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| LeChevalier
6/7/2026
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J'ai lu ce texte, sans aucun plaisir, je dois l'avouer. Je l'ai pourtant lu, car il semble revêtir une grande importance pour son autrice. Cela me fait l'effet des quatrains de Nostradamus : il n'y a pas vraiment de phrases, les mots s'entassent, il manque des petits mots grammaticaux qui auraient éclairci les choses ; en plus, il n'y a pas de ponctuation non plus, en tant que lecteur je suis complètement perdu.
Beaucoup de sensualité, pas au sens érotique. Le printemps est un symbole joyeux, celui du retour à la vie. Est-ce une incantation pour inviter le Printemps à pénétrer la vie du je ? Le texte dit : « soyez féroce éveillez-moi ». Je ne sais pas ce que l'autrice a vécu, mais j'espère que la composition de ce texte lui a fait du bien. J'aurais bien aimé m'arrêter sur un extrait mais tout est tellement enchevêtré que je m'y perds, désolé. Après publication : En EL, j'étais obligé de mettre une appréciation. Maintenant que le texte est publié, je supprime mes « notes ». |
| Passant75
6/7/2026
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J'avoue être resté assez étranger à ce poème. Malgré quelques images qui peuvent sembler évocatrices, l'ensemble m'a surtout donné une impression d'accumulation de métaphores sans véritable fil conducteur. Les associations m’ont paru souvent arbitraires, au point que le sens finit par se dissoudre dans une confusion permanente.
Je ne doute pas que l'émotion ait été présente chez l'autrice, mais ma lecture m'a laissé davantage perplexe que touché. Dans ces conditions, il m'apparaît difficile de pouvoir apporter une évaluation. Voire assourdir l'autrice de notes ! |
| Provencao
6/7/2026
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Bonjour Pussicat,
Plusieurs lectures et je fais le lien très fort et puissant de votre poésie proposée avec la révélation que vous nous confiez en préambule... La lecture de votre poésie m'a été évasive, empêtrée, troublée sous l’emprise de la poussière . J'ai lu en ce Printemps frais un chaos de représentations. Je n'ai pas saisi le pouvoir qu’exerce en secret ce chaos. J'en suis fortement désolée. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| Cyrill
7/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Salut Pussicat et bon retour !
Je vous avouerai que j’ai ressenti ce poème plutôt que compris, mais ce n'est pas forcément un handicap en poésie. J’ai aimé ses sonorités et sa rythmique, sa façon aussi de mettre à mal la syntaxe*, qui semble cacher pas mal de non-dits. Un ‘sacre du printemps’ [qui] ‘sonne comme un massacre’, un hymne panthéiste à la nature teinté de conte, plutôt James Matthew Barries que Charles Perrault. Il laisse un goût de métal sur la langue et la sensation d’avoir grillé quelques sens interdits sans les avoir conscientisés. Tout le plaisir la de transgression. Merci pour la lecture. Édition : * Syntaxe qui pourtant semble obéir à des codes et avoir sa propre logique, ce qui confère au poème beaucoup de fluidité dans la lecture. Mon admiration en est grandie ! |
| EtienneNorvins
7/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Un poème dense, d’un abord difficile, mais qui « entête », et gagne à être relu. Le lecteur « suffoque », cherche des repères, mais le texte les lui retire presque systématiquement. Il est traversé par une tension constante et déstabilisante entre violence et tendresse, entre immobilité glacée et élan vital, en continuité avec l’exergue.
L’absence de ponctuation, la syntaxe souvent disloquée, et jusqu’aux mots qui semblent être estropiés par une urgence à écrire (« craqûres » pour « craquelures » ? « Pétarque » pour « Pétrarque » ?), créent un rythme saccadé, qui peine à reprendre son souffle… Cela donne la sensation de notes jetées brusquement sur un bout de papier – on a presque l’impression de voir le poème en train de naître, comme si quelque chose de sa brusque mise au monde avait été préservé. Les vers sont courts, souvent elliptiques, ce qui crée un rythme saccadé, comme des souffles ou des coups. De même, beaucoup de métaphores s'enchaînent sans qu'un lien suffisamment perceptible les relie, ce qui donne l'impression d'un collage, d’un choc verbal comme seule nécessité poétique interne. Mais plutôt qu’« à bout de souffle », c’est à une « insufflation » qu’on assiste – à un retour de souffle « printanier ». L’aspect brut, parfois fragmentaire ("et mes larmes / fond la peur et cri familier", par exemple), renforce l’impression d’un langage qui se cherche, qui se déchire lui-même pour mieux renaître (insistant par deux fois sur Mordez la main / Déchirez-Déchirer) On note la récurrence de motifs, de thèmes quasi musicaux : le sang, la glace, le vent, la lumière, la chair. Ces éléments reviennent et se font écho, tissant une toile de sensations concrètes et symboliques. Les assonances et allitérations sont omniprésentes : les sons en « -é » (« effrayé, premier, éprise »), en « -an » (« sang, vent, temps »), ou encore les répétitions de « m » et « l » (« mammifères, moire, lumière ») donnent au poème une musicalité parfois douce, parfois stridente. La glace semble n’être pas seulement un décor, mais une métaphore de l’immobilité, de la peur, voire de la préservation (comme dans « la fleur étamine et la reine / dorment sous la glace effrontées ») d’un hiver qui précède le printemps, dont le jaillissement semble inattendu, comme inespéré… Le sang, quant à lui, apparaît comme un symbole de vie et de souffrance, tantôt « premier », tantôt « amer », liant ainsi à nouveau la création à la douleur. Cette ambiguïté thématique est l’une des forces du texte : il semble que la lecture doivent se faire constamment sur deux versants encore enchevêtrés. Le texte oscille ainsi entre une sorte de mélancolie et une exaltation sensuelle débordante. Le temps semble à la fois destructeur et porteur d’une étrange espérance, aussi tourmentée que lumineuse, dans des vers comme "L’héritage est volée poussière / avant lever des soleils fous". De même, l’espace naturel omniprésent n'est jamais paisible mais traversé de souffles, de craquements, de sang et de transformations, qui enjambent, malmènent, brouillent les « règnes » traditionnels : le monde de cette résurrection semble vivant jusque dans la matière minérale ("géants de pierre hémophile"), tandis que le végétal se fait animal et vice-versa ("le plumage / frissonne en bourgeons mammifères"). Puis, soudain, le ton bascule vers l’impératif, l’urgence et la fin, très abrupte, produit un effet de rupture indécise, comme si toute l'énergie accumulée se condensait en quelques mots inachevés. Cela donne au texte une ouverture dramatique, comme si le poème appelait à l’aide, dans une lutte contre lui-même, pour trouver une issue encore instable, toujours incertaine. En bref, votre texte ne cherche jamais la facilité ni le lyrisme convenu ; il préfère construire un paysage intérieur où les sensations priment sur le sens immédiat. L'obscurité, qui est un obstacle, semble tendre à empêcher toute interprétation stable en accord avec le caractère de brusque surgissement, de brutal renaissance au verbe, de retour à la vie (souligné par le titre) qui demeure ambigu. |
| Polza
8/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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L’absence de ponctuation est un choix personnel, mais cela rend la lecture compliquée à mon avis, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois dans certains passages afin d’être certains d’avoir bien saisi (je ne suis même pas sûr d’y être parvenu)…
Exemple « Il dort sous la glace effrayé » sans la virgule après « la glace » je m’attendais à lire « Il dort sous la glace effrayée » avant de comprendre (ou d’avoir cru comprendre) qu’il s’agissait du printemps (de votre printemps) qui dormait sous la glace hivernale, effrayé… « il coupe l’herbe sous le pied des géants de pierre hémophile » J’ai beaucoup apprécié cette image, j’ai moins été séduit par « sous la veine le sang premier », j’aurais aimé que ce vers vienne sublimer les deux précédents… peut-être est-ce le cas en ce qui vous concerne, pas de mon côté… « Il souffle sous l’aine et le chaud des chants babillent la voie du nord » Je n’ai sûrement pas bien compris l’image, je l’ai trouvée trop biologique et pas assez « poétique », mais quelque chose m’a peut-être échappé… l’absence de ponctuation perturbe encore ma lecture et ma bonne compréhension… je me suis demandé s’il fallait lire « Il souffle sous l’aine et le chaud. Des chants babillent la voie du nord » ou si les deux vers étaient liés et dans ce cas, « le chaud des chants babille », mais j’imagine que si cela n’a pas été corrigé, c’est qu’il faut lire les deux vers indépendamment l’un de l’autre… « Le panier treillis de la vigne éblouie la terre craque et boit frise l’effraie s’envole et plane au-dessus rêvent les nuages » Peut-être la strophe que je préfère dans votre poème parce que je la trouve moins énigmatique et qu’elle se termine par un magnifique « au-dessus rêvent les nuages » « Quand roule éprise l’amoureuse dans les draps soie d’un soir de pluie faut-il autant de moire ancienne au temps volé des accomplis » C’est joli, mais pour être honnête, je n’ai pas bien compris, désolé, ça ne veut bien évidemment pas dire que c’est raté, c’est seulement moi qui ne suis pas sensible à ce passage… « L’héritage est volée poussière avant lever des soleils fous faut-il au temps donner sa peine pour voir couler le sang amer » Je sens qu’il y a un message profond, peut-être intime, mais le manque de ponctuation et la syntaxe n’aident pas je trouve… « La fleur étamine et la reine dorment sous la glace effrontées des fonds des gouffres et mes larmes fond la peur et cri familier » Autant les deux premiers vers me laissaient entrevoir une strophe que je pensais beaucoup appréciée, autant avec les deux suivants, comme le petit poucet, je me suis complètement perdu en chemin… « Si chaîne étamée close en paix la puissance et le charme vrai combien de voix s’enlacent pleurs sur la rosée des Printemps frais » Je suis sincèrement désolé, mais c’est peut-être l’endroit où j’ai eu le plus de mal dans votre poème, je n’ai absolument rien compris ! « Prends-le chéris-le comme il vient au creux ton cœur bat vibrations déploie tes ailes et prend le large sous le vent glisse la Pétarque » Je n’ai pas vraiment plus compris ce passage, Pétarque est peut-être un néologisme ou une antonomase, mais je penche plutôt pour un néologisme attendu que je ne connais personne qui répond au nom de Pétarque (pas dans mes fréquentations proches en tout cas !) La narration elliptique rend ce poème assez obscur et hermétique à mon esprit, j’ai l’étrange sensation d’entendre une personne qui aurait appris à parler le français sans en maîtriser complètement les subtilités (je vous dis ce que je ressens, ce que votre poème provoque chez moi, je n’essaye absolument pas d’être blessant…) « l’infamie déformée se plaint des restes vifs sous les craqûres » Je pensais à un néologisme avec « craqûres », mais après m’être longuement interrogé à ce sujet (oui je me parle à moi-même), j’ai mené ma petite enquête et « craqûres » avec ou sans accent circonflexe serait une forme archaïsante de « craquelure ». J’ai trouvé cela intéressant, parce que l’exergue précise qu’il y a une tentative de re-nouveau, je pense donc que le mot « craqûres » est très bien choisi pour marquer le caractère de quelque chose (un sentiment, un état) d’ancien… « Mordez la main Déchirer La chair Et le soleil » Il y a dans ces derniers mots ce qui fait selon moi la nécessité de ce poème et même sa cohérence dans son incohérence. Déchirer la chair me fait penser à la peau et qui dit peau dit sensibilité à fleur de peau… En ayant lu jusqu’au bout, je résumerai les propos de la narratrice (ce n’est qu’un ressenti) par : J’étais morte, au fond d’un gouffre sans fin, mais j’essaye d’échapper à mes démons, je veux revoir le printemps, respirer à nouveau, vivre, ailer, pleurer, crier… Mordez-moi la main, faites-moi mal (Johnny, Johnny, Johnny), mais sortez-moi de ma longue et pénible torpeur… Et une fois la chair déchirée, alors je laisserai cet hiver derrière moi, viendra le temps du renouveau, du printemps conquérant… Et le soleil… Bien que cette poésie soit difficile d’accès (en ce qui me concerne), je pense toutefois qu’elle mérite plusieurs lectures afin de mieux la comprendre ou plutôt la ressentir… Pour résumer, je pense que ce n’est pas le genre de poésie où il faut chercher du sens à chaque vers, chaque strophe, je pense que c’est plutôt une poésie de sensations… |
| Myndie
10/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Pussicat,
quel bonheur de sortir des sentiers battus ! C'est peu de dire que j'ai aimé votre poème qui, loin de transmettre la logique d'une histoire, fait partager le tumulte d'un état d'âme, dans une traversée sensorielle et émotionnelle intense : - sensation d'oppression et de claustration (« la glace », « les géants de pierre », effrayé », « des fonds des gouffres » - douceur de l'éveil («et le vent frais dans le plumage frissonne en bourgeons mammifères » - ivresse sensuelle (« Quand roule éprise l’amoureuse dans les draps soie d’un soir de pluie » ) - mélancolie qui semble lier le printemps à la tristesse («faut-il au temps donner sa peine pour voir couler le sang amer », « larmes », « pleurs ») Et pour finir, cette vibration de colère que l'on ressent dans les derniers vers. Une vraie douche écossaise. Pour moi, ce sont tout simplement ces contrastes (comme passer de la soie des draps à la chair mordue et déchirée) qui font la force du texte, comme s'il s'agissait de choisir entre la douceur du monde et sa cruauté. Il y a quelque chose des fureurs de Michaux et du magnétisme d'Eluard dans votre poème, c'est ce qui me plaît beaucoup. |
| rendu
10/7/2026
trouve l'écriture
très perfectible
et
n'aime pas
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Ce texte possède tout ce que j'abhorre en écriture poétique :
l'incompréhension : quid des géants de pierre hémophile, sous la veine le sang premier, etc...etc... les vers jetés à l'emporte pièce : des chants babillent la voie du nord, au-dessus rêvent les nuages, etc.. les élisions des articles : avant lever des soleils fous, fond la peur et cri familier, etc...etc... Bref vous aurez compris que j'ai une autre vision de la poésie qui s'appuie davantage sur la beauté, la vénusté, le rythme et tant pis pour moi, l'académisme. Désolé, ma compréhension sera, peut-être, plus aiguisée une autre fois. |
| Lariviere
11/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour Pussicat,
J'ai bien aimé votre poème, Si la syntaxe peut interpeller, c'est assurément un choix d'intention, et en fait, ca procure un certain effet à la réalisation. En réalité, ca renforce le ressenti surprenant des images, singulières, réussies, et donne un certain impact à l'ensemble. Il y a une certaine audace et une force incontestable dans le style et dans l'expression poétique, et un rythme cohérent avec le thème qui reste pour autant assez vaporeux, sans que cela soit gênant à ma lecture, bien au contraire. J'ai beaucoup apprécié le minimalisme et l'énigmatique, là encore impactant poétiquement, des derniers vers. Merci pour cette lecture et bonne continuation ! |
| embellie
31/7/2026
trouve l'écriture
très perfectible
et
n'aime pas
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J’ai failli ne pas lire ce poème en voyant, une fois de plus (est-ce une mode?) aucune ponctuation.
Quand on sait qu’une virgule mal placée peut conduire à l’incompréhension d’une phrase, ou à comprendre son contraire, que dire d’un texte où le lecteur doit imaginer la ponctuation ? Si les auteurs qui écrivent ainsi savaient à quel point leur procédé est désagréable pour les lecteurs, ils reviendraient à une écriture classique. Malgré quelques images valables, ce texte renferme pour moi trop d’incompréhensions dues à la forme, qui m’ont empêché de l’apprécier à sa juste valeur. |
| Louis
17/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
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Un « printemps frais « est annoncé dans le titre, par une météorologie du cœur et de l’âme, en lien avec le corps, mais aussi en solidarité avec la nature dans son entier.
Ce n’est pas n’importe quel printemps. C’est un printemps personnel, un "re-nouveau", une saison de la vie, de cette vie personnelle de la locutrice, considérée non pas de façon indépendante et isolée de la nature, mais en communion avec elle. Habituellement, on loue du printemps sa douceur, ce texte à l’inverse valorise sa « fraîcheur ». « Frais » constitue le principal attribut de ce « printemps ». Sa charge de sens est grande, il convient donc de lui être sensible et de lui prêter une particulière attention. Dans le premier quatrain, le printemps ne s’est pas encore manifesté, il ne s’est pas encore éveillé. Il n’est pas mort. Pas éteint. Juste endormi. Il attend son éveil. « Il dort sous la glace » comme le feu dort sous la cendre. Il couve comme un feu sous une cendre de « glace ». Ce printemps se confond, en effet, avec une énergie, une force, une puissance latente. C’est un feu vraiment, une ardeur pour l’instant encore étouffée, réprimée sous l’hiver glacé, pesant. Une puissance, provisoirement soumise à une autre, plus grande, écrasante, mais sans être destructrice. La glace possède aussi ce pouvoir conservateur qui maintient le printemps "au frais", ce qui lui permettra de resurgir intact dans sa force, dans sa vigueur, dans la fraîcheur éclatante de sa "jeunesse". Le poème reste muet quant à la nature et l’origine d’un pouvoir de glaciation, pour ne mettre en avant que la seule résurgence. Une résurgence pourtant inquiète dans son imminence ; bien qu’il dorme, le printemps n’en est pas moins « effrayé » et redoute les conséquences de son audace, songe aux conséquences bouleversantes de son éveil. Endormie, cette saison d’un renouveau se trouve en convenance avec la nature minérale, désignée singulièrement par de mystérieux « géants de pierre », mais d’une pierre qualifiée d’« hémophile » Pierre de sang, sang de la terre. Pierre "veinée" de rouge : hématite. Blocs d’hématite, dragons rouges. Sous les géants de pierre, comme dans leur ventre minéral, circule le sang vital qui, par lente hémorragie, inonde le sol de sa force. Le sang, figure ambivalente, est ici puissance vitale, puissance métaphorique de régénération et de renouvellement, il donne et transmet la vie. Plus loin, dans le poème, il prendra dans une occurrence la valeur opposée du « sang amer ». Ce fluide vital est l’équivalent du feu qui couve sous la glace. Descartes ne désignait-il pas le sang comme un « feu sans lumière ». Le « printemps » personnel du poème, comme renouveau, comme régénération se trouve donc en convenance avec le minéral où coule le sang, où circule le feu, mais il est plus prompt que lui, et moins lent, et plus "vif" que ne le sont les lourds « géants de pierre ». En une sorte d’hylozoïsme ou de panvitalisme, une vie active est ainsi suggérée, partout présente, même dans le minéral, même dans la pierre. C’est une vie d’un long courage, d’une longue préparation, symbole d’une patience offensive, tenace, vigilante. L’un et l’autre, printemps et géant de pierre puisent dans cette force vitale, rouge de sang et de feu, mais l’un devance l’autre et lui « coupe l’herbe sous le pied ». Il faut le remarquer : le sang ne symbolise pas seulement une force vitale, mais aussi une puissance d’amour. Les termes du poème, ceux employés, ceux présupposés, l’indiquent. Ainsi, dans le mot « hémophile » s’entend deux fois le verbe « aimer », dans l’étymologie de « phil » en grec ancien et dans le préfixe signifiant : « hème », qui indique en grec le sang, où s’entend « aime » en français, et se retrouve encore dans l’ « hématite » suggérée. Le "printemps" en convenance avec le sang comme puissance d’aimer se trouve donc irrigué par lui. Amour et vitalité caractérisent ainsi la saison annoncée. La vitalité de ce printemps ne sera pas molle, tiède et modérée, mais tonique, offensive, violente. Il sera, tout entier, dans une résilience "à feu et à sang". Dans l’expression toute faite qui est convoquée : « couper l’herbe sous le pied », la présence du verbe « couper » s’avère significative. Le printemps nouveau ne peut se manifester que dans sa fraîcheur, dans son tranchant, dans le vif. Ainsi la fraîcheur est-elle vivifiante, tout en indiquant un retour à l’originel ( « sous la veine le sang premier »). Paradoxalement, le feu qui couve dans le printemps endormi désire le froid, tend vers la fraîcheur comme condition de l’action tonique. Le vocabulaire d’une telle action offensive et violente ne manquera pas dans la suite du poème, lorsque sera évoquée la saison nouvelle dans sa manifestation : mordre, déchirer, être féroce. Si le printemps trouve dans le sang et le feu une puissance dynamique, il se manifeste dans la force du vent. Dans un « souffle » nouveau. Il « souffle sous l’aine » Souffle sur le corps et ses dispositions érotiques. Il "échauffe" mais c’est une sorte de dialectique encore qui se met en place entre le chaud et le froid, le feu et la fraîcheur. Ce souffle se mue en un « vent frais », qui indique « la voie du nord », la voie fraîche, l’orientation adéquate au pôle magnétique de la tonicité créative et de l’offensive vitale, « voie » qui est tout autant une "voix" ( des chants la « babillent »). Le vent donne de l’ardeur, mais sa brûlure désire la fraîcheur stimulante. Ce souffle est lui aussi en convenance avec la nature, non comme "nature naturée" comme disent les philosophes, mais "nature naturante", c’est-à-dire puissance créatrice, puissance d’engendrement qui mêle les règnes générateurs du vivant jusque dans les « bourgeons mammifères ». La rêverie est cette fois en sympathie, non plus avec le minéral, mais avec le végétal et l’animal. L’usage des termes « plumage » et « bourgeons » laisse penser à cette chimère d’un arbre-oiseau. L’arbre, être statique par excellence, reçoit par l’imaginaire à l’œuvre dans le poème une vie dynamique, une capacité d’envol qui accentue la verticalité d’un élan de la terre au ciel, une poussée comme conquête de légèreté, favorisée par des feuilles aériennes et frémissantes, par un « plumage ». Ce n’est pas l’hirondelle qui fait le printemps, c’est l’arbre-oiseau. Parce que le temps du renouveau est une vie dans la hauteur, et l’arbre-oiseau aide à emporter cette hauteur, à dépasser les cimes, à vivre d’une vie aérienne. Ainsi ce printemps se veut-il souffle créateur, respiration nouvelle, nouvelle "inspiration", au sens propre comme au sens figuré de ce terme, et se veut un souffle aérien qui permet de s’élever. Un autre envol apparaît dans la troisième strophe, mais dans un sens nouveau : « l’effraie s’envole et plane ». « L’effraie » : voilà un oiseau dont la référence se justifie surtout par son nom, par ce qui s’entend dans sa matière signifiante, sonore, lui homonyme d’une conjugaison du verbe "effrayer". Avec le printemps qui vient, la frayeur signalée dans le premier vers "s’envole". Le mauvais augure n’est plus. « L’effraie » s’envole, et laisse place, toute crainte dissipée, pour "le frais". Une assurance peut être alors retrouvée, et place enfin peut être laissée au rêve : « au-dessus rêvent les nuages » Les nuages qui, par leurs formes mouvantes, aident à rêver la transformation personnelle permise par le printemps dans son renouveau. Le troisième quatrain introduit les deux suivants, qui visent les conditions permettant un printemps réussi. Il faut laisser « l’effraie » s’envoler, faire preuve de courage, rêver l’avenir, mais aussi réexaminer son rapport au passé. Il convient, en effet, au risque d’un printemps manqué, de ne pas rester prisonnier du temps révolu. Cette idée se déploie dans une comparaison implicite : comme « l’amoureuse », au printemps des amours, « quand roule éprise l’amoureuse », la « moire ancienne » "dérobée" à ce qui est « accompli », c’est-à-dire révolu, ne lui est plus nécessaire. Par « moire », il faut sans doute entendre : les reflets, les chatoiements du passé et les souvenirs des amours anciennes. Car les amours renaissent, joyeuses ou tristes, joyeuses et tristes ( « les soirs de pluie » ) et se vivent plus légères dans l’oubli, sans le poids des réminiscences affectives. « l’héritage est volée poussière » : il convient donc de ne pas s’accrocher au passé, ne pas en rester prisonnier. « L’héritage », ce qui tend à se transmettre du passé, n’est que « poussière », voile poussiéreux d’une réalité qui n’est plus, désintégrée, mais qui obscurcit le présent et l’avenir Mieux vaut la limpidité, la clarté solaire, l’ouverture à la pure lumière, dans un « lever des soleils fous », dans cette folie combien déraisonnable des lueurs nouvelles, inédites, riches d’imprévus et d’aventure. Le printemps frais est un temps nouveau, libéré du passé, exposé à la fraîche lumière des cimes. Il s’abreuve au sang vital des sources nouvelles, et refuse de « voir couler le sang amer ». celui des amertumes, du passé décevant, des regrets et désillusions. Le temps ne sera pas la continuité du flot des acrimonies et afflictions, mais la source d’un sang neuf, surgissant à la lumière d’un soleil qui ne s’embarrasse pas de la sagesse d’un passé, et brille comme pour la première fois. Le printemps réussi, quand on a pris garde de ne pas rester enchaîné au passé qui en compromet la ressource de nouveauté, se caractérise encore, en plus de sa fraîcheur, de sa vitalité, de sa vigueur et de sa fougue, par un caractère fécond. « La fleur étamine et la reine » : symboles d’une fécondité végétale et animale se confondent, en effet, avec le printemps ; comme lui, elles dorment sous la glace, non pas effrayées, non pas effondrées, mais effrontées. Des profondeurs, des « gouffres », de ce lieu d’une profonde "dépression", surgit une force féconde, une puissance créatrice. Une force audacieuse, impertinente, insolente, osant affronter les convenances et les routines. Le cri qui survient ne semble pas celui de la peur, mais celui de la reprise de l’expression verbale. Le cri n’est-il pas à la fois « la première réalité verbale et la première réalité cosmogonique », comme l’écrit Bachelard dans L’air et les songes. Par le cri, on échappe ainsi à la malédiction du silence. Par le cri s’affirme la parole, orale, écrite. En lien et convenance avec une fécondité universelle, le printemps frais est celui d’une fécondité littéraire, audacieuse et courageuse. Cette fécondité, à son tour, a pour condition l’acceptation du printemps qu’il faut savoir accueillir. Ce qui présuppose qu’il est le résultat d’un processus "naturel", et non le parcours d’un libre choix, d’une libre décision. S’il est vécu comme une « chaîne », s’il est considéré comme une contrainte, la puissance productrice sera "entamée". Mais le texte fait usage du mot : « étamé » : « Si mot en chaîne étamée », le mot « étamé » en écho de « étamine ». « étamé » semble donc désigner une altération de la puissance productrice, créatrice, symbolisée par l’étamine. La « chaîne » entrave « la puissance et le charme vrai » du printemps frais. L’advenue de la saison nouvelle est une nécessité interne, et non une contrainte purement extérieure. Comme l’ont pensé des philosophes importants, la liberté ne s’oppose pas à la nécessité, mais à la contrainte, et se définit par l’action déterminée par la seule nécessité interne. Ainsi le changement lié au temps nouveau n’est pas à vivre comme une contrainte, comme l’effet d’un boulet, d’une peine, ou de l’entrave d’une chaîne. On ne commande pas aux saisons, pas même à celles de la vie. La « rosée » qui naît au printemps n’est que pleurs si le printemps n’est pas accepté. La rosée apparaît le résultat d’une "cristallisation" au sens que lui donnait Stendhal, en nette opposition à l’effet terni que provoque l’étamage. La strophe suivante, la huitième, insiste sur l’idée : il faut savoir accueillir le temps nouveau du printemps frais, l’accepter dans sa nécessité, pour y ajouter que ce printemps, il s’agit de le prendre « comme il vient ». Il convient de l’accepter et de l’aimer, ainsi que "l’amor fati" nietzschéen. Dans une adresse à tous et à soi-même, l’idée est déclamée dans un impératif : « Chéris-le ». Mots d’une exhortation, d’une stimulation : prends ton envol, « déploie tes ailes », et en soutien cette curieuse remarque : « sous le vent glisse la Pétarque » La « Pétarque » apparaît comme un néologisme construit sur la déformation du nom propre : « Pétrarque ». Pétarque est forgé pour faire entendre ce qui claque, ce qui "pète", dans une violence associée à la douceur des sonnets du poète Pétrarque ; il semble forgé pour faire entendre ce qui "pétille" en une synthèse de douceur et de violence, et servir de modèle à la créativité de la vie comme de l’œuvre écrite de la saison qui s’annonce. Le temps est ainsi venu de « déployer ses ailes » : le temps de l’envol, de l’aérien, du léger et pétillant. Un besoin de stimulation se fait sentir pourtant, qui se manifeste dans l’adresse aux lecteurs : « mordez la main sans peur sans crainte » Que l’on provoque une douleur pour qu’elle, la locutrice, se sente bien vivante, bien éveillée : « soyez féroce éveillez-moi », qu’elle soit assurée de ne pas rêver le printemps, de ne pas s’illusionner d’un printemps factice, qu’elle soit certaine de vivre un renouveau, une authentique résurrection. Que l’on adopte un ton "mordant", la locutrice, se démarquant des « vieilles dames » ne se plaindra pas, elle, des « restes vifs sous les craqûres », tout au contraire. Vif, craquant, mordant : tel est le dynamisme qui s’impose pour une fraîcheur renaissante. La fin du poème accélère son rythme pour ouvrir sur cette vivacité nouvelle, et poser pour impératif : « déchirer la chair », et ainsi la mettre à vif, une "chair mise-à-vivre" sous un soleil "éclatant", mais un soleil "frais" en explosion. Ce poème est aussi remarquable, en plus de l’idée de fond renouvelée, par son travail sur le langage ( néologismes, polysémies, polyphonies, etc.) Il serait un peu long de le détailler, mais peut-être convient-il de s’attarder un instant sur la ponctuation. Son absence n’est pas un problème, mais elle a contribué à une difficulté de compréhension chez les lecteurs ( moi-même, ai-je bien compris le poème ?). Il me semble que le texte s’est affranchi de la plupart des règles de la versification, mais il conserve des quatrains réguliers de huit syllabes, à l’exception des derniers vers. La liberté de ponctuation à l’intérieur de ce corset strict provoque, me semble-t-il, une difficulté de lecture. L’affranchissement des règles n’a été que partielle. Or il me semble que la ponctuation dans la poésie contemporaine n’est jamais totalement absente, elle est en grande partie remplacée par des espaces, une disposition spatiale sur la page blanche, des blancs, des sauts à la ligne, etc. L’absence de signes graphiques de ponctuation ne signifie pas une absence de toute ponctuation. Ce poème est en quête de dynamisme, mais il manque d’un dynamisme spatial, visuel, d’une aération dans les hauteurs pourtant revendiquée, mais rendue impossible par le corset qui l’enserre. Comme La Relativité en physique depuis Eistein a rendu l’espace dynamique, peut-être faudrait-il aussi dynamiser l’espace et ses "blancs", dans lequel se déploie le mouvement du poème. Peut-être fallait-il l’audace de substituer aux vers métriques des lignes rythmiques, à la fois visuelles et sonores. Merci Pussicat pour ce difficile et remarquable poème. |




