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Horreur/Épouvante
Alcirion : Solstice d'été [Sélection GL]
 Publié le 09/09/19  -  9 commentaires  -  15659 caractères  -  71 lectures    Autres textes du même auteur

La gamine a bien failli m’échapper. Ça serait pas arrivé il y a dix ans.


Solstice d'été [Sélection GL]


La gamine a bien failli m’échapper. Ça serait pas arrivé il y a dix ans. Il faut croire que je vieillis...

J’ai senti venir le coup quand j’ai ouvert la porte, une physionomie déterminée, quelque chose dans le regard qu’elle n’a pas su dissimuler, et je me suis méfié de suite.

J’ai bien fait.

Son plan n’était pas très compliqué en fait, elle avait juste prévu de me rentrer dedans, avoir les mains attachées dans le dos ne l’a pas fait hésiter. Heureusement, j’ai toujours été très prudent. Le Taser l’a arrêtée tout net dans son élan et elle a dégringolé l’escalier de la cave. Sur le coup, j’ai eu peur qu’elle se soit cassée quelque chose mais finalement, plus de peur que de mal. Elle est solide. C’est bien pour ça que je l’ai choisie d’ailleurs. J’aurais pu enlever une innocente, une évaporée, une malingre... Mais ça aurait pas plu à Ceux du Dehors. C’était prendre le risque qu’ils fassent la fine bouche et me refusent la récompense. La récompense, ça fait trente ans que je l’attends alors je vais pas tout envoyer aux orties maintenant... J’ai fait tout ce qu’il est possible de faire pour l’obtenir. J’ai voyagé sur les cinq continents. J’ai fréquenté d’innombrables bibliothèques, rencontré des imbéciles en nombre plus élevé encore et patiemment attendu.

J’ai appris. Expérimenté. Trié.

Et je me suis blessé souvent, j’ai même failli disparaître vers des endroits où je ne souhaite à personne de se trouver un jour... Mais j’ai fini par obtenir ce qu’il me fallait. Tous les problèmes ont été résolus, même les plus infimes détails, ceux qu’on trouve par exemple expliqués dans Les distiques d’Alexandrie, sur le vieux parchemin en grec. Et pas dans la version en sanskrit, celle qui n’a aucun sens et que les amateurs tiennent pour authentique...

Je sais ce qu’il faut faire.

Et je le ferai dans trois jours, le 21 juin. Au solstice d’été.


***


Le type n’a manifestement plus toute sa tête, c’est un élément à prendre en compte. À vue de nez, je lui donnerais une soixantaine d’années. J’en reviens toujours pas de m’être laissée avoir aussi facilement. Il y avait beaucoup de monde à la fête, j’avais un peu picolé mais il n’y a pas que ça. Le fumier a dû attendre l’occasion de mettre une saloperie dans mon verre, des anxiolytiques ou je ne sais quoi. Son plan était bien organisé, il a prétendu que je faisais un malaise et m’a accompagnée prendre l’air dans le jardin. Cinq minutes plus tard, on roulait à plus de cent sur cette malheureuse départementale... C’est la dernière chose dont je me souviens. Et quelques heures après, je me suis réveillée dans la cave...



***


Les solstices d’hiver, ça n’a pas grande importance. On peut s’y entraîner, éventuellement. Avec des bêtes. Mais il ne faut pas espérer en tirer un grand bénéfice. Quand je pense à tous ces « spécialistes » qui prétendent le contraire... Rien de plus con que les occultistes. Toujours très cultivés, bibliophiles, sentencieux... Ils vous regardent souvent avec cette stupéfaction feinte, ce désespoir insondable, ce mépris vaniteux, quand vous avez le malheur de ne pas connaître pas une de leurs imbécilités…


« Comment, vous n’avez jamais entendu parler de ce texte ? »


Bien des fois, j’ai souri intérieurement. S’ils savaient. S’ils savaient que non seulement il n’y a pas un pour cent de leur documentation érudite qui puisse servir à quoi que ce soit, mais qu’en plus la plupart des textes « efficaces » sont des faux, des réécritures, des élucubrations de moines fous...


Un occultiste, j’en ai tué un, une fois. L’occasion était trop belle. Le Pic du Midi début décembre, pas un randonneur à dix kilomètres à la ronde. On était venus chercher certaine pierre, un éclat de météorite d’un bleu argenté fascinant...

Je l’ai juste poussé, profitant d’un instant pendant lequel il avait eu la mauvaise idée de me tourner le dos. Son cri a duré deux ou trois secondes, j’ai entendu un petit choc en contrebas et j’ai souri. Rien de personnel, il a juste pris pour les autres, tous les autres, tous ces crétins dont j’ai souvent été contraint de supporter la compagnie et la condescendance pour quelques jours, histoire de pouvoir jeter un œil sur un de leurs précieux grimoires...

Ils me méprisent parce que je suis le fils d’un paysan béarnais, lui-même issu d’une longue lignée de crève-la-faim. Mais pour sûr, même si j’ai arrêté l’école à seize ans, j’en sais plus long qu’eux, bien plus long, le père et le grand-père m’ont transmis le savoir, ce savoir patiemment accumulé par les générations précédentes. La famille a toujours eu mauvaise réputation. Une famille de sorciers. Une famille qui n’a jamais quitté le hameau à mille cinq cents mètres d’altitude. Et dont je suis le dernier rejeton.



***


Il est évident qu’il prépare quelque chose de... bizarre. Mais il ne sert à rien d’avoir peur, d’appréhender un danger qui n’existe pas encore. Ça gâche de l’énergie de se faire du mauvais sang. Alors je médite. J’économise mes forces grâce à la pleine conscience. La tête, c’est toujours le résultat du corps. Si vous le traiter convenablement, avec une bonne hygiène de vie, du sport et une grande discipline, alors tout ira bien et votre cerveau vous remerciera. Dans le cas contraire, il se vengera.

Bien. Je ne sais pas ce qu’il attend, mais il attend manifestement quelque chose. S’il avait voulu me violer, me torturer, me tuer ou les trois à la suite, ça serait déjà fait. Donc... il mijote quelque chose... mais quoi ? Je me rappelle vaguement l’histoire de cette adolescente autrichienne qu’un malade avait détenue pendant des années dans un sous-sol...

Ça n’arrivera pas avec moi. Je l’aurai. Demain ou dans un mois, mais je l’aurai.

Et je le crèverai. C’est moi la victime. Les autorités feront preuve de compréhension et de compassion, je saurai adopter le comportement adéquat...



***


J’ai failli oublier d’aller lui donner à manger... Ça aurait été méchant de ma part puisque ce sera son dernier repas...

D’abord, il faut la pleine lumière, la vraie, l’absolue, celle qui n’advient que quelques jours chaque année, à la fin juin. En plus de ça, vous avez besoin des bonnes pierres, et surtout de savoir les disposer dans l’ordre sur les lignes, de la plus tendre à la plus dure, pour constituer la forme idéale. Pas un pentacle ou une de ces autres formes extravagantes dont raffolent mes imbéciles érudits.

Non, il faut constituer sept lignes parallèles, de longueurs différentes, la première, la plus petite, d’une vingtaine de centimètres, jusqu’à la plus grande, un mètre cinquante. Et respecter des proportions pour obtenir un ensemble harmonieux, agréable à l’œil. C’est comme ça que le veulent Ceux du Dehors. C’est grâce à cette forme que les Portes peuvent s’entrouvrir.

Ensuite, il faut vous procurer les pierres de lune, ça, c’est le plus compliqué et le plus long à obtenir. Chercher, trier et conserver seulement celles qui ressemblent le plus aux descriptions des textes anciens. Deux sources différentes et concordantes au moins par type de roches, c’est la méthode que j’ai adoptée.

Treize variétés sont nécessaires – je suis sûr du nombre. Ensuite, le plus difficile est de réussir la fusion. Il est prudent de commencer de faire cramer les pierres au matin de la veille de la cérémonie pour être certain d’obtenir un résultat parfait aux premiers rayons du soleil le jour suivant. J’avais d’abord pensé à un four en métal, mais compliqué, trop compliqué et peu fiable, un assemblage en basalte est plus sûr, la chaleur progressera bien lentement, en toute sécurité. Il faut relever la température fréquemment pour bien calibrer le résultat pour quatre heures, quatre heures trente du matin...

Ensuite... Eh bien il me faudra attacher la gamine sur le banc de pierre, la fixer, la saucissonner pour qu’elle reste... le plus stable possible. Pour sûr, recevoir trois litres de roches en fusion des pieds jusqu’à la tête, ça doit faire un peu frissonner.

Et alors, quelque chose adviendra. De quelle façon, sous quelle forme, je ne sais pas. Ce dont je suis sûr, c’est que le rituel sera parfaitement exécuté. Et si vous faites votre bazar bien consciencieusement, avec application, il est certain qu’un Ancien se manifestera, d’une façon ou d’une autre. Et vous donnera la récompense.



***


Je l’ai entendu bricoler toute la journée à l’extérieur. J’ai peur mais c’est normal d’avoir peur, c’est une des sept émotions fondamentales. J’ai objectivement toutes mes chances : j’ai dix-huit ans, je suis en parfaite condition physique grâce à ma pratique de l’heptathlon et j’ai un caractère en acier forgé, tranchant et efficace. Je le défoncerai à coups de tête s’il le faut. Mais je sortirai de ce merdier.

C’est pour bientôt je pense, la nuit va tomber, je vois la lumière baisser à travers le soupirail. Il faut me tenir prête.



***


Bon, trois heures trente, c’est parfait, je vais aller la chercher. J’aurai dû lui faire prendre un somnifère hier soir mais l’excitation m’a fait oublier... La distraction est mon plus vilain défaut, je n’ai jamais réussi à le corriger complètement... Pas bon ça... Je vais être obligé de lui taser la gueule deux ou trois fois... Après ça, elle devrait se tenir tranquille et j’aurai tout le temps de l’attacher convenablement sur le banc.


Au plaisir de Dieu, toute disgrâce disconvient, et bien des abominations ont été imaginées, réfléchies et souvent même perpétrées avant la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. Des fous et des malveillants ont copié des faits et des récits impies depuis des temps immémoriaux. Je jette aux flammes les fragments maudits de cette sorte de Littérature à chaque fois que le Diable m’en fait croiser le chemin. Mais je ne parviendrai malheureusement jamais à tout faire disparaître, bien des manuscrits maudits subsistent encore de par le monde. À titre d’exemple...


Que de formules alambiquées ! Ces moines avaient vraiment du temps à perdre, il est vrai, alors ils faisaient ce qu’ils imaginaient être de la Littérature. Bon, pour être honnête, ça m’a jamais vraiment intéressé, c’est juste pénible de déchiffrer leurs paragraphes obscurs. Moi, quand je peux dire ce que je veux avec une phrase et dix mots, je m’en tiens là. Quel plaisir pouvaient-ils prendre à délayer leurs idioties sur des pages et des pages ?

Enfin, trêve de métaphysique, je vais chercher ma victime. Heureusement que c’est pour aujourd’hui d’ailleurs, je l’aime bien, j’aurais fini par m’attacher...



***


Putain d’enculé, deux coups de Taser pour le début, il l’a bricolé sur un manche de pioche, le fils de pute, ça lui permet de me maintenir à distance sécurisée... Bon, objectivement, je suis mal barrée, il a commencé à m’attacher je crois, c’est froid, c’est de la pierre il me semble, j’émerge juste des vapes, on dirait que l’aube se lève, il me reste des chances, il me reste forcément des chances...



***


Une pluie violente se mit subitement à tomber à verse, accompagnée du déferlement d’un tonnerre de fort mauvaise humeur et d’éclairs prodigieux. Le ciel furieux et déchaîné vomissait eau, craquements épouvantables et lueurs effrayantes dans un tumulte si ténébreux... que l’aube sembla ne pas vouloir venir...

Comme jointe au banc de malheur par de multiples liens, Estelle avait vu le vieil homme approcher, portant une sorte de très lourde jarre en pierre. Une dernière idée de survie lui avait traversé le crâne, elle parviendrait à se débarrasser des entraves, sûr et certain, mais il aurait fallu pour ça une heure ou même plusieurs... Beaucoup trop de temps en tout cas…

Il était tout proche à présent, à moins de cinq mètres, haletant, suffoquant, la jarre étant bien pesante pour ses maigres forces... La dernière chose qu’entendit Estelle, ce fut son cri, un cri de terreur absolue, et la dernière chose qu’elle vit, ce fut ce halo épouvantable, effrayant, d’une couleur désastreuse, hideuse, une couleur qui n’existait pas sur Terre...

Cet éclat répugnant lui avait semblé comme traverser le vieil homme qui s’était aussitôt écroulé, sous les trombes d’eau et les éclairs...



***


Mes liens se sont détachés d’eux-mêmes... Mon visage doit être complètement hébété... Je regarde les cordelettes avec une sorte de stupéfaction, mon cœur bat à deux cents à l’heure, je ne sais pas ce qu’il y avait dans la jarre mais ce qui est sûr, c’est que j’ai failli y passer...

Le corps inanimé de mon tortionnaire gît lamentablement à quelques mètres. Je vais aller vérifier s’il respire encore. Si c’est le cas, je le finirai.



***


Comment... Comment c’est possible de ne pas y avoir pensé... La distraction, c’est être incapable de se concentrer sur un sujet qui ne vous intéresse pas. Ma plus grande faiblesse.

Toutes ces années à dépenser mes forces dans un but précis, obsessionnel, toutes ces nuits sans sommeil perdues sur des textes au sens rendu volontairement indéchiffrable... Pour rien... Il n’y aura pas de récompense... Pas de vie éternelle... Mais inutile de regretter mon erreur, ma bêtise, il est trop tard, je vais crever comme un chien sous cet orage.

Je marmonne quelques formules dans une langue ignoble et rocailleuse que personne n’a jamais entendue en ce monde... Comme pour me rassurer... Mais il y a peu de chances de satisfaire Yog-Sothoth avec ces petites choses... Il est venu m’enlever, il est venu me prendre, cette couleur abominable ne peut être que son ombre...

La jeune fille s’est détachée je ne sais comment... Et elle s’approche, elle me regarde avec un sourire satisfait, épouvantable... Je rassemble mes forces pour parvenir à bredouiller :

– Laisse-moi... en paix... c’est fini de toute façon...


Pour dire vrai, je ne me sens ni bien ni mal depuis que cette lueur m’a traversé, il y a quelques secondes. Je suis juste amorphe, résigné, je me sens lentement glisser vers le chaos, un chaos abominable, terrifiant, quelque chose d’inconcevable même d’un point de vue abstrait pour un être humain...


La lumière absolue, la pleine lumière du solstice d’été, la plus pure et la plus belle de l’année... Pour sûr, il fait toujours soleil fin juin...


Comment ai-je pu ne pas penser à la météo ?



***


Une force nouvelle. Une grande vigueur. Et ce sentiment de réfléchir plus vite et plus intensément que d’ordinaire...

Le Maître se nomme Yog-Sothoth et il m’a choisie. Yog-Sothoth est la Porte, Yog-Sothoth peut ouvrir les espaces, tous les espaces, il attend, il attend l’aide des clairvoyants, il attend le secours de ceux qui savent, de ceux qui comprennent, de ceux qui se tiennent prêts à aider à son retour.

Il a dû beaucoup s’amuser des efforts de mon tortionnaire pendant toutes ces années. Et il a volontairement fait échouer le rituel pour pouvoir manquer à sa parole. Enfin, si on peut appeler parole ces hallucinations auditives, ces chuchotements malveillants, ces injonctions criminelles qui assaillent à présent mon cerveau par instants...

Empêcher la lumière grâce à l’orage était un moyen discret et tout à fait naturel. Le Maître a seulement utilisé sa victime pour me chercher et me trouver. Elle est morte sans le savoir, mais quelles qu’aient été les circonstances, elle n’aurait pas réussi...

J’aurais pris la même décision à sa place. Ce vieil homme à moitié fou ne lui aurait sans doute pas servi à grand-chose avec sa mémoire de poisson rouge...

Moi, je saurai être efficace.


 
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   poldutor   
8/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Histoire terrible de l’enlèvement d'une adolescente par un vieil homme, qui se croit choisi pour la sacrifier à un démon, et ce afin d'obtenir "une récompense" un pouvoir surnaturel peut être ? Mais à la fin : coup de théâtre, c'est en fait la fille qui était choisie et le vieil homme la victime.
Belle histoire, bien écrite.
Cordialement
poldutor en E.L

   cherbiacuespe   
8/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dans la veine des œuvres de H.P. Lovecraft.

Cette histoire est fort bien menée, bien écrite, bien agencée. J'aime bien cette formule de croiser les perspectives du tortionnaire face à celles de la victime. J'en trouve la lecture rendue plus fluide, plus agréable, même s'il s'agit sans doute d'un choix étudié, calculé en vue d'une telle conclusion.

Une histoire d'épouvante de bonne facture.

   hersen   
15/8/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Le déroulé de l'histoire est bon et le retournement final fait son effet.

Seulement, je n'ai pas réussi à être touchée par les personnages. Peut-être que l'homme ne paraît pas intrinsèquement illuminé, que l'auteur a voulu nous laisser croire autre chose, par exemple un rapt d'ado, sans cet arrière-fond des Ecritures anciennes.
Ce qui pour moi ne réussit pas à m'imprégner de cette ambiance glauque qui aurait dû être beaucoup plus prégnante.

La contre-balance en italique, d'une victime qui réagit positivement, nous mène sans doute à cette fin, nous sommes prévenus par l'homme qu'il a choisi une proie en bonne santé, pour que le sacrifice ait de la valeur. Mais c'est peut-être là où le texte pèche le plus pour moi, si la fille était" choisie" déjà par le Maître, il n'aurait pas fallu attendre la fin pour poser une ambiance de dingo, il aurait fallu qu'à la fin je puisse retrouver des éléments concordants en remontant dans le texte.
Or, au fil de ma lecture, le tout est trop simple pour fonctionner, dans ce genre d'histoire, je crois qu'il faut une certaine complexité évidente des personnages.

Donc, je reste en dehors, que l'auteur me pardonne, même si l'écriture n'est pas en cause.

   Sylvaine   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ecrire une nouvelle dans la lignée de Lovecraft est une idée séduisante, et toute la première partie du texte tient ses promesses : on se plait à retrouver l'atmosphère et les thèmes du maître de Providence. J'ai en revanche décroché au septième paragraphe : pourquoi ce sectateur de Yog-Sothoth juge-t-il abominables les textes-mêmes qui sont à la base de sa dévotion aux Grands Anciens? On ne comprend pas qu'il s'exprime tout à coup comme ceux à qui ils font horreur. Le dénouement, lui, ravive l'intérêt et la chute suscite un frisson bienvenu.

Le commentaire ci-dessus a été fait en EL, or, il s'avère que le passage du §7 qui m'avait paru peu compréhensible est désormais en italiques, ce qui change tout et restitue sa cohérence au texte. Je modifie donc mon évaluation et passe de "bien" à "beaucoup."

   Jean-Claude   
9/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Alcirion,
L'histoire et la fin, quoi que un peu trop classique, sont bonnes.
Quant à la forme, je pense qu'à vouloir prendre le point de vue du je on perd les points de vue externe et omniscients. A mon sens, c'est ce qui coince surtout dans les parties de la jeune fille : elle a des considérations qu'elle, plus particulièrement sur elle même, ne devrait pas avoir, pas formuler, qui relever justement des ces points de vue externe ou omniscient.
En pratique, il me semble qu'on peut conserver du je mais en l'enrobant de narration. Ne garder le je que quand ça a vraiment un intérêt. et encore ça pourrait être percutant en indirecte libre.
Supprimer la narration hors je rend le texte moins fluide.
Au plaisir de vous relire.
JC

   maria   
9/9/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Alcirion,

Les personnages ne sont pas sympathiques et ce n'est pas certainement, le but recherché. Néanmoins, j'ai envie de mettre en garde la jeune fille : attention, petite, la chance tourne !

Dans un univers où la fin justifie les moyens, elle sera,peut-être, prochainement anéantie, elle aussi et de manière brutale.

N'étant pas grande amatrice d'horreur-épouvante, je n'ai pas trouvé dans ce texte, le petit truc qui m'eût donné plus de goût pour le genre.

Merci pour le partage et à bientôt.

   senglar   
9/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Alcirion,


Aaaah oui ! c'est pas mal :)

J'aurais intitulé ça : "D'un monstre l'autre". Célinien non ?

J'ai bien aimé ce jeu entre le "vieux" et sa victime. A aucun moment la victime ne s'est résignée et j'ai vu là un jeu de balance intéressant : Trop de basses ! On tourne le bouton. Trop d'aigus ! On tourne le bouton. De curseur en curseur on joue au chat et à la souris tout au long de la nouvelle où... à la fin c'est le chat qui gagne mais où le chat n'est pas celui que l'on croyait !

Qu'il fasse gaffe à la souris nouvellement intronisée !


Une nouvelle qui mérite une suite. ça c'était le pilote. A quand le premier épisode ? Elle me plaît cette souris-là :)

Bon faudra quand même étoffer un peu le style hein... mais lorsque cela sera traduit en série il y aura des décorateurs et des couturières itou itou... Z'aurez plus qu'à superviser.

PS : je l'ai en BD, "Providence".


Senglar

   Robot   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'étais parti sur une histoire de rapt tout à fait classique, et attiré par l'aspect mystère avec les références aux manuscrits ésotériques. J'avoue avoir eu hâte d'arriver à la conclusion pour connaître ce qui sortirait de ces histoires d'occultisme. J'avais pensé à un crime rituel et je n'ai à aucun moment supposé ce retournement de la fin.

J'ai apprécié l'écriture sous forme de réflexions de l'un et l'autre des "héros".

Par contre, j'ai été dérouté au §9, celui qui commence par : "Une pluie violente…" qui semble le seul passage raconté brusquement de l'extérieur, en dehors des deux personnages. C'est à mon avis le défaut qui désoriente inutilement le lecteur.

Globalement, un récit qui tient en haleine.

   placebo   
11/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai bien aimé le début du texte ; j'ai trouvé le milieu un peu plus laborieux sur l'écriture et les explications, et la fin ouvre une porte de sortie honnête :) l'évolution est progressive, la jeune fille a l'air assez timbrée elle-même, et les passages sur les livres mystiques intéressante.

- de ne pas connaitre pas une : le deuxième "pas" en trop ?
- venu chercher certaine pierre : la tournure me semble étrange
- juste poussé, juste pris : répétition
- prudent de commencer de faire : lourd
- j'aurai dû : j'aurais dû ?

Bonnec continuation,
placebo


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