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1 Utilisateur(s) anonymes
Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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Expert Onirien
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27/09/2014 00:27 Groupe :
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Je sais pourquoi j'écris. Ce n’est pas une distraction, un passe-temps, je n’ai plus d’activité professionnelle pour raisons personnelles ; et comme je l’avais affirmé dans l’un de mes textes présent dans le catalogue de ONIRIS « Les météores » : J’écris parce que je ne sais pas quoi faire d’autre pour me sauver des peurs qui m’anéantissent.
Ce n’est pas une figure de style, c’est une nécessité. Écrire me donne un sauf-conduit, un permis de vivre mieux l’instant d’après. Je sais pourquoi j'écris et je sais aussi que je ne publie pas pour plaire. Mais certains retours sur le texte « Printemps frais » ont sérieusement remis en question mes bases. Je m’explique. Lorsque j’écris « je ne publie pas pour plaire » cela n’implique pas l’indifférence aux retours que je lis et demandent parfois autour de moi auprès de mes amies, de mes amis. L’avantage pour celles et ceux qui me lisent (mais qui peut se muer en inconvénient) est qu’ils et elles me connaissent et commencent à connaître mon vocabulaire, ma langue, mon écriture comme : l'absence de ponctuation (souvent reprochée sur ONIRIS), les néologismes, les inventions de verbe, de mot, l’absence de rimes (si elles existent c’est qu’elles s’imposent). Je m'attelle à forger depuis près de 40 ans une langue, une écriture, un vocabulaire poétique (sans prétention) qui défrichent des buissons de ronces pour atteindre un objectif qui s'éloigne à mesure que je tranche, mais c'est mon idéal, mon moulin à moi. Il est vrai que je demande un effort au lecteur, à la lectrice. Il est vrai que mes textes ne s’offrent pas à la première lecture, je suis même consciente qu’il m’arrive parfois d’avoir cette impression de rechercher une obscurité pour cacher (me cacher ?) mes véritables intentions. Et encore, je ne propose au comité de lecture de ONIRIS que des textes que je pense susceptibles d’être acceptés. Et c’est le point que je voulais éclaircir auprès de vous : mon écriture m’implique dans ma chair. L’acte d’écrire me fait aussi mal qu’il me délivre. Sur ce, je veux remercier tous les contributeurs et contributeuses qui ont lu mon texte et laissé un commentaire, cela revêt une importance que vous n’imaginez pas. J’ai osé penser que certains et certaines d’entre vous ont plus ou moins saisi mon entreprise comme : Cyrill, EtienneNorvins, Polza. Myndie, Larivière. L’absence de ponctuation (récurrente dans mon vocabulaire) est un choix pour mettre en valeur le rythme, la musique… La lecture peut en devenir fastidieuse, je le reconnais, mais je ne recherche pas la facilité, je cherche quelque chose que je ne trouverai sans doute jamais. Des vers comme : « L’héritage est volée poussière / avant lever des soleils fous » m’est d’une grande clarté. Inutile de s’accrocher à un passé révolu, l’à-venir est seul gage de promesses. « Quand roule éprise l’amoureuse... », même si elles sont belles, transgressives, les amours sont passagères et parfois source de chagrin. « Si chaîne étamée close en paix... » ne croyez pas que vous êtes libre, le Printemps est lui seul signe de renouveau. « Mordez la main, soyez féroce... » est une adresse : à moi-même, aux forces naturelles mais aussi au lecteur. Polza, votre lecture me conforte dans mon travail de recherche poétique. Myndie, tu cites deux auteurs de chevet (Michaux et Eluard : je relis actuellement « Capitale de la douleur » !), liste trop longue à laquelle j’ajouterai René Char, Rimbaud… Et tu mets l’accent sur l’idée force des contraires, une étoile qui me guide. LeChevalier, Passant75, Provencao, rendu, je comprends votre réticence, votre pas d’écart : je ne suis pas adepte de la versification académique, de la phrase scolaire : sujet, verbe, complément. Il m’arrive de commettre ce genre de poésie, par distraction, délassement, mais elle ne correspond pas à qui je suis. Il n’existe pas une poésie. Le rythme, avec la musique, sont mes rails. Quant à la beauté, cela se discute. Ce texte est une tentative de renaissance poétique tirée d’expériences personnelle, écrit dans un vocabulaire, une langue, que je forge depuis des années et qui m’appartient. Et contrairement à ce que j’ai pu lire en commentaire : « … vers jetés à l'emporte pièce », j’ai ouvert ce texte en 2020. J'ai commencé à travailler sérieusement dessus en 2022 pour ne plus le lâcher. C'était ma tâche quotidienne, parmi d’autres. En 2025, j'ai considéré avoir poussé le travail d'élagage à son terme pour un résultat qui correspondait aux contours de mon projet - sans doute perfectible, sans aucun doute, mais je ne trouvais pas d'autres voies. J'ai réalisé quelques changements avant de le proposer. J’aime à penser que l’obscure clarté qui me guide trouvera son chemin, un jour…
Contribution du : 11/07 13:54:28
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Re : Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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Expert Onirien
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08/04/2022 10:50 De Tannhäuser Gate
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Merci pour ce retour sur commentaires d'une grande richesse et d'une grande confiance envers nous tous et nous toutes...
Vous écrivez avec le sang bleu de vos veines, c'est tout à votre honneur, même si ça doit sûrement faire mal...(je ne plaisante pas, pour une fois !)
Contribution du : 11/07 14:50:18
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« Deviens ce que tu es » |
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Re : Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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Maître Onirien
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31/01/2014 22:04 De quelque part entre ciel et terre
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Bonjour Pussicat,
Merci infiniment pour ce retour si sincère et éclairant. L'écriture comme « sauf-conduit », c'est une définition magnifique et douloureuse ; on la ressent dans ta poésie qui, certes, ne cherche pas la facilité, demande un effort, mais c'est précisément ce qui fait sa force et sa singularité. Je suis ravie que mon clin d'œil à Éluard et Michaux ait résonné avec tes lectures et si je peux me permettre : continue sur ta propre route, ta voix poétique est précieuse. ![]()
Contribution du : 11/07 14:56:54
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"Les mots peuvent être "impuissants" et pourtant ils sont tout ce que nous avons pour étayer nos ruines". Joyce Carol Oates |
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Re : Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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Chevalier d'Oniris
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26/12/2025 17:32 Groupe :
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Bonjour et merci de ce retour qui ne me surprend pas vraiment. Pour autant, voudriez-vous nous dire ce que signifie « la Pétarque » dans votre langue ? Avec un autre utilisateur, nous nous sommes bien remué les méninges en tâchant de comprendre.
Contribution du : 11/07 16:17:53
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Re : Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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Onirien Confirmé
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18/06 17:08:47 Groupe :
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Bonjour Pussicat
Et bien, en ce qui me concerne, je vois dans cette écriture un outrage à notre si belle langue française et nombreux sont ceux qui doivent se retourner dans leur tombe en ayant lu un charabia pareil. Bien à vous rendu
Contribution du : 11/07 17:06:40
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Re : Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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Maître Onirien
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24/02/2015 19:46 Groupe :
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Merci pour ce retour intéressant. Je ne voulais pas vous froisser en mon commentaire. Ce n'était pas mon souhait.
Cette difficulté dont vous parlez ne doit pas vous mener à l’abandon de la raison, et de l'expression écrite. Elle vous suggère seulement que personne ne sait ce qui se passera dans nos écrits... Je trouve fabuleux qu’il existe encore de l’imprévisible dans nos textes, nos pensées déposées . Et ça, c’est plutôt une bonne et belle nouvelle...et Prenez plaisir en votre plume! Au plaisir de vous lire, Cordialement
Contribution du : 11/07 18:11:21
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" La poésie libère la magie des mots" Stéphane Jean |
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Re : Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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Expert Onirien
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27/09/2014 00:27 Groupe :
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Sur les demandes d’explications and more
Polza craqûre existe bien : Fissure ou rupture partielle sur un objet ou matériau résultant d'une contrainte, vérifié dans le dictionnaire lalanguefrançaise.com, je ne sais pas si cela vaut source fiable;) en revanche j’ai pensé qu’il était préférable à craquelure, dans cette forme ramassée, plus violente à la lecture. Pétarque Je reprends la réponse que j’ai transmise à LeChevalier et EtienneNorvins . Je suis partie du nom générique "pétrel" pour créer la Pétarque, un oiseau imaginaire issu de mon bestiaire (créé pour le son) qui vient renforcer ce lien d’hymne à la nature qui traverse tout le texte, avec, en référence cachée voire hermétique, le poète Pétrarque qui planerait dans les hauteurs / avec pour corollaire l'aspect fragmentaire de la construction des vers. Comme pour dire : vas-y, lance-toi, prends ce printemps, ce renouveau comme il arrive, te pose pas de question, regarde la pétarque comme elle est libre. Comme une assurance vie me plaçant sous l’égide de Pétrarque (avec l'humilité qu'il convient). D’accord, c’est un peu tiré par les cheveux mais je lisais le son « Pétarque » claquer au vent comme jamais, il correspondait à mon projet. Provencao Comment pourrais-je vous tenir rigueur de ne pas avoir « saisi le pouvoir qu’exerce en secret ce chaos. » ? Vous l’avez lu et posté un commentaire, cela est déjà beaucoup ! rendu Je vous rends grâce de votre lucidité : « nombreux sont ceux qui doivent se retourner dans leur tombe », ils et elles n’ont pas attendu Oniris pour cela ; « charabia » m’étonne sous votre plume. L’Autre À force de m’écrire Je me découvre un peu Je recherche l’Autre J’aperçois au loin La femme que j’ai été Je discerne ses gestes Je glisse sur ses défauts Je pénètre à l’intérieur D’une conscience évanouie J’explore son regard Comme ses nuits Je dépiste et dénude un ciel Sans réponse et sans voix Je parcours d’autres domaines J’invente mon langage Et m’évade en Poésie Retombée sur ma Terre J’y répète à voix basse Inventions et souvenirs À force de m’écrire Je me découvre un peu Et je retrouve l’Autre. Andrée Chedid
Contribution du : 16/07 19:01:06
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Re : Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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Expert Onirien
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27/09/2014 00:27 Groupe :
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Me suis-je égarée ? C’est possible. La forme ne conviendrait pas au thème ? C’est une voie que je suis ; comme l’évidence peut-être mordante parfois, assez, comme une gifle, vous rappelant l’exigence du devoir.
« La liberté de ponctuation à l’intérieur de ce corset strict provoque, me semble-t-il, une difficulté de lecture. L’affranchissement des règles n’a été que partielle. Or il me semble que la ponctuation dans la poésie contemporaine n’est jamais totalement absente, elle est en grande partie remplacée par des espaces, une disposition spatiale sur la page blanche, des blancs, des sauts à la ligne, etc. L’absence de signes graphiques de ponctuation ne signifie pas une absence de toute ponctuation. Ce poème est en quête de dynamisme, mais il manque d’un dynamisme spatial, visuel, d’une aération dans les hauteurs pourtant revendiquée, mais rendue impossible par le corset qui l’enserre. Comme La Relativité en physique depuis Eistein a rendu l’espace dynamique, peut-être faudrait-il aussi dynamiser l’espace et ses "blancs", dans lequel se déploie le mouvement du poème. » Comment vous remercier Louis de m’avoir fait comprendre que les apparences peuvent disparaître, comme un charme rompu, lorsque le travail est bâclé. Ah, l’entêtement de l’assurance, quelle vanité. « Ce n’est pas n’importe quel printemps. C’est un printemps personnel, un "re-nouveau", une saison de la vie, de cette vie personnelle de la locutrice, considérée non pas de façon indépendante et isolée de la nature, mais en communion avec elle. » C’est cela, entièrement cela, complètement cela. Mon absence de Oniris pendant ces dix années (depuis 2016) n’est pas le fruit d’une lassitude mais celui d’un long hiver où la dépression m’a tenue chaud ; trop de temps investi dans mon travail, trop de tout qui a fini par me faire dériver, seule, le regard sans horizon, plus de repères. Je me suis laissée glisser, sans résistance, les forces en présence étaient bien trop puissantes, dans ses sables mouvants jusqu’à demander à me faire hospitaliser craignant des accidents, jusqu’à accepter les traitements et la thérapie – je ne louerai jamais assez ma rencontre avec ce docteur et ces quatre années de suivi, d’analyse, appelons cela ainsi. Et curieusement, la période de crise sanitaire a correspondu au dégel, à un frémissement de réparation, à la reprise d’activités qui rythment un quotidien, comme l’écriture, à ce re-nouveau. L’interrogation qui traverse mes journées de travail, modestement, est encore et toujours celle-ci : ne penses-tu pas te fourvoyer P. ? Je m’aperçois que je ne propose à Oniris que des textes difficiles d’accès, comme si un désir enfoui de lire par retour mail mes propositions refusées m’animait. Ce n’est pas de voir, d’apprendre qu’un texte sera publié sur cet atelier qui me fait tressaillir les bourgeons, c’est le travail, c’est l’in-conçu, c’est l’avant même, la possibilité du travail, du faire, c’est une couleur qui imprime la rétine, un mot, un son, une note, une fraîcheur sur la peau le matin, la goutte de sueur qui coule, c’est ce printemps retrouvé, c’est la vie qui bat, c’est bon p… ! Je ne vais pas avoir l’outrecuidance (je le place celui-là !) d’écrire un commentaire sur vos commentaires Louis éblouie par leur précision, me sens comme dépiautée – mais cela n’est-il pas ainsi : le texte publié ne vous appartient plus. Comme cela est étrange, déroutant, très déroutant, de lire dans vos mots mes intentions, mes fondations, comme radiographiées, mises à nu. Cela n’est plus commentaire mais relecture. Il existe des lectures qui vous obligent, la vôtre est de celles-ci. http://www.oniris.be/poesie/pussicat-printemps-frais-13500.html#comment200436 Merci
Contribution du : 17/08 21:35:50
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« Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit » |
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Re : Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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Expert Onirien
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27/09/2014 00:27 Groupe :
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A Louis
Je reviens compléter des remerciements qui manquaient de profondeur, en bleu des extraits du commentaire de Louis. Tu as fort bien saisi cette première strophe qui introduit le printemps sans le nommer, il ne désire pas encore l’être, il semble vouloir se maintenir retenu, « effrayé » de sa propre nature, effrayé par sa propre puissance dont il connaît les conséquences comme vous le soulignez, effrayé tout autant par les attentes qu’il suscite, étonné peut-être, aussi, que cela semble être le moment de naître à nouveau et de faire naître, peur des responsabilités et des devoirs. « Il dort sous la glace effrayé il coupe l’herbe sous le pied des géants de pierre hémophile sous la veine le sang premier» Mais il ne peut retarder plus longtemps l’échéance et c’est bien lui qui fera couler « le sang premier » pour revitaliser, parce que c’est lui le déclencheur, c’est lui qui lance. Cette première strophe a été un véritable casse-tête, parce qu’elle devait être assez forte pour imprimer l’élan, lancer le poème dont je portais les germes sans avoir écrit un seul mot, une seule lettre, comme si il avait commencé son œuvre quelque part (c’est un questionnement que je travaille à côté des petits textes que je propose : pourquoi écrire, pour quoi, pour qui, comment naît un texte : un exercice de style, une imposition par thème donné, la question ne se pose pas. C’est en cela que l’écriture poétique porte à mes yeux un chantier permanent), et assez claire pour être saisie dès sa première lecture : je pensais vraiment que cette première strophe, habillée de végétal, de minéral et mue par cette puissance vitale qu’est le sang, portait avec clarté la graine de ce printemps, de ce re-nouveau, je me pose encore question de savoir si j’ai réussi l’entreprise. Le « printemps » personnel du poème, comme renouveau, comme régénération se trouve donc en convenance avec le minéral où coule le sang, où circule le feu, mais il est plus prompt que lui, et moins lent, et plus "vif" que ne le sont les lourds « géants de pierre ». En une sorte d’hylozoïsme ou de panvitalisme, une vie active est ainsi suggérée, partout présente, même dans le minéral, même dans la pierre. C’est une vie d’un long courage, d’une longue préparation, symbole d’une patience offensive, tenace, vigilante. L’un et l’autre, printemps et géant de pierre puisent dans cette force vitale, rouge de sang et de feu, mais l’un devance l’autre et lui « coupe l’herbe sous le pied ». J’ai particulièrement apprécié tes références à « hylozoïsme / panvitalisme » qui irrigue le texte, je tenais à une participation pleine et entière de tous les éléments, du moindre atome, à ce renouveau. Il faut le remarquer : le sang ne symbolise pas seulement une force vitale, mais aussi une puissance d’amour. Les termes du poème, ceux employés, ceux présupposés, l’indiquent. Ainsi, dans le mot « hémophile » s’entend deux fois le verbe « aimer », dans l’étymologie de « phil » en grec ancien et dans le préfixe signifiant : « hème », qui indique en grec le sang, où s’entend « aime » en français, et se retrouve encore dans l’ « hématite » suggérée. J’ai choisi « hémophile » pour le caractère inarrêtable, comme un flux vital qui ne peut être arrêté : une fois lancé, une fois coupé, le sang coule et coulera et rien, aucune force, ne viendra stopper ce fleuve, il y a de l’eau dans le sang. Tu m’offres, avec la déclinaison du mot « hémophile », une version poétique à laquelle je n’avais pas pensé et qui m’enchante. Dans l’expression toute faite qui est convoquée : « couper l’herbe sous le pied », la présence du verbe « couper » s’avère significative. Le printemps nouveau ne peut se manifester que dans sa fraîcheur, dans son tranchant, dans le vif. Ainsi la fraîcheur est-elle vivifiante, tout en indiquant un retour à l’originel ( « sous la veine le sang premier »). Tu poses le doigt sur un point que je tenais à mettre en forme, la fraîcheur de ce printemps. Lorsque l’on se coupe, lorsque je me coupe, la première sensation qui m’arrive, à mes sens, pour moi, c’est une sensation de fraîcheur pas de chaleur, provoqué par quoi (?) la lame du couteau, du rasoir, qui tranche, la mémoire du corps (?). Aussi me suis-je appuyé sur cette sensation personnelle dans la construction et qui correspondait parfaitement au caractère, à l’état encore figé dans la glace de ce printemps, et de cette ambiguïté de la glace qui brûle / chacun de nous a déjà éprouvé cette expérience. Si le printemps trouve dans le sang et le feu une puissance dynamique, il se manifeste dans la force du vent. Dans un « souffle » nouveau. Il « souffle sous l’aine » Souffle sur le corps et ses dispositions érotiques. Je te suis et te donne raison sur la forme (évoquée en fin de commentaires) que j’aurais pu travailler et soigner pour offrir la clarté que ce texte mérite, mais je ne sais encore pourquoi cette intention s’est absentée, alors que je la comprends comme nécessaire aujourd’hui. Comme si la puissance de cette version m’avait tenue aveuglée ne laissant place à aucun doute, qui n’avait par ailleurs aucune existence à l’heure de la relecture et de l’envoi. « Il souffle sous l’aine, et le chaud des chants babillent la voie du nord, et le vent frais dans le plumage frissonne en bourgeons mammifères » une deuxième strophe proposée ainsi par exemple se lit tout autrement / en retravaillant le texte pour se débarrasser des facilités « et ». La voie / voix ne pouvait venir que du nord, les chants venant suggérer « voix », ils babillent parce que vif, rapide, continu, mais assez conséquent, assez puissant pour faire frissonner, c’est à dire éveiller, venir chatouiller les sens avec toujours ce fil rouge de mêler végétal, minéral, animal (ici oiseau), humain, éléments, dans une forme hybride du vivant, une métamorphose, ou complétude, qui engloberait. La rêverie est cette fois en sympathie, non plus avec le minéral, mais avec le végétal et l’animal. L’usage des termes « plumage » et « bourgeons » laisse penser à cette chimère d’un arbre-oiseau. [...] Ainsi ce printemps se veut-il souffle créateur, respiration nouvelle, nouvelle "inspiration", au sens propre comme au sens figuré de ce terme, et se veut un souffle aérien qui permet de s’élever. « le panier treillis de la vigne éblouie la terre craque et boit frise l’effraie s’envole et plane au dessus rêvent les nuages » La vigne, le raisin, le sang, il n’y a pas encore de grappes sur la vigne ce que je le suggère par « le panier treillis de la vigne », elle n’est que bois, sarments, comme panier tressé, la terre boit le sang, pas le raisin, elle boit le sang premier éblouie par ce printemps qui doucement commence à faire son œuvre. Comme l’effraie choisie pour sa résonance avec effroi (fort bien compris dans ta lecture), qui s’envole (action) emportant la peur avec elle, et comme tu le lis : place à la rêverie. Mais là encore, la clarté n’est pas le guide, comme si j’imposais trop d’hermétisme et pas assez de liens pour faire sens évidents. Un autre envol apparaît dans la troisième strophe, mais dans un sens nouveau : « l’effraie s’envole et plane ». « L’effraie » : voilà un oiseau dont la référence se justifie surtout par son nom, par ce qui s’entend dans sa matière signifiante, sonore, lui homonyme d’une conjugaison du verbe "effrayer". Pour les strophes suivantes, quatre, cinq et six, tu as tout déplié avec une acuité qui me ravit : Le printemps frais est un temps nouveau, libéré du passé, exposé à la fraîche lumière des cimes. Il s’abreuve au sang vital des sources nouvelles, et refuse de « voir couler le sang amer ». celui des amertumes, du passé décevant, des regrets et désillusions. […] Le printemps frais est un temps nouveau, libéré du passé, exposé à la fraîche lumière des cimes. » Je n’ai rien à dire de plus sinon qu’ils sont, à mes yeux, les plus faciles d’accès, comme un Carpe diem que le printemps nous impose, comme ce re-nouveau s’est imposé. Ce n’est plus simplement et seulement de l’écriture, c’est un détachement qui s’est imposé depuis un longtemps déjà qui me tient éloignée des ciels noirs qui ne font qu’assombrir les jours sans nécessité. Le chemin est parcouru, pourquoi vouloir l’emprunter à nouveau, le regret ne sert qu’à s’égarer. « la fleur étamine et la reine dorment sous la glace effrontées des fonds des gouffres et mes larmes fond la peur et cri familier » J’avoue avoir été surprise par la verbalisation que tu fais d’une souffrance qui a été le moteur de ce texte : Des profondeurs, des « gouffres », de ce lieu d’une profonde "dépression", surgit une force féconde, une puissance créatrice., d’autant que l’expression, enfermée dans cette forme : langage + octosyllabe, n’est pas faite, encore une fois, pour être lue aisément, comme une volonté sous-jacente de dissimuler. Combien je fus sensible à ce passage (et à sa suite) est un euphémisme, j’en suis très touchée. Cette fécondité, à son tour, a pour condition l’acceptation du printemps qu’il faut savoir accueillir. […] La « rosée » qui naît au printemps n’est que pleurs si le printemps n’est pas accepté. Tu termines sur les adresses à moije et aux lecteurs, un incontournable qui devait se faire une présence, et quelle autre place lui offrir qu’en fin de texte : « mordez la main sans peur sans crainte » Que l’on provoque une douleur pour qu’elle, la locutrice, se sente bien vivante, bien éveillée : « soyez féroce éveillez-moi », qu’elle soit assurée de ne pas rêver le printemps, de ne pas s’illusionner d’un printemps factice, qu’elle soit certaine de vivre un renouveau, une authentique résurrection.. avec une mention violente certes, mais nécessaire, un procédé d’écriture interactif qui me permet d’inclure le lecteur dans cette quête, qu’il ne reste pas extérieur à l’action qui se déroule sous ses yeux, et qu’il m’aide « déchirez l’espoir d’un détour / pour enfin m’assourdir de notes ». J’ai longtemps hésité sur « retour ou détour », pour finalement choisir détour, ne pas me détourner de ma tâche. Je finirai sur une concorde avec ta réflexion sur la forme et cette « quête de dynamisme » tuée dans l’œuf mais il manque d’un dynamisme spatial, visuel, d’une aération dans les hauteurs pourtant revendiquée, mais rendue impossible par le corset qui l’enserre. […] La liberté de ponctuation à l’intérieur de ce corset strict provoque, me semble-t-il, une difficulté de lecture. Grand merci Louis pour cette lecture approfondie, d’une grande richesse, comme un cadeau, comme un retour salutaire sur ce texte mais pas que, sur mon écriture aussi, ses faiblesses, et les nombreuses voies que tu as dessiné comme autant de portes ouvertes sur un paysage poétique à envisager. P.
Contribution du : 19/08 14:24:41
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« Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit » |
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Re : Remerciements pour les commentaires sur « Printemps frais » |
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20/01/2010 00:41 Groupe :
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Bonjour Pussicat
Merci pour toutes ces précisions, et ces réactions qui montrent combien ce texte te tient "à cœur", mais aussi "à corps" et "à cri", te tient en vie printanière. La réaction la plus vive concerne la forme. Tu crains de t’être « égarée ». Pourtant cette forme s’est imposée, répond à une nécessité, et peut-être faut-il alors, elle aussi, comme le printemps, l’accepter. La ponctuation est absente dans un cadre d’octosyllabes et de strophes régulières contraignantes, il est vrai, comme je l’ai signalé. Mais peut-être faudrait-il ajouter, que le poème, dans ses derniers vers, tend à s’en libérer. Une voie de libération s’ouvre dans les dernières lignes du poème. Ce que je propose alors, c’est de conserver ce poème, tel qu’il est, et de l’aimer, tel qu’il est. Mais d’en écrire une version nouvelle, où il sera le même et un autre, dans un espace "dynamisé", avec une ponctuation à la façon d’Apollinaire auquel tu as fait allusion, et qui écrivait, dans une lettre de 1913 : « Le rythme même et la coupe des vers, voilà la véritable ponctuation et il n’en est point besoin d’une autre ». Combien de poètes, combien d’artistes ont réalisé plusieurs versions d’un même sujet, d’un même thème, sans renier une version plutôt qu’une autre. Il n’ y a pas de texte parfait, je ne le crois pas, ce n’est qu’une illusion. Il ne s’agit pas de défaire ton poème, mais d’en refaire un autre poème dans une forme plus libre. Ce n’est qu’une simple suggestion.
Contribution du : 19/08 18:18:21
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