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Poésie contemporaine
Pussicat : Printemps frais
 Publié le 06/07/26  -  8 commentaires  -  1608 caractères  -  143 lectures    Autres textes du même auteur

Absente depuis trop longtemps comme tenue éloignée de moi-même, je tente de renouer des liens avec les ombres qui dansent autour de moi ; aussi cette tentative de re-nouveau.


Printemps frais



Il dort sous la glace effrayé
il coupe l’herbe sous le pied
des géants de pierre hémophile
sous la veine le sang premier

Il souffle sous l’aine et le chaud
des chants babillent la voie du nord
et le vent frais dans le plumage
frissonne en bourgeons mammifères

Le panier treillis de la vigne
éblouie la terre craque et boit
frise l’effraie s’envole et plane
au-dessus rêvent les nuages

Quand roule éprise l’amoureuse
dans les draps soie d’un soir de pluie
faut-il autant de moire ancienne
au temps volé des accomplis

L’héritage est volée poussière
avant lever des soleils fous
faut-il au temps donner sa peine
pour voir couler le sang amer

La fleur étamine et la reine
dorment sous la glace effrontées
des fonds des gouffres et mes larmes
fond la peur et cri familier

Si chaîne étamée close en paix
la puissance et le charme vrai
combien de voix s’enlacent pleurs
sur la rosée des Printemps frais

Prends-le chéris-le comme il vient
au creux ton cœur bat vibrations
déploie tes ailes et prend le large
sous le vent glisse la Pétarque

Mordez la main sans peur sans crainte
soyez féroce éveillez-moi
déchirez l’espoir d’un détour
pour enfin m’assourdir de notes

À la lumière vieilles dames
à la lumière et son reflet
l’infamie déformée se plaint
des restes vifs sous les craqûres

Mordez la main
Déchirer
La chair

Et le soleil


 
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   LeChevalier   
6/7/2026
J'ai lu ce texte, sans aucun plaisir, je dois l'avouer. Je l'ai pourtant lu, car il semble revêtir une grande importance pour son autrice. Cela me fait l'effet des quatrains de Nostradamus : il n'y a pas vraiment de phrases, les mots s'entassent, il manque des petits mots grammaticaux qui auraient éclairci les choses ; en plus, il n'y a pas de ponctuation non plus, en tant que lecteur je suis complètement perdu.

Beaucoup de sensualité, pas au sens érotique. Le printemps est un symbole joyeux, celui du retour à la vie. Est-ce une incantation pour inviter le Printemps à pénétrer la vie du je ?

Le texte dit : « soyez féroce éveillez-moi ». Je ne sais pas ce que l'autrice a vécu, mais j'espère que la composition de ce texte lui a fait du bien. J'aurais bien aimé m'arrêter sur un extrait mais tout est tellement enchevêtré que je m'y perds, désolé.

Après publication :
En EL, j'étais obligé de mettre une appréciation. Maintenant que le texte est publié, je supprime mes « notes ».

   Passant75   
6/7/2026
J'avoue être resté assez étranger à ce poème. Malgré quelques images qui peuvent sembler évocatrices, l'ensemble m'a surtout donné une impression d'accumulation de métaphores sans véritable fil conducteur. Les associations m’ont paru souvent arbitraires, au point que le sens finit par se dissoudre dans une confusion permanente.

Je ne doute pas que l'émotion ait été présente chez l'autrice, mais ma lecture m'a laissé davantage perplexe que touché. Dans ces conditions, il m'apparaît difficile de pouvoir apporter une évaluation. Voire assourdir l'autrice de notes !

   Provencao   
6/7/2026
Bonjour Pussicat,

Plusieurs lectures et je fais le lien très fort et puissant de votre poésie proposée avec la révélation que vous nous confiez en préambule...

La lecture de votre poésie m'a été évasive, empêtrée, troublée sous l’emprise de la poussière .
J'ai lu en ce Printemps frais un chaos de représentations.
Je n'ai pas saisi le pouvoir qu’exerce en secret ce chaos.

J'en suis fortement désolée.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Cyrill   
7/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Salut Pussicat et bon retour !
Je vous avouerai que j’ai ressenti ce poème plutôt que compris, mais ce n'est pas forcément un handicap en poésie. J’ai aimé ses sonorités et sa rythmique, sa façon aussi de mettre à mal la syntaxe*, qui semble cacher pas mal de non-dits. Un ‘sacre du printemps’ [qui] ‘sonne comme un massacre’, un hymne panthéiste à la nature teinté de conte, plutôt James Matthew Barries que Charles Perrault. Il laisse un goût de métal sur la langue et la sensation d’avoir grillé quelques sens interdits sans les avoir conscientisés. Tout le plaisir la de transgression.
Merci pour la lecture.

Édition : * Syntaxe qui pourtant semble obéir à des codes et avoir sa propre logique, ce qui confère au poème beaucoup de fluidité dans la lecture. Mon admiration en est grandie !

   EtienneNorvins   
7/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un poème dense, d’un abord difficile, mais qui « entête », et gagne à être relu. Le lecteur « suffoque », cherche des repères, mais le texte les lui retire presque systématiquement. Il est traversé par une tension constante et déstabilisante entre violence et tendresse, entre immobilité glacée et élan vital, en continuité avec l’exergue.

L’absence de ponctuation, la syntaxe souvent disloquée, et jusqu’aux mots qui semblent être estropiés par une urgence à écrire (« craqûres » pour « craquelures » ? « Pétarque » pour « Pétrarque » ?), créent un rythme saccadé, qui peine à reprendre son souffle…

Cela donne la sensation de notes jetées brusquement sur un bout de papier – on a presque l’impression de voir le poème en train de naître, comme si quelque chose de sa brusque mise au monde avait été préservé. Les vers sont courts, souvent elliptiques, ce qui crée un rythme saccadé, comme des souffles ou des coups. De même, beaucoup de métaphores s'enchaînent sans qu'un lien suffisamment perceptible les relie, ce qui donne l'impression d'un collage, d’un choc verbal comme seule nécessité poétique interne.

Mais plutôt qu’« à bout de souffle », c’est à une « insufflation » qu’on assiste – à un retour de souffle « printanier ». L’aspect brut, parfois fragmentaire ("et mes larmes / fond la peur et cri familier", par exemple), renforce l’impression d’un langage qui se cherche, qui se déchire lui-même pour mieux renaître (insistant par deux fois sur Mordez la main / Déchirez-Déchirer)

On note la récurrence de motifs, de thèmes quasi musicaux : le sang, la glace, le vent, la lumière, la chair. Ces éléments reviennent et se font écho, tissant une toile de sensations concrètes et symboliques. Les assonances et allitérations sont omniprésentes : les sons en « -é » (« effrayé, premier, éprise »), en « -an » (« sang, vent, temps »), ou encore les répétitions de « m » et « l » (« mammifères, moire, lumière ») donnent au poème une musicalité parfois douce, parfois stridente.

La glace semble n’être pas seulement un décor, mais une métaphore de l’immobilité, de la peur, voire de la préservation (comme dans « la fleur étamine et la reine / dorment sous la glace effrontées ») d’un hiver qui précède le printemps, dont le jaillissement semble inattendu, comme inespéré… Le sang, quant à lui, apparaît comme un symbole de vie et de souffrance, tantôt « premier », tantôt « amer », liant ainsi à nouveau la création à la douleur. Cette ambiguïté thématique est l’une des forces du texte : il semble que la lecture doivent se faire constamment sur deux versants encore enchevêtrés.

Le texte oscille ainsi entre une sorte de mélancolie et une exaltation sensuelle débordante. Le temps semble à la fois destructeur et porteur d’une étrange espérance, aussi tourmentée que lumineuse, dans des vers comme "L’héritage est volée poussière / avant lever des soleils fous".

De même, l’espace naturel omniprésent n'est jamais paisible mais traversé de souffles, de craquements, de sang et de transformations, qui enjambent, malmènent, brouillent les « règnes » traditionnels : le monde de cette résurrection semble vivant jusque dans la matière minérale ("géants de pierre hémophile"), tandis que le végétal se fait animal et vice-versa ("le plumage / frissonne en bourgeons mammifères").

Puis, soudain, le ton bascule vers l’impératif, l’urgence et la fin, très abrupte, produit un effet de rupture indécise, comme si toute l'énergie accumulée se condensait en quelques mots inachevés. Cela donne au texte une ouverture dramatique, comme si le poème appelait à l’aide, dans une lutte contre lui-même, pour trouver une issue encore instable, toujours incertaine.

En bref, votre texte ne cherche jamais la facilité ni le lyrisme convenu ; il préfère construire un paysage intérieur où les sensations priment sur le sens immédiat. L'obscurité, qui est un obstacle, semble tendre à empêcher toute interprétation stable en accord avec le caractère de brusque surgissement, de brutal renaissance au verbe, de retour à la vie (souligné par le titre) qui demeure ambigu.

   Polza   
8/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
L’absence de ponctuation est un choix personnel, mais cela rend la lecture compliquée à mon avis, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois dans certains passages afin d’être certains d’avoir bien saisi (je ne suis même pas sûr d’y être parvenu)…

Exemple « Il dort sous la glace effrayé » sans la virgule après « la glace » je m’attendais à lire « Il dort sous la glace effrayée » avant de comprendre (ou d’avoir cru comprendre) qu’il s’agissait du printemps (de votre printemps) qui dormait sous la glace hivernale, effrayé…

« il coupe l’herbe sous le pied
des géants de pierre hémophile »

J’ai beaucoup apprécié cette image, j’ai moins été séduit par « sous la veine le sang premier », j’aurais aimé que ce vers vienne sublimer les deux précédents… peut-être est-ce le cas en ce qui vous concerne, pas de mon côté…

« Il souffle sous l’aine et le chaud
des chants babillent la voie du nord »

Je n’ai sûrement pas bien compris l’image, je l’ai trouvée trop biologique et pas assez « poétique », mais quelque chose m’a peut-être échappé… l’absence de ponctuation perturbe encore ma lecture et ma bonne compréhension… je me suis demandé s’il fallait lire « Il souffle sous l’aine et le chaud. Des chants babillent la voie du nord » ou si les deux vers étaient liés et dans ce cas, « le chaud des chants babille », mais j’imagine que si cela n’a pas été corrigé, c’est qu’il faut lire les deux vers indépendamment l’un de l’autre…

« Le panier treillis de la vigne
éblouie la terre craque et boit
frise l’effraie s’envole et plane
au-dessus rêvent les nuages »

Peut-être la strophe que je préfère dans votre poème parce que je la trouve moins énigmatique et qu’elle se termine par un magnifique « au-dessus rêvent les nuages »

« Quand roule éprise l’amoureuse
dans les draps soie d’un soir de pluie
faut-il autant de moire ancienne
au temps volé des accomplis »

C’est joli, mais pour être honnête, je n’ai pas bien compris, désolé, ça ne veut bien évidemment pas dire que c’est raté, c’est seulement moi qui ne suis pas sensible à ce passage…

« L’héritage est volée poussière
avant lever des soleils fous
faut-il au temps donner sa peine
pour voir couler le sang amer »

Je sens qu’il y a un message profond, peut-être intime, mais le manque de ponctuation et la syntaxe n’aident pas je trouve…

« La fleur étamine et la reine
dorment sous la glace effrontées
des fonds des gouffres et mes larmes
fond la peur et cri familier »

Autant les deux premiers vers me laissaient entrevoir une strophe que je pensais beaucoup appréciée, autant avec les deux suivants, comme le petit poucet, je me suis complètement perdu en chemin…

« Si chaîne étamée close en paix
la puissance et le charme vrai
combien de voix s’enlacent pleurs
sur la rosée des Printemps frais »

Je suis sincèrement désolé, mais c’est peut-être l’endroit où j’ai eu le plus de mal dans votre poème, je n’ai absolument rien compris !

« Prends-le chéris-le comme il vient
au creux ton cœur bat vibrations
déploie tes ailes et prend le large
sous le vent glisse la Pétarque »

Je n’ai pas vraiment plus compris ce passage, Pétarque est peut-être un néologisme ou une antonomase, mais je penche plutôt pour un néologisme attendu que je ne connais personne qui répond au nom de Pétarque (pas dans mes fréquentations proches en tout cas !)

La narration elliptique rend ce poème assez obscur et hermétique à mon esprit, j’ai l’étrange sensation d’entendre une personne qui aurait appris à parler le français sans en maîtriser complètement les subtilités (je vous dis ce que je ressens, ce que votre poème provoque chez moi, je n’essaye absolument pas d’être blessant…)

« l’infamie déformée se plaint
des restes vifs sous les craqûres »

Je pensais à un néologisme avec « craqûres », mais après m’être longuement interrogé à ce sujet (oui je me parle à moi-même), j’ai mené ma petite enquête et « craqûres » avec ou sans accent circonflexe serait une forme archaïsante de « craquelure ».

J’ai trouvé cela intéressant, parce que l’exergue précise qu’il y a une tentative de re-nouveau, je pense donc que le mot « craqûres » est très bien choisi pour marquer le caractère de quelque chose (un sentiment, un état) d’ancien…

« Mordez la main
Déchirer
La chair

Et le soleil »

Il y a dans ces derniers mots ce qui fait selon moi la nécessité de ce poème et même sa cohérence dans son incohérence.

Déchirer la chair me fait penser à la peau et qui dit peau dit sensibilité à fleur de peau…

En ayant lu jusqu’au bout, je résumerai les propos de la narratrice (ce n’est qu’un ressenti) par :

J’étais morte, au fond d’un gouffre sans fin, mais j’essaye d’échapper à mes démons, je veux revoir le printemps, respirer à nouveau, vivre, ailer, pleurer, crier…

Mordez-moi la main, faites-moi mal (Johnny, Johnny, Johnny), mais sortez-moi de ma longue et pénible torpeur…

Et une fois la chair déchirée, alors je laisserai cet hiver derrière moi, viendra le temps du renouveau, du printemps conquérant… Et le soleil…


Bien que cette poésie soit difficile d’accès (en ce qui me concerne), je pense toutefois qu’elle mérite plusieurs lectures afin de mieux la comprendre ou plutôt la ressentir…

Pour résumer, je pense que ce n’est pas le genre de poésie où il faut chercher du sens à chaque vers, chaque strophe, je pense que c’est plutôt une poésie de sensations…

   Myndie   
10/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Pussicat,

quel bonheur de sortir des sentiers battus ! C'est peu de dire que j'ai aimé votre poème qui, loin de transmettre la logique d'une histoire, fait partager le tumulte d'un état d'âme, dans une traversée sensorielle et émotionnelle intense :
- sensation d'oppression et de claustration (« la glace », « les géants de pierre », effrayé », « des fonds des gouffres »
- douceur de l'éveil («et le vent frais dans le plumage
frissonne en bourgeons mammifères »
- ivresse sensuelle (« Quand roule éprise l’amoureuse
dans les draps soie d’un soir de pluie » )
- mélancolie qui semble lier le printemps à la tristesse («faut-il au temps donner sa peine
pour voir couler le sang amer », « larmes », « pleurs ») 
Et pour finir, cette vibration de colère que l'on ressent dans les derniers vers.
Une vraie douche écossaise.
Pour moi, ce sont tout simplement ces contrastes (comme passer de la soie des draps à la chair mordue et déchirée) qui font la force du texte, comme s'il s'agissait de choisir entre la douceur du monde et sa cruauté.
Il y a quelque chose des fureurs de Michaux et du magnétisme d'Eluard dans votre poème, c'est ce qui me plaît beaucoup.

   rendu   
10/7/2026
trouve l'écriture
très perfectible
et
n'aime pas
Ce texte possède tout ce que j'abhorre en écriture poétique :

l'incompréhension : quid des géants de pierre hémophile, sous la veine le sang premier, etc...etc...
les vers jetés à l'emporte pièce : des chants babillent la voie du nord, au-dessus rêvent les nuages, etc..
les élisions des articles : avant lever des soleils fous, fond la peur et cri familier, etc...etc...

Bref vous aurez compris que j'ai une autre vision de la poésie qui s'appuie davantage sur la beauté, la vénusté, le rythme et tant pis pour moi, l'académisme.

Désolé, ma compréhension sera, peut-être, plus aiguisée une autre fois.


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