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Humour/Détente
alvinabec : Le bénéfice de Rose
 Publié le 22/07/11  -  10 commentaires  -  12690 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

À toutes les femmes que j'ai aimées.


Le bénéfice de Rose


Le médecin rassure Norbert dont l’érection, quand elle survient, tend vers la gauche depuis six mois, ce qui attriste le patient. Le désagrément, bénin aux dires de la Faculté, doit spontanément régresser. Toutefois si les symptômes de la maladie venaient à persister, on envisagerait une thérapie électrique, voire chirurgicale. Mais nous en sommes loin.

À cette heure, notre homme trompe l’oisiveté de son infortune comme il peut. Vexé de cette mésaventure inique, il prend sa faction devant le porche de l’immeuble qui loge ses habitudes. Sous la moumoute frisée qui supplée à une calvitie avancée, Norbert, ventre en avant-scène, commente les affaires du monde, fustige le travers de l’ordinaire, veille à tout, régente son voisinage, le facteur, le gardien, le chat du troisième étage, les va-et-vient au sous-sol. Il s’applique à maintenir l’ordre au quotidien, planté sur deux belles cuisses, et rien n’échappe à sa vigilance.

Ce mercredi midi, Norbert mouline le verbe devant le gardien qui décore l’entrée d’un sapin de décembre :


- Ah, vous avez raison monsieur N’Diouf, c’est très joli ces guirlandes. C’est bien c’que vous faites, c’est important. Faut maintenir les traditions sinon tout fout le camp. Moi, par exemple, je dis qu’y faut respecter les coutumes sinon on va dans le mur. J’vais vous dire…

- Oui oui, dites voir monsieur Norbert, je vous écoute, répond le gardien.


Il connaît le bonhomme qui déjà se rengorge. Prendre les gens au sérieux, voilà une règle essentielle pour un gardien respectable. N’Diouf ne s’en prive pas. Il a mis à disposition des résidents un cahier de doléances à la loge, où Norbert, entre autres, consigne chaque hiatus du quotidien. Le sentiment d’existence se mesure à la longueur des plaintes anonymes portées à la connaissance de tous. Il n’y a jamais de compliments. Le service va de soi. N’Diouf laisse couler le propos de Norbert :


- C’est l’heure qui veut ça, j’pense à la croustaille. Tiens, par exemple, puisque ça approche, le 31 décembre, on mange français. Sans discuter. Quand j’étais pompier, on faisait un gueuleton traditionnel avec les collègues à la caserne. Le nouvel an, c’est comme ça, faut respecter. Une année, le chef, amoureux d’une asiatique, s’est entiché de baguettes. Fallait qu’il soit raccord avec sa tonkinoise ! Il a fini par brûler un fusible, j’me l’explique comme ça. Figurez-vous que le soir du réveillon, il a voulu un menu japonais, algues et poissons crus, je rêve ! Qu’est-ce que vous en dites, vous ?

- C’est sûr, c’est très original, peut-être trop, avance N’Diouf qui, intérieurement, trouve l’idée plutôt agréable.

- Ouais, bon. Faut dire. Se lancer sur le bizarre, l’inédit, c’est une expérience. Mais pas un soir de fête. C’est comme ça, faut garder nos traditions ! Résistons au chaos, moi j’dis ! Sinon on s’enchinoiserait en deux générations et on s’rait bon pour une face de surexposé. Comment reconnaître ses petits dans cet océan de niaques ? Je vous le demande.


Passent les nouveaux locataires du cinquième gauche, venus de Casamance. Norbert, enflammé de son discours, rugit :


- Bonjour m’sieur-dame, alors z’êtes contents de Paname, c’est mieux que la savane, hein ? Pour sûr ! Ouais, j’fais des vers. La poésie m’est v’nue direct, c’est pour dire. Un talent qu’j’suis né avec ! Et comment va la petite ? Votre nièce, je crois, j’suis t’au courant, n’allez pas croire, elle est mignonne la jeunette. Comment qu’elle s’appelle ?

- Aïssa, réplique la femme.

- Ah ! Oui, et ça veut sûrement dire quequ’chose par chez vous. Ouais, bon, on f’ra les présentations plus tard, là je suis occupé avec monsieur N’Diouf.


Tandis que le couple se presse vers l’escalier, Norbert lâche au gardien :


- Moi, j’dis toujours qu’il vaut mieux être raciste que noir, c’est ma devise et je m’y tiens. J’dis pas ça pour vous, notez bien. On ne choisit pas, et puis vous êtes là depuis un moment, vous faites partie du paysage. N’empêche, faudrait voir à rester à ce qu’on connaissait, j’demande le rétablissement de l’empire. La France, monsieur, ne serait qu’une de Dunkerque à Tamanrasset.


Le gardien installe les dernières décorations. Des guirlandes d’un bleu royal. Il hoche la tête :


- Vous êtes dans le vrai, m’sieur Norbert, c’est sûr ! Si l’empire est rétabli, je ne sais pas où on va, mais on y va !

- Bon, on en était où de la bectance ? continue l’important. Ah, oui, le réveillon. Je dis un menu classique. Pas d’huîtres. Trop long à ouvrir, on est ému, c’est vite un couteau dans le gras de la main, faut le faire recoudre aux urgences pleines de couillons dessoiffés. L’ambiance joue relâche. J’connais, les gardes de soirs de fête à la caserne, un festival !


Notre pansu évoque, après les plats, les mignardises qui ouvrent le potentiel de la soirée selon lui. Il conclut, l’œil ramolli à un souvenir sucré :


- Faut garder les choses établies, si elles le sont, établies, c’est qu’c’est du lourd ! Moi je dis, restons tradi, pas d’anarchie ni de sushis. J’aime les rimes en i, ça cause de l’Italie, chianti, Ferrari, et Mussolini. Un gars qui savait y faire. Sur ce, je rentre tortorer un morceau parce que c’est l’heure du J. T. donc de se coller un steak dans le sifflet. Bon appétit monsieur N’Diouf, vous devriez manger plus, z’êtes tout maigre, j’vous l’dis pour c’que c’est, vous allez attraper le blues du maigrichon. C’est pas le soleil de chez vous qui vous manquerait, des fois ?


Sans attendre la réponse, Norbert disparaît dans l’obscurité du corridor. N’Diouf respire, on connaît la chanson, le changement d’accord, mais ailleurs, s’il vous plaît. Ne bousculons pas ce populaire imbu de lui-même, pétri de bon goût, convaincu d’omniscience quand il mijote dans sa graisse plus confit qu’un canard.

Le Norbert semble plus braillard encore depuis quelques mois. Rien ne va. Quand une jupette passe le porche, il brame d’un enthousiasme modéré, comme si les compliments lui restaient au fond de la gorge. On l’a connu plus expansif. Les femmes seraient-elles devenues moins fréquentables ?

L’été dernier, les fiancées se succédaient avec une constance louable autour du bonhomme. À présent il se consume dans l’attente d’une régression du travers. Patienter devient si dur que, pour accélérer un retour à la normale, notre homme se précipite dans les bras de guérisseurs qui l’accueillent généreusement. Le seul résultat palpable est à l’effort financier consenti. Il reste bancal, rêve de trépieds solides.

Dès café et pousse-café engloutis, Norbert dégringole du premier étage et, repu, reprend sa position sous le porche. C’est qu’il y a matière, pensez ! C’est l’heure des livraisons. Sa perruque bouclée oscille au gré de son pas. Elle est d’habitude appuyée sans conteste sur l’oreille droite. Cet après-midi elle semble hésiter à partir en écharpe autour de son cou. Norbert néglige sa coiffure de guingois. Peu t’importe, s’excuserait-il presque.

L’essentiel est au ballet des livreurs entre 14 et 15 heures. Norbert surveille, Norbert sait tout, il renseigne, aiguille, accompagne si besoin, pilier nécessaire à la tenue de ce grand bâtiment. À 14 heures 40, passent deux costauds encombrés d’un matelas taille XXL livrable chez la blonde célibattante du cinquième gauche. Les yeux ronds du potentat suivent le trajet du colis imposant. De curiosité – on ne lui dit donc pas tout – il emboîte le pas aux livreurs, les précède bientôt jusqu’au paillasson de mademoiselle Rose. Il se voit confirmer que cinquante kilos de chair pâle dormiront ce soir dans un ‘King size bed’.


Elle est sans compagnon, sans chien non plus. Que donc signifie cette livraison ? Allez savoir. Une exploration s’impose ! Monte en un instant au cerveau échauffé de Norbert l’envie d’une soirée placée sous un augure favorable. Il tenterait bien sa chance s’il était sûr de son succès sous baldaquin.

Quand la porte de mademoiselle Rose s’ouvre, Norbert voit le matelas passer du palier à la chambre en un glissement léger, accompagné de la silhouette fine de la jeune femme. Il s’empresse de saluer, encore et encore, l’accorte voisine, teint de pêche à chair blanche. Elle sourit, flattée de l’hommage. « Quel fureteur ce Norbert ! S’il osait, il frotterait bien sa grosse paluche sur mon dos, m’envelopperait du bras contre sa tignasse. Ça me chatouillerait. Ce pourrait être une récréation amusante. En ces temps de disette, je testerais bien ce dodu, pour voir », se dit-elle. Notre homme le devine sans doute qui voudrait déjà se lover sous la couette de mademoiselle Rose, droit dans ses bottes.


Le soir suivant, au cinquième étage droite, Norbert sonne chez les nouveaux locataires sénégalais pour des présentations officielles qu’il juge… essentielles. L’Afrique est absente. En revanche, mademoiselle Rose sort sur le palier. Norbert y va de son plus beau compliment :


- Ah ! Ce frisottis dans les cheveux, on dirait un tableau, mademoiselle Rose ! C’est romantique, ça me met l’appétit, dites voir !


Mademoiselle Rose glousse, à la félicité de Norbert. « Femme qui rit, femme dans son lit » se réjouit-t-il. Il fantasme déjà sur leurs futurs ébats dans le King size bed avant, prudent, d’ajouter :


- Bon, ben, j’vous quitte pour c’t’heure. Les Sénégalais n’sont pas là, tant pis. J’vais mettre la viande dans le torchon. À très vite, z’êtes trop charmeuse.


L’heure est au choix réfléchi. Tourmenté des désagréments actuels, Norbert ne doit pas faillir. S’il y va, il y va vraiment, pas de demi-victoire. La dame, jolie comme un cœur, a sans doute des exigences difficiles à satisfaire dans l’immédiat. Encore que, si on essayait ?


Le déjeuner du vendredi expédié, alors que la neige laisse sa marque dans les cheveux de monsieur N’Diouf, Norbert l’interpelle :


- Ça vous fait du changement, hein ? Fait pas si froid sous les cocotiers, je pense. C’est la trêve des confiseurs on dirait, pas de livraisons, je remonte dans les étages voir c’qui se passe.


Ni une ni deux, Norbert prend son courage dans une main et sa perruque dans l’autre. Il monte à la conquête de la porte du cinquième gauche. Qui s’ouvre… De la moquette souple du corridor jusqu’à la chambre, les préliminaires, presque superflus, sont consommés. Norbert couche le fruit pâle de son désir sur le lit pour une dégustation directe. Mademoiselle Rose participe, avec l’enthousiasme d’une affamée. Ne s’émeut nullement du travers de l’habitus. Très souple, elle se plie en U, en P, en J. De son côté, Norbert contorsionne son corps replet sous la couette. Non sans élégance. Il s’applique sérieusement à la rencontre de leurs deux épidermes.

Le succès, avouons-le, n’est pas au rendez-vous. Norbert, bancroche, s’enferre. Mademoiselle Rose, essoufflée, pourrait déclarer forfait mais n’en fait rien. Inspirée, elle reprend une position verticale un instant instable, puis, l’équilibre sûr, enfile à la hâte un déshabillé tout en lançant à Norbert :


- Cher ami, ne bougez pas, j’ai ce qu’il nous faut, je sais le remède, je cours le chercher, je serai de retour d’ici peu, ayez confiance. Surtout restez comme vous êtes ! Ne changez rien, j’arrive !


Elle va sonner chez ses voisins où Aïssa bâille sur un polycopié de physiologie. Mademoiselle Rose, rouge, sans effusion, confie à la jeunette dès la porte entrebâillée :


- Bonjour, c’est une urgence, venez chez moi, je vous en prie. J’ai besoin de votre concours pour, comment dire, hum, finaliser un projet.

- Oui, dit l’autre comprenant que l’heure est grave devant la tête en feu de sa voisine.


Elle attrape sa trousse de premier secours, rangée sur la console de l’entrée et suit mademoiselle Rose jusqu’au baldaquin où le désastre s’exhibe sur les draps.

Au regard interrogatif de son amant, mademoiselle Rose affirme crânement :


- Détendez-vous, laissez-vous faire, mon ami. Aïssa a une expérience incomparable de marabout spécialisé. Elle va conduire les opérations, laissez-vous guider, je vous assure, tout ira bien.


Norbert, confus, s’en remit alors aux mains de la jeunette qui appliqua tout son savoir et un baume puant sur l’origine du mal, tout en lui intimant l’ordre de scander par trois fois :


- Vade retro, La Peyronnie ! Vade retro, La Peyronnie ! Vade retro, La Peyronnie !


Ce que notre homme beugla. En nommant les choses, on les voit mieux.

Ce fut un exorcisme splendide. Aïssa psalmodia un salmigondis incompréhensible qui avait le goût d’une authenticité très nette. Elle alla même jusqu’à écarquiller les yeux d’effroi. Sans rire. Un vrai sorcier africain.

Et mademoiselle Rose reçut son bénéfice.

Depuis, Norbert ne se lasse pas d’asséner que magie blanche, magie noire, c’est tout pareil, y a qu’le résultat qui compte, pas vrai ?


 
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   socque   
6/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ouais, c'est assez amusant, mais n'est pas San-Antonio qui veut... Norbert paraît nettement inspiré par Bérurier, mais sans la démesure délirante du personnage. La chute est plutôt faible à mon avis et, en dehors des tirades de Norbert, le style trop pâle, trop raisonnable.
Mais bon, je trouve l'ensemble sympa.

   Menvussa   
17/7/2011
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un texte superbe qui me laisse coi.
Quoi que, si je ne veux être censuré il me faut être plus disert.

Le ton est juste, rien n'est laissé au hasard, le vocabulaire est riche et si l'auteur me dit qu'il a écrit ceci en deux coups de cuillère à pot... ou c'est un sacré menteur ou une super pointure.

J'ai relevé, histoire d'étoffer quelques perles, au bon sens du terme.

"et on s’rait bon pour une face de surexposé."

"A présent il se consume dans l’attente d’une régression du travers"

"L’Afrique est absente"

Ce sont des petits riens qui font presque tout, des petits éclairs de génie.

Dire que j'ai aimé est un doux euphémisme.

   Pascal31   
18/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien
L'auteur nous dresse le portrait d'un abject personnage. Ce Norbert est immonde, et c'est de là que vient tout le sel du texte.
Dommage que la fin ne soit pas plus radicale : le fait de simplement le "guérir" en redressant son intimité tordue et en faisant disparaître d'un seul coup son racisme primaire me semble un peu tiré par les cheveux (d'un autre côté, c'est un texte humoristique, alors pourquoi pas).
Le texte est bien écrit, même si je déplore un léger abus de formules qui donnent la désagréable impression que l'auteur se gargarise de ses trouvailles ("le ventre en avant-scène", "chaque hiatus du quotidien" etc.).
Au final, une nouvelle à l'humour grinçant, que j'ai lue aisément, même si j'ai regretté cette fin trop gentille...

   widjet   
22/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour!

Bien aimé la première partie (avant la rencontre avec Mlle Rose).
Ca se lit bien, fluide et amusant (le genre de saillie comme "Moi, j’dis toujours qu’il vaut mieux être raciste que noir" me fait toujours rire) même si ça redonde un peu (discours de Norbert sur les traditions).

Le type, du genre « raciste jovial » est bien campé (je me suis même imaginé sa voix) à l’image de son vocabulaire « fleuri ». Malgré les horreurs qu’il balance (ce qui est l’atout principal dans le registre comique du récit) on ne se résous pas à le détester vraiment.

La suite du texte déçoit et l’intérêt décline. Les pics se font moins présents, le rythme s’essouffle et le final moralisateur et bien gentillet torpille l’insolence du début (comme pour s’en excuser). Au niveau construction, peut mieux faire car j’ai même eu du mal à piger le dénouement avant de me rappeler les premières lignes du début et de raccrocher les wagons.

Un texte, en définitive, plutôt sage, mais pas du tout désagréable.

W

   Anonyme   
23/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un bon texte. Je ne peux pas dire que j'ai ri, mais souri oui. Pas assez délirant à mon goût. J'ai pensé à la BD de Cabu concernant les beaufs. C'est à peu de chose prêt de la même eau et produit, en ce qui me concerne, le même effet.

Comme son prénom semble l'indiquer (il provient de north (nord) et bert (brillant)), ce Norbert est brillant dans son rôle de beauf... en particulier pour la saillie.

Le « miracle de la fin » n'a rien d'étonnant quand on sait qu'Aïssa veut dire Jésus en arabe et « celui qui est sauvé par Dieu » en hébreu. Je ne suis pas sûr que Norbert ait crié « Vade retro, la Peyronnie » mais plutôt : « Vade retro, la paire honnie » (comprenne qui voudra).

   monlokiana   
24/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Ahhhhhhh, un texte qui parle du Sénégal ! Avec la Casamance, la région où on use beaucoup de la sorcellerie...

Ça se lit aisément, c'est fluide même si je n'ai pas beaucoup senti le coté humour/détente de ce texte. Ça ne m'a pas fait rire.

Un homme qui préfère être raciste que noir, je vois bien le genre de type et cela m'a permis de situer et le caractère, et la personnalité de Norbert.

Je ne m'attendais pas à une fin pareille et j'avoue qu'elle me déçoit beaucoup. Peut-être que l'auteur aura trouver un autre moyen ou une autre phrase pour nous montrer « la trop rapide disparition du racisme de cette homme » . Je n'y ai pas cru une seule seconde, on ne change pas un tel préjugé du jour au lendemain, encore moins en quelques secondes, …

Bref, je n'ai pas trop aimé ce texte, mais je ne l'ai pas trop détesté non plus...

PS : On écrit Diouf au Sénégal et pas N'Diouf.

   aldenor   
24/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien
L’humour passe difficilement malgré des détails savoureux. Beaucoup d’idées « potentiellement » drôles, mais statiques, l’axe de l’humour est confus.
Sur quoi repose-t-il ? Je crois qu’il faut se poser la question en écrivant un texte qui se veut drôle, en imaginant ses personnages.
De qui, de quoi veut-on que rie le lecteur ?
Les misères de Norbert, personnage volontairement antipathique, imbu de lui-même, borné, fasciste ? Finalement ses misères ne vont pas bien loin.
Le regard blasé de N’Diouf ? Personnage certes plus riche que celui de Norbert, peut-être insuffisamment exploité.
Il manque je trouve une finalité à ce texte, autrement bien écrit et plein de bonnes trouvailles.

   Gerwal   
25/7/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Je me demande, à la lecture de cette nouvelle, si l'érection de Norbert avait tendu vers la droite, si ce dernier aurait été autant attristé et aurai eu besoin d'avoir recours aux services de Aïssa...

Ceci dit (et non...): un portrait très (trop) caricatural (juste selon moi... hein...!) et sans réelle existence, pour être efficace...
J'ai presque trouvé que le seul but du texte était de nous (de 'me', plus exactement...) amener à s'interroger sur ce fameux "La Peyronnie" (eh, oui... je connaissais pas...)

   horizons   
16/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Un raciste pas si caricatural que ça, je le trouve même, hélas, plus vrai que nature et on sourit (jaune) à cette lecture, en reconnaissant son propre voisin. Mais comme mes prédécesseurs, j'aurais aimé une fin plus théâtrale ou plus comique ou, pourquoi pas, plus tragique.

   Anonyme   
2/1/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte drôle, agréable, et qui ne se prend pas au sérieux : En témoignent le portrait à dessein caricatural de Norbert (mais est-il vraiment si caricatural qu'on ne connaisse personnellement un de ses cousins?), la verdeur d'un verbe alerte, quelques perles hilarantes :"j'dis toujours qu'il vaut mieux être raciste que noir", l'entrée fracassante dans le vif insolite d'un sujet croustillant -dès les premiers mots, une érection...oblique- En témoignent aussi, à mon sens, quelques approximations de langage: "trompe l'oisiveté de son infortune" (ce serait plutôt l'une ou l'autre, ou bien l'oisiveté née de son infortune...); "chaque hiatus du quotidien"( le terme "hiatus " me semble inapproprié dans ce contexte.)
L'absence de chute renversante-ou de chute tout court- ne me gêne pas : l'essence de la nouvelle est elle contenue dans cette chute prétendument impérative (voyez Carver, maître du genre), ou bien dans le ton, et plus encore, l'unité de ton ? Sur ce point, ce texte est très réussi.


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