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Humour/Détente
aldenor : Balades dans ma tête
 Publié le 27/05/14  -  6 commentaires  -  17206 caractères  -  88 lectures    Autres textes du même auteur

Où il est beaucoup question de rêvasserie et de convergence entre les pieds et la littérature…


Balades dans ma tête


Nestor Sinalco vient d’expédier le manuscrit de son recueil de nouvelles « Balades dans ma tête » aux éditions Machin-Chose. Il rêvasse en marchant dans le parc. Les arbres en bordure des allées s’inclinent sur son passage. « Voici l’auteur de « Balades dans ma tête » ! Bravo ! Quel talent ! » Les oiseaux renchérissent : « Cui-cui-cui bravo-bravo ! » Les réverbères attendent en rang une dédicace. Nestor s’excuse, une autre fois peut-être, pour l’instant il a des obligations plus pressantes : on lui décerne le Prix du Parc. La fontaine lui remet son trophée, un petit voilier, déposé dans son bassin, avec lequel Nestor repart fièrement, sous les acclamations de toute la population du parc. L’auteur de « Balades dans ma tête » évolue le nez pensif, les mains nouées dans le dos, sans regarder où se posent ses pieds, les grands écrivains n’ont pas conscience de leurs pieds.

Mais ils peuvent se le permettre, une aura les protège de la tête aux pieds. Nestor, que rien ne protège, se les prend dans ses lacets dénoués, fait un écart pour recouvrer l’équilibre, heurte une plate-bande et patatras ! finit sur ses quatre pattes dans l’herbe. La tête à ras du sol, en autruche, il s’assure d’un regard circulaire que personne ne l’a vu dans cette peu auguste posture. Rien qu’un couple d’amoureux qui regarde résolument en l’air en sifflotant ; l’image du grand écrivain est sauve.

Si ce n’est pour un réverbère qui l’a suivi et lui demande si tout va bien, bien sûr que tout va bien, je me suis aplati délibérément, je voulais seulement faire quelques pompes. Et Nestor fait quelques pompes, et puis il ramasse son voilier et le contenu éparpillé de sa sacoche, crayon, calepin, cigarettes, pièces de monnaie, rappels, tiens il avait dentiste le mois dernier, chatterton pour rafistoler les branches de ses lunettes…

Il se relève, remet sa sacoche en bandoulière, allume une cigarette et reprend clopin-clopant sa marche, et le parc qui s’était tu, ses murmures et ses cui-cui. Nestor se demande si les oiseaux ne gazouillent que quand il fait beau. Ou bien s’il n’y est attentif que quand il fait beau. Ou encore si les oiseaux ne gazouillent que quand il y est attentif…

Cependant, il glisse son mégot dans la cellophane du paquet, comme il a coutume de le faire, en attendant l’occasion d’en disposer, puis il fourre le paquet dans sa sacoche. Normalement il éteint d’abord le mégot. Mais il est absorbé par la question du gazouillis…

On prend souvent des risques calculés dans la vie. Mais un seul à la fois ; par exemple celui de glisser son mégot dans la cellophane du paquet, il suffit de faire attention à bien l’éteindre, et tout se passe sans péril. De même on mesure le risque de prêter l’oreille au gazouillis des oiseaux tout en poursuivant son activité ; on reste alerte aux impondérables, on ne heurte personne, on voit venir les vélos du coin du cerveau, on devine même les crottes de chien. On a répertorié les dangers inhérents à chaque risque auquel on s’expose. Mais qu’on prenne deux risques à la fois, l’accident est prêt à jaillir de son trou.

Le couple d’amoureux examine Nestor, se consulte, l’homme tente de dissuader la femme : « Laisse aller, tu vois bien qu’il est toqué », mais elle prend son courage à deux mains pour l’alerter :


– Votre sac fume monsieur…

Nestor n’est pas d’une grande vivacité d’esprit ; une sorte de végétation a proliféré dans son cerveau sur l’embouchure avec la réalité, comme un écran d’algues ou de mousse à travers lequel le flux des apports extérieurs ne passe qu’à coups de machette :

Mon sac fume ? Et alors ? On est libre de fumer dans les parcs, non ? Tchac ! Mais les sacs ne fument pas ! Quelqu’un s’est donc mis dans mon sac pour fumer ! Tchac ! Pourtant le poids du sac n’a pas changé. Tchac ! Il n’y a qu’à l’ouvrir pour en avoir le cœur net. Tchac ! Mon paquet de cigarettes brûle !

Brusquement, Nestor s’affole, jette à terre le paquet, l’écrase frénétiquement, puis se redresse, encore dans le vertige de l’action, le pied posé sur le paquet, comme celui du chasseur sur son rhinocéros, et rencontre les quatre yeux scrutateurs du couple. Il trouve que c’est une drôle de chose les yeux ; qu’on puisse y lire une telle incompréhension, une telle réprobation ; après tout, ce ne sont que des sortes de billes, avec des reflets certes, mais que la luminosité extérieure dessine, non le bouillonnement intérieur. Au fond, toute l’expression réside peut-être dans les sourcils, comme dans les bandes dessinées, en chapeau heureux ou en bateau mécontent. Ce qui déconcerte un peu, face à quatre sourcils en bateau, c’est que les deux du milieu, pris isolément, paraissent au contraire en chapeau… À ce point de ses considérations, lui provient une soudaine sensation de chaleur au pied, vers lequel les quatre yeux scrutateurs s’orientent maintenant. Il les suit : un lacet a pris feu ! Il l’étouffe d’un vif entrechat.


– Ahci… Hooga… dit-il au couple, en perte d’équilibre sur ses jambes croisées.


Ahci est une forme de merci, de simple civilité. Hooga est plus chargé de significations, de vous intéresser à votre prochain, de l’avoir sauvé des flammes, de comprendre son embarras, d’excuser sa gaucherie… Nestor parle ainsi, en onomatopées. C’est plus commode que de formuler des phrases. Bien sûr, il faut se donner la peine de mettre la bonne intonation. Il a découvert ce langage au contact des chats ; peu importent les mots, tout est dans l’intonation.

Évidemment, c’est un handicap si on veut devenir un écrivain. Imaginons la conférence de presse, les articles dans les journaux : « Les éditions Machin-Chose publient un nouvel auteur ; ahci hooga, nous a-t-il confié. »

Nestor poursuit son chemin. Le couple a continué à le surveiller ; c’est du moins ce qu’il déduit rétrospectivement du fait que la femme se soit ensuite écriée :


– Attention, le sac fume encore ! Une flammèche a dû propager le feu ! Il flambe !


Nestor plonge avec sa sacoche transformée en torche dans la fontaine, providentiellement à nouveau devant lui. Quand il en ressort l’homme a pris la femme par les épaules et l’éloigne.


– Je te l’avais bien dit, de te méfier de ce type…


C’est fichu pour la rêvasserie aujourd’hui, constate Nestor en s’essorant. Ahem, ahem, entend-il dans son dos. Comment ? Vous me suivez encore, monsieur le réverbère ? Pardonnez-moi, m’sieur l’auteur, c’est au sujet de la dédicace…

*

Entre deux piles de manuscrits, Clément Maraud, abattu par le rhume, morveux et l’œil larmoyant, lit le courrier sans enthousiasme. Il renifle. Il soupire ; quelle misère pour un homme qui se croyait promis à une glorieuse carrière, finir chez Machin-Chose… Il prend une gorgée de café pour faire passer cette lettre qui s’annonce pénible :

« Cher Éditeur,

Vous seriez bien avisé de ne pas publier le recueil de nouvelles, « Balades dans ma tête », que je vous envoie. Un fiasco garanti. Vous aurez j’en suis sûr vite fait de vous en rendre compte par vous-même. Si je vous l’envoie, c’est seulement pour me fournir matière à rêvasser.

Vous vous direz pourquoi ne rêvasse-t-il pas tout seul au lieu de venir m’enquiquiner ?

Rêvasser n’est pas rêver. Je peux rêver de gagner à la loterie sans acheter de billet, mais pour rêvasser il me faut le billet. Un fondement de réalité. La rêvasserie s’alimente de chair et d’os ; cette fois-ci, pardonnez-moi, ce sont les vôtres.

N’ayez pas peur, ce ne sera pas long, j’ai une machine à rêvasser particulièrement vorace. En l‘espace de trois mois elle vous aura entièrement assimilé, digéré, évacué ; il ne restera plus de vous que le râtelier ; elle s’étouffera de manque comme un poisson sorti de l’eau ; je devrai me précipiter au premier bureau de poste pour envoyer une copie de mon manuscrit à une nouvelle maison d’Édition. Vous êtes la vingtième.

Inutile de vous en vexer, il ne s’agit pas d’un ordre de préférence ; à ma demande Ducaste pose sa patte au hasard sur une liste internet de maisons d’Éditions, maintenant jaunie, on ne sait plus de quoi, de thé, d’alcool ou du temps. Vous ferez mon printemps 2014. Vous aurez la belle saison. L’agrément des promenades dans le parc.

Je vous préviens, ça pourrait être casse-gueule. J’ai l’habitude de me prendre les pieds dans mes lacets qui se défont tout le temps. J’hésite entre deux interprétations de ce phénomène. L’une est que mes nœuds ne seraient pas assez solides ; c’est comme à la plage, ma serviette qui ne veut pas rester nouée quand je change de maillot ou mon parasol qui est le seul à s’envoler. L’autre, mes gros orteils en trompette ; leur pression verticale se répercuterait du cuir aux lacets, dont les nœuds auraient dès lors tendance à se défaire assez rapidement. À l’appui de cette théorie, mes chaussures finissent toutes par se percer au niveau du gros orteil.

Vous me direz de continuer à les porter, percées, puisque du coup la pression cesserait de s’exercer, ou mieux de les percer moi-même par anticipation.

Le fait est que ça ne me dérange pas de marcher lacets défaits. Au contraire. J’aime la sensation d’enfance rebelle et débraillée que cela me procure et le pied respire mieux.

Vous me direz encore : bon, qu’est-ce que vous voulez alors ? Machin-Chose est une petite maison d’Édition, mais sérieuse tout de même ; on a autre chose à faire que se préoccuper de vos pieds.

Le problème c’est que je ne sais rêvasser qu’en marchant. Et comme je vous écris pour mieux rêvasser, il y a forcément un point de convergence entre mes pieds et la littérature.

L’autre problème, c’est les chats. Avant chaque envoi du manuscrit je m’astreins à une sorte de rituel : j’invite un chaton à partager mon studio. On commence à se sentir à l’étroit.

Le vôtre est rouquin, avec un petit air craintif ou méfiant, pas à l’aise dans sa caboche, je l’ai baptisé Chaminoches.

Les vieux matous, Ducaste et Madrigall, l’ont pris sous leur aile ; ils lancent des mauvais regards aux jeunes, Marmifalon, Nolp, Ertsags, Sabord… qui veulent lui chaparder sa pâtée.

Je verrai grandir Chaminoches en pensant à vous… »

Clément Maraud sent monter une certaine impatience, mais pas l’énorme éternuement qui lui arrache des mains la lettre de Nestor Sinalco. Son bol de café se renverse sur « Balades dans ma tête » et la flaque menace de s’étendre aux textes des vrais écrivains…


– Au secours mademoiselle Augustine !


Note de l’éditeur : la suite de la lettre de monsieur Nestor Sinalco est irrécupérable.

*

On sonne à sa porte. Enfin, la sonnette ne marche plus, mais Claylenvman qui a l’ouïe fine se met à miauler langoureusement devant la porte…

Nestor ouvre. C’est Augustine. Jolie fille, féline, profil de sphinge et cheveux relevés en chignon au haut du crâne à la Bobette. Les vingt chats qui n’ont jamais vu débarquer d’étrangers dans cette pièce la dévisagent comme une congénère.


– Je suis bien chez l’auteur de « Balades dans ma tête » ? dit-elle.

– Aaoh.

– Bonjour. Je suis Augustine. Enfin, mon vrai nom est Hatchepsout. Je suis nubienne de Louxor. Augustine est mon nom de plumeau ; je fais les ménages chez Machin-Chose.

– Oho.

– Oui. Alors voilà. Je suis désolée. Monsieur Maraud m’a donné à nettoyer votre manuscrit tombé dans le café. Je l’ai frotté avec de la bouse de vache modelée en boule par un scarabée sacré.

– Ooah.

– Oui, je suis maladroite, c’est regrettable, le texte n’était plus très lisible après cela. N’empêche que le comité de lecture est tombé sous le charme et l’a retenu pour publication.

– Houou.

– J’ai consulté des papyrus pour comprendre la cause de cet engouement. C’est dû semble-t-il aux œufs de scarabées enfouis dans la bouse ; ils dégageraient une senteur régénératrice et bienfaisante. Il reste que monsieur Maraud, le président du comité, enrhumé et insensible aux odeurs, n’a pas ressenti de bienfaits et a mis son veto. Bref, le comité désire vous rencontrer pour trancher. Tenez, je suis venue vous remettre leur invitation au lieu de la poster.

– Pfaff pfaff pfaff.

– Je le vois bien, que vous n’êtes pas causant. Ne vous en faites pas. Vous n’aurez qu’à dire que vous êtes muet, enfin, à faire des mimiques, quoi. Je m’occuperai du reste. Ah, et puis voici Râ, ajoute Hatchepsout en sortant un scarabée sacré de son sac. Il vous portera bonheur le jour de l’entretien. S’il a un petit creux, donnez-lui des crottes de chats ; il adore ça.

*

Le comité de lecture est là au grand complet ; Hatchepsout dispose des amuse-gueules et des friandises sur une table ovale recouverte d’une nappe blanche en dentelles. À l’entrée de Nestor, elle devance les questions :


– Attention, monsieur Sinalco est muet.


Surpris, le comité l’accueille avec des courbettes muettes. Seul Clément Maraud se tient en recul, l’air soupçonneux, le nez rouge.


– Comment on fait alors ? dit-il.

– Je traduirai, dit Hatchepsout.

– Bon. Café pour tout le monde ? dit Clément en invitant l’assistance à s’asseoir autour de la table.


Nestor déplace le pot de plantes qui, au centre de la table, lui cache le président du comité. Il fait T avec deux doigts.


– Qu’est-ce qu’il veut ? Un temps mort ? s’étonne Clément.

– Monsieur Sinalco dit qu’il prendra du thé, explique Hatchepsout.

– Oh, et puis tant pis pour les boissons ; nous avons besoin de vous comme traductrice. Bien… Expliquez-nous donc Nestor ces balades dans votre tête. Que tentez-vous d’exprimer ? Pour tout vous dire je suis personnellement moins convaincu que les autres. Un chocolat messieurs dames ? Servez-vous, servez-vous…


Nestor se tient le menton en roulant les yeux. Le léger mouvement de son arcade sourcilière fait basculer sur la table ses lunettes, qui ne tiennent que par une branche. Il sort de sa poche la branche manquante et du chatterton et rafistole ses lunettes. Râ qu’il gardait dans la même poche en sort aussi, discrètement, et s’installe dans le pot de plantes avec la boule de bouse sur laquelle il travaille ces jours-ci. Nestor enfile ses lunettes et reprend son menton. Hatchepsout traduit :


– Monsieur Sinalco vient de dire : mentons-nous à nous-mêmes, refusons la banalité du réel, découvrons dans la rêvasserie l’excitation d’une vie parallèle, comme des branches de lunettes ; mais aussi comme elles fragile et qu’il faut sans cesse rafistoler.


Le comité, méditatif, ne remarque pas la boule qui tombe du pot et roule sur la table. Râ se précipite pour la récupérer.


– Pardon, s’étonne une lectrice du comité, je connais un peu le langage des sourds-muets, il ne me semble pas avoir compris ce que vous dites dans la gestuelle de monsieur Sinalco.

– Il s’exprime dans un dialecte peu répandu, explique Hatchepsout.

– Quand j’y pense, intervient Clément Maraud tout en plongeant la main dans les chocolats, avec le sourire en coin de celui qui croit avoir trouvé la faille dans la carapace de son adversaire et s’apprête à l’embrocher… quand j’y pense, dans vos nouvelles, votre alter ego formule des onomatopées. On est muet ou on ne l’est paaaaaaaaaa, s’étrangle-t-il en ingurgitant la boule.


Son visage devient tout rouge, puis tourne au vert, ses yeux texaverysent, ses joues bouroubouroutent. On entend une détonation. Puis plus rien. Il ne bouge plus. Les membres du comité passent la main devant ses yeux vitreux ; aucune réaction.

Soudain, il redonne signe de vie, il cligne les yeux. Son rhume est guéri, c’est un nouvel homme ; il sourit béatement, dans un état de bien-être total, que seul vient troubler les gémissements de Râ.

*

Nestor Sinalco sort de l’eau turquoise sur la langue de sable blanc de la plage bordée d’une forêt de pins ; son voilier est amarré au large. Il se demande comment font les gens pour marcher les pieds nus sur le sable brûlant. Il est vrai qu’il le fait lui-même, mais en grimaçant et en alternant la face sur laquelle il pose le pied, tandis que les autres avancent impassibles comme des fakirs.

Sur une chaise longue, Hatchepsout sirote une boisson glacée à l’hibiscus en lisant « Balades dans ma tête » ; Chaminoches et Râ font des boules de sable auprès d’elle.

Nestor arrive en disant :


– Ouf ouf.

– Oui, le sable est chaud, dit Hatchepsout, tu devrais porter des sandales.


Un groupe joue au ballon, Nestor le surveille d’un œil, c’est dangereux les ballons. De l’autre œil, les courbes d’Hatchepsout ; elle a posé « Balades dans ma tête », elle rêvasse. Il se demande si leurs rêvasseries sont semblables. Pas forcément. Grandir à Louxor dans les temples doit modeler l’esprit autrement. Autant la rêvasserie des parcs est en allées droites, empreinte de logique, de suite dans les idées, juste un peu biscornue, celle des temples doit être profonde, intemporelle, secrète, de chat d’Égypte.

Nestor entreprend de changer son maillot mouillé ; il noue nonchalamment sa serviette autour des reins en pensant il n’y a qu’à rester attentif à la fermeté du nœud, la main prête à intervenir.

Surgit le ballon. Nestor l’intercepte au vol, fier de son réflexe. L’accident n’attendait que ça ; il sort de son trou et défait le nœud de la serviette. Nestor reste nu comme un ver. Heureusement, personne n’a vu. Toute la plage regarde en l’air en sifflotant.


 
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   Pepito   
27/5/2014
Bonjour Aldenor, Oups, je ne suis pas habitué à commenter le premier.

Forme : quelle jolie plume, on est pris par le ton léger et distancié. Une petite bulle de savon se promenant dans le parc. Du coup à ", et le parc qui s’était tu, ses murmures et ses cui-cui." on relit parce-que on ne comprend pas et on perd le fil.
Plus loin "sur l’embouchure avec la réalité," m'a semblé en trop.
Idem pour "Une flammèche a dû propager le feu ! Il flambe !" le "– Attention, le sac fume encore !" suffisait.

Restent de purs délices :

"Ce qui déconcerte un peu,face à quatre sourcils en bateau, c’est que les deux du milieu, pris isolément, paraissent au contraire
en chapeau…"
"Augustine est mon nom de plumeau"
"- Qu’est-ce qu’il veut ? Un temps mort ? s’étonne Clément.
– Monsieur Sinalco dit qu’il prendra du thé, explique Hatchepsout."

Fond : Voilà une balade par moment un peu longuette (la lecture de la lettre, la plage finale, ) et par plein d'autres moments absolument délicieuse. Le démarrage, notamment, est une merveille.

Merci beaucoup pour ce moment printanier.

Pepito

   David   
29/5/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Aldenor,

Une écriture à la Boris Vian dans "L'écume des jours", avec un peu la même mélancolie sous l'humour absurde, le personnage décalé. C'est bien le récit d'une folie douce, l'histoire de la publication du recueil ne semble là que pour la mettre en scène, un peu comme la belle hatchepsut dont le rôle est tout à fait hollywoodien, elle est belle et elle ne s'en fait pas trop :)

Est-ce que le récit est un risque qui en attend un autre dans l'espoir de provoquer un accident littéraire ? Arf, je demanderai aux chats.

   Bidis   
11/6/2014
Ce petit voyage en absurdie m’a laissée perplexe. Bien sûr, par moments, souvent même, je reconnais l’inventivité et aussi le style virevoltant dans le cocasse d’Aldenor. Mais que de déceptions par ailleurs ! Voici donc quelques remarques que je me permets d’émettre :
- « aux éditions Machin-Chose » : je n’aime pas trop ce « Machin-Chose », cela dessert le texte et le personnage. Puisque plus loin on parle du « Prix du Parc », on aurait pu dire "les éditions Champêtres" ou "les éditions Nature", quelque chose dans ce genre là. Ces « éditions Machin-Chose » seront reprises plus loin dans le texte et mon impression de lourdeur et d’incongruité sera encore pire. On dirait que l’auteur n’a pas fait d’effort d’imagination sur ce coup-là.
- « il avait dentiste » : il me semble que cette expression (« avoir dentiste ») n’est pas très heureuse, ni même simplement correcte.
- « Il se relève, remet sa sacoche en bandoulière, allume une cigarette et reprend clopin-clopant sa marche, et le parc qui s’était tu, ses murmures et ses cui-cui. » : il reprend le parc ???
- Enormément de répétitions : « que quand il fait beau. », « la cellophane du paquet », « les yeux », « en bateau », « en chapeau », « intonation »... Le mot « pied », lui, revient une douzaine de fois dans le texte, de même que les variantes de « rêvasser »
- « à ma demande Ducaste pose sa patte » : on verra plus loin que « Ducaste » est un chat, mais quand on le rencontre pour la première fois, on se demande de qui ou de quoi il s’agit.
- « Le vôtre est rouquin » : L’auteur ne connaît pas l’éditeur et l’on ne parle avant et après que des chats du personnage. Ne fallait-il pas écrire « le nôtre » ?
- « Les vieux matous, […] la lettre de Nestor Sinalco. » : dans cette phrase, je trouve qu’il y a trop de noms tirés par les cheveux. Ce n’est pas tellement drôle et cela fatigue.
- « de la lettre de monsieur Nestor Sinalco » : j’aurais trouvé plus léger d’écrire « la lettre de Nestor Sinalco »
- « On sonne à sa porte. Enfin, la sonnette ne marche plus… » : encore un effet de répétition.

Bref, pour moi, c'est un texte plein d'imagination, original et drôle par moments, mais qui manque peut-être de retravail, désolée de dire ça.

   chVlu   
2/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
wouahhhh !!!!! régalé

Bon le coté ailleurs n'est pas de base pour me déplaire. Mais quelle harmonie entre l'histoire et le style !!!

Dites, de ma part, à votre tête que le coup des lacets est un idée qu'on lui a insinuée et qui est fausse enfin presque...Essayez vous verrez que tout est comme dans votre tête mais sans la chute.....

j'ai plongé avec délice dans le sillage du doux votre rêveur et n'en sort pas mais en suis ravi...

hummm ! du miel en mots !

   Anonyme   
13/8/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour aldenor

Les grands écrivains n'ont pas conscience de leurs pieds... ils devraient, je crois, car que de soucis ils causent à ce pauvre Nestor.
Je me suis bien amusée, l'écriture est un régal qui sait parfaitement servir et décortiquer les faits et gestes. J'aime beaucoup hatchepsout, j'envie son flegme et son sens de l'à propos.
Un très bon moment, réjouissant. Et plus profond qu'il n'y parait pour qui pratique ces rêvasseries à l'emporte pièce et sans trop ni queue ni tête.
J'allais oublier le réverbère ! ça me plairait bien d'en avoir un comme ça en face de chez moi. Si l'auteur pouvait me refiler l'adresse du site où je pourrais en commander un tout pareil ?

   Marguerite   
19/8/2014
Bonjour aldenor,

Quelques bonnes trouvailles dans ce texte que j’ai malgré tout trouvé souvent maladroit (notamment certaines longueurs, comme par exemple la lettre à l’éditeur, ou le déroulement de certains faits moyennement bien amenés).
Cependant l’écriture se tient, ce qui m’a permis de finir ces quelques pages sans trop de peine.

Merci aldenor pour la lecture.

Marguerite.


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