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L'histoire de Brigitte et celle de Jean-Luc
NICOLE : L'histoire de Brigitte et celle de Jean-Luc  -  L'histoire de Brigitte - Chapitre 4
 Publié le 29/09/09  -  11 commentaires  -  5393 caractères  -  130 lectures    Autres publications du même auteur

- P’pa, il y a trois nains endormis dans mon lit.


Après avoir essayé sa chambre, Gérôme vient de faire irruption dans celle de son père, que j’occupe. Si j’en juge par le temps qui lui est nécessaire pour refermer la bouche, puis pour refermer la porte, après être sorti en marche arrière, j’en déduis qu’il n’est pas habitué à voir des femmes dans le lit de son père.

Je me laisse mollement retomber sur les oreillers.


Hier soir, après avoir fait tous les lits, puis couché les enfants, on s’est installés tous les deux au salon. On a passé une bonne partie de la nuit à bavarder, à mi-voix pour ne pas faire de bruit, une tasse de verveine à la main.

Il a parlé de sa vie en famille, de la difficulté de reconstruire un foyer quand on a trois jeunes enfants à charge. Il a dit combien sa situation de famille avait été un frein à un éventuel remariage ; et aussi tout ce que ce lien avec les enfants lui avait apporté de positif.


J’ai parlé de mes soirées solitaires, mais pas tristes pour autant ; de mon adolescence, prolongée indéfiniment par cette vie de célibataire.


À un moment on a décidé de se tutoyer. C’était comme quand on apprend une langue étrangère : on pensait « vous », et on s’appliquait à dire « tu », comme des élèves soucieux de bien faire.

Après m’avoir raccompagnée à ma (sa) chambre, il m’a embrassée. Un drôle de baiser papillon, qui hésite entre la bouche et la joue, et qui finit par se poser maladroitement au coin des lèvres.

Je n’ai jamais eu l’impression que quoi que ce soit d’important manquait à ma vie ; mais hier soir, j’ai quand même eu le sentiment que j’étais arrivée quelque part, et ce matin cette impression de quiétude ne m’a toujours pas quittée.


C’est comme ça que j’ai fait la connaissance de ses trois enfants : dans un joyeux brouhaha, à la table du petit déjeuner, par un dimanche matin ensoleillé, enveloppée dans un pyjama bien trop grand pour moi.

Quand j’y repense, mes balourdises répétées nous auront probablement évité des « présentations à la famille » plus formelles. Au lieu de ça, tout s’est fait naturellement, en grande partie grâce à la présence de mes petits-neveux, que les grands ont adoptés immédiatement.


Dans les semaines qui ont suivi j’ai passé le plus de temps possible avec Jean-Luc. Il dormait chez moi aussi souvent qu’il le pouvait, et les week-ends, nous restions chez lui avec les enfants. Au bout du compte, ce sont eux qui nous ont demandé pourquoi on ne dormait pas là, puisque ça nous rapprochait l’un comme l’autre de notre lieu de travail.

Très vite, je ne suis plus rentrée chez moi que pour aller y prendre des vêtements ou pour récupérer le courrier, alors à quoi bon garder mon appartement, de toute façon trop petit pour pouvoir nous accueillir tous.


On parle souvent de la difficulté, pour une pièce rapportée, d’arriver dans une famille où les enfants sont déjà grands. Très honnêtement, je n’en ai rencontré aucune d’insurmontable.

Les garçons, à dix-huit et dix-neuf ans, commençaient à prendre de l’autonomie. Que quelqu’un vienne épargner à leur père la perspective d’une vieillesse solitaire, semblait plutôt les rassurer.

Pour Marie, la seule fille de la maison, et qui plus est en pleine crise d’adolescence à l’époque de notre rencontre, m’accepter a été plus compliqué.

Il a fallu la convaincre que je ne souhaitais en aucun cas remplacer sa mère. Mes trente ans, et un détachement qui m’est assez naturel, ont plaidé en ma faveur. Avec le temps, elle a appris à voir en moi, sinon une amie, du moins une médiatrice, présence apaisante entre elle et son père, souvent plus protecteur avec elle qu’avec ses frères.


Un soir, en rentrant du bureau, j’ai eu la surprise de les trouver tous réunis, les aînés avec leurs petites amies, Marie et son hamster ; et puis ma sœur et sa famille, et enfin nos quatre parents. Ils se lançaient tous des regards de conspirateurs. Ils avaient dressé une table de fête, en me réservant la place d’honneur. Les plus petits étaient très excités, il y avait une surprise pour moi, mais il ne fallait rien dire.

Sous ma serviette, un écrin contenait ma bague de fiançailles.


Il avait choisi de faire sa demande devant toute la famille réunie, comme si mon accord n’était qu’une formalité. Je ne m’en offusquais pas pour autant, quelle raison aurais-je eue de refuser sa proposition ?

Et puis nous étions heureux, il n’y avait aucune raison pour que ça s’arrête, et je suppose qu’il faut bien se marier un jour.


Mariée, je me suis longtemps amusée à jouer avec mon nouveau statut. Je me répétais inlassablement : Madame Brigitte Duvallon, Mme Duvallon née Morin, en faisant tourner mon alliance en diamants avec une fierté teintée d’étonnement.

J’aurais préféré un simple anneau en or, plus conforme à l’idée que je me faisais d’une alliance, mais Jean-Luc tenait tellement à en choisir une assortie à ma bague de fiançailles que je n’ai pas eu le cœur à le contrarier.


Après notre mariage est venu celui de Jean-Marc. Puis les années se sont mises à couler comme du sable entre mes mains, ponctuées çà et là par les naissances et les baptêmes des deux enfants de Jean-Marc et de Sarah.

Je me souviens seulement que nous étions heureux, et que ces dix années-là n’ont semblé durer qu’une journée.


Le bonheur tranquille des gens sans histoire a cela de spécial qu’on ne le remarque que lorsqu’on l’a perdu.


 
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   jaimme   
29/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Nicole a quitté le registre de la comédie pour installer son histoire. Passer "tranquillement" du statut de célibataire à celle d'épouse, voire de mère. Mais la rupture est assez brutale avec les épisodes précédents, certainement voulue pour la suite et je m'attends dès lors à quelque chose de plus dramatique, comme si ces dix ans de bonheur ne comptaient pas au regard de la suite.
C'est toujours bien écrit, j'ai lu avec une grande facilité. Un peu surpris quand même du changement de ton.
J'ai beaucoup aimé ce baiser "papillon" qui n'annonce rien de bien passionnel.
J'ai du mal à mettre une note, j'y reviendrai sans doute quand j'aurai une vision plus globale de l'histoire.

   nico84   
2/10/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Pour moi, c'est un épisode de transition qu'on pourrait résumer en "cinq ans plus tard ..."

On y apprend que tout s'est bien passé dans l'intégration dans les familles. Que du bonheur et on repart, semble il, dans une autre période aussi riche en rebondissements.

A voir !

   LeopoldPartisan   
2/10/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Un peu court, j'ai eu l'impression de lire un compte rendu du ridder digest. Essoufflement dans le travail de l'écrit. Difficulté de sortir des stéréotypes. Mais de là à les remplacer par d'autres (non je ne veux pas remplacer ta maman) vraiment non. Je commençais à m'intéger.
Bardaf, Nicole nous balance comme si de rien n'était le résumé de l'épisode que j'ai manqué. C'est vrai quoi j'étais pas là cette semaine, mon magnétoscope était en panne. A la lecture rapide du résumé dans l'hebdomadaire télé, je me dis que je n'ai pas râté grand chose.
Vraiment je suis désolé d'être aussi franc, mais c'est ce que je ressens.

   Myriam   
4/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Effectivement, une rupture de ton dans ce chapitre...

Je commente avant de lire la suite, juste sur mes impressions:
Un peu frustrée que tu aies arrêté au baiser papillon ( que j'ai beaucoup aimé) le récit de leurs premières fois... et je sens, dans cette frustration, d'autres à venir pour Brigitte. Où est passée sa fantaisie, son humour de célibataire? Elle est soudain si sagement soumise... (L'annonce des fiançailles en public, la grosse bague... eurk...!)
On est peut-être ironique que dans le déséquilibre et l'incertitude... alors le premier chapitre me revient, et je me dis qu'elle va retrouver cet état... La dernière phrase parait aussi l'annoncer.
Pas très clair hein, ce que je dis...!!!
Bon, je fils au 5!

   Anonyme   
6/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un chapitre difficile en ce sens que la mise devant le fait accompli coince un peu, quand même.
Je ne retrouve plus la Brigitte des chapitres précédents, elle s'est comme effacée. Et quelque part résignée, ce qui est un poil dérangeant. Le ton a vraiment changé.
Jean-Luc maîtrise décidément l'art des révélations comme celui d'assurer ou de "planifier" le terrain de ses surprises. J'ai l'impression que Brigitte et lui, au fond se ressemblent ou du moins poursuivent le même but : lui commence a sentir qu'il est temps de caser ses vieux jours et elle, après sans doute d'autres essais à l'air de se dire : celui là, oui pourquoi pas ?
je me demande comment cette histoire va finir car je sens plus ici l'établissement d'une sorte de compromis qu'autre chose.

   Anonyme   
11/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Aaaaaah!
ça y est!

Bon, j'apprécie ce petit épisode charnière, on sent que les choses vont évoluer avec la dernière phrase de la nouvelle...
Et ce n'est pas pour me déplaire, j'explique : j'ai aimé la pose de l'histoire, je pense vraiment qu'il est temps que les choses bougent.

De l'humour on passe à un ton plus... plus sérieux. On reste dans la narration basique, mais comme tu fais filer les années de bonheur bien vite, je m'en vais voir ce que réserve le temps à nos deux protagonistes.

Merci encore pour cet épisode plus court, mais tout aussi sympa (bien que dommage mais ça me semble un peu vite emballé)

   Filipo   
30/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une impression de "baisser de rideau"... Sur une vie un brin fofolle de célibataire gaffeuse, pas casée mais heureuse de l'être.

Effectivement, les dernières phrases ("10 ans de bonheur") annoncent le gros temps. On quitte le registre de la comédie avec un sentiment mitigé (un "dommage, mais ça ne pouvait pas durer"). Épisode en demi-teinte mais non sans saveur.

   Anonyme   
9/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un épisode de transition que j'aime beaucoup. On quitte les gags et autres maladresses pour rentrer dans l'intime.

Et NICOLE gére bien, très bien l'intime.

Notamment avec la dernière phrase.

Je suis plus réservé sur les Tout du début qui alourdissent le texte et sur le cliché de la belle mère et de l'ado....

   myrtille   
18/1/2010
Je viens de lire les 4 premiers chapitres, ça se lit tout seul et c'est bien agréable. Les personnages sont bien trouvés, assez attachants, et j'ai envie de savoir la suite.

   monlokiana   
15/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Hum. Un chapitre qui va très vite je dirais. Le rythme est toujours là, la fluidité, la légèreté de la plume.
L’humour du premier paragraphe. Ça m’a beaucoup fait rire le garçon qui trouve une femme dans le lit de son père et sort sur la pointe des pieds^^ haha
Toutefois, je n’ai pas trop aimé la transition, comme si l’auteur voulait vite parler d’autre chose. Bâcler la demande en mariage, bâcler le mariage des autres, bâcler l’évolution de leur relation. J’aurai voulu plus de détails. Les autres chapitres sont détaillés mais je trouve trop rapide que Brigitte aille dormir chez Jean Luc. Ce n’est pas assez décrit. Ce chapitre résume trop des faits qu’il ne devrait pas résumer.
Mais l’envie de lire la suite est toujours présente !
Alors, au suivant !

   pierre   
30/6/2012
Commentaire modéré

   carbona   
7/8/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Toujours très bien. j'ai lu ce chapitre avec plaisir.

Le truc du baiser papillon : j'adore !

Alors quand-même, Jean-Luc qui impose sa demande en mariage en famille, c'est du lourd ! Là, il me flanque un peu la trouille et quelque chose me dit que cette étrange manière de faire n'augure rien de bon...

Par contre ce Jean-Marc en fin de chapitre, j'arrive pas à mettre "un visage dessus"...


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