà s’amorce une glissade vers le chômage du vendredi. « Jour du seigneur » le dimanche, « Shabbat le samedi », « grande prière le vendredi ». Je vais de ce pas voir ce qui se passe chez les Brahmanes le jeudi. - Parce qu’elle précipite l’économie du pays vers une récession spectaculaire, et donc une perte des revenus. La culture ne peut être florissante si l’on réduit la dépense qui lui est consacrée. Car se ferment alors les théâtres, les librairies… - Enfin, et surtout, se cultiver nécessite curiosité, effort, dépassement de soi, envie de savoir…Ce n’est pas un loisir mou. Cela ne peut se faire que par une mise sous tension nécessitant de la volonté. Or le travail, par nécessité, oblige à cette mobilisation et à cette concentration en sollicitant le cerveau. Il y a donc similitude entre les efforts. Dans les deux cas, il s’agit de se tenir en éveil, de ne pas se laisser aller, de lutter contre la pente naturelle de la facilité. Le cerveau est comme un muscle : trop de repos l’affaiblit. S’ensuit une capitulation intérieure. Ainsi naît le beauf, qui se satisfait de sa torpeur. J’en viens à votre conclusion, foisonnante et tous azimuts. Je ne me permettrai d’en tirer que ces quelques réflexions : - Je ne prétends pas que le déclassement n’a pour causes exhaustives que celles que je relève. Mais je persiste à en affirmer la gravité. - Vous invoquez une haine de l’intellect, révélatrice de populisme, alors que je m’insurge contre des moralistes, et des idéologues, en décrivant des erreurs factuelles. - Qui orchestre réellement ce « conditionnement social méthodique » que vous dénoncez ? La question rappelle l’énigme de l’œuf et de la poule : les partis d’extrême droite fabriquent ils leurs émules ou ne font ils que recueillir ceux que le malaise a déjà façonnés ? Ces formations pondent elle des beaufs, ou les beaufs ont-ils bâti eux mêmes leur Marineland, ce poulailler song où ils se rassemblent, se réfugient, et se barricadent…surtout si le méchant renard, flanqué de sa légion étrangère, persiste à effrayer. Un renard roué qui amadouera en faisant patte de velours à l’approche des échéances. À mon humble avis, ce poulailler est un tigre de papier, sans fondation ni charpente, que le vent qui l’a amené finira par emporter - « La mondialisation capitaliste…. Superbe passage, très solidement argumenté, et auquel, au risque de vous surprendre, j’adhère pleinement. Sauf que cette pression mondiale n’a même pas besoin d’être vantée. Elle est imposée par les GAFAM et leurs clones orientaux, qui sont déjà les nouveaux maitres du monde. Je vous défie de trouver le moyen de vous y opposer. L’algorithme est un goinfre, qui ne craint ni douane, ni armée, ni contre-pouvoir. On peut intercepter une bombe, pas un bit. Je m’arrête ici. Il n’y a certainement plus un seul onirien à ce stade. Vous-même, je vous sens un peu las….
Contribution du : 19/07 17:48:18
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Re : Remerciement et cacahuètes |
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Hé ho, youyou, y’a quelqu’un ? Je suis là moi Mohktar, je vous ai lu jusqu’au bout. J’ai vraiment pas le temps pour rentrer dans un débat aussi complexe, mais je trouve qu’il y a de bons arguments des deux côtés… Et puis j’ai appris des choses intéressantes, par exemple, que Lariviere aimait les quenelles (j’adore celles de brochet sauce Nantua) personnellement) Concernant vos propos sur les aides sociales, Mokhtar, puisque vous vous posez la question de qui gagne quoi, je ne peux pas répondre pour tout le monde, mais pour ma part, je bénéficie de l’AAH tous les mois à cause de ma bipolarité. Si je suis stabilisé depuis des années (grâce à un traitement qui fonctionne), il me faut un environnement calme, pas de stress (c’est point S, beaufitude assumée), des horaires de travail fixes, je fais un tiers temps, une vie plutôt stable sans chocs trop brutaux… J’ai travaillé durant des années en cuisine, en boulangerie et dans la grande distribution. Je n’avais jamais de week-end, quand j’ai débuté et pendant de longues années de ma carrière professionnelle, il n’y avait pas les 35 heures, je n’étais pas vraiment bien rémunéré par rapport aux nombres d’heures que je faisais, tout au plus j’avais 4 ou 6 heures supplémentaires payées à 125 % alors que je faisais des journées entre 12 et 14 heures, quelle générosité de la part de mes employeurs ! J’ai des années de cotisations sociales que je ne récupérerais jamais puisqu’elles n’ont pas été retirées de ma fiche de paye qui ne valait pas un SMIC, si l’on compare le nombre d’heures et ma rémunération… Enfin bref, je ne vais pas faire mon Caliméro et comme je vous l’ai dit, je n’ai pas vraiment le temps, mais pour enfin répondre à votre question qui gagne quoi, je gagne tout juste le SMIC grâce à l’AAH et le travail que j’effectue. Je dois mon salut au fait que je vis dans une maison qui appartenait à mes parents. Mon père est décédé et ma mère qui est en maison de retraite me laisse vivre dedans, sinon je serais dans un HLM je ne sais où… Vous évoquez Lariviere et vous-même le rôle de l’école et c’était le but premier de mon intervention. J’ai 2 livres à ce sujet chez moi qui sont assez intéressant. Je vous laisse les résumés. Désolé de ne pas avoir plus de temps pour rentrer dans le débat ou d’étayer mieux mes propos… Ivan Illich « Une société sans école » « L’école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes, autant de faux progrès qui consistent à produire des élèves dociles, prêts à consommer des programmes préparés par les “autorités” et à obéir aux institutions. À cela il faut substituer des échanges entre “égaux” et une véritable éducation qui prépare à la vie dans la vie, qui donne le goût d’inventer et d’expérimenter. L’auteur de Libérer l’avenir poursuit ici sa recherche, pour les nations riches ou pauvres, d’un autre mode de vie : l’école doit pouvoir devenir le principal lieu d’une rupture avec le conformisme. » Alexander S. Neill Libres enfants de Summerhill (préface de Maud Mannoni) « Summerhill, c’est l’aventure d’une école autogérée fondée en 1921 dans la région de Londres. Son fondateur, [le psychanalyste] A. S. Neill […], a mis les découvertes psychanalytiques au service de l’éducation. [Il] s’est dressé contre l’école traditionnelle soucieuse d’instruire mais non d’éduquer. Il s’est dressé contre les parents hantés par le critère du succès (l’argent). Il s’est insurgé contre un système social qui forme, dit-il, des individus “manipulés” et dociles, nécessaires à l’ensemble bureaucratique hautement hiérarchisé de notre ère industrielle », écrit Maud Mannoni dans sa préface. Libres Enfants de Summerhill, publié aux éditions François Maspero en 1970, dix ans après sa première publication à New York et dans le bouillonnement de l’après-Mai 68, est devenu en quelques années un best-seller et s’est vendu à plus de 400 000 exemplaires. Depuis sa parution, l’expérience éducative originale décrite dans cet ouvrage a suscité de nombreux débats pédagogiques et contribué à lancer la question des droits de l’enfant. L’école autogérée de Summerhill, malgré les controverses dont elle a pu et continue de faire l’objet, accueille toujours des pensionnaires. » « Ouvrage de référence […], livre culte. » Libération « La relecture de cette expérience fait ressortir avec force le contraste avec les idées dominantes en cours sur l’éducation. » L’humanité
Contribution du : 19/07 19:11:16
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Re : Remerciement et cacahuètes |
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Bonjour Polza, lecteur endurant.
Quand j'ai évoqué les aides, c'était nullement dans l'intention d'en contester le principe. Toutefois, l'on peut comparer le niveau de vie entre deux citoyens, l'un gagnant 100€ de plus parce qu'il fait des heures de supplémentaires, atteignant ainsi un seuil où il n'a droit à rien, et l'autre qui obtient tout ce qu'il veut. Au moment de payer l'impôt sur les revenus, le premier, disposant de moins moyens, est cependant plus taxé. Mais mon propos n'était pas ce contester les aides sociales indispensables. Je vais essayer d'aller voir par curiosité du côté des ouvrages que vous citez. Dans mon laïus, je me borne à évoquer l'indigne niveau de l'enseignement en France, dénoncé par bien des études, et dont je pense qu'elle pénalise le citoyen français. Par contre, je suis tout à fait incompétent pour définir les options pédagogiques optimales, telles que celles proposées par vos ouvrages. Toutefois, j'ai un peu l'intuition que l'IA pourrait devenir un outil majeur. Mais "chut", cela reste entre nous. Merci encore pour votre lecture et votre intervention.
Contribution du : 20/07 09:16:35
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Re : Remerciement et cacahuètes |
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Rassurez-vous Mohtar, je ne vous ai pas attribué des intentions que vous n’aviez pas, je répondais simplement à votre question « Qui gagne quoi » en vous parlant de ma situation personnelle. Moi-même, je bénéficie d’aides sociales qui font partie intégrante du système de solidarité français… je n’en occulte pas moins qu’il existe également des détournements d’aides, ou que certaines personnes (peu importe l’origine, la religion ou la couleur) abusent de ces aides sociales. Tenir ce genre de discours ne revient pas, selon moi, à donner de la crédibilité à l’extrême droite, c’est au contraire nier cette réalité qui contribue à faire le jeu du RN… Après, je suis d’accord avec Lariviere, ceux qui abusent le plus du système ne sont pas ceux à qui l’État attribue des aides sociales, mais ceux qui profitent des mécanismes liés aux paradis fiscaux (sans oublier que c’est souvent parce que certaines lois ont rendu cette « optimisation fiscale » légale…) On parle d’environ 10 à 13 milliards d’euros de fraude sociale et de 80 à 100 milliards d’euros de pertes liées à la fraude ou à l’évasion fiscale, selon certaines estimations, l’écart mérite d’être souligné… Je ne justifie pas plus une fraude qu’une autre. Il est tout de même à noter que les effectifs consacrés au contrôle fiscal ont diminué de 4000 postes depuis 2010. Plus globalement, de 2008 à 2024, plus de 30 000 emplois ont été supprimés, représentant un quart des effectifs totaux de la DGFiP, je pense que le message est assez clair pour m’éviter de développer ce que j’en pense… Enfin bref, il y a de gros efforts à faire des deux côtés, et il est vain d’opposer la fraude sociale à la fraude fiscale, d’un côté comme de l’autre, ça reste de la fraude et ces milliards perdus ne participent pas à l’effort collectif qui fait que beaucoup de pays nous envient notre système social qui se délite de jour en jour… Je comprends votre désarroi et vos propos sur l’impôt. J’ai plusieurs fois entendu les mêmes propos de personnes qui travaillaient vraiment dur et qui étaient toutes sans exception exaspérées de cette situation. Par cette phrase, je n’insinue pas qu’il y a des bosseurs d’un côté et des fainéants de l’autre ! Pour ma part, je pense que tout le monde devrait en payer, tout le monde devrait participer à cet effort collectif dont je parlais. Au prorata de ses revenus bien évidemment, mais par exemple, une personne qui perçoit le RSA devrait payer 5 à 10 € d’impôts sur le revenu par an. C’est symbolique, ce n’est pas ça qui résoudrait tous les problèmes économiques, mais personnellement, je trouverais normal de demander à chacun de faire un effort (toujours ce fameux effort collectif), aux responsables politiques en premier ! Mais bon, qu’attendre de personnalités politiques qui, pour rester dans le thème du concours de poésie, profitent du pantouflage afin de servir leurs propres intérêts et non ceux des Français (quand je dis Français, cela englobe également ceux d’origine étrangère, pas seulement le petit blanc indigène…) De rien pour l’intervention, vous me devez 15 balles pour ma participation à l’effort collectif du débat ![]()
Contribution du : 20/07 11:08:41
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Re : Remerciement et cacahuètes |
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Bonjour Mokhtar,
Je vous remercie de votre réponse. Pour le coup, j'avoue que je suis assez déçu de votre intervention, à la différence de Polza (qui voit toujours les choses positives, c'est tout à son honneur). En fait, j'ai l'impression que vous ne m'avez pas bien lu, pas bien compris, pas bien saisi dans mes réflexions, la faute peut être à mon discours. Je ne sais pas. Je savais que nous ne serions pas d'accord sur de nombreuses choses et ça ne me gênait pas plus que ça, mais j'ai le regret de vous dire que je n'ai pas bien compris votre démonstration, je n'ai pas compris la ligne directrice de vos contre-arguments, j'ai trouvé que vous tapiez à côté de ce que moi j'avais voulu exprimer et si, vous, vous trouvez que ma conclusion est tous azimuts, j'ai eu l'impression d'un discours un peu "ondulant", parfois même contradictoire. Sinon, quelques petites choses. Je n'ai aucune obsession sur C News, si vous lisez bien ma réponse, je n'axe pas du tout mon développement sur cette chaîne, j’explique à mon tour les raisons de sa montée dans le paysage médiatique et, juste, je vous rappelle que c'était quand même le sujet de ce poème. Poème qui est à l'origine de ce fil, fil qui n'aurait pas lieu d'être sinon. Ensuite, il faudrait peut-être relire votre commentaire, mais j'ai l'impression que vous ne réalisez même pas ce que vous exprimez dans celui-ci. Le réquisitoire pro-Bidochon, je ne l'invente pas. Encore une fois, relisez-vous. D'ailleurs, voilà l'exemple même de ce qui me semble être une contradiction (et pas la seule !), vous dites que je me trompe en lisant votre com comme une défense du "Gérard" (votre propre expression que vous me reprochez presque de reprendre) dans "une assimilation discursive infondée" que vous contestez (pourtant du début à la fin, vous défendez le beau à qui vous trouvez toutes sortes de circonstances atténuantes que je réfute personnellement et vous finissez avec une blague potache sur le Gérard qu'on oblige à donner ses cacahuètes à Rachid… (j'ai d’ailleurs bien saisi le jeu de mot amusant… ) et dans le même temps vous me reprochez du mépris dans mes affirmations péjoratives (qui le sont, je l'assume sans hésitation !) en vous targuant d'une approche "rousseauiste" (?) qui cherche les causes profondes. D'abord, et encore, j'assume complètement mes propos péjoratifs, qui sont juste une extension de la caricature que j'ai exprimée dans cette chansonnette. Malheureusement la réalité dépasse la caricature souvent, et j'avoue ne pas comprendre que vous ne trouviez pas plus de "vérité" à propos du niveau intellectuel faible de ces personnes. Là-dessus, permettez-moi de vous dire que vous êtes un peu hors sol, ou dans le déni, car je discute souvent avec des beaufs (oui, c'est le terme) et je suis souvent atterré par le faible niveau de culture et de réflexion. C'est un fait objectif à mes yeux. Alors le fait de rappeler une vérité péjorative pour certains doit être réduit à du mépris ? Je ne pense pas. Et pour tout vous dire, je me moque un peu, vu votre réponse, de savoir que vous preniez ça pour du mépris de classe ou d'idéologie. En réalité, c’est bien dans l’air du temps de voir toute critique des "beaufs" comme du mépris de la gauche bien-pensante, et de plus c’est ce qui me semble encore la preuve que vous n'avez pas compris grand-chose à mon raisonnement (vous citez ce terme d'ailleurs comme étant un argument dans ma parole, alors que dans mon intervention je ne fais que critiquer l'idéologie, qu'elle soit de gauche ou de droite). Ensuite et pour finir sur ce point du "beauf", vous dites que vous recherchez les causes profondes. Excusez-moi, mais je n'ai pas appréhendé cette recherche, et si nous avons quelques points de convergence visiblement, notamment sur la mondialisation capitaliste, nous avons encore beaucoup de points de désaccord sur les "causes profondes" de cet abrutissement culturel et social. Et je ne partage vraiment rien de votre développement sur la valeur travail, le rapport entre travail et "mise sous tension cérébrale" qui aboutit au fait de se cultiver (dans un glissement intellectuel qui me parait "étrange" dans votre démonstration) et sur votre logique qui en vient à en déduire que c’est la perte de la valeur travail qui engendre l’abrutissement (là encore !) et "qu’ainsi nait le beauf qui se satisfait de sa torpeur"… Effectivement, non seulement je ne partage en rien votre analyse, mais je pense exactement l’inverse. Mais je vais pas me répéter. Sinon, sur l'école qui n'apprend pas à réfléchir. Vous vous interrogez pour savoir si je pose un constat ou si c'est ma vision de l'institution. Franchement, là-dessus, je m'interroge à mon tour. Comment pouvez-vous lire le passage que j'ai écrit et ne pas comprendre mon positionnement ? ... Encore une fois, relisez-moi si vous en avez le temps et le courage. Je crois que c'est assez clair. Ensuite sur le travail, vous dites : 4°) Je défendrais l’adage : « L'oisiveté est mère de tous les vices » ??? Où ça ? Je ne l’ai jamais cité. Vous ne l'avez jamais cité. C'est exact. Mais vous dites : "Cette réforme a sonné la fin de la valeur travail, jusque-là marqueur identitaire de l’individu, soudain mué en chasseur de temps libre." Vous parlez aussi du "coq devenu lézard" (l’image d’ailleurs là encore est assez belle)… Est-ce que vous réalisez quand même qu'il y a un parallèle dans ces affirmations (et dans le développement qui suit, mais qui est plus "riche" et plus intéressant, je l'admets…) ? et l'adage, ou est-ce que vous allez m'accuser de ne pas avoir compris le sens de votre propos profond et de ses "insinuations" ? Enfin, je précise que quand je parle de la haine de l'intellectuel, je parle de l'extrême droite et pas de vous. Je n'ai en effet rien relevé de cela dans vos propos et je ne pense pas que ce soit le cas. Voilà ce que je tenais à vous dire. Je finis en vous disant que si je ne partage pas grand-chose sur le fond profond et que j’ai parfois du mal à suivre vos liens logiques, j’ai apprécié la forme, le ton et les images, que j’ai trouvés céliniennes parfois et truculentes souvent. Je vous souhaite une bonne soirée.
Contribution du : 20/07 19:03:41
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Re : Remerciement et cacahuètes |
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Bonjour Lariviere,
Pour détendre l'atmosphère de ce fil remerciements que je trouve particulièrement lourd et épais, une petite info que j'ai reçu d'un de mes anciens contacts pros (je vous rassure : je ne dévoilerai ici ni ma profession, ni mes ennuis de santé, familiaux, judiciaires, de voisinage...). Dans le cadre du centenaire du peintre Claude Monet, un nouveau jeu en partenariat avec l'Académie des Beaux Arts vient de sortir, ça s'appelle "Dans le jardin de Claude Monet" édité par.... Pirouette Cacahouete ! ![]()
Contribution du : 21/07 13:00:54
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Re : Remerciement et cacahuètes |
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Excellent !
Merci pour ce petit moment de détente Pussicat !... et désolé pour la lourdeur... ;) Merci aussi pour votre lecture et votre commentaire. Comme Polza, vous auriez bien vu cette chansonnette plut entrainante, calqué sur la forme de la comptine. Ce n'était pas l'intention, mais l'idée est intéressante ! Bonne journée à vous !
Contribution du : 22/07 06:50:30
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@ Lari
Bonjour Larivière, Je pense effectivement qu’il existe entre nous des incompréhensions largement réciproques, et qu’il vaut mieux éviter de trop épiloguer. Permettez-moi toutefois quelques dernières précisions. Nous sommes d’accord sur la misérabilité du beauf ; là n’est pas notre divergence. Dans votre texte, vous le condamnez et le ridiculisez. Moi, dans mon commentaire, j’essaie de comprendre pourquoi il en est arrivé là. Comprendre, ce n’est ni excuser, ni défendre. « L’approche Rousseauiste », c’est en référence à l’idée que « l’homme naît bon et c’est la société qui le corrompt ». J’essaye donc de formuler des hypothèses sur les causes et les responsabilités collectives du délitement. Lesquelles, je l’admets, sont tout à fait discutables. Mais qu’on extrapole ces réflexions pour me transformer en défenseur du personnage est une contre-vérité qui m’indigne. Et ne fait que détourner la discussion de fond pour la réduire à un procès d’intention. Enfin, je ne vous reproche pas d’avoir repris mon expression « Gérard », mais de l’avoir transformée en « VOTRE Gérard ». « Conclusion tous azimuts » n’a rien de péjoratif sous ma plume. Je voulais seulement indiquer qu’il aurait été pour moi trop laborieux d’entrer dans le détail dans ce texte dense et personnel, même si j’en avais eu l’envie. J’ai évoqué la nécessité d’une « mise sous tension cérébrale » en regrettant surtout une baisse « quantitative » d’activité qui ramollit l’esprit (-10% de travail + 2% de repos), et qu’ainsi s’émousse l’envie de se cultiver. Je n’ai jamais parlé de « glissement intellectuel », mais d’effort de concentration. Vous n’êtes pas d’accord : je le respecte. Mais je maintiens que travailler maintient l’individu en éveil, et qu’il l’oblige à rester l’acteur de sa propre vie (plutôt que l’offrir aux facilités qui le sollicitent). Quant à la « perte de la valeur travail », elle est une conséquence observable, qui fait qu’on élimine son activité professionnelle du sens et de la dignité qu’on donne à sa vie. Vous n’allez pas me croire, mais je connais des retraités désemparés parce qu’ils se sentent inutiles sur cette terre. « L’école qui n’apprend pas à réfléchir ? ». Je suis désolé : je réitère qu’un apprentissage soigné du lire, écrire et compter sollicite les structures mentales. Et que de surcroît, faute de ce basique, l’on ne peut ni accéder à la culture, ni communiquer ; la réflexion reste emmurée. Je serais bien incapable de vous psychanalyser pour comprendre pourquoi vous subodorez que je considérerais (sans l’exprimer) que le « chasseur de temps libre » est un vicieux. Vicieux, le Gérard enfumé par son barbecue ? En fait, je me demande si je n’aurais pas préféré qu’il le soit. L’éloge du vice : beau thème de forum… mais je m’égare. Je ne voudrais pas conclure sans vous remercier pour votre patience et pour le temps consacré à m’honorer de votre contradiction. Elle confirme cette ouverture d’esprit que l’on vous reconnaît sur ce site.
Contribution du : 22/07 07:07:27
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Re : Remerciement et cacahuètes |
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Maître Onirien
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Bonjour Mokhtar,
Je vous remercie à votre tour pour votre tolérance à mon égard et votre patience.. ;) Et merci pour ces quelques éclaircissements que j'ai tout à fait compris cette fois. Je pressentais d'ailleurs que votre réflexion était plus subtile que ce qu'il me paraissait à la lecture et j'avoue qu'avec ces précisions nous pouvons nous retrouver sur beaucoup plus de choses. Désolé, donc, pour le procès d'intention. Voilà pour l'épilogue qui fera plaisir à beaucoup !... ;) Bonne journée à vous !
Contribution du : 22/07 07:19:51
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... "En dehors du chien, le livre est le meilleur ami de l'homme. En dedans, il fait trop noir pour y lire" Groucho Marx. |
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