« En l’absence d’au-delà, ce qui est mort renait ici-bas. »
Lorsque les hommes du fort virent l’interprète de retour, émacié, nu comme Dieu l’avait fait naître et couvert de peintures comme un sauvage, ils le prirent pour fou. Et peut-être l’était-il : la peine et l’errance dans la jungle pendant des jours l’avaient absolument brisé. Il délirait, parlait seul, et invoquait trois muses – une juive, une chrétienne et une indigène – que lui seul voyait et entendait. Ses paroles se mêlaient dans le désordre en taïno et en castillan, mais aussi en hébreu et en grec ancien, comme si toutes ses vies s’étaient superposées en une seule voix éraillée.
On lui ouvrit le portail et, presque immédiatement, on l’arrêta. Tandis que deux marins l’immobilisaient, le reste de l’équipage abandonna ses tâches pour venir l’insulter. En quelques instants, une vingtaine d’hommes s’étaient rassemblés et lui hurlaient d’une seule voix.
— Traître ! Assassin ! Faux chrétien ! Judas !
Luis les voyait comme à travers un épais brouillard. Ses oreilles et ses yeux étaient engourdis par les pleurs et par les journées de solitude dans la jungle. Il ne distinguait pas les visages, seulement une masse informe de bouches qui crachaient leur haine, avec des gestes tordus et des visages grimaçants. Un marin le frappa dans le dos pour l’obliger à se mettre à genoux : le capitaine venait d’arriver.
Arana s’approcha. L’interprète rassembla ses dernières forces pour chuchoter :
— Caonabo et Anacaona… vont nous attaquer. Ils seront bientôt ici. Il faut préparer la défense.
Arana l’entendit à peine, trop occupé qu’il était par la réprimande qu’il avait préparée. Dans la cour du fort, l’équipage ne cessait de conspuer le prisonnier.
— Luis de Torres, déclara-t-il avec gravité, vous êtes en état d’arrêt. Vous êtes accusé de double assassinat et de haute trahison. — Moi ? cria Luis. Je suis justement revenu pour vous avertir ! Pour tenter de vous sauver !
Arana ordonna de le faire taire. Un marin lui frappa le visage ; sa lèvre se fendit et le sang lui emplit la bouche.
— Vous ne voulez pas avouer, mais nous savons tout, poursuivit le capitaine. Vous avez parlé à Guacanagarí pour que ses hommes surprennent et tuent Antonio de Cuéllar et Domingo de Lequeitio, mes deux sous-officiers. Un marin a tout vu sur la plage. Le cacique est impliqué, il nous a trahis, et vous avec lui.
Luis demeura sans voix. Il ne voulait pas que ses mots fussent teintés du sang qu’il sentait encore dans sa bouche, et il se tut.
On le conduisit à sa hutte et il y attendit de longues heures. Il commença par tourner en rond, aussi nerveux qu’une bête en cage ; puis il tenta de se calmer. Il observa ses rares possessions, que ses geôliers avaient dispersées pour retirer tout objet pointu ou susceptible de servir d’arme. Tout était éparpillé dans la pièce : vêtements, bols et papiers, son encrier, ses plumes. Il commença à ramasser ses effets personnels. Dans un coin, il trouva la robe qu’il avait imposée à Anayé, une fois. Comment avait-il pu l’obliger à la porter, alors qu’elle était si belle à l’état naturel, quand elle courait nue dans les feuillages ? Il ne se souvenait plus, les temps où il s’appelait Luis et pensait comme un Espagnol lui semblaient déjà lointains.
Il continua à fouiller et, sous un tas de tissus, il trouva les mèches de Judith et de Catalina. Il les prit et les pressa contre sa poitrine, comme des esprits protecteurs. Mais il ne ressentit aucun réconfort. Les deux femmes ne revenaient pas à son esprit. Il ne pensait qu’à sa bien-aimée taïno et regrettait de ne pas lui avoir demandé une mèche de ses cheveux lorsqu’elle lui avait coupé les siens, au pied des cascades.
Il passa la main sur sa nuque rasée et ses cheveux coupés à la mode taïno. Il se souvint alors de l’image d’Anayé, sauvage et vengeresse, brandissant les chevelures ensanglantées des deux criminels, comme Jason la Toison d’or. Une tignasse brune et l’autre blonde, comme celles de Judith et de Catalina. Les poils, la partie la plus animale de l’être humain, représentaient à la fois l’amour et la haine, qui étaient comme les deux versants d’une même pièce de monnaie, comme la lumière et l’ombre, indissociables. Lui n’avait jamais su canaliser sa colère, et c’était peut-être justement pour cela qu’il ne survivrait pas. La haine donne la force nécessaire pour se défendre et protéger les siens. Sans cette violence primitive, la bonté est parfaitement vaine. Anayé, elle, comprenait l’importance de cette force. C’est pourquoi elle vivrait. Lui, non.
Il trouva dans un coin de la hutte son cahier, et il l’ouvrit. Il sourit en voyant la dernière page, signée maladroitement par Anayé. Une belle fin, pensa-t-il, pour ce récit. Mais ce texte n’avait pas été rédigé par une Taïno : il venait d’un Européen qui n’avait pas encore compris l’essence du monde. Il croyait, comme tant d’autres, que l’esprit humain suffisait pour dominer la terre, avec raison et mesure. Grave erreur : l’esprit n’appartient pas simplement aux hommes, il est partout, dans la nature, qui nous parle constamment, mais que nous ne savons pas écouter. Lui, comme les théologiens de ses deux anciennes religions, avait vénéré « les Saintes Écritures » comme ce qu’il y avait de plus haut et de noble, comme si la vérité ne pouvait habiter que dans les mots écrits.
Il referma le cahier. Il rangea ses vêtements et décida de ne plus jamais s’habiller en officier. Il ne se sentait plus européen. Il avait été initié comme taïno et son nom était Aribamao.
Il bouda sa chaise et son matelas. Il s’assit par terre, jambes repliées, dans la posture silencieuse des indigènes. Il resta là des heures, immobile, les yeux rivés sur un point invisible, en attendant, comme eux savaient attendre.
***
— Luis de Torres, sortez. Vous allez être jugé.
Les hommes qui le gardaient le conduisirent au centre du fortin. Le soleil brûlait, haut dans le ciel. Tout l’équipage était rassemblé. Au milieu de la cour, debout, le visage sévère, attendaient Arana et Escobedo, qui s’efforçaient d’adopter l’allure requise par leur rôle d’accusateurs. Qui exerçait vraiment le rôle de juge n’était pas tout à fait clair : en théorie, le capitaine ; en pratique, certainement la multitude en colère, derrière lui, qui semblait déjà avoir rendu son verdict : son sort était scellé, il allait mourir.
Arana énuméra de nouveau les charges. Luis ne répondit pas. Les mots ne venaient pas. Il pensa expliquer que Domingo et Antonio avaient violé et tué une femme taïno, un crime ignoré de tous ; il pensa aussi les avertir de l’attaque imminente de Caonabo en représailles. Mais il garda le silence. Il avait déjà prévenu le capitaine, et celui-ci ne l’avait pas écouté. Alors il demeura silencieux et observa, un par un, tous les marins qui l’entouraient, qui lui criaient des insultes, déversaient leur bile, tandis que ses deux accusateurs dissertaient sur sa prétendue trahison.
Devait-il révéler la menace qui pesait sur eux ? Peut-être y avait-il encore le temps d’organiser une défense, et peut-être qu’alors un miracle se produirait au cours de la bataille imminente. Mais méritaient-ils d’être sauvés ?
Non, décida-t-il dans son esprit. Aucun ne le méritait.
Il était à genoux, nu et humilié devant ses bourreaux et la foule accusatrice, mais se sentait curieusement supérieur, comme s’il était l’être suprême capable d’absoudre ou de condamner. Eux, c’étaient les habitants de Sodome et Gomorrhe, et lui était Jéhovah. Mais où était donc Abraham, le juste qui suppliait pour la ville, celui qui demandait à Dieu s’il était licite de tout détruire alors qu’il restait des hommes droits parmi les coupables ? Or, il n’y avait pas beaucoup de justes dans le camp de La Navidad : peut-être trois ou quatre disciples d’Escobedo qui soignaient les malades à l’église, peut-être le chirurgien… ce n’était pas suffisant. Il n’aiderait pas les Espagnols, il n’appartenait plus à aucun camp. Son royaume n’était pas de ce monde.
Le plaidoyer d’Arana fut prévisible. Celui d’Escobedo aussi : il le compara à Caïn, à Judas, à Hérode, enfin, à la liste habituelle de tous les méchants hébreux. Luis sourit tristement, car le greffier ignorait qu’il n’était plus juif, mais Taïno.
Rodrigo de Escobedo conclut en affirmant que seul Dieu juge, et qu’il ne demandait donc pas la mort de l’accusé pour laisser cette sentence au capitaine. Puis, après ce long discours en plein soleil, il rafraîchit son front et ses mains avec de l’eau fraîche, comme Pilate.
— Luis de Torres, votre sentence est la mort. Vous serez pendu demain à l’aube. Gardes, conduisez le prisonnier à sa cellule.
La voix d’Arana résonna lointaine, étouffée, comme si elle n’appartenait pas à ce monde. Ensuite, l’interprète comprit qu’Escobedo voulait le confesser et lui administrer l’extrême-onction avant l’exécution, mais il refusa vigoureusement le sacrement. Alors il entendit le greffier lui attribuer une nouvelle religion, plus maudite encore que la judaïque : il était satanique et avait pactisé avec le diable. Mais ces condamnations résonnaient comme un écho lointain en lui et ne l’affectèrent pas le moindre du monde.
Deux gardes le saisirent et bientôt il se retrouva de nouveau assis dans sa hutte. Et une fois de plus, comme cela lui était arrivé sur la Santa María pendant le voyage, il sentit son corps se dissoudre et son esprit s’élever pour se joindre au vent et à la mer. Et tandis que son enveloppe physique passait la nuit accroupie, dans l’obscurité de sa cellule, son esprit volait libre comme les alizés sur les plis de l’océan. Peu avant l’aube, deux détonations le tirèrent de son sommeil : des coups d’arquebuse. Puis des cris, des courses et des jurons derrière la porte.
— On nous attaque ! cria quelqu’un. — Tous à vos postes ! ordonna la voix du capitaine.
La lumière de l’aube filtrait déjà par les fentes de la hutte. Luis se leva et comprit que ses gardes avaient abandonné leur poste. C’était le moment de s’enfuir. Il ne sortit pas par la porte, mais par la fenêtre. Il se glissa avec précaution, passa d’une hutte à l’autre et atteignit le tronçon le plus faible de la palissade du fort, celui qui donnait directement sur la jungle.
Il avait appris à se mouvoir dans la forêt avec Anayé. Il sauta le mur sans être vu et se perdit dans la nature avec l’agilité d’un Taïno. Il se cacha dans un buisson, et depuis son refuge, observa la plage. Sous le soleil levant, les guerriers d’Anacaona et de Caonabo lançaient l’assaut. Les Espagnols répondaient par des tirs serrés. Les corps indigènes tombaient par dizaines, mais derrière ils arrivaient encore plus nombreux, des centaines et des centaines, comme si tout le Nouveau Monde attendait son tour pour anéantir les intrus.
Luis était terrifié, alors il essaya de penser en tant qu’Aribamao, son nouveau moi indigène. Que ferait un Taïno dans cette circonstance ? Où irait-il ? L’exil était la pire des condamnations : on ne survit pas seul dans la jungle. Les autochtones préféraient encore l’esclavage ou une mort rapide. Il pensa alors qu’il serait plus sensé de se livrer à Guacanagarí, qui curieusement ne semblait pas impliqué dans le conflit.
Tandis qu’il hésitait, caché dans les buissons, il vit un homme lui faire signe. C’était Akamoa, un des Taïnos du camp de Guacanagarí, qui avait également fui dans le chaos de l’attaque. Il se dirigeait probablement aussi vers le village de son cacique.
L’interprète se leva et courut vers l’indigène. Mais il ne se baissa pas suffisamment, et au moment où il demeura exposé, il entendit un coup de feu. Une douleur indicible traversa sa poitrine, et une autre, fulgurante, son ventre. Il s’effondra sur l’herbe et perdit connaissance.
***
Dans son agonie, Luis percevait un écho confus, un murmure, peut-être des voix humaines, ou alors le rugissement du ciel tourmenté qui pesait sur lui. Dans ce chaos de sons à peine perceptibles, il entendait aussi le chant des oiseaux, les messagers du Nouveau Monde, qui apportaient les paroles des Taïnos vers le Très-Haut.
Au milieu de tous ces bruits, il distingua la voix claire d’Anayé, qui résonnait avec force :
— Aribamao, Luis, chuchotait-elle. Pas mourir, pas mourir… s’il te plaît.
L’esprit de l’interprète flottait entre la terre et le ciel ; tandis que depuis le sol il voyait sa bien-aimée indigène le supplier de rester à ses côtés, au-dessus, dans le firmament, il percevait les figures de Judith et Catalina, comme deux anges gardiens qui l’invitaient au repos éternel, loin des tourments terrestres.
— Aribamao, Luis ! Je suis Anayé. Nous sommes dans village de père, cacique Guacanagarí.
Sa voix devint de plus en plus claire et proche. Il distingua aussi des tambours, et la voix d’un vieil homme qui psalmodiait des prières derrière elle. Il entrouvrit les yeux, mais dut les refermer aussitôt après avoir regardé directement le soleil. Sous ses paupières, quelques petits points lumineux dansaient comme des lucioles devant ses pupilles pour raviver son âme. Il rouvrit les yeux et découvrit le visage d’Anayé, penchée sur lui, qui lui murmurait des paroles rassurantes à l’oreille. Derrière elle se tenaient le guérisseur de la tribu et quelques femmes qui observaient la scène avec gravité.
Il tenta de se redresser pour mieux voir, mais une douleur aiguë lui traversait la poitrine, tandis qu’une autre, diffuse et profonde, déchirait son estomac. Anayé, le cœur brisé, le serra contre elle, mais comprenant que ce geste ne suffisait pas, elle le relâcha et cria :
— Cohoba ! Cohoba !
Une Taïno se leva et exécuta l’ordre.
— Que se passe-t-il ? balbutia Luis, à grand-peine. Qu’est-ce qui est en train de me tuer ? — Balle espagnole dans ventre et flèche taïno dans cœur, répondit la jeune fille, en larmes. — Et… vais-je mourir ? demanda-t-il, grimaçant de douleur.
Elle garda le silence un instant puis dit enfin :
— Pas mourir… renaître.
La femme qui était allée chercher le Cohoba revint avec un bol, un tube de roseau et un sac contenant la poudre psychotrope, et le remit au guérisseur. Luis connaissait l’effet de ces graines, il l’avait expérimenté avec Rodrigo de Jerez. Il ressentit un grand soulagement, car le Cohoba le transporterait au-delà de la douleur, mais aussi vers un état en dehors de la conscience. Il devait donc dire adieu à sa bien-aimée et au monde, tant qu’il pouvait encore penser avec lucidité, bien que son corps souffrît terriblement. Il inspira à la hâte la fumée hallucinogène et sentit bientôt la souffrance se dissoudre, se concentrer uniquement dans l’estomac, là où la balle avait frappé, et dans la poitrine, là où la flèche s’était plantée.
L’effet de la drogue fut progressif. D’abord doux, ce qui permit à ses pensées de circuler plus clairement et à la douleur de devenir plus supportable. Il se demanda alors : qui l’avait tué en premier ? L’Espagnol, qui l’avait blessé dans ses entrailles, ou le Taïno, qui avait visé le cœur ? Mais qu’importe, depuis toujours il avait été la cible de tous, il n’était pas surprenant qu’il eût été tué par deux meurtriers différents, en même temps.
Il demanda à Anayé le dénouement de la bataille, et elle lui raconta que tous les Espagnols avaient été massacrés, mais qu’Anacaona avait épargné la vie de Guacanagarí, qui s’était abstenu d’aider les étrangers. La Taïno expliqua qu’elle avait elle-même persuadé Anacaona de ne pas réprimer la tribu de son père. Grâce à son intervention, elle avait acquis un nouveau statut dans sa communauté : elle n’était plus une esclave bâtarde, mais la sauveuse du peuple ; et son père, impressionné par son courage, l’avait nommée héritière, destinée à devenir future cacique si Guacanagarí venait à disparaître.
— Tu seras la meilleure reine que le monde n’ait jamais connue, dit Luis, avec un léger sourire, qui n’était peut-être qu’un rictus de douleur.
Anayé l’embrassa, et un premier élan d’extase emporta l’interprète vers le délire.
— Aribamao… que signifie « je vous aime » ? demanda Anayé, la voix tremblante. — « Je vous aime » c’est… se sentir attaché à quelqu’un, mais en même temps se sentir plus libre. Tu comprends ? répondit-il, à moitié perdu par l’effet de la drogue. — Je crois que oui, répondit-elle, pensive. — C’est le verbe « amar ». Ça signifie « plaire », « être bien avec quelqu’un ou quelque chose ». — Oui, je comprends, répliqua-t-elle, presque solennelle. Je vous aime, Luis…
Elle l’embrassa de nouveau. Le Cohoba commençait à rendre Luis euphorique.
— Ce qui est curieux c’est que le verbe « amar » ressemble tant à « la mar* », et « el amor » à « la mort », comme le disent les Français, et les Italiens « la morte »…
Il continua à bavarder tout seul comme s’il donnait un dernier cours de langues à son élève, et ses paroles se mêlèrent progressivement aux délires provoqués par la fièvre et la drogue. Il prit deux autres bouffées pour s’assurer que l’effet le mènerait à bon port et se laissa emporter par la spirale que l’on avait peint autour de ses deux blessures, un puissant esprit appelé « Hurakán », un tourbillon capable de le transporter aux confins du monde connu.
À la deuxième bouffée, avant même de prononcer un adieu, il s’effondra et son esprit quitta son corps pour voyager vers l’envers du monde, où les esprits deviennent chair et les corps s’évaporent dans l’espace.
Son âme s’éleva lentement vers le zénith. Elle était entourée de ses trois amantes, la mère, la fille et la colombe sacrée, en l’occurrence un perroquet, qui virevoltaient à ses côtés. Elles tournaient comme trois anges dans un ciel pourpre de tempête, sous l’œil d’Hurakán, et en tournoyant, elles tressaient leurs cheveux autour du corps de l’interprète, pour le capturer dans un large filet et le conduire vers le firmament. Il se laissa aspirer par les spirales du grand esprit du vent. Puis tout s’acheva : il ne saurait jamais si derrière le trou béant se trouvait le Très-Haut, l’enfer ou le néant éternel. Il mourut dans le doute, comme il avait vécu.
Son corps gisait sans vie dans les bras d’Anayé, tandis que son âme renaissait quelque part dans le monde ; car pour un athée comme lui, en l’absence d’un au-delà, l’âme devait nécessairement renaître quelque part sur terre.
C’était le dimanche de Pâques 1493, un an après son départ de Murcie.
Fin de la troisième partie
_________________________ * La mar : la mer en espagnol.
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