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Réalisme/Historique
Alcirion : Les fils du lion
 Publié le 05/05/19  -  7 commentaires  -  12737 caractères  -  93 lectures    Autres textes du même auteur

Cette petite scène historique est totalement inventée. En effet, selon les rares sources de l’époque, les deux frères se seraient contentés d’envoyer un émissaire à leur mère...


Les fils du lion


– Notre frère fut mieux servi que nous.


Prononcée froidement et calmement l’assertion avait comme dérangé le silence monacal de la vaste pièce, seulement troublé jusqu’alors par le crépitement du feu de la cheminée. Deux hommes richement habillés, deux fils, se trouvaient attablés devant leur mère. Celle-ci, le regard absent, releva nonchalamment la tête vers eux, comme si elle revenait à la réalité. Puis, appuyant ses mains sur la table, elle se leva lentement en leur lançant un regard noir.


– C’est faux. Il avait grandement aidé son père mon époux lors de la conquête de l’Auvergne et de l’Aquitaine. Il était juste que ces territoires lui reviennent.

– Certes, mais il l’était moins qu’il reçoive en plus l’intégralité des territoires germaniques.


Clotilde se pencha vers son cadet, le visage tendu, les traits déformés par la colère.


– Qu’es-tu venu me demander à demi-mot, Clotaire ? De réviser le partage ? D’inciter Thierry à vous céder des territoires ?


Le jeune homme sourit et leva les mains devant lui en signe de conciliation.


– Non pas. Si nous sommes venus te voir, Childebert et moi, c’est pour discuter de ce qu’il convient de faire des enfants de notre malheureux frère Clodomir. Nous voulons assumer leur éducation jusqu’à l’âge adulte. Et obtenir ton consentement de laisser Thierry en dehors de cette affaire.

– Mes trois petits-fils sont encore des enfants. Et je ne vous porte aucune confiance pour assurer leur tutelle. Ce que vous êtes venus me demander, en fait, c’est l'autorisation de les spolier de leur héritage.

– En aucune façon nous ne voulons leur porter tort. Certes, il arrive parfois que des oncles accaparent l’héritage de leurs neveux. Notre père Clovis, lui, sut s’en prémunir en supprimant les siens lorsqu’à quinze ans il reçut l’héritage de Childéric. Mais bien loin de vouloir provoquer de nouvelles… mésententes, notre but est en vérité d’assurer l’unité du Regnum Francorum. Si nous appliquons le partage, le territoire de Clodomir sera morcelé entre ses fils et bien des querelles émergeront de cet état de fait.


Il y eut un silence. Clotilde fixait attentivement ses fils et sa physionomie indiquait clairement sa défiance.


– Et que proposez-vous donc ?

– Ce que nous souhaitons, nous sommes venus en discuter. Je te le redis, nous ne voulons aucun mal aux enfants de Clodomir. Nous entendons seulement qu’ils soient écartés de la succession, élevés sous notre contrôle, et envoyés dans un monastère une fois devenus adultes.


La contrariété se fit jour sur le visage de Clotilde.


– Eh bien je ne vous laisserai pas faire. Je m’oppose à votre projet. Je vous le dis tout net. Il est inconcevable que les petits-fils de Clovis deviennent moines, qu’on détruise leur légitimité à être rois en leur rasant les cheveux.

Vous ne me ferez pas céder, vous n’obtiendrez pas mon assentiment… même si au bout du compte, vous ferez bien malheureusement à votre convenance.


Elle se rassit sur son fauteuil. La colère déformait les traits de son visage.


– Il est encore autour de moi des gens qui me portent confiance et ces gens sont puissants. N’allez pas installer la discorde parmi notre peuple, continuez l’œuvre grandiose de votre père : vous avez des ennemis contre qui mener vos armées, vous avez bien des territoires à conquérir, notamment celui des Burgondes qui tuèrent votre frère Clodomir et exposèrent sa tête au bout d’un pieu de façon honteuse, abominable et provocatrice.

Venger votre frère, voici notre loi. Elle n’est pas d’exterminer les enfants de celui-ci.


Les deux fils de Clotilde restèrent un instant silencieux. Ils échangèrent un regard et Clotaire reprit une nouvelle fois la parole.


– Je te fais remarquer que nous n’avons jamais parlé de supprimer qui que ce soit. Nous sommes tes fils, ma mère. Et Thierry, lui, ne l’est pas. Ses dents sont longues, il fait mine de ne pas se soucier de la conquête de la Burgondie mais nous savons de source sûre qu’il se prépare à la guerre. S’il venait à s’en emparer, l’équilibre serait rompu, il deviendrait trop puissant et porterait assurément les armes contre nous pour réunifier le royaume. Nous voulons seulement qu’il n’intervienne pas dans la succession de Clodomir et qu’il consente à nous laisser la tutelle de ses fils.


Clotilde souffla de mépris.


– Je ne crois pas un mot de tes justifications politiques, Clotaire mon fils… Vous voudriez vous prémunir des ambitions de Thierry, me dis-tu, et votre moyen serait de vous partager le royaume de Clodomir ? Votre union et votre puissance nouvelle le contiendraient ? C’est là ton excuse pour justifier l’abomination que tu t’apprêtes à commettre ?


Childebert lança un furtif regard vers son frère, comme pour l’inciter à répondre mais celui-ci se contenta de croiser les bras devant lui.

– Vous faites un mauvais procès à Thierry, reprit Clotilde. Il peut être de nature conciliante. Et pourtant, vous ne lui avez pas demandé de venir aujourd’hui. Vous complotez derrière son dos pour vous emparer de l’héritage de votre frère tout juste porté en terre et supprimer ses héritiers légitimes, voilà ce que je dis.


Le visage de Clotaire se crispa mais il sut contenir son énervement.


– Dans cette affaire, ce sont bien nous, tes fils, qu’il s’agit de soutenir. Et nous avons l’impression que ce n’est pas le cas, je te le dis franchement.

– Tu es un homme sans cœur, Clotaire, et bien plus intelligent et retors que ton frère Childebert qui se tait, qui baisse les yeux et te laisse parler pour deux. Son attitude m’indique clairement que vous vous êtes déjà entendus, que vous manigancez l’élimination de mes petits-enfants.


Exaspéré, Clotaire se leva et fit quelques pas jusqu’à la fenêtre. Au dehors, une vilaine petite pluie fine s’en était venue accompagner la venue du crépuscule. Il s’absorba un instant dans ses pensées puis revint vers la table, un regard déterminé dans les yeux, et se servit un nouveau verre de vin.


– Nous sommes venus te voir par respect, ma mère, et aussi parce qu’à l’accoutumée, tu es de bon conseil. Mais nous n’avions aucune obligation à le faire. Il nous faut trouver un moyen. Le temps presse. Tu nous parles vivement et pourtant tu n’as encore proposé aucune solution. La nôtre est équilibrée et satisfera tout le monde. Les fils de Clodomir auront la vie sauve et renonceront à leur héritage en devenant moines.

– Eh bien je refuse qu’ils entrent dans les ordres. Là n’est pas leur place.


Le silence revint pour quelques instants. Childebert, qui n’avait pas encore pris la parole, se leva en arborant un air grave mais conciliant.


– Il ne sert à rien de nous quereller et nous sommes fatigués de notre journée de route, ma mère. Mettons un terme à cette discussion et retrouvons-nous demain matin. Chacun aura ainsi eu l’occasion de réfléchir à sa position.



***


– Elle ne cédera pas.

– Elle cédera.


Une servante entra dans la chambre, amenant un nouveau flacon de vin. Elle débarrassa les restes du repas des deux frères, les yeux baissés, et disparut aussi vite qu’elle était venue.


– Elle est silencieuse et besogneuse. Deux grandes qualités chez une femme, sourit Childebert.

– Si tu veux passer la nuit avec elle, il te suffit de la suivre.

– Je n’ai pas tes manières, Clotaire.

– Je le sais. C’est ce qui te rend inconsistant. Tu rêves de gloire mais il te manque la détermination pour l’obtenir.

– Cela, en tout cas, vaut mieux que de perdre son esprit en turpitudes et manigances.


Clotaire sourit.


– Mon pauvre frère ! Tu me suis aujourd’hui car tu y vois ton intérêt. Mais si Thierry te proposait de meilleures perspectives, tu l’écouterais volontiers.


Et à cela, Childebert ne répondit pas.


– Bien, il nous faut rester unis. Ne dis rien, comme tout à l’heure, laisse-moi parler demain matin. Notre mère dormira peu cette nuit, je le sais, elle priera et se torturera l’esprit. C’est fatiguée, affaiblie et hésitante que nous la retrouverons. Et je me fais fort de la rendre à mes raisons, de lui faire baisser les armes.


***


Clotilde arriva en avance au rendez-vous fixé, allant s’asseoir en frémissant près du grand feu qui illuminait la pièce. Elle n’avait pas dormi de la nuit et les pensées négatives se bousculaient dans son esprit. La Vierge Marie lui était apparue à l’aube, au moment où épuisée par sa longue veille et ses prières, son esprit s’apprêtait à glisser dans le sommeil. Mais elle ne lui avait été d’aucun secours ou bien elle n’avait pas su lire ce qu’il y avait à comprendre…

Des bruits de pas se firent entendre et ses deux fils entrèrent, Clotaire précédant Childebert, comme à l’accoutumée.


– Eh bien ! fit-il d’une voix qui se voulait joyeuse. Allons-nous à nouveau polémiquer sans fin ou serons-nous enfin raisonnables ? J’avoue que pour ma part, les débats interminables m’ennuient…


Clotilde lui décocha un regard où brillait un profond mépris.


– De mes trois fils, tu es celui que j’ai le moins aimé, Clotaire. Il fallait que cela fût dit.


L’autre sembla d’abord encaisser le coup sans réagir puis il sourit et vint s’asseoir devant la cheminée. Childebert hésita un instant, comme à son habitude, et les rejoignit silencieusement.


– Il est important de ne pas laisser la sensiblerie troubler notre jugement, ma mère. Nous ne parlons pas ici de tes sentiments à mon égard mais de politique.


Clotilde détourna le regard pour que son fils ne voie pas ses larmes. Elle se reprit puis s’absenta dans une longue méditation. Ses deux enfants attendirent, impatients, et déjà un rictus d’énervement crispait le visage de Clotaire. N’y tenant plus, il finit par lever le bras et l’abaissa violemment dans un mouvement de rage sur l’accoudoir de son fauteuil. Le bruit ramena Clotilde à la réalité. Comme son cadet l’avait espéré, elle était épuisée par une longue nuit d’insomnie. Elle dévisagea ses deux fils d’un air hagard, se leva et fit quelques pas vers la fenêtre.


– Tu es un monstre, mon fils. Mais tu es aussi le roi. Et toi et ton frère ferez en définitive ce que vous avez convenu de faire. Mais je n’en serai pas complice.

– Tu voudrais te défausser ? C’est bien facile.


Décroisant ses bras serrés contre son torse, Clotaire se leva dans un mouvement brusque. Sa mère revint vers la cheminée, haletante, comme pour se dresser contre lui.


– Ta position est impossible : tu veux que tes petits-fils vivent et tu refuses qu’ils deviennent moines. Il te faut sortir de cette contradiction. Il te faut choisir franchement.


Le visage décomposé de Clotilde se tendit dans une expression douloureuse.


– Je veux qu’ils vivent, oui, je veux qu’ils vivent ! Je pleure aujourd’hui mon destin, j’ai beaucoup œuvré, j’ai beaucoup fait, je suis parvenue à amener votre père dans la joie du Christ… À quoi bon tout cela si mes fils sont devenus des hommes tortueux, cruels, sans compassion ?

– Cesse donc de t’apitoyer sur ton sort et dis-nous enfin ce que tu veux, ce que tu penses ! T’obstines-tu ? Ne verras-tu donc point la sagesse de notre résolution ?


Clotaire jeta son gobelet contre le mur, son œil devint noir et il se mit à hurler.


– Alors, parle, parle enfin ! Tu l’as dit, tu ne seras pas complice, tu n’es que notre mère et nous sommes les rois !

– Vous êtes des lâches et viendra le jour où vous devrez rendre des comptes au Seigneur !


Un lourd silence s’imposa pour quelques secondes.

.

– Mais pour l’instant… pour ce qui concerne mes petits-fils…


La voix de Clotilde se brisa.


– Alors ! hurla Clotaire.

– Pour mes petits-fils… Eh bien ! s’ils ne peuvent être rois…


Clotilde s’interrompit à nouveau, dévisagea froidement ses fils et termina sa phrase.


– S’ils ne peuvent être rois… alors je ne veux pas qu’ils soient tondus !


Et elle s’écroula sur son siège, épuisée, désemparée, vaincue… Childebert adressa un regard circonspect à son frère, ce qui eut pour effet de beaucoup amuser celui-ci.


– Fort bien ma mère, nous ferons donc à ta convenance.


Clotaire était déjà debout et il sortit rapidement de la pièce, suivi comme son ombre par Childebert. Dans l’aube naissante, il se fit alors entendre un formidable coup de tonnerre et une pluie violente se mit à tomber à verse. Courbant l’échine contre le vent, les deux frères pressèrent le pas vers un groupe de cavaliers qui les attendait déjà depuis une bonne heure et montèrent en selle.


– Allons maintenant ! cria Clotaire et un horrible sourire satisfait apparut sur son visage.


Il allait entreprendre la faide, respecter la loi sacrée de son peuple, venger son frère Clodomir de ses assassins burgondes... Mais avant de partir en guerre, il tuerait les enfants de celui-ci de ses propres mains...


 
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   plumette   
10/4/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Souviens-toi du vase de Soissons" c'est tout ce qui me restait de mes leçons d'histoire au sujet de Clovis ( un geste de cruauté) ! Et ce texte m'a remis en mémoire la descendance de l'illustre roi des francs.

Un peu de temps pour arriver à cadrer les personnages dont les prénoms sont tous cités au début , mais la scène entre la mère et deux de ses fils est parfaitement crédible, très bien campée, avec la résistance maternelle, la force de conviction du fils ambitieux, le soutien discret ( par sa présence) de l'autre fils.

La seule chose qui a été gênante du fait de mon ignorance historique, c'est de ne pas avoir pu comprendre à la simple lecture, qui était Thierry.

il y a une intéressante progression dramatique, le fait de reprendre la discussion après avoir laissé passer une nuit est une bonne idée.

Quant à la décision de Clotilde, je ne sais si elle est historiquement vraie, mais elle fait froid dans le dos, et n'a pas dans le texte la moindre justification. Etait-il si honteux de devenir moine?

Une histoire qui change un peu de ce que je lis habituellement ici et cela m'a été agréable.

Plumette

   hersen   
5/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un retour en arrière historique avec des personnages plus ou moins familiers, puisque c'est, je crois, en primaire que nous abordons le règne de Clovis.

j'ai bien aimé ta façon de l'écrire, en peu de mots tu réussis à nous donner l'essentiel du caractère de chacun.
Même si la décision de Clotilde fait froid dans le dos, et que je n'ai pas d'avis sur le fait qu'elle aurait dû sauver ses petits enfants plutôt que les sauver au prix du monastère, cela rappelle que le passé ne fut pas toujours si glorieux et que les ors de rois cachent beaucoup de noirceur.

Les temps ont-ils tant changé ? je ne sais pas. Il y a bien toujours les ors et la noirceur.

Merci de cette petite tranche sur fond d'histoire, servie agréablement par une écriture efficace dans sa simplicité.

merci de cette lecture !

   senglar   
5/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Alcirion,


Instructif ce voyage à rebours dans notre belle Histoire de France, ici encore Histoire des Francs dont vous avez à mon sens bien saisi l'esprit et qui s'est construite sur des trahisons et des meurtres familiaux. Machiavel bien avant la lettre : Elimine tous ceux qui pourraient contester ton top pouvoir un jour ou l'autre. Malheur aux héritiers de sang royal, leur existence est plus que précaire !

Un point qui montre, démontre et prouve le sérieux de votre documentation, c'est cette prérogative (qui a perduré) pour les rois de porter les cheveux longs, symboliques de leur royauté même, de leur sang royal. J'ai essayé de retrouver une anecdote de ces temps-là sans y parvenir vraiment, un roi de ces époques troublées et mythiques, grand violeur devant l'Eternel, avait l'habitude de se rendre sans prévenir chez ses sujets, paysans et bourgeois, manants ou nobles à n'importe quelle heure du jour et de la nuit pour violer leurs femmes et leurs filles à tout venant, on s'empara un soir de lui et on voulut lui couper les cheveux. C'est alors qu'il se mit à pleurer à chaudes larmes en demandant pardon et que ses sujets émus renoncèrent à ce sacrilège. Je pensais avoir lu cela dans "Les Dessous croustillants de l'Histoire de France" d'Alain Dag'Naud (du Canard Enchaîné. Un très sérieux agrégé. On ne prend pas n'importe qui au Canard) chez Larousse. Bon ben je n'ai pas réussi à retrouver le nom de ce roi paillard. Vous pourrez peut-être m'aider puisque vous avez travaillé là-dessus :)

Plaisant dépaysement que celui de cette nouvelle. Cet exotisme-là est trop rare. S'il vous en prend l'envie ne vous gênez pas pour récidiver... :)))


Senglar

   Shepard   
6/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une histoire qui place en avant la politique sans pitié de l’époque (enfin, les méthodes ont changées aujourd’hui mais ça reste un panier de crabes) – fais ce que je te dis ou termines avec une dague dans le dos… personne n’y échappe, pas même la famille, pour atteindre le pouvoir. Le ton est froid, le peu de chaleur toujours factice… Les deux fils, le lâche et l’ambitieux, remplissent bien leur rôle – la courte scène avec la servante en dit long : même leur association n’est pas sincère.

La mère ne s’y fait pas à cette politique truande et souhaiterait échapper aux choix cornélien qui s’impose. Dans les deux cas elle perd : Renoncer à l’œuvre de son époux (et bafouer sa mémoire) ou perdre ses petits fils et ne rien trahir. La résolution est bien sûr dramatique.

J’ai bien apprécié cette page d’histoire sombre. C’est un peu court, j’en voudrais plus !

Au niveau du style, quelques répétitions au début (visage), et ‘l’enregistrement’ des personnages un peu rapide. J’ai du relire le début deux fois pour situer tout le monde. L’ensemble est très théâtral (les répliques, les mouvements des personnages pendant les dialogues) mais cela colle au récit. Cet effet est renforcé par une écriture qui se concentre surtout sur l’action. En réalité, c’est assez peu romancé, le contexte peu expliqué puisque l’auteur compte sur les lecteurs pour connaître un minimum l’histoire des Francs et créer ses propres associations. C’est très condensé et on ne lit que ce qui se déroule sous nos yeux. Je n’apprécierais pas forcément sur un format long, mais ici cela donne un style direct et ‘urgent’ qui sied.

   Malitorne   
9/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un récit historique intéressant, peu commun sur Oniris, qui traite des origines du royaume de France. Où l'on voit les conséquences politiques de la loi salique qui fragmentait le territoire en sous-royaumes. Je ne sais pas quelles sont les sources qui vous ont inspiré mais je ne demande qu'à vous croire, le meurtre de prétendants au trône ayant été monnaie courante. Que Clotilde donne implicitement son assentiment me semble osé mais tout à fait possible, ou bien c'est ici qu'intervient la fiction.
Le style est clair pour ce type de récit. Un peu rigide peut-être, ça manque de descriptions, de vie. La seule présence de dialogues rend le tout assez austère.

   maguju   
10/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour
Je vous félicite pour avoir su conservé le même ton et le même style tout au long de votre nouvelle. Comme certains l'ont dit, la scène décrite en devient totalement crédible et on a l'impression d'être dans la pièce avec les personnages. Bravo pour cela. J'avoue que le fond m'a un peu moins passionnée mais c'est une affaire de goût.

   Donaldo75   
19/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Alcirion,

Récemment, je lisais un ouvrage sur les rois de France et la sauvagerie, la cruauté de cette époque précise, de tous les protagonistes qui tuaient sans vergogne pour conserver une once de pouvoir, m'avait frappé.

Ta nouvelle illustre bien ce que j'ai lu. Son prisme me permet de mieux entrevoir ce qui aurait pu déclencher cette colère, comment elle a pu dépasser la simple logique, bref éclairer les évènements. Je sais, c'est inventé mais l'ensemble est bien incarné.

Bravo !

Donaldo


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