Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Sentimental/Romanesque
Juju : Belle et Jolie [Sélection GL]
 Publié le 11/09/19  -  13 commentaires  -  10593 caractères  -  56 lectures    Autres textes du même auteur

Un vieil homme se pose des questions sur sa vie sexuelle.


Belle et Jolie [Sélection GL]


Cette chair me manque.

Je me rends compte maintenant que vivre sans la toucher, sans la goûter, sans l’avoir près de moi, ça rend insipide la sauce de mon quotidien. Pour certains, malheureusement, c’est la chair des enfants, leurs petits mollets grassouillets, leurs joues rouges comme des fraises, leurs ventres qui respirent l’innocence et qu’on ne peut s’empêcher de vouloir pétrir de nos vieilles mains, nous, qui ne parvenons pas à nous souvenir de ce temps-là, du temps où nous étions comme eux.

Moi, celle qui me manque, c’est la chair des femmes. Son goût, son toucher, son odeur. Le soir, en m’endormant, je vois tous ces corps qui marchent vers moi, comme sur un tapis de course, tous ces corps que je n’atteindrai jamais. Ces silhouettes qui se croisent et se décroisent, qui marchent en faisant bouger leurs hanches, leurs bras. Ce sont des corps qui n’obéissent à aucune règle. Certains sont épais, d’autres minces. Certains sont poilus, d’autres pas. Ils sont tous d’un monde étranger, tous désirables. Le soir, les yeux fermés, je me retrousse les babines à la pensée de tous ces corps qui affluent en ma direction. Venez, venez, que je leur dis. Mais une barrière inamovible semble nous séparer. En effet, je m’approche de la fin. J’ai 87 ans, un cancer qui est parti mais qui reviendra, des cheveux qui sont partis mais qui ne reviendront pas, et une place froide sur le côté de ce lit qui, depuis de longues années, n’accueille que moi. Lorsque je suis arrivé dans cet appartement, il y a de cela une dizaine d’années, on m’a tout de suite mis au 7e étage, alors qu’on avait calé une jeune femme en parfaite santé au rez-de-chaussée. Mais la jeune femme était belle, pas méchante du tout, avec une voix ni trop grave ni trop aiguë, donc je n’allais pas me plaindre pour obtenir sa place.

Elle est toujours là, la jeune femme. Moins jeune, mais sa chair est encore douce, féminine. Quand je l’ai vue pour la dernière fois, elle portait un manteau de cuir, ses cheveux blonds enfouis à l’intérieur. Elle avait une cigarette entre les lèvres, mais elle attendait d’être dehors pour l’allumer. Elle m’avait vu descendre les escaliers, et m’avait souri avec ses dents blanches. Je me rappelle aussi que la porte de son appartement était entrouverte, cette porte blanche, comme toutes les autres, avec un numéro doré qu’on avait accroché en plein milieu. J’avais alors vu un infime bout de sa vie, dans le court espace entre la porte et le mur, un fauteuil vert sur lequel la femme s’asseyait certainement le soir. Je lui avais rendu ce sourire, de mes dents jaunes ou absentes, de mes dents à la sécheresse désertique. Et puis, elle était partie, de sa démarche qui laissait apparaître la finesse de ses jambes, et l’impeccable formation de son fessier. Je l’avais suivie, discrètement à travers ce Bruxelles que le froid sublimait. Il ne pleuvait pas, donc il m’était facile de suivre la jeune femme. Elle s’arrêta dans un café, y commanda un cappuccino, et se mit à attendre. Je me fis discret, appuyai un chapeau sur ma tête, et m’enfonçai dans ma veste de pluie. Ensuite, je vis une autre femme la rejoindre. Beaucoup plus épaisse, la deuxième femme. Et j’ai immédiatement pensé que son vagin devait être introuvable à travers cette graisse qui l’arrondissait. Elle avait des jambes fines au bout, mais larges à l’origine, comme si un fossé s’était créé entre le début et la fin. On voyait quand même ses yeux, verts, pas comme la peau d’un serpent, mais plutôt comme les feuilles d’un sapin, d’un vert profond, agréable, un vert auquel personne ne pouvait refuser quoi que ce soit.

On devinait que sans cette graisse, l’autre femme aurait pu être jolie. Belle, peut-être. À vrai dire, je ne sais pas ce qui est mieux entre être Belle ou Jolie. Je pense que Belle, c’est une beauté plastique, virulente, froide, alors que Jolie, c’est une beauté qui s’accompagne de sourires, de gestes, de comportements. Les femmes préfèrent être traitées de Belles plutôt que de Jolies, comme si Jolies, ce n’était pas assez, alors qu’en fait, Jolie, c’est plus qu’assez. Ce n’est même pas nécessaire d’être Belle. La beauté pure et dure, intrinsèque, c’est bon pour faire la couverture des magazines, alors qu’un brin de sympathie, un fragment de sourire, ça efface cette froideur qui rebute après l’attirance immédiate d’un corps bien fait.

La femme épaisse alla rejoindre l’autre à sa table. Elles se firent la bise, bruyamment, se mirent à parler, et ne remarquèrent pas que je les observais. La grosse femme commanda un café qu’elle prit noir, sans sucre. Parmi tous les mots qu’elle prononçait, je crus discerner le mot « régime ». Alors, l’espace d’un instant, je tentai d’imaginer le même corps, la même femme, mais dans une version plus affinée, une version qui faisait d’elle un tout autre personnage.

Je continuais de fixer les deux femmes, quand la plus grosse me vit, et demanda à son amie, avec un regard effarouché, si elle me connaissait. Alors, la Belle blonde me fit un signe, et m’invita à les rejoindre. Je les saluai de la main, discrètement, élégamment, de cette main qui avait souffert, qui avait passé du bon temps, dans une époque dont je ne souviens que du toucher de ces épaules, de ces dos, de ces visages, de ces langues. Bref, de l’époque où les femmes et leurs corps s’ouvraient encore à moi et à ma faim dévorante de sensualité.

Je fis signe à la Belle blonde que de toute façon, j’allais partir, mais avant de m’en aller, je me dirigeai vers leur table, où déjà, on pouvait voir les marques des tasses de café sur le bois net. Je regardais la Belle blonde, mais juste avant de me mettre à parler, je tournai mon regard vers l’autre, celle qui n’était pas habituée à être regardée, avec ses yeux verts, ses formes floues et épaisses, ce corps dont on avait du mal à se dire qu’un jour, peut-être, il fut mince et attrayant. L’espace d’un instant, je ne sus quoi dire, mais au final, les mots me vinrent si facilement que je n’eus d’autre choix que d’y voir un parfait reflet de ma pensée.


– Vous êtes Jolie.


Quelques mois plus tard, alors que mon cancer était revenu, et que mes cheveux ne l’étaient pas, j’errais faiblement dans l’appartement. Je partageais mon temps entre le divan abîmé sur lequel je lisais, et la toilette, verdâtre sur les bords, dans laquelle je vomissais une nourriture maigre et insipide, ma nourriture à moi. Le soir, c’était toujours la même chose : ces corps de femmes qui se mouvaient lentement dans ma direction, ces corps qui se rapprochaient, et dont je pouvais maintenant deviner, à la vue de ces mamelons, de ces nombrils, qu’ils étaient nus. Mais un soir, je ne rêvais pas. Cela me surprit, car en général, il suffisait que je ferme les yeux pour que les silhouettes s’animent, mais ce soir-là, il n’y avait pas d’images.

C’est alors que j’entendis la sonnerie stridente de mon appartement. Pendant plusieurs années de solitude, personne n’avait toqué à ma porte, mais voilà qu’un lundi, à une heure du matin, quelqu’un osait se poser devant mon palier ! Je me levai en grognant, préparant mes vieux poings aux veines bien visibles pour faire passer un mauvais quart d’heure à mon visiteur, mais en ouvrant la porte, il n’en fut pas ainsi. Devant moi, se tenait une jeune femme, la trentaine, visage et corps inconnu. Je la regardai, hébété, et ne pus m’empêcher de constater qu’elle était Belle. Non, pas Belle. Jolie. Cette femme était Jolie. Elle portait un pull noir avec des rayures vertes, une jupe noire avec des collants noirs, et des chaussures à talons noires. Sa peau, si laiteuse qu’on pensait pouvoir regarder à travers, illuminait le vieil homme que j’étais, et jetait une lumière dans l’appartement. Je lui demandai, d’une voix rauque, enrhumée, grippée :


– Vous êtes qui ?

– Jolie.


La copine de Belle entra dans l’appartement, en refermant la porte derrière elle dans des gestes doux, pleins de volupté. Son corps, lorsque la graisse ne le déformait pas, était celui d’une femme. Pas un corps de rêve, ni un corps de cauchemar, juste celui de l’image qu’on a dans la tête lorsqu’on nous parle d’un corps de femme.

Elle ferma la porte et se tourna vers moi, en me regardant avec une étrange lueur de mystère. Cela faisait si longtemps qu’on ne m’avait pas regardé comme ça, qu’on n’avait pas posé ses yeux sur moi de cette façon, d’une façon qui ne voulait pas dire « je suis dégoûtée ». Mais un sentiment plus proche de « je suis intriguée ».

Jolie se posa sur un fauteuil, et se mit à monologuer.


– La concierge m’a dit où vous habitiez, alors, je suis venue vous rendre visite. Comme vous pouvez le voir, j’ai beaucoup changé, mon corps a beaucoup changé. Et c’est grâce à vous. Vous m’avez donné de l’espoir, alors que le régime de la diététicienne me déprimait. Et me voilà, devant vous, mince à nouveau. C’est à mon tour de vous rendre un service. Qu’est-ce que vous voulez ?


Elle avait dit sa dernière phrase avec dédain, comme s’il fallait que ça se finisse rapidement. Alors, je lui dis que je voulais, une ultime fois encore, pour que ça soit mon dernier souvenir, toucher un corps de femme. Elle marcha un peu dans le salon, me regarda, et me parla avec une nuance enjouée que je ne lui connaissais pas, que je ne connaissais pas aux femmes, à vrai dire. Je me rendis compte, lorsqu’elle eut dit ce qu’elle avait à dire, que je m’étais trompé. Que les corps n’existaient pas. Qu’ils n’étaient qu’une extériorisation de l’âme, que tous ces corps n’étaient que des serviteurs de personnages tantôt joyeux, tantôt tristes, si différents les uns des autres qu’établir des règles était illusoire. Je ne connaissais pas les femmes.


– Mais enfin, pourquoi voulez-vous toucher un corps de femme une dernière fois. Vos rêves ne vous suffisent-ils donc pas ?

– Le rêve se fonde sur la réalité, et cela fait longtemps que les corps des femmes se sont dissipés de mon quotidien. J’aimerais en voir un une dernière fois, pour que jamais, l’image de ces corps ne s’arrête. Et puis, j’aimerais en toucher un, parce que je ne sais plus ce que ça fait, cette sensation chaude, cette odeur attirante, ce réconfort que l’on sent lorsqu’on caresse.

– Je refuse, et j’ai une bonne raison de le faire. Je maintiens votre illusion intacte, et ne vous fais pas réaliser que ce dont vous vous rappelez est faux, que les corps de femmes ne sont pas si chauds. Et puis, je ne suis que Jolie. Peut-être qu’une Belle est différente, mais mon corps n’est pas de miel, il n’est pas chaud. Seuls mes sourires le sont.


Enfin, je pouvais mourir et rêver pendant l’éternité.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   cherbiacuespe   
4/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le début de cette nouvelle, je l'avoue, ne m'a pas emballé. Mais alors pas du tout et je me suis convaincu d'aller au bout du calvaire, et tant pis! Voilà comment on peut se tromper et passer sur de belles petites histoires. Parce que de long en long, je me suis laissé prendre. Elle est finement ciselée cette nouvelle. Au fur et à mesure, on a envie d'en savoir plus, on est entraîné par une sorte de suspense. les mots tourbillonnent et vous accrochent, on doit aller au bout. Impossible de faire autrement. Et je dois dire que la conclusion, de mon point de vue, est à la hauteur,. Un régal.

   hersen   
7/8/2019
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
J'ai fini ma lecture parce que je le dois pour mettre un commentaire en EL. Sinon, j'aurais arrêté car non seulement je n'ai pas été captivée par cette histoire répétitive d'un vieux monsieur rêvant à de la "chair fraîche", mais aussi parce que l'écriture ne correspond pas, je crois, à ce qu'on peut attendre d'une nouvelle.

Le personnage principal est casse-bonbon à toujours répéter les mêmes choses, il n'y a rien de palpable ( c'est juste un trait d'esprit de ma part :) dans ce personnage.

Il faudrait une écriture de haute volée pour apporter à ce sujet une densité émotionnelle, pour transcender la vieillesse et accompagner l'homme dans un monde onirique débarrassé de clichés.

Cent fois sur le métier...
Bonne continuation.

   wancyrs   
16/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut à vous,

L'écriture est soignée et appliquée, on dirait une recette de cuisine suivie à la lettre jusqu'à la fin. Les descriptions sont justes et permettent de voir l'intrigue se dérouler comme un film. Les personnages ont de la profondeur, surtout le principal ; on vit avec lui ses désirs, ses plaisirs et sa détresse de ne peut-être jamais plus se délecter de ce qui abondait en son jeune temps. J'ai aimé la finale, lorsque Jolie vient frapper à la porte ; je parcourais le texte à toute vitesse dans l'espoir de voir ce qui allait se passer... puis c'est déçu, mais satisfait dans un autre sens que j'ai lu les derniers mots du texte ; le suspense a durée et la conclusion est remarquable : le vieil homme ne sera pas dépossédé de ses illusions, unique richesse qui lui reste pour tenir jusqu'au bout de sa vie.

Merci pour ce partage !

Wancyrs en EL

   plumette   
21/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
je crois que ce qui m'a plu dans ce texte c'est le contraste entre ce que cet homme vieux et malade dit de son propre corps et ses rêves d'autres corps, ceux des femmes, certes, mais également son rêve de corps en bonne santé.

Il y a du pathétique car on sent bien la solitude de l'homme mais aussi de la réflexion comme à propos de la différence entre belle et jolie que je trouve assez bien explicitée.

le fait que le texte utilise la première personne crée une proximité et m'a permis d'éprouver une empathie pour cet homme qui a encore ses rêves pour se sentir vivant.

La fin est assez improbable mais qu'importe!

un bon moment de lecture.

Plumette

   emju   
11/9/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Je n'ai pas accroché à cette histoire que je trouve assez lourde à lire. Ce ne sont que des élucubrations pathétiques et quelque part misogynes à mon sens. J'ai cependant apprécié la description de la différence entre belle et jolie...
Pas d'autres commentaires

   Donaldo75   
11/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Juju,

J'au trouvé cette nouvelle agréable à lire. C'est bien écrit et l'histoire a du corps. Il y a une forme de poésie douce dans la narration, et le fond possède une tonalité presque philosophique. Je crois que c'est pour ça que je l'ai trouvée plaisante à lire, et à relire.

Bravo !

Donaldo

   Malitorne   
11/9/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Je pensais lire une nouvelle audacieuse qui bousculait les pudeurs, la bien-pensance, et ne trouve au bout du compte qu'une production bien conformiste. Vous étiez pourtant gaillardement parti avec les vieux et la chair fraîche, hélas sans doute apeuré par votre propre audace vous êtes rentré vite dans le rang. Or tout le génie aurait été, au contraire, de poursuivre sur ce brûlot, d'affirmer que les vieillards ont le droit de désirer les femmes, belles ou jolies, tant qu'ils ont de la sève dans les couilles. Voire de les prendre si l'occasion se présente et qu'elles sont consentantes. C'est la vie, la nature, cessons de les enterrer à la première incontinence !
Mais vous n'avez pas osé, préférant cantonner ce vieil homme à l'orée de sa mort dans le rêve et l'illusion. C'est ici où votre texte se casse la figure, devient l'exact opposé de ce qu'il annonçait au début, peu servi au demeurant par une écriture banale.

   maria   
11/9/2019
Bonjour Juju,

A la fin d'une vie, désormais solitaire et dolente, ce vieil homme se permet une analyse crue de la femme et de son corps en particulier.
La vieillesse limite l'expression des sens : thème intéressant.

Mais la lecture de ce texte ne m'a pas été agréable :

Une écriture lourde, par exemple : " Je me retroussais les babines..."
Et j'ai'ai du mal à croire qu'il pense à un corps de femme après avoir vomi !

Dommage car l'auteur(e)? aurait pu joliment choquer !

Merci pour le partage et à bientôt

   senglar   
12/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Juju,


Bien sûr ! Le corps n'est qu'un support. Un reflet de l'âme, le logis d'un esprit, qui n'est plus bon qu'à jeter, objet inanimé, une fois que l'esprit s'est éteint, boîte vide, emballage inutile.

Je n'en pense pas moins que votre vieillard "magnifique" de rêves étoilés est gros-jean comme devant à la fin de votre histoire et que les femmes qui le regarderont mourir (et qui mourront d'ailleurs avec lui) seront plus éthérées que charnelles, déjà des anges quoi.

J'ai trouvé intéressante cette distinction entre Belle et Jolie.
- La locataire du rez-de-chaussée est Belle. Elle est accorte.
- Sa copine grassouillette dans un premier temps est Jolie. Pas forcément accorte au départ.
- Après transformation elle est Belle à son tour. Mais dans sa tête elle est restée Jolie. En fait elle est Jolie et Belle. Peut être accorte ou pas.
Tout cela demande à être réfléchi.
Un !
Deux !
Trois !
Je pense...
Couchera ?... Couchera pas ?... Couch... ?... ...
Dur Dur !

Lol


Senglar
:)))))))

   placebo   
13/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai bien aimé l'écriture, je la trouve maitrisée.
Et l'auteur a un peu de hauteur sur son texte. Ex : le cancer qui reviendra, pas les cheveux, le cancer revient.
Un poil trop d'adverbes peut-être ? Ex : Je les saluai de la main, discrètement, élégamment

Moins aimé "La concierge m'a dit où vous habitez […] Je ne connaissais pas les femmes", je trouve la psychologie simpliste comparé au reste du texte, qui m'a intéressé.

Bonne continuation,
placebo

   Cristale   
14/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Juju,

87 ans, il est permis de rêver non ?
Et puis je pense toujours que les hommes ont la chance de connaître le plaisir de tenir de jolies formes entre leurs mains, notamment celles des femmes...et d'en garder la caresse de souvenirs immortels. Ce doit être une souffrance que d'être privé de ces instants sensuels et charnels.
Le désir ne meurt jamais.

Quelques pensées et propos misogynes oui mais, vu l'âge du personnage...il a l'excuse de la franchise et de la naïveté. L'éducation n'est plus la même à ce propos.

Tout semble réel jusqu'à cette sonnerie à la porte de l'appartement à une heure du matin. Sans doute la fièvre ou les traitements pour soulager la fin de vie ont-ils provoqué ces instants oniriques : jusqu'au bout il lui sera impossible de toucher cette chair convoitée, seulement rester dans l'illusion. C'est dur.

Perso, je n'aurais pas laissé la réponse de Jolie après le mot "caresse" du personnage masculin, pour finir le texte sur une note plus douce :

"Enfin, je pourrai mourir et rêver pendant l’éternité."

N'étant point critique littéraire, je livre mes impressions comme je les ressens, en toute simplicité.

Merci à l'auteur.

Cristale

   ANIMAL   
14/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai bien aimé cette histoire.
En d’autres temps, on aurait dit de ce monsieur qu’il était un vieillard libidineux mais, de nos jours, on admet enfin que la vieillesse n’est pas toujours le naufrage que l’on prétend et que le désir peut subsister. Si notre ancien aime regarder les femmes, supputer leurs qualités et apprécier leurs défauts, ma foi c’est son droit. Je ne vois rien là de mysogyne. Ce brave homme qui a la nostalgie de sa vie sexuelle et sensuelle aime les femmes et la sienne lui manque. C’est très naturel et il reporte ce manque sur l’observation de « belles jeunesses ». Si ses pensées sont parfois crues, il les garde pour lui, c’est tout ce qui compte.

La référence aux personnes âgées qui aiment la compagnie et le contact des enfants est très juste, ceci sans connotation sexuelle. La fréquentation de la jeunesse apporte bien du bonheur aux anciens en les forçant à sortir de leur routine. C’est si vrai que l’on organise un peu partout des rencontres entre des classes de maternelles et les pensionnaires des maisons de retraite pour lutter contre la solitude et reconstruire le pont entre les générations.

Encore une chose très bien observée, lorsque l’homme dit « – Vous êtes jolie » à cette femme qui se barricadait derrière son rempart de graisse. Un simple compliment, une parole gentille, peuvent réellement changer la vie d’une personne qui se dépréciait, à tort ou à raison. Se sentir beau/belle dans l’œil de quelqu’un console de bien des avanies.

A ce propos, la réflexion sur Belle/Jolie est très pertinente.

A la fin du texte, si la demande du vieillard de « toucher » est compréhensible, elle dépasse les bornes de la bienséance. Néanmoins, il a eu la correction de demander et lorsque cela lui est refusé, il n’insiste pas. Donc rien de choquant.

Sur la forme, quelques maladresses mais rien de rédhibitoire.
Certes, « je me retrousse les babines » n’est pas très heureux mais on comprend l’image très « animal en rut » dont on a bien des exemples dans la nature.
J’ai bien aimé la description des yeux verts « pas comme la peau d’un serpent, mais plutôt comme les feuilles d’un sapin » (hormis que tous les serpents ne sont pas verts, loin de là, et ceux qui le sont ont une multitude de nuances du clair au foncé).
Et puis « la femme épaisse » est curieux ; la femme forte serait plus sympa. Plus bas, « ses formes floues et épaisses » est également étrange mais moins maladroit. Pourquoi pas son embonpoint ou sa corpulence ?

Au final, j’ai trouvé ce texte psychologiquement bien travaillé. La forme mériterait un lissage et quelques retouches.

   Tiramisu   
16/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

L'écriture est fluide, agréable à lire, il y a quelques petites lourdeurs comme l'abus de "mais" parfois.
J'ai bien aimé le fond de cette nouvelle. La réflexion sur la vieillesse, la solitude, le corps qui a perdu beaucoup de ses capacités, il reste malgré tout l'homme jeune à l'intérieur de ce corps de vieillard, l'homme désirant.
L'observation portée sur les femmes, entre belles et jolies, est crédible.
La chute est intéressante, la gratitude de la femme pour ce petit coup de pouce est sympathique, tout ceci reste bien sage quand même.

Il reste un fond un peu convenu, la beauté des femmes, leur obsession de minceur, un homme de 87 ans ne voit-il pas au delà de la beauté physique ? Flûte alors ...

Merci pour cette lecture


Oniris Copyright © 2007-2019