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Humour/Détente
alvinabec : Mon pire cauchemar
 Publié le 17/01/12  -  12 commentaires  -  16370 caractères  -  306 lectures    Autres textes du même auteur

L'orgueil au bout de ma virilité.


Mon pire cauchemar


Comme d’habitude, je remettais au lendemain. Mon agrégée de voisine appelle cela de la procrastination, elle a les lettres qui me font défaut. Il s’agissait d’un problème d’homme et, comme le sont les problèmes d’homme, difficile à résoudre. Une gêne sexuelle. Un frein trop court et des étincelles rouges jaillissaient à chaque câlin. Alice, après de vaines tentatives pour me faire consulter, ne râlait même plus. Elle s’en foutait. Il ne se passait plus rien entre nous, j’étais penaud.


La semaine débuta en force par le départ d’Alice. Par enchantement un monceau de valises se matérialisa autour d’elle qui me quitta sur ces mots :


– Le vaste monde me réclame, lapin, c’est la vie que veux-tu ! N’espère aucun retour, ajouta-t-elle sans malice.


Elle me lâcha sans un regard pour mon corps svelte qu’elle estimait défaillant. Cela me rendit amer. Je dus admettre qu’un avis urologique s’imposait. Je pris, malgré moi, un rendez-vous avec le docteur Lenoir.


Le verdict tombe.


– Il faut opérer, je suis formel.


La sentence du médecin m’assomme. De bienveillant, le docteur Lenoir devient menaçant en six mots. La lame tranchante d’un couperet brille devant mes yeux comme une insulte à mon grand corps maigre. Venu chez cet urologue pour un simple bilan, je suis abasourdi. Sans nous fréquenter depuis plus de dix minutes, il me dit déjà des grossièretés sur l’état du moteur, se permet des familiarités, touche du doigt mon pénis sans plus de retenue. Je me rebiffe par un soupir et titube depuis la table d’examen jusqu’au fauteuil de cuir traîtreusement avenant où j’étais peinard quelques instants plus tôt.


La panique me serre l’estomac. Célibataire friable depuis deux jours, je suis aussi fanfaron qu’un coq promis à la casserole. Derrière ses lunettes épaisses, je devine l’œil pénétrant et dur du spécialiste s’immiscer en moi, violer mon intégrité, mon identité, mon humanité ! Un maelström sanguinolent me brouille la vue. Je perds contenance devant cet homme. Si démuni que la parole me manque, je deviens mou quand le praticien ouvre son carnet :


– Voyons quand prendra-t-on date pour s’occuper de ça ? Il n’y a aucune urgence, bien sûr, mais enfin, il faudra y songer tôt ou tard. Et comme cela vous gêne, n’est-ce pas…


Il parle d’une voix calme, suffisamment efficace pour rassurer un enfant, pourtant je comprends mal ce qu’il me dit. Que veut-il m’enlever, me couper ? La sueur perle à mes oreilles, il fait très chaud. Trop.


– Je ne me sens pas bien, dis-je.


Le docteur Lenoir se lève, contourne le bureau nous séparant, me saisit le bras, allonge le dossier de mon siège. Je me ressaisis, il retourne s’asseoir, referme son agenda sur un soupir. Puis il parle un peu de l’intervention, bénigne à l’en croire :


– Inutile de vous inquiéter outre mesure, c’est anodin, je vous retire le prépuce, c’est tout ; en outre, vous vous sentirez plus léger et puis ce n’est pas si douloureux.


Et il conclut par des considérations sur la pluie et le beau temps que je prends pour ce qu’elles sont : une dilution.


– Bon, dit-il en martelant le bureau de la main droite, on se reverra d’ici peu.


Sa verticalité brusque m’incite à me lever aussi, la porte capitonnée s’ouvre sur le silence. Il me tend une main à serrer, de l’autre me pousse vers l’extérieur :


– Rappelez-moi quand vous serez décidé…


J’ai à peine le temps d’enfiler mon blouson que le froid du boulevard coule sous ma chemise. Je me déplace sans but, l’esprit embrumé de doutes. Écrasé par une sensation de vide, j’ai la nausée. Alice avait filé lundi, qui donc me consolera ? Cette trahison corporelle me vexe. Je flotte comme un bouchon ballotté par le courant le long du boulevard, je transpire en grelottant de trouille. Il faut que ça bouge. Bon, j’irai courir pour me défouler.


Brutalement j’ai faim !


L’étal de boucherie de la supérette la plus proche, où les viandes s’exposent crues, molles, flasques, grasses, persillées, osseuses, filandreuses sous un vif éclairage, me fait vaciller. Je blêmis, submergé par la palette des dégradés rouges. Depuis les couleurs rosâtres du poulet au brun foncé des foies brillants, en zoomant sur des vermillons, des carmins de bœufs bilieux, ces chairs découpées exhalent la vie d’un corps déployé, écartelé des oreilles aux pattes sur les présentoirs réfrigérés du rayon carné. N’y manque qu’un sexe. Mes organes numérotés, code-barre à l’appui, clignotent comme des paquets calibrés, plastifiés, rangés, pesés. Je pars en lambeaux, haché menu par un diagnostic. J’ai la rétine mouillée. Au sortir du magasin, un sachet de pommes vertes se balance au bout de mes doigts glacés.


Ah, misère de moi, j’ai la hantise du bistouri. La vision d’un scalpel me chavire. Pour l’heure je voudrais envoyer Lenoir danser un quadrille de l’autre côté du miroir. Est-il si compétent qu’on le dit ? Après tout, cet homme que je ne connais pas, parle sur moi, me parle de moi. Rien qu’au toucher de son savoir… je me laisse couler au fond de l’océan. Plouf !


Revenu à mon capharnaüm dominical, je m’affale dans l’entrée à la recherche de ma paire de baskets fétiche, la bleue avec les rayures jaunes, celle si avachie que les semelles larmoient, ma plus vieille paire dont je ne me sépare pas. J’entrope depuis l’enfance, fais des tas, souvenirs, objets, bouts de ficelle. Bien sûr, mes vieilles copines se cachent, c’était couru. Je les retrouve enfin, coincées entre un tuba et des godasses de rando, les enfile et dévale l’escalier. Trop pressé pour m’arrêter, je bouscule Melle Rose dans le hall sans m’excuser. Ciao Bella ! Elle est ravissante ! Je prends le large du côté du canal, je choisis le bord de l’eau pour le vent de travers.


Au retour chez moi, je plonge dans mon canapé bleu, ami des jours sans gloire où je déjeune, dors, plus souvent que je n’y philosophe, cabotin. Le corps noué, je roule de gauche, de droite, j’imagine des mains fourrageant mes viscères : une horreur ! De visu, j’estime l’ampleur des dégâts. Rien de méchant. Je tâte. Tout est à sa place. Nom de Dieu de putain de bordel de merde, que m’arrive-t-il, un ratage de scalpel me rendrait stérile, voire eunuque ! Lenoir a les pinces tranchantes d’un homard. Je glisse d’un scénario d’épouvante à un autre, tout aussi désastreux. Prendre une décision n’est pas chose facile, je n’en prends donc aucune, je m’en remets à la fatalité sachant très bien mon hésitation le pire des maux.


Le plus à craindre est-il la gêne présente ou le manque à venir ? Côté pile je garde, côté face, on verra. Je n’ai pas de monnaie, je sors. Dans l’ascenseur, Melle Rose, quelle chance, me dépanne d’un euro que je lance au plafond de la cabine. Elle rit. Aurais-je une ouverture ? Je lui rends la pièce tombée au sol, côté face. Je quitte l’ascenseur à regret et à reculons. Si le soleil se pointe dans le hall je soulagerai mon corps de ce qui me pourrit l’esprit.


Le printemps est là, inespéré, brutal. Je me livrerai au bourreau exécuteur des basses œuvres, c’est dit ! Mon corps au bûcher tripoté par un homard, quel régal !


Au parc, où je traîne ma guenille se réchauffer, je croise une drôlesse sur talons hauts, son mollet est à croquer. Gantée, chapeautée, élégante. Les femmes éclosent à la tiédeur de l’air. Vers quel amant-bonheur court-elle ? Une face de pingouin que l’on n’a pas émasculé, lui ! Je suis à la traîne, à la peine, à la plainte de mon nombril. Je divague.


J’appelle l’homme de l’art pour convenir d’une hospitalisation. Date prise, il m’indique d’un ton bourru un numéro de téléphone afin de rencontrer l’ânesse ! Le doute m’habite, je replonge : « L’ânesse, quelle ânesse ? » Ai-je mal entendu, est-il fou ? Le logarithme de mes craintes grimpe, superbe. Je nage dans une confusion d’images et de mots. Logiquement, je devrais appeler le numéro indiqué pour rencontrer l’ânesse mais j’hésite. Du calme. Je ne suis pas bourré de complexes au point de changer de sexe. Non, je reste figé dans le clair-obscur, c’est nul, il faudrait me botter le cul.


À trois reprises, je tapote dix chiffres sur le clavier du téléphone. Faux ! À la quatrième tentative, la voix fraîche d’une secrétaire formatée pour sourire dans le combiné me répond. Elle me propose un rendez-vous quelques jours avant l’intervention avec le docteur Friks, anesthésiste.


Il me reste deux semaines que je comble au mieux par un excès tous azimuts, dossiers à boucler, réunions, déjeuners… avant l’équarrissage de la bête. J’ai déjà mal !


Vient le jour de la consultation préopératoire avec l’anesthésiste où tout se déroule selon l’usage, du moins le supposé-je. En termes simplets il m’informe de ce que l’on entend par l’opération prévue. Une routine pour lui, qui ne l’est pas pour moi. Après quelques questions, il écoute mon palpitant et déclenche du seul fait de son geste banal – un brassard autour de mon biceps – une accélération cardiaque inique.


– Oh, votre pouls est bien rapide, gronde Friks, écouteurs vissés aux trompes d’Eustache.


D’un air réjoui, il avance sa trogne près de mon oreille. La peur m’étreint, j’ai raté l’examen tel un enfant confus d’une note médiocre.


– Ah, docteur, quand le stress est là voyez-vous, le rythme cardiaque s’emballe.


Il opine et me tend une feuille à signer, un consentement éclairé. C’est glauque, je m’abstiens de lire le texte, de peur d’attraper une infection nosocomiale.


Irrité après cette consultation, j’engueule mon pouls si lent d’ordinaire :


– Pourquoi t’es-tu emballé ? De quoi ai-je l’air ? Puisque c’est comme ça, tu vas illico te faire pardonner sur la piste, le temps d’enfiler des baskets, à nous deux mon gaillard, tu m’as humilié devant un stéthoscope, quelle impudeur, tu as intérêt à te montrer digne à présent ou je ne te parle plus.


Passent deux semaines. L’intervention aura lieu demain, avancez la guillotine ! C’est la dernière nuit du condamné !


Au cœur des ténèbres, une pellicule de gouttelettes couvre mon corps. Elle me conduit dans la moiteur amazonienne, à l’embouchure du fleuve. La pirogue où je dors glisse en eaux troubles. Une kyrielle d’animaux saugrenus gravissent le rebord de l’esquif pour coller de gluants tentacules à mes jambes. J’étouffe sous l’emprise de venins bleuâtres. Poséidon, ivre de joie, livre mon corps exsangue aux Aloades dans les eaux sales du delta.


– Regardez ce noyé qui frétille encore, beuglent les lamproies ravies du festin à venir.


Elles m’embrassent de leurs lèvres goulues. Sans vergogne, ces requins minables m’arrachent les yeux, le foie, les reins, m’émasculent enfin de leur double dentition.


– Au secours, à l’assassin, je me vide de mon sang.


Mon pire cauchemar : me réveiller sans mon pénis !


À la sonnerie du réveil, l’écran de la nuit s’éteint. Oh ! Non ! Dormir, dormir encore, maman, les bateaux ont des jambes, maman, d’immondes poissons m’entraînent dans les abysses, maman, je ne veux pas y aller.


J’ondule hors du lit. J’étire, je tends, je replie, je gratte, je tâte mon grand corps, j’ai les intérieurs en capilotade. Une douche et j’y vais. L’odeur de café sur le palier sonne la faillite de mon appétit. J’entame mon chemin de croix vers une mort annoncée.


Rose est là, dans le hall à me sourire sous ses cheveux en bataille, elle revient d’une garde de nuit, je pars me faire éviscérer, se reverra-t-on ?


Je vais d’un pas traînant à l’hôpital, les tripes nouées par une respiration saccadée. Le musée de la ville fait face à la clinique ; l’exposition, où tout le monde court ces jours-ci, met en scène des corps morts. On y voit des tissus de chair momifiés, des hommes figés, des bouts d’os, des fragments humains, rien de bien nouveau si ce n’est la publicité racoleuse : « De vrais hommes en lamelles ». Et on paie comme au siècle dernier pour se goberger, artistiquement, des relents de la morgue. L’authenticité flirte avec le diable.


À l’accueil de la clinique où l’on ne trouve pas mes papiers d’admission, je patiente, m’impatiente, m’en irais volontiers quand on brandit mon dossier, mon nom hurlé comme une victoire :


– C’est vous l’intervention du prépuce ?


Le monde entier connaît mon problème. Je vais tuer la secrétaire, je la hais. Néanmoins j’obtempère. On me promet une chambre à deux lits, je râle pour le principe, les échanges morbides au-dessus d’une poche de sérum ne me tentent guère.


Au troisième étage, à l’espace chirurgie-hospitalisation, un infirmier rigolard prend ma carcasse en pitié, m’installe dans mes appartements tout en m’informant des futures réjouissances, prélèvements, piqûres, comprimés, douche aseptisée, au bloc ce soir, ni boire, ni manger. D’ici là, une petite sieste est autorisée.


Et la magie opère. Malgré le bruit des chariots, des ustensiles, les claquements de portes, les conversations, je m’endors comme un bébé. Le temps est suspendu, la terreur derrière moi, ne reste qu’une anxiété diffuse.


Réveillé en douceur par l’infirmier souriant :


– Coucou me revoilà !


Je me plie volontiers à toutes ses manœuvres.


– Encore quelques tests et je vous perfuse.

– Bon, allons-y.


Les essais continuent, les heures s’égrènent. Je prends une douche brune. L’infirmier me pique, installe la perfusion. Quelques tuyaux plus tard, je parcours un livre sur le pouvoir, une horreur pour la démocratie. Je lis sans comprendre. J’avale des pilules arc-en-ciel. Déguisé en grand arbre de papier crépon bleu, un joli bonnet sur la tête, je jubile.


De la distraction s’annonce, mon voisin de chambre, de retour du bloc, soupire fort, gémit sans émettre un mot, roule des yeux égarés quand les infirmières l’allongent sur son lit. Que lui a-t-on enlevé, à lui ? Je panique, l’adrénaline monte, je passe en mode « tachycardie ». Le stress, d’accord, il a bon dos tout de même ce stress, un peu de tenue, merde ! Je gamberge sur le manque d’entrain de mon voisin.


Un brancardier et son véhicule viennent me cueillir plus tôt qu’annoncé, j’avale à la hâte un dernier comprimé bleu, celui qui m’enverra dans les nuages, je range contre moi tout mon bien, une myriade de fils multicolores et de sachets à poissons. Nous partons en promenade, tambours à la fête du village, odeurs, cris et chuchotements, pilori, bruits effrayants, hourvari, stupeur et tremblements, hallali.


Voici le couloir des chirurgiens, je suis en attente de… depuis dix minutes, j’encombre, on me gare dans une salle minuscule comme une vulgaire palette de viande prête pour l’étal.


Lui debout, moi couché, je papote avec l’infirmier-anesthésiste, congruence de bonnets bleus. Il disparaît après trois phrases, ma conversation ne lui plaît pas.


Seul dans mon garage, j’attends, un, que ce sédatif produise l’effet recherché, deux, que l’on ne m’abandonne pas, oublié, effacé, aux bras de machines obsolètes. Et je prie pour que l’on ne me jette pas avec le reste.


L’homme de l’art passe à proximité et me fait un signe. Mutisme assourdissant ! Il agite une pince de homard, énorme, rouge, renflée. Que venais-je donc faire ici ?


J’ai si peur d’y aller, c’est la première fois que j’expose mes abattis à des inconnus, le supplice du pal n’est rien au regard de ce qui m’est promis. Je voudrais fuir ce couloir de la mort en courant très vite. Je veux partir, il n’est pas trop tard, je prétexterai une urgence ailleurs, le besoin se fait impérieux, je me lève à demi, cette histoire pleine de bruit et de fureur ne veut rien dire. Trop tard, hélas !


On vient, on pousse mon brancard vers la salle d’opération, des blouses vertes me saluent, je tente un bonsoir inaudible, l’histrion cesse de s’agiter, je rends les armes. L’anesth se penche vers moi, branche un autre bocal à poissons, me dit d’un sourire vorace :


– Laissez-vous aller, comptez jusqu’à dix.


Le homard enfile ses gants. Je…


– Un, deux, tr… Gnnn.


Homard et tortues s’avancent sans impatience,

se mettent en place pour un quadrille.


Melle Rose est là, un même sang afflue à ses joues pâles et s’écoule de mes plaies, j’ai sur la langue un avant-goût d’amour. Je me laisse enfin bercer dans ses bras. Couchée contre mon flanc, elle susurre :


– Viens danser avec moi monsieur Lapin.


Plus tard, en salle de réveil :


– J’ai deux bonnes nouvelles, jeune homme. La première, on a réussi à vous réveiller, la seconde, vous êtes guéri, me trompette l’anesth.


 
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   socque   
13/1/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
"Je suis à la traîne, à la peine, à la plainte de mon nombril." : joli, et pour moi cela résume très bien le texte ! Honnêtement, malgré le style allègre et quelques belles trouvailles (notamment l'étal de boucherie juste après la consultation ; j'ai vraiment beaucoup aimé ce passage), j'ai trouvé l'ensemble trop long, complaisant (bon, c'est le sujet, d'accord), et sans guère de mouvement. Dans la mesure où la légèreté du ton indique que finalement tout se passera bien et qu'il ne faut pas s'attendre à une surprise bien gore, pour moi l'ensemble s'attarde trop.
Il est vrai qu'au départ je ne suis guère cliente des textes réalistes et à l'anecdote plutôt mince, même si la narration s'efforce de la sublimer...

   Anonyme   
17/1/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
une phrase pour résumer : "l'authenticité flirte avec le diable"

malheureusement ce flirt est un peu trop poussé, et le "diable" trop présent et caractérisé par :
_ un texte trop long, monotone et un peu ennuyeux (une succession de phrases trop longues);
_ qui souffre de pb d'emploi des temps au début ("la semaine débuta..."; "le verdict tombe..."),
_ de tournures de phrases maladroites ("la sueur perle à mes oreilles...", "sa verticalité brusque...", "écouteurs visés aux trompes d'Eustaches (euh ça doit faire mal non ?"),
_ qui ne m'a guère fait rire ou même sourire (la confusion entre ânesse et anesthésiste tombe rapidement à l'eau; la seule séquence qui prête à sourire est quand la secrétaire lui demande "c'est vous l'intervention du prépuce ?")
_ et qui se termine enfin sans grande surprise, un peu à l'image du récit tout entier.

   matcauth   
17/1/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Je dois souligner le fait le plus remarquable de cette nouvelle : cette façon de raconter, ce style remarquable et riche.

Mais je n'ai pas été très intéressé par l'histoire. Je l'ai trouvée longue, sans rebondissements, et la fin est très prévisible. Le "voyage intérieur" du narrateur ne va pas assez loin, on aimerait en savoir un peu plus sur ses doutes, ses émotions, sa perception du monde. son désarroi, aussi. Ici, tout cela reste en surface à cause d'un ton léger qui sert bien le style mais dessert l'aspect psychologique.

Toute cette nouvelle ressemble finalement à un exercice de style. Votre plume est plus que remarquable. L'histoire l'est un peu moins, à mon avis.

   macaron   
18/1/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un sujet délicat, sensible qui méritait bien un traitement humoristique. Et pour moi, cela est réussi. Bien sûr c'est un peu long, vous faites durer le plaisir, je vous comprends...Pour ce qui est de l'écriture, le style est impéccable et la lisibilité tout à fait agréable. A vous relire bientôt!

   Anonyme   
18/1/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Une écriture légère, qui se lit bien, qui se veut humoristique.
Cependant la fin ne me semble pas ou peu plausible...
À la salle de réveil, on ne réveille pas personne, L'opéré se réveille quand l'anesthésique ne fait plus effet...
Je ne pense pas qu'à la salle de réveil, on puisse dire à un opéré qu'il est guéri. On peut lui dire que l'opération s'est bien passée mais on ne peut présumer à cet endroit de la guérison.

   Anonyme   
23/1/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Une histoire assez drôle dans l'ensemble, avec des pointes d'humour et des descriptions bien imagées. Cependant, certains passages m'ont paru trop longs, voire ennuyeux.
La chute n'est pas à la hauteur de l'angoisse. C'est dommage.

   brabant   
24/1/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Alvinabec,


Texte drôle, vraiment drôle, très drôle et léger, avec ce qu'il faut de dérision et de distanciation, d'un bout à l'autre ; je m'y suis promené, baladé de gags en jeux de mots, de comique de situation en comique de geste, ... . J'aurais trop à relever ("Il s'agissait d'un problème d'homme" : très subtil ça ; "je deviens mou..." ; "une dilution..." ; "Sa verticalité brusque m'oblige à me lever aussi..." ; "où les viandes s'exposent crues, molles, flasques, grasses..."), vraiment il y a trop à relever, cela n'arrête pas. C'est un flot continu. Félicitations pour votre humour que l'on retrouve à tous les degrés !

Le milieu hospitalier, ses us et coutumes, le cheminement vers l'opération, l'endormissement, le réveil, tout cela est très, très bien vu et exact. D'une précision chirurgicale. Remarquable.


Si vous me le permettez maintenant, j'aurais peut-être choisi une autre infirmité pénienne... plus hénaurme, plus invalidante, je ne sais pas, moi, un micro-pénis par exemple pour lequel il aurait fallu retrancher dans le bas-ventre, greffer un morceau de muscle fessier, une pine de verrat ! :D
Un frein trop court, c'est vraiment bénin, comme le dit Lenoir ; et l'ablation du prépuce, c'est un autre problème, mais tout aussi bénin...



Mais tout cela est un détail, votre texte, lui, est un mastiff de Molossie, d'humour et de drôlerie !

Chapeau bas l'artiste !

   David   
27/1/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Alvinabec,

La nouvelle commence avec un court passage qui plante aussitôt le décor sans être excessivement formel. C'est un talent je crois d'arriver à le faire ainsi, et ça m'a invité naturellement à poursuivre, il y a des écritures qui se laisse bien lire.

C'est pleins d'esprit et très bien ordonné, je regretterais presque la fausse pudeur de ces propos : "Mon agrégée de voisine appelle cela de la procrastination, elle a les lettres qui me font défaut.", la suite démordra complétement cette affirmation.

Mais ça fait parti d'un humour qui surnagera tout du long, le narrateur énonçant aussi bien : "Nom de Dieu de putain de bordel de merde (... )" que "Poséidon, ivre de joie, livre mon corps exsangue aux Aloades dans les eaux sales du delta." donc lettres, pas lettres, n'a pas été trop la question.

Mais ce n'est pas le ressort principal je crois, de l'humour ou de l'intérêt pour le récit, c'était bien un "plus" néanmoins. L'humour est aussi dans l'introspection, que je n'ai pas vraiment lu en plus, je l'ai "vu" plus souvent à travers ses manifestations :

"Je me rebiffe par un soupir et titube depuis la table d’examen jusqu’au fauteuil de cuir traîtreusement avenant où j’étais peinard quelques instants plus tôt. "

Le long passage sur l'étal de la boucherie aussi.

"Revenu à mon capharnaüm dominical, je m’affale dans l’entrée à la recherche de ma paire de baskets fétiche, la bleue avec les rayures jaunes, celle si avachie que les semelles larmoient, ma plus vieille paire dont je ne me sépare pas. J’entrope depuis l’enfance, fais des tas, souvenirs, objets, bouts de ficelle. Bien sûr, mes vieilles copines se cachent, c’était couru."

"Lui debout, moi couché, je papote avec l’infirmier-anesthésiste, congruence de bonnets bleus. Il disparaît après trois phrases, ma conversation ne lui plaît pas. "

Il y en a d'autres, j'ai surtout remarqué une narration plus visuelle que cérébrale et ça m'a beaucoup plus, à la façon des film muet de Laurel et Hardy un peu, il y a peu de dialogues et de nombreuses scènes muettes jubilatoires.

L'intérêt peut tenir de l'empathie, mais c'est aussi le brio d'une histoire sans "prétention" qui m'a retenu, bravo.

   Filipo   
28/1/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a des accents presque "Woody Alleniens" dans cette longue complainte du condamné à l'émasculation par pinces de homards interposées :-)

J'ai beaucoup aimé l'humour distillé tout au long du texte, qui ne m'a pas paru trop long. C'est très drôle, cette focalisation du futur opéré qui n'en a que pour son prépuce sur le point d'être ôté !

Le héros est focalisé sur ce petit bobo qui prend des dimensions de drame épique, avec une comparaison bien vue avec l'étal d'un boucher ou il ne manquerait qu'un sexe pour compléter la partition des organes exposés. Finalement, l'auteur traduit très bien cette musique entêtante qui s’immisce dans le quotidien de tout futur opéré. Un bon moment de lecture !

   jeanmarcel   
13/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'auteur décrit bien comment un petit geste chirurgical pour le praticien peut devenir un cataclysme pour le patient. Se retrouver seul au monde dans un univers aseptisé , des infirmiers qui plaisantent et un voisin de chambre gai comme un rat mort. On sent bien le vécu. Je pense qu'il manque encore une petite couche d'humour et d'autodérision pour en faire un très grand texte mais la perfection n'est pas loin. L'emploi du "Je" est judicieux et les rares dialogues sont très drôles. Tous mes encouragements à l'auteur, Bravo.

   Selenim   
21/3/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un texte très agréable à lire. Il y a une vraie inventivité dans l'écriture, un ton faussement détaché. Le narrateur, espèce de paumé angoissé, enfant passé trop vite à l'âge adulte dont l'entrejambe demeure l'unique obsession.

L'humour est bien présent, bien dosé, on sourit devant les situations, les images, les dialogues.

Le soucis c'est que le récit se délite arrivé à sa moitié. Le souffle se perd, l'auteur a du mal à raccrocher les wagons pour attendre le dénouement final. Il manque à mon avis un vrai travail de construction en amont. Je pense que l'auteur s'est trop occupé de la forme au détriment du fond, même léger.

Malgré tout, cette histoire est sympa à suivre, un bon moment de détente. Presque uniquement porté par son style, ce texte augure d'un avenir très enthousiasmant pour son auteur.

Selenim

   Pimpette   
25/2/2012
Commentaire modéré

   alvinabec   
21/3/2012
Commentaire modéré

   alvinabec   
21/3/2012


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