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Poésie classique
rendu : L'ambre
 Publié le 07/07/26  -  8 commentaires  -  782 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur

Il traverse les ères.


L'ambre



Des larmes de résine où le temps s'est figé
S'amassent sur l'estran des océans du monde,
Comme un céleste champ d'étoiles émergé
Et que l'humanité recueille au bord de l'onde.

L'ambre doré, trésor des âges écoulés,
Simulacre de miel, nous conte l'aventure
Des cycles de la Terre en siècles assemblés
Unis dans le roman privé de la Nature.

Et, chaque inclusion des insectes captifs
De ce joyau cuivré qui traverse les ères,
Signe la provenance en fœtus primitifs
Du chemin parcouru depuis les conifères

Pour finir à l’étal de l’orfèvre aguerri
En bagues dans l’argent sur le doigt de la belle,
En colliers pour la gorge exquise ou la dentelle,
Chef-d'œuvre de la mer sur la muse fleuri !


 
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   LeChevalier   
30/6/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
La forme est parfaitement classique mais au prix de beaucoup de sacrifices. J'ai relevé des maladresses dans tous les quatrains.

Dans le premier quatrain : le mot « émergé » me semble n'être là que pour la rime, il enlaidi la phrase.
Dans le deuxième quatrain : l'expression « roman privé » me semble tout-à-fait incongrue.
Dans le troisième : bien que le mot « conifères » soit scientifiquement précis, ici, en fin de strophe, il me produit un effet de pédantisme.
Dans le dernier quatrain : je suis assez sûr qu'on ne peut pas dire d'un orfèvre qu'il est « aguerri » car son métier n'ai rien d'une guerre ; métaphoriquement, l'épithète ne me plaît pas non plus. Le deuxième vers contient quand même quatre prépositions (!), autant dire que les chevilles sont de la fête.

Au niveau du fond, j'ai eu l'impression qu'on me fait une leçon de SVT, ornée d'une fin romantique (qui s'accompagne d'un passage aux rimes embrassées).

Je conclus que le texte n'est pas intéressant par son fond, que la forme est juste métriquement mais maladroite du point de vue de la langue.

   Ornicar   
30/6/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Il a traversé les ères, oui, mais ne m'a pas fait rêver. Cet ambre m'a laissé de marbre.
Je ne suis pas certain que vouloir retracer son long voyage à travers le temps, des origines de la Terre à l'étal des bijoutiers, soit une bonne idée.

Ignare en ce domaine, j'ai donc consulté une encyclopédie en ligne bien connue. Tout y est : la résine, les conifères, les océans, et même les insectes figés à l'intérieur. Au point de penser que l'auteur(e) y a puisé son inspiration et la matière de son poème.

Le résultat, en ce qui me concerne, est décevant. Je ne ressens rien, ne vibre pas, ne souris pas, ne vois pas la moindre étincelle. Rien. C'est d'autant plus remarquable que l'écriture ne semble pas en cause, à l'exception peut-être d'un vers à la troisième strophe qui fait naître en moi de drôles d'images : "Signe la provenance en foetus primitifs".
Ce poème manque de vie. Il me donne l'impression de me trouver face à une nature morte. Au final, ce texte est sage. Trop sage. La question reste néanmoins en suspens : fallait-il prendre ce sujet ?

Ornicar

   Cyrill   
3/7/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
On ne peut pas dire que le titre soit d’une grande imagination, aussi le corps du texte ne m’étonne-t-il pas vraiment. Je lis peu ou prou une leçon de choses concernant cette résine. Incarnée, non. L’ambre reste figée et le mystère de ses inclusions ne va guère au-delà du «doigt de la belle » ou des « colliers pour la gorge », des évocations tout de même bien pauvres. Si vous vouliez montrer sa froideur, vous y êtes. Le poème lui-même est une inclusion, n’a pas de mouvement. Mais pour le rêve et le voyage dans le temps il me semble qu’il y avait mieux à faire. D’autant que quelques formulation m’ont paru prometteuses : «l'estran des océans du monde », «Unis dans le roman privé de la Nature », «ce joyau cuivré qui traverse les ères ».   

   Provencao   
7/7/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour rendu et bienvenue,

Votre poésie me transperce comme une leçon d'autonomie, un mouvement fragile, presque libre et déconcertant qui m' enlève toute forme de questionnement.
J'ai essayé de me concentrer sur une harmonie et me conduire au recueillement de ces larmes de résine, mais j'y ai lu de l'insaisissable et de l'interminable...

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Passant75   
7/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Le poème m’a paru techniquement solide, mais inspiré de façon plutôt inégale. Plusieurs formulations ne semblent être présentes que pour satisfaire les exigences de la poésie classique. Certaines tournures semblent si recherchées qu’elles perdent en naturel. Le sujet est néanmoins intéressant, après tout, n’est-ce pas cette idée qui avait déjà permis à Spielberg de ressusciter les dinosaures !

Cela étant, l’ensemble m’a paru trop démonstratif et n’a pas suscité en moi de réelle émotion. Je me garderais bien de faire le maitre d’école, ce serait très présomptueux de ma part, toutefois qu’il me soit permis de vous conseiller de laisser parler plus votre cœur que votre esprit.

   Boutet   
7/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
L'auteur raconte dans ce poème le parcours de l'ambre qui vient de la résine organique fossile de conifères
depuis des millions d'années pour se retrouver sur l'étal du joaillier serti dans l'argent.
J'aime assez ce voyage dans le temps et les comparaisons faites avec le miel et les inclusions d'insectes
en foetus
Le vers : Comme un céleste champ d'étoiles émergé est pour moi l'un des plus beaux : la comparaison de l'ambre à l'étoile qui surgit de la mer est bien jolie.
Un bon poème, finalement.

   AMitizix   
7/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Une tentative de poésie biologique qui me paraît intéressante !

Il m’a cependant fallu plusieurs lectures pour comprendre que le poème racontait l'histoire de la formation de l'ambre. Ce n’est pas si clair quand on découvre le poème sans s’attendre forcément à ce traitement : à mon avis, une information utile et pertinente pour le paratexte !
Une fois cette première difficulté écartée (heureusement que les autres commentaires m’ont aidé) et le texte à nouveau parcouru, je trouve le thème choisi tout à fait légitime : pourquoi ne pas s’y frotter ? J’interprète, peut-être à tort, cet essai comme une inspiration néo-parnassienne, avec cette originalité de prendre l’objet (et de le décrire) par son histoire, plutôt que directement. Disons que le concept, le projet de la poésie me paraît plutôt séduisant.

Je suis malheureusement moins convaincu par l’exécution, pour plusieurs raison.
La première (mais, comme j’ai l’impression que ça m’arrive souvent, je me demande si ce n’est pas moi qu’il faut mettre en cause), c’est cette difficulté que j’ai déjà mentionnée à saisir le sens général du texte (c’est-à-dire comprendre qu’on a affaire à un récit sur la formation de l’ambre). Je suis assez amateur d’obscurité et de flou poétique, mais ici, il me semble que ce n’est clairement pas l’effet ou l’esthétique envisagée. Peut-être pourrait-on refondre le texte pour que le projet apparaisse plus clairement : mentionner cette information dans le chapeau est peut-être une solution de facilité (mais ô combien efficace !) ; sinon, pour éviter une réécriture complète, une petite strophe d’introduction (type incantation du poète exposant son intention) ne ferait peut-être pas de mal. Mais peut-être n’est-ce pas là votre projet d’écriture – et, décidément, relisant encore, je me dis que ma concentration est possiblement un peu défaillante (ou rétive ?) en première lecture.
Plus intéressant peut-être, il m’a semblé que certains vers étaient un peu faibles, et certaines images malheureuses. En particulier, ce « et » qui entame le quatrième vers sonne comme une cheville – passable encore (elle n’est pas trop inélégante), mais elle retient l’attention. Le « roman privé » de la Nature est assez obscur (encore que l’image ne manque pas de charme). Surtout, la troisième strophe me semble perfectible : pour qui ignorait qu’on trouve des insectes dans l’ambre (mais je l’apprends après recherche, c’est intéressant !), on se retrouve un peu perdu… Et toujours après recherches, si je comprends bien, j’aime l’idée de la strophe (la survivance d’une trace de l’origine de l’ambre), mais je regrette qu’elle soit assez confuse, et surtout très mal servie par l’image des « fœtus primitifs » (ça fait franchement bizarre de les trouver là...)

Cependant, je ne boude pas ma lecture : il y a des vers que je trouve élégants et beaux (que demande le peuple !) : « Comme un céleste champ d’étoiles émergé » (quoique, bémol notable, je n’ai pas bien saisi non plus le sens exact de la comparaison, l’image est frappante), « Chef-d’œuvre de la mer sur la muse fleuri » (très élégant, même si l’introduction de la muse et de la réflexivité du poème sur lui-même est un peu brutale). En général, j’aime vraiment bien cette dernière strophe, simple et élégante. J’allais oublier « l’aventure / Des cycles de la Terre en siècles assemblés », enjambement et formulation agréables et efficaces.

Finalement, je regrette l’inégale qualité des vers et des images, qui ne parviennent pas à aboutir un projet qui me semble valable. Je retiens avec plaisir les mieux réussis, qui sont, pris isolément, de bonne qualité à mes yeux ; si tout le texte restait à ce niveau, il me plairait beaucoup.
Merci pour ce partage !

   Pussicat   
7/7/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Bonjour rendu,

Je comprends l'entreprise et dès le premier vers mais ma lecture s'est heurtée à sa forme scolaire voire maladroite parfois dans le choix des mots pour la rime :

« émergé / les ères (la liaison heurte) / conifères / orfèvre aguerri (je n'ai pas saisi ce choix) / gorge exquise (ouche, aussi audacieux que troublant) »

ou la construction des vers :
« Et que l'humanité recueille au bord de l'onde (expression lourde)

L'ambre doré, trésor des âges écoulés (la virgule rompt le rythme et renforce l'impression d'un vers mal construit)

Des cycles de la Terre en siècles assemblés - Unis (comme une impression de répétition)

le roman privé de la Nature (je ne saisis pas ce "roman privé", il est offert à toutes et tous)

En bagues dans l’argent sur le doigt de la belle (trop de "'en/dans/sur/de" qui retire toute musique)

En colliers pour la gorge exquise ou la dentelle, (je suis saisie à la "gorge" par l'audace du choix)

Chef-d'œuvre de la mer sur la muse fleuri » (c'est le chef-d'œuvre qui est "fleuri" ?)


Dans l'ensemble, un texte trop scolaire dont la lecture s'est heurtée à des choix incongrus, à des ruptures de rythme. Un effort dans le choix du titre peut-être...

A bientôt de vous lire


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